MOSAÏQUES DE L* ABSIDE ET DU CHOEUR
étendues. Plus loin viennent, de chaque côté, cinq vierges couronnées, vêtues de draperies flottantes, apportant sur leurs mains, couvertes d'un voile pendant, des espèces de pains ronds, symbole du travail et de la charité. Entre chaque vierge s'élève un palmier, dont les rameaux sont l'attribut de la victoire. Pouvait-il être mieux placé que dans un dessin consacré à la gloire d'une vierge martyre? Aux extrémités de l'arc se dessinent deux villes, ornées de lampes suspendues aux portes, Bethléem et Jérusalem, d'où sortirent la vie, le salut, la lumière du genre humain, et d'où, dans un certain sens, doivent sortir tous les hommes pour arriver au trône de Dieu dans la patrie céleste.
Au-dessous de Tare, sur le champ des pilastres, vous voyez de chaque côté deux personnages vêtus de grandes draperies et dont chacun élève une couronne vers le trône de la Reine des anges et des hommes. Les douze Patriarches et les douze Apôtres représentent ici dans toute la durée de son existence l'Église catholique, qui se reconnaît humblement redevable de ses victoires et de son immortalité à celle qui règne dans les cieux: telles sont les mystérieuses et magnifiques peintures de l'arc triomphal.
Le chœur n'est pas moins riche. Au point le plus élevé delà coquille, à la jonction de deux superbes guirlandes formant encadrement, brille le monographe du pape saint Pascal P | L. Du haut du ciel apparaît la main mystérieuse, emblème de la Divinité, déposant une couronne de diamants sur la tête de Notre-Seigneur, qui est debout. Le Sauveur tient de la main gauche un livre roulé, et de la droite il bénit à la manière des Grecs; c'est-à-dire que le pouce et le doigt annulaire sont réunis, tandis que les autres doigts sont étendus. On sait que les Latins bénis-
sent en étendant le ponce, l'index et le doigt du milieu, les deux autres étant courbés. Par l'nne et l'autre manière, l'Église d'Orient et l'Église d'Occident proclament le mystère de la sainte Trinité. Tel n'est pas le seul mérite de la particularité que nous signalons; elle prouve encore que les mosaïques de Sainte-Cécile sont l'ouvrage d'un artiste grec, et qu'elles sont bien de l'époque reculée à laquelle on les rapporte.
A la droite du Sauveur on voit saint Paul, dont la main droite pend naturellement, tandis que la gauche, appuyée sur la poitrine, tient un livre, symbole de la doctrine. Le grand Apôtre est suivi d'une jeune vierge portant le costume des impératrices, avec des colliers de diamants autour du cou, tandis que le nimbe circulaire orne sa tête enrichie d'une couronne de perles. Cette vierge est sainte Agathe, cotitulaire de la Basilique. A sa droite vient le pape saint Pascal portant le modèle de l'église, et la tête environnée du nimbe carré, signe distinctif du personnage vivant. Derrière lui un palmier développe ses rameaux majestueux, parmi lesquels on voit un phénix, emblème de la résurrection.
A la gauche de Notre-Seigneur paraît saint Pierre tenant les clefs, et accompagné de saint Valérien et de sainte Cécile, portant l'un et l'autre entre leurs mains la couronne achetée au prix de leur sang. Le centre de la bordure inférieure présente l'Agneau de Dieu, ayant sur la tête le monogramme de Notre-Seigneur; de chaque côté six agneaux venant à lui, et sortant de deux cités semblables pour le modèle et pour la signification à celles dont nous avons déjà parlé *.
L'ensemble harmonieux de la composition, la naïveté,
1 Ciamp., Vet. Mon., U II, c. xxvi.