VISITE AUX ÉCOLES DE PETITES FILLES
donna aux pères doctrinaires, enfants du vénérable César de Bus, l'antique église de Sainte-Marie in Monticelli. Vingt-cinq ans plus tôt, en 1702, M. de La Salle était venu, dans la personne de ses religieux, travailler à la môme vigne. Les bons frères ouvrirent leur première école près de la place Barberini, la seconde à la Trinité des Monts, qu'ils habitent encore aujourd'hui.
En 1793, Pie VI leur en donna une autre, près de Saint-Sauveur in Lauro ; enfin Léon XII leur fournit un quatrième établissement près de la Madone des Monts, sous le titre de Saint-Antoine de Padoue. La crainte seule d'être trop long me fait passer sous silence d'autres ressources gratuitement offertes aux enfants du peuple, pour dissiper leur ignorance, première misère spirituelle des fils d'Adam. Il faudrait d'ailleurs revenir sur la plupart des institutions déjà visitées, où l'enfant et le pauvre reçoivent, et le pain du corps, et le pain de l'âme.
43 Février.
Visite aux écoles de petites filles. — Fondation de la B. Angèle de Mérici. — Ecoles pontificales. — Ecoles des pieuses maîtresses. — Autres établissements. — Remarques. — Résumé.
Bien que ce fut le dimanche et la veille de notre départ pour Naples, nous trouvâmes le loisir de visiter de nouvelles écoles. Nous savions ce que Rome fait en faveur des garçons pauvres, il nous restait à voir quels soins sa maternelle sollicitude prodigue aux petites filles. Les nombreux conservatoires déjà mentionnés sembleraient nous dispenser de nouveaux détails ; toutes les ressources de la charité la plus ingénieuse s'y trouvent comme épuisées : il n'en est rien pourtant. De Rome les éata& de Saint-Joseph se répandirent bieïvl6l^\vsVw^\\N^\^% r. //. %&
mais elles ne s'occupaient que des petits garçons : restaient les jeunes filles. Plus faibles encore, et par là même exposées à plus de dangers, elles devaient attirer l'attention particulière de l'Église et devenir J'objet de son active sollicitude : ici encore, les faits sont d'accord avec la logique.
Longtemps avant saint Joseph de Calasanz, était née à Desenzano, sur le lac de Garde, la bienheureuse Angèle de Mérici. Cette sainte vierge, dont la mémoire est en vénération particulière à Rome, vint y fonder, en 1537, une institution destinée à l'instruction gratuite des petites filles pauvres. Seulement, on réserva l'enseignement de l'écriture à celles des élèves qui se proposaient d'embrasser la vie monastique; on n'apprenait aux autres que le catéchisme, la lecture et le travail des mains : c'était un premier pas.
Dans le siècle suivant, en 1655, s'ouvrit à Rome la première école gratuite pour les filles pauvres, sur le plan des écoles pieuses de Saint-Joseph : on la dut à la générosité du pape Alexandre VIL Consolé par le succès qu'elle obtint, l'intelligent pontife en établit de semblables dans tous les quartiers de Rome. L'aumônerie apostolique se chargea, comme elle se charge encore, de tous les frais. De là le nom si bien mérité d'Écoles pontificales (Scuole pontificie), qu'elles portent encore. Nous en visitâmes plusieurs, et vraiment je ne sais ce que nos inspecteurs universitaires pourraient leur reprocher. Il est vrai, pourtant, qu'on n'y enseigne ni la mythologie, ni l'astronomie, ni autres utiles sciences du même genre; tout se borne à l'enseignement de la religion, à la lecture, h l'écriture, au calcul et aux ouvrages des mains1.
1 Coxstaxzi, t. I, p. 27, 29 et 156.