CHAIRE DE SAINT-PIERRE. ÎB
C'est au-dessous de cette chaire deux fois monumentale que le Saint-Père est assis lorsqu'il pontifie.
En descendant l'église par le côté gauche, on arrive à l'autel des saints apôtres Simon et Jude, décoré de deux grosses colonnes de granit noir égyptien, au milieu desquelles brille un tableau en mosaïque représentant saint pierre guérissant le boiteux. Arrêtons-nous devant la chapelle de saint Léon le Grand, pour admirer les deux colonnes de granit rouge et le magnifique bas-relief d'Algardi, représentant le pontife qui fait reculer Attila. Voici maintenant le tombeau d'Alexandre VII, dernier ouvrage du Bernin. L'autel est remarquable par ses quatre colonnes, dont deux d'albâtre et deux de granit noir. Pie VU, d'immortelle mémoire, assis entre la Force et la Sagesse, repose dans la chapelle Clémentine, sous un mausolée dû au ciseau de Thorwaldsen et à la générosité du fidèle cardinal Gonsalvi.
A ces monuments succède la chapelle du chapitre de Saint-Pierre. Fermée par une grille de fer ornée de bronze doré, elle présente, surtout pendant les offices, un superbe coup d'oeil. C'est au-dessus de la porte voisine qu'on dépose provisoirement le corps du dernier pape régnant : comme à Saint-Denis, le mort ne descend dans la tombe qu'au décès de son successeur. Parmi les chefsd'œuvre consacrés à la gloire immortelle des Saints et des Pontifes, brillent de royales infortunes : les monuments des Stuarts, ouvrage de Canova, ornent la chapelle de la Présentation. La chapelle des Fonts baptismaux termine cette couronne de sanctuaires plus splendides les uns que les autres.
Tout ce que peuvent les arts pour réveiller la foi sur la grandeur du sacrement qui, du fils de la poussière, tût un enfant de Dieu et un frère des anges, brille dans
ce lieu sacré. Les peintures de la coupole sont d'une exé cution parfaite ; une urne de porphyre en forme de nacelle, de 12 pieds de longueur sur 6 de largeur, contient Peau baptismale. Cette urne, trouvée dans le Forum, servit autrefois de couvercle au sarcophage de l'empereur Othon II, mort à Rome en 974. Elle est aujourd'hui fermée par une espèce de pyramide eh bronze doré, ornée d'arabesques, et rehaussée par quatre anges de bronze. Il y aurait beaucoup à dire sur l'exhibition de fémurs grands et petits qui s'offrent aux regards dans toutes les parties de la basilique et qui appellent à grands cris l'œuvre charitable des bonnes chemises. Mais nous laissons à d'autres le soin de la critique. Personne ne s'e» est mieux acquitté que le grand artiste Salvator Rosa.
Revenus à notre point de départ, nous commençâmes un nouveau voyage par la grande nef. A droite et à gauche on est dominé par les statues colossales de tous les fondateurs d'ordres religieux. Ces puissants génies, envoyés de siècle en siècle au secours de l'Église, ces illustres généraux dont les phalanges défendirent avec tant de gloire la vérité, la vertu, la civilisation, forment une longue galerie et comme une double chaîne qui, se prolongeant jusqu'au rond-point de l'église, va se rattacher h la chaire de saint Pierre, centre unique de l'unité et foyer toujours ardent de la lumière et de la charité catholique.
En Rabaissant, les regards rencontrent la statue de saint Pierre assis sur son trône ; j'en ai déjà parlé, mais je tiens à en parler encore, parce qu'elle rappelle un noble souvenir. Quoi qu'en dise certain Voyage en Italie, c'est le bronze de la statue de Jupiter Capitolin qui a fourni la matière pour cette statue de saint Pierre, monument de la reconnaissance de saint Léon le Grand.