‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombesChapitre 81 sur 215 · DESCRIPTION DE L EGLISE DE SAINTE-AGHÈS · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DE L EGLISE DE SAINTE-AGHÈS

Dieu même : voilà pourquoi, la veille de la fête des glorieux Apôtres, on place tous les pallium sur leur tombeau ; retirés le lendemain avec un grand respect, on les confie aux chanoines sacristains qui les déposent dans le trésor des reliques, en attendant qu'ils soient envoyés *.

L'usage du pallium remonte, pour le Saint-Père, au berceau de l'Église ; la faveur de le porter ne date, pour les métropolitains et les patriarches, que du quatrième siècle. Dans la suite, le Saint-Siège étendit cet honneur aux archevêques et même à certains évêques des différentes parties du monde *.

Quand la foule fut écoulée, nous visitâmes l'église de Sainte-Agnès. Cette Basilique vénérable est bâtie sur la place même où l'on trouva le corps de la jeune héroïne. Elle doit son origine à Constantin, qui la fit élever à la prière de sa fille Constance, miraculeusement guérie par l'intercession de la glorieuse martyre 3. Les mosaïques du chœur sont un hommage du pape Honorius Ier. Paul V refit le tabernacle, orna Tautel de pierres pré-

1 La tradilion du pallium se fait en des termes qui ne laissant aucun doute sur l'explication qui précède : Ad honorem Dei omnipotentis, etbealae MariaeVirginis, ac beatorum apostolorum Pétri et Pauli, et Domini nostri N.Papae N., et sanctae Romanae Ecclesiae, nec non N. Ecclesiae tibi commissae, tradimus tibi pallium de corpore B. Pétri sumptum, pleniludinem videlicet Pontificalis officii, ut utaris eo in Ira ecclesiam tuam certis diebus, qui exprimuntur in privilégias ei ab Aposlolica Sede concessis.

* Ciampim, Monim. veter., t. III, p. 50. — Devoti, Jus can.,t. I, p. 14. — Constanzi, [nstituzioni, etc., p. 17. — Durandus, RationaL, c. xvn , n. 3. — Card. Tona, lib. I, c. xxiv, etc., etc.

5 Anast., in B. Sylvestr.

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cieuses et y déposa le corps de sainte Agnès avec celui de sainte Émérentienne, sœur de lait de la jeune martyre, et lapidée par les païens au moment oîi elle priait sur le tombeau de son amie. Des inscriptions rappellent que saint Grégoire le Grand prononça dans cette Basilique deux homélies au jour anniversaire de la naissance, c'est-à-dire du martyre de la glorieuse titulaire.

Suivant sa noble coutume , Constantin enrichit le nouveau temple d'ornements et de vases sacrés, dignes de la magnificence impériale. On cite entre autres un calice d'or fin du poids de dix livres ; une patène du même métal pesant vingt livres ; un vase pour les ablutions, d'or le plus pur, enrichi de trente dauphins et pesant quinze livres ; enfin une lampe d'or à douze becs du poids de quinze livres !. Si les Barbares ont emporté ces riches dépouilles, ils ont du moins laissi les marbres précieux qui attestent encore la libéralité du prince et des premiers pontifes.

L'église, qui conserve la forme des anciennes Basiliques romaines, a trois nefs soutenues par quatorze colonnes antiques, dont quatre de jaspe ou de porta santa; les autres d'albâtre, excepté les deux dernières, près de la porte, qui sont de marbre de Numidie. On est étonné de voir Tordre ionique, le corinthien et le composite briller dans les chapiteaux; mais cette confusion des différents ordres prouve, d'une part, que ces colonnes ont appartenu à différents édifices païens, mis à contribution pour élever le temple de l'illustre martyre, et, d'autre part, que le maître du monde voulait être promptement obéi 2.

Au-dessus des nefs latérales règne une double galerie

1 Anast., in B. Sylvestr.

2 Baron., Ann. 324, n. 103.

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