RICHESSES
et de solives creuses, en bronze. En dessous, elles étaient revêtues de grandes tables de même métal, courbées en vo&te et enrichies d'une quantité d'ornements d'argent sur un fond d'or; en dessus, elles étaient couvertes de tuiles en bronze doré ; une sculpture du plus puissant effet, dont les figures rapportées étaient en bronze, remplissait le tympan du fronton.
Cette riche proie avait échappé aux Barbares; mais l'empereur Constant II, étant venu à Rome en 663, fit enlever la précieuse couverture avec une partie de la charpente également en bronze doré : son intention était d'en orner Constantinople. Malheureusement la flotte chargée de ces dépouilles fut pillée par les Sarrasins, et les ornements du Panthéon allèrent périra Alexandrie *. Plus noble fut la pensée d'Urbain VIII. Afin d'utiliser à la gloire du vrai Dieu ce qui restait du brome jadis consacré aux idoles, ce pontife le fit jeter dans le moule merveilleux d'où sortirent les colonnes torses du baldaquin de Saint-Pierre. Le même pape construisit encore les deux clochers qui couronnent aujourd'hui le péristyle.
Quelques auteurs croient que la grande porte de bronze est la même qui fut placée par Agrippa; mais ce n'est qu'une opinion. Quoi qu'il en soit, on aura une idée du bronze employé au Panthéon, quand on saura que les clous seulement pesaient neuf mille trois cent soixantequatorze livres, et que la totalité de ce précieux métal s'élevait à quatre cent cinquante mille deux cent trente livres. On voit ici comme partout que les Romains taillaient en plein drap.
Après avoir étudié le Portique, nous entrâmes dans le temple même. Il est circulaire et présente un diamètre
1 Fabriz., Descriz. di Roma, c.'n.
de 132 pieds : la hauteur de l'édifice depuis la base jusqu'au sommet est égale au diamètre, et l'épaisseur du mur est de 19 pieds. La coupole de Saint-Pierre n'a que 2 pieds de diamètre de moins que celle du Panthéon; mais elle est à 300 pieds au-dessus du sol. De là ce mot des Romains : MkheJrAnge a bâti dans les airs ce qu'Agrippa construisit sur la terre.
La Rotonde présentait à l'intérieur six grandes niches pratiquées dans l'épaisseur du mur, trois circulaires et trois affectant la forme d'un parallélogramme. Chaque niche formait un édicule ou petit temple contenant la statue en bronze, en argent, en or ou en ivoire d'un dieu ou d'une déesse. Jupiter occupait la niche du milieu, qui, plus grande que les autres, pouvait se comparer à un hémicycle. De nombreuses statues ornaient toutes les parois du temple. La plus riche, sinon la plus remarquable, était celle de Vénus, à laquelle on voyait suspendue la moitié de la grande perle qui figura au souper de Cléopâtre : ce bijou était estimé plus d'un million cinq cent mille francs *.
Deux colonnes en marbre jaune, cannelées, hautes de plus de 27 pieds et ornées de chapiteaux d'airain de Syracuse, d'un travail admirable, séparaient chaque édicule de la partie circulaire du temple. Toutes ensemble supportaient un entablement de marbre blanc qui régnait autour de l'édifice et que rehaussait une frise de porphyre. Un attique de marbre, percé de quatorze fenêtres entre lesquelles étaient des cariatides de bronze, surmontait cet entablement. Il supportait lui-même la voûte, au centre de laquelle existait une ouverture de 27 pieds de diamètre par où l'on apercevait le ciel. Cet
1 Ovverbeke, del Panteoti.