‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombesChapitre 190 sur 215 · HISTOIRE ET RUINES DE POMPÉI · texte numérisé non relu

HISTOIRE ET RUINES DE POMPÉI

Tandis que ces nuées de cendres brûlantes ensevelissaient sous une couche de 12 pieds d'épaisseur Pompéi et Stabia, des torrents de laves vomis par le cratère et mêlés de cendres, de graviers et d'eau bouillante, coulaient dans les rues d'Herculanum , pénétraient dans les caves, s'élevaient dans les appartements, puis, en se refroidissant, formaient une masse compacte qui ne permit plus de distinguer ni forum, ni édifices, ni ville. Ce qui ajoutait à l'horreur de cette scène, c'était l'effrayante obscurité qui régnait partout.

« La nuit, continue le même témoin, était, non pas e qu'est la nuit la plus obscure en pleine campagne, lorsqu'on ne voit ni lune ni étoiles, mais ce qu'elle est dans une chambre bien fermée après qu'on a éteint toutes les lumières. *» De temps en temps ces ténèbres effroyables, qui durèrent trois jours, étaient illuminées par intervalles, non par l'éclat du jour, mais par la lueur des flammes qui s'élançaient du cratère. Puis revenait la nuit, revenait la pluie de cendres plus épaisse et plus abondante. Enfin le jour se montra, chacun fit usage des ses yeux et porta ses regards sur les objets environnants. Tout était changé, bouleversé; la mer avait perdu ses limites, et la terre, couverte de monceaux de cendres, comme elle Test quelquefois par la neige dans les jours d'hiver, présentait le plus désolant spectacle2. >

Il résulte de ce récit quela catastrophe s'accomplit assez lentement pour permettre aux habitants de fuir; de là le petit nombre de squelettes trouvés jusqu'ici dans les fouilles.

Quoi qu'il en soit, le souvenir des malheureuses villes

1 Lib. VI, ep.46, et 20, ad Tacit.

1 Plin., id., id., in Dio. Tito.

resta dans là mémoire des habitants du pays, bien que la plaine uniforme dont elles étaient couvertes ait fait oublier leur véritable situation. C'est à tort, par exemple, que les guides et les cicérone supposent Pompéi retrouvée seulement au dernier siècle. « Et d'abord , l'amphithéâtre, situé hors de la ville, au milieu des champs cultivés, élève, tout dégradé qu'il est, son second rang d'arcades de 6 à 7 mètres au-dessus du plateau, et en s'inclinant et en rasant de l'œil la surface de la terre, on voit qu'un mètre environ du premier rang a dû toujours apparaître. De plus, la partie supérieure et l'entablement n'ont été détruits que successivement et par l'injure du temps.

Ainsi, depuis la catastrophe de Pompéi, cet amphithéâtre, existant si près de Naples, dans un pays si peuplé, n'a pu échapper aux regards. C'était un signe toujours subsistant que l'antique cité devait être ensevelie dans le voisinage. De plus, une ancienne inscription semble indiquer que l'empereur Alexandre Sévère fit creuser les cendres de Pompéi et que ces recherches lui procurèrent des statues, des colonnes et des marbres précieux. Au commencement du seizième siècle, cette ville, comme gisement et ruines encore debout, était aussi bien connue qu'aujourd'hui.

Voici ce qu'en dit Sannazar : « Cette ville, qui se présente à nos yeux, appelée Pompéi et célèbre autrefois, fut engloutie par un tremblement de terre, le soi ayant, comme je le pense, manqué sous ses pieds : genre de mort étrange et horrible pour une nation, que dedisparai-

tre en un instant du nombre des vivants En 1572, le

compte de Sarno, faisant creuser un canal souterrain pour porter de l'eau à la Torre , traversa et fouilla en diagonale la place de la ville ; il y découvrit encore des maisons, des rues, (te* \ero^ç& & $^x^TSNMunentt.i

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