‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombesChapitre 156 sur 215 · REMARQUE. — RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

REMARQUE. — RÉSUMÉ

Tels sont, en abrégé, les moyens que Rome emploie pour dissiper l'ignorance dans les classes inférieures de la société : c'est ainsi que la mère des Églises répond encore aujourd'hui à ceux qui osent l'accuser d'être stationnaire, rétrograde et ennemie des lumières. L'Apollinaire, l'Université, le collège Romain nous apprendront plus tard ce qu'elle fait pour l'instruction des classes élevées.

Mais il ne suffit pas de dissiper l'ignorance. Pour entretenir l'âme humaine dans son état normal, il faut encore la préserver de l'erreur, et surtout de Terreur en matière de religion, la plus funeste de toutes. L'esprit le plus éclairé peut être atteint de ce choléra-morbus, dont semble imprégné l'atmosphère de l'Europe actuelle, et qui tue le cœur après avoir altéré la virginité de l'intelligence. Afin de l'éloigner de ses frontières il n'est pas de mesure que Rome ne prescrive.

Ses douanes visitent avec un soin rigoureux tous les ouvrages venus du dehors; la congrégation de l'Index veille nuit et jour pour en arrêter la propagation et pour les signaler, en les flétrissant, à la frayeur publique. A Rome, nul ouvrage ne peut être publié sans avoir été soumis à l'examen des maîtres de la doctrine : gravures, morceaux de musique, pièces de théâtre, tout est surveillé. De peur que les spectacles, même permis, ne nuisent aux pensées graves qui doivent former le fond de l'intelligence chrétienne, les représentations cessent aux époques et aux jours consacrés au recueillement et à la prière, tels quel'Avent,le Carême, le vendredi de chaque semaine et le dimanche.

14 Février.

Départ pour Naples. — Albano.-— Souvenir de saint Bonaventure.

— La Palazzola. — Ruines d'Albe la Longue. — Monte Cavo.

— Lac d'Albane. — Les Nymphées. — L'émissaire. — Castel- Gandolfo. — Tombeaux prétendus d'Ascagne et des Curiaces. — Horace et saint Paul. — Aricia. — Genzano. — Lac Né mi. — Cività Lavinia.

A sept heures du matin, par un froid assez piquant, nous quittions le palais Gonti dans une large voiture à huit places : toutes étaient occupées par nos amis. C'était une caravane française, c'est-à-dire joyeuse et légère, qui partait pour Naples. Nous sortîmes de Rome par l'ancienne porte Cœlimontana, aujourd'hui de Saint- Jean, et bientôt nous trottâmes sur la voie Appienne. Cette voie, royale entre toutes les autres (Reginaviarumy, s'étendait, comme je l'ai déjà dit, de Rome jusqu'à Brindes, et chaque pierre semble avoir une bouche pour rappeler quelque grand souvenir.

Après les maîtres du monde matériel, les Césars et leurs légions triomphantes, on y voit passer les rois du monde moral, Pierre et Paul, vainqueurs des Césars et de leurs armées ; puis les chrétiens de Rome, allant audevant de F Apôtre débarqué à Pouzzole; enfin ces vieilles dalles semblent encore marquées de taches de sang qui redisent le peuple des martyrs dont elles contemplèrent les combats et les triomphes. Tous ces grands souvenirs, sacrés et profanes, empruntent je ne sais quelle majesté de la solitude et des ruines qui vous environnent. Ici la campagne romaine se montre, peut-être plus qu'ailleurs,

i Stat. Sylv., h, v. ifc. — UUrct., w,^^

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