‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombesChapitre 209 sur 215 · CHARITÉ NAPOLITAINE POUR LES ENFANTS · texte numérisé non relu

CHARITÉ NAPOLITAINE POUR LES ENFANTS

vents d'Augustins réformés, dont il consacra le revenu à la construction et à l'entretien du royal palais de la charité. Dans le même temps, le roi Charles rencontra un homme qui lui fut d'un grand secours pour l'accomplissement de son œuvre : c'était le fameux padre Rocco, dominicain, missionnaire du peuple.

Saint Bernard par l'éloquence, saint Vincent de Paul par la charité, le padre Rocco était tout-puissant sur le peuple napolitain. Vrai tribun chrétien, il savait, par son accent inspiré, subjuguer le cœur et la pensée de ses nombreux auditeurs, et chacun, sans se l'avouer, lui accordait un pouvoir providentiel; il s'en servit pour seconder les charitables desseins du monarque. Quand on lui demandait comment faire pour trouver l'argent nécessaire à l'achèvement d'un édifice qui engloutissait des trésors, il répondait en souriant : « Faites toujours, l'argent ne manquera pas, je vous en donnerai : Fate, fate, il danaro non mancherà, ed io vélo portera. Sa confiance ne fut pas vaine; et en 1764 le magnifique asile s'ouvrit à tous les genres de misères. Nous y trouvâmes environ trois mille enfants des deux sexes dont les catégories et les travaux rappellent l'hospice apostolique de Saint-Michel. On y voit différents métiers pour les tissus de coton, pour les soieries, pour la broderie et la passementerie; il y a une école de musique, de dessin, de calcul, une fonderie de caractères, une imprimerie, un atelier de lithographie et une institution pour les sourdsmuets. Une fabrique de corail emploie plus de trois cents jeunes filles ; les autres s'occupent aux travaux de l'aiguille, à tisser, à filer, etc.

Ainsi, il y a du travail, et du travail libre, pour les adultes de tous les âges, des écoles pour tous les arts et pour tous les métiers, de l'instruction pour toutes les

capacités. Nous visitâmes avec une vive satisfaction ce peuple entier de malheureux dont le paganisme ne daignait pas s'occuper, dont la philanthropie aggrave souvent les douleurs, et que la seule charité catholique environne de soins assidus et couvre de son aile maternelle.

Pendant le cours de cette visite, d'intéressants détails nous furent donnés sur la charité napolitaine ; il nous est doux de les faire connaître. Dans chaque commune du royaume de Naples, l'administration municipale recueille, sans s'informer de leur origine, tous les enfants qui lui sont présentés, et les met en nourrice chez des particuliers : le chef-lieu de chaque province possède un hospice spécial pour les enfants trouvés.

Un petit balcon couvert, Ringhiera, fait l'office de tour, et l'enfant déposé est recueilli immédiatement, au son d'une clochette qui avertit la surveillante. On reçoit, dans ces hospices, tous les enfants sans difficulté. 11 est trèsrare que les enfants légitimes soient exposés ; mais d'un autre côté il y a peu d'enfants naturels qui ne soient portés dans ces asiles. VAnnunziata, fondée en 1515, reçoit les enfants trouvés de Naples et des environs. Les garçons, à l'âge de sept ans, sont envoyés à YAlbergo de Poveri, oh ils sont élevés avec les orphelins. Les filles sont également reçues dans l'enceinte qui leur est réservée, et, suivant l'excellente coutume de l'Italie, elles y habitent jusqu'à leur mort, à moins qu'elles ne se marient; dans ce cas elles reçoivent une dot convenable. Du reste, il est rare qu'elles ne trouvent pas à s'établir, car c'est un usage dans le peuple d'aller, par dévotion, chercher une épouse au milieu d'elles.

En nous rendant h Saint - Janvier des Pauvres/ nous visitâmes les Ponfi Rossi, magnifiques débris de

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