PLACE DU PEUPLE
belles églises qui forment l'enceinte reposent l'œil ravi de tant de magnificence et d'harmonie. Sur la gauche se dessinent les gazons étages du Pincius, coupés par des sentiers en spirale; et à droite les arbres verts qui masquent le Tibre. La porte Flaminienne, avec ses basreliefs, complète le panorama.
Cette place annonce dignement la ville de Rome aux voyageurs qui arrivent de France ou d'Allemagne par la route de Toscane. Aussi, de toute antiquité, les empereurs, les papes, les cardinaux et les princes souverains l'ont-ils choisie pour faire leur entrée publique dans la Ville éternelle. Vitellius la suivit précédé de ses légions victorieuses, pour venir ensuite expirer misérablement au pied du Capitole ; et Pie VII, d'immortelle mémoire, revenant de l'exil, passait par là, accompagné des bénédictions et des larmes d'un peuple dont il était le modèle et le père.
Nous nous approchâmes de l'obélisque pour mieux l'étudier ; il a soixante-quatorze pieds de hauteur, non compris le piédestal sur lequel il repose, ni la croix magnifique dont il est couronné. Après la victoire d'Actium et la conquête d'Egypte, Auguste fit transporter à Rome ce superbe monolithe, le plaça dans le Circus maximus et le dédia au Soleil. En 1589, Sixte Vie retira des décombres du Cirque, le fit ériger sur la place du Peuple et le consacra à la croix, véritable soleil du# monde. L'obélisque lui-même raconte son histoire et chante sa nouvelle destinée. Sur le premier côté on lit :
IMP. GESAH. DIV. F.
AVGVSTVS.
PONTIFEX. MAXIMVS.