‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombesChapitre 191 sur 215 · HISTOIRE DE POMPÉI · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE POMPÉI

« Un siècle après, Macrini, dans son ouvrage de Vesuvio, dit qu'il conjecturait que remplacement nommé Cività devait être Pompéi ; et il ajoute que ce n'est pas seulement le nom de Cività qui le porte h le croire, mais encore parce qu'il y a reconnu lui-même des constructions entières, des ruines de grandes murailles et des portiques en partie hors de terre. Il est donc évident que cette ville ne fut jamais oubliée depuis sa catastrophe, et que la tradition et des monuments encore apparents en conservaient le souvenir; mais le moment où l'on devait s'en occuper sérieusement n'était pas arrivé. Enfin, en 1748, des paysans, en ouvrant un fossé, découvrirent encore des habitations, des statues et des objets servant à l'usage de la vie. Dès lors Pompéi attira l'attention de tous les savants de l'Europ?, et rentra dans sa gloire. *

Herculanum l'avait précédée de quelques années seulement. En 1713, le prince d'Elbeuf, Emmanuel de Lorraine, faisant bâtir une maison de plaisance à Portici, découvrit, sans s'y attendre, une grande quantité de marbres, à 60 pieds au-dessous du sol. Le roi de Naples , devenu propriétaire de la maison du prince d'Elbeuf, continua les fouilles , et ce fut en 1736 qu'on reconnut l'existence d'une ville entière : c'était Herculanum. Quant à Stabia, on s'est à peu près borné à en retrouver l'emplacement.

Le déblai de Pompéi fut poussé avec activité par le roi Murât : huit cents ouvriers y travaillaient sans relâche. Aujourd'hui on en compte à peine quarante. Au train oh vont les fouilles, il faut encore attendre au moins riuq cents ans pour jouir de l'aspect entier de I;i ville; e.;r les remparts, découverts do 1812 à 1814, montrent que le quart de Pompéi k peine est découvert,

De bonne heure nous arrivâmes eu \^,m

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portes de la cité silencieuse. Un vétéran, la carabine sur l'épaule, et un cicérone, le chapeau à la main, s'avancèrent pour nous recevoir. Suivant notre habitude, nous voulûmes avoir une idée générale de la ville avant de l'examiner en détail, et nous fîmes le tour des remparts. Pompéi, situé au sud-est du Vésuve, dans une plaine légèrement accidentée, décrit un ovale renflé vers le milieu, et s'étendait du nord-ouest au sud-est : sa circonférence est d'environ 9 kilomètres. La partie de h ville encore ensevelie est couverte de vignes et d'arbres à fruits, plantés dans une terre meuble ou plutôt dans une cendre grisâtre d'une prodigieuse activité. C'est là, sur les coteaux plus rapprochés du Vésuve, qu'on récolte le laeryma Christi.

Les remparts de Pompéi portent tous les caractères de la plus haute antiquité. Ils forment un ensemble continu, sans aucun angle saillant : cette disposition dans le système militaire des anciens favorisait la défense de la ville. Les bastions se composent en général d'un plainpied et de deux murs ; on y monte par des degrés assez larges pour permettre à plusieurs soldats de passer de front. Une partie du mur d'enceinte a été minée, soit par le tremblement de terre de l'an 63, soit par Sylla lorsqu'il s'empara de la ville, l'an G66 de Rome. Les remparts sont flanqués de onze tours, à trois étages, avec une porte secrète pour favoriser les sorties.

PompiU a cinq portes; celle d'Herculanum est précédée et suivie de trois autres disposées de manière à pouvoir prolonger la défense, supposé que l'ennemi eût forcé h première entrée. C'est sur la partie extérieure du rempart latéral à cette porte qu'on plaçait les affiches ; c'està-dire qu'on y écrivait avec un pinceau, en caractères rouges ou noirs, <& qjataii N^i^fe&t wroir au public.

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