‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombesChapitre 177 sur 215 · EXCURSION AU LAC 1) AGUANO · texte numérisé non relu

EXCURSION AU LAC 1) AGUANO

le même jour. * L'événement a prouvé que le saint fut prophète.

Il nous restait assez de temps pour foire une excursion au lac d'Àgnano. Dix minutes après avoir traversé la grotte de Pausilippe, on laisse à gauche la route de Pouzzoles, et dans une heure de marche forcée on arrive au lac Solitaire. Ce qui attire les voyageurs, ce n'est ni le lac lui-même, ni sa ceinture de montagnes giboyeuses, parc réservé des chasses royales ; c'est tout simplement sa caverne sulfureuse appelée la Grotte du Chien. Du sol que le voyageur foule sous ses pieds, comme des montagnes volcaniques qui bornent son étroit horizon, se dégagent différents gaz dont la haute température annonce le voisinage du feu souterrain.

De la fameuse grotte s'exhale une telle quantité d'acide carbonique, qu'il serait impossible d'y vivre longtemps, « Excellences, nous dit le paysan qui exploite la curiosité des voyageurs, faites-moi la grâce de vous baisser, de porter votre main vers la terre* et de la reporter promptement jusqu'à la hauteur de votre vfc sage. » Nous accordâmes cette grâce an bonhomme, Après deux ou trois mouvements de main qui nous firent monter au nez une brûlante vapeur, il nous fallut sortir bien vite, nous nous sentions asphyxiés.

Moins heureux fut le pauvre démonstrateur qui nous succéda ; le paysan amena le malheureux chien destiné à constater l'abondance et la force meurtrière du gaz carbonique. I) le prit, l'introduisit forcément dans la grotte, l'y tint couché ; et une minute après vous eussiez vu le pauvre animal en proie à des convulsions affreuses, ccumant, et respirant à peine. Alors son maître le jette hors de la grotte ; l'air pur entre dans ses poumons, il est sauvé. Mais, hélas ! les vowg3M% ^ v&rofe., >a»

expériences se renouvellent, et la vie du pauvre chien se passe en évanouissements perpétuels.

Pendant que nous plaignions le sort de l'intéressant animal, le paysan allumait une torche résineuse qu'il introduisit dans la grotte. Tant qu'elle fut élevée au-dessus de la couche atmosphérique saturée de carbone, elle continua de brûler : à peine y fut-elle plongée, qu'elle s'éteignit instantanément, comme un flambeau qu'on jetterait dans une rivière : la même expérience se renouvela six fois.

Près de la Grotte du Chien sont des cavernes sulfureuses, dont la température s'élève jusqu'à 45 degrés, et tellement imprégnées de soufre qu'un morceau de bois frotté contre leurs parois prend feu comme une allumette chimique. Les personnes atteintes de rhumatisme y viennent chercher des bains de vapeur qu'on dit très-efficaces.

Quelques jours avant les éruptions du Vésuve, toutes les grottes sulfureuses s'agitent, fument et deviennent brûlantes, le lac bouillonne : c'est un signe avant-coureur du redoutable phénomène. Grand et magnifique dans le ciel de Naples, terrible dans les foyers incandescents cachés sous le sol, Dieu se montre ici plein de sollicitude pour cette ville insouciante et légère qui danse, qui chante et qui dort sur cette croûte de terre qui la sépare d'insondables étangs de feu.

De retour à Pausilippe, nous gravîmes le flanc escarpé de la montagne, afin de visiter les ruines fameuses dont elle est couverte. Sur ce gracieux promontoire, se trouvent les citernes et les réservoirs de rimuiense villa de Védius Pollion. C'est là que se gardaient les vieilles murènes, nourries de la chair des esclaves condamnés à mort pour leur mauvais &«trôft. * Uu\our* dit Sénèque,

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