CHAIRE DE SAINT-PIERRE
tion. Si on attaque l'auguste basilique par le côté droit, vous ayez d'abord la chapelle de la Pitié, où le ciseau de Michel-Ange se révèle dans l'immortelle statue de la Sainte Vierge tenant son Fils mort sur ses genoux. La colonne entourée de fer, qui s'élève près de l'autel, est, suivant la tradition, une des douze colonnes du temple de Jérusalem, que Constantin fit placer autour de la Confession de Saint-Pierre. L'antique inscription qui l'accompagne célèbre les nombreux miracles accordés à la foi des pèlerins en face de ce monument, sanctifié par la présence et peut-être par l'attouchement de l'Homme-Dieu. En montant se présente la chapelle de saint Sébastien, remarquable par les deux tombeaux du pape Innocent XII et de la comtesse Mathilde de Mantoue. Plus loin, la magnifique chapelle du Saint-Sacrement offre à votre admiration ses tombeaux de Sixte IV et de Grégoire XIII, son riche tabernacle et sa Communion de saint Jérôme en mosaïque. C'est ici que, le jeudi saint, le souverain Pontife, dépouillé des ornements de sa dignité, lave les pieds des douze Apôtres.
Vient ensuite la chapelle de la Sainte Vierge, construite sur les dessins de Michel-Ange, avec son autel tout brillant d'albâtre, d'améthystes et d'autres pierres précieuses : Benoît XIV y repose au milieu de la Science et de la Charité. Admirez encore l'autel de la Nacelle, dont le tableau en mosaïque représente la barque de Pierre près de submerger, et le Sauveur venant calmer les flots ; puis le Rezzonico ou mausolée de Clément XIII, ouvrage de Canova. Les deux lions couchés sur les socles passent pour les deux plus beaux lions modernes qu'on connaisse. Il est à regretter que, dans les autres figures, l'artiste ait sacrifié l'esprit à la forme. Son génie est un scandale que Pie IX s'est efforcé de faire dispa-
raître. La dernière chapelle à droite est dédiée à sainte Pétronille, et le tableau qui représente la sainte au moment de son exhumation est, dit-on, la plus belle mosaïque de Saint-Pierre.
Au chevet de l'église apparaît à une grande hauteur la Chaire de saint Pierre. Quelle jouissance pour un catholique, pour un prêtre, de reposer ses regards sur ce vénérable monument ! Voilà donc cette Chaire mille fois plus respectable que les chaires curules des sénateurs romains et que tous les trônes des rois et des empereurs; cette Chaire sur laquelle Pierre s'assit tant de fois dans les souterrains du Vatican ; de laquelle il ordonna les premiers prêtres et consacra les premiers pontifes ; de laquelle il prêchait et administrait les sacrements à ces chers néophytes, dont la robe, blanchie la veille dans les eaux du baptême, devait le lendemain s'empourprer dans le sang du martyre.
Longtemps conservée près du corps de l'Apôtre dans la catacombe vaticane, elle fut le premier trône sur lequel ses successeurs venaient s'asseoir après leur élection. Enfin, Alexandre VII la fit placer dans le magnifique monument qu'on voit aujourd'hui et qui ne coûta pas moins de cent mille écus romains1. Un autel en marbre rare et une chaire en bronze doré dans laquelle est conservée la chaire en bois dont se servit l'Apôtre, telles sont les deux parties qui composent ce bel ouvrage. La partie supérieure est soutenue par quatre figures colossales en bronze, qui représentent les quatre grands Docteurs de l'Église, deux de l'Orient et deux de l'Occident. Comme accompagnement s'élèvent de chaque côté les superbes tombeaux de Paul III et d'Urbain VIII.
ft€ONSTAKZI, t. II, p. 19.