‹ Les trois Rome, journal d'un voyage en Italie, accompagné: 1 d'un plan de Rome ancienne et moderne; 2 d'un plan de Rome souterraine ou des catacombesChapitre 9 sur 215 · BAGUETTE DU PÉNITENCIER · texte numérisé non relu

BAGUETTE DU PÉNITENCIER

sourciller qu'à Rome on remet les péchés avec un coup de baguette ? de tant de voyageurs qui, contents de ne pas blâmer cet usage, rougissent de l'admirer tout haut et dédaignent tout bas de s'y conformer?

Us ne savent donc pas que, chez les Romains, l'affranchissement avait lieu en donnant un coup de verge sur la tête de l'esclave ? Rome chrétienne a conservé cette coutume. « Par un coup de verge, dit-elle, les maîtres du monde faisaient tomber les fers de leurs esclaves ; eh bien, moi, plus puissante que les maîtres du monde, j'affranchis les âmes en me servant du même signe. » Il n'y a que les cérémonies catholiques pour perpétuer avec cette simplicité sublime les usages de la plus haute antiquité1.

* Nous avions rappelé ce souvenir lorsque nous en ayons trouvé la confirmation et le développement dans la note suivante du comte de Maistre: Délai de lajust. div., not. ni, p. 92, éd. in-8°, Lyon.

« U y avait à Rome trois manières d'affranchir un esclave, le cens, le testament et la baguette. Pour ne parler que de la dernière, le préteur, appuyant sur la tête de l'esclave une baguette qu'on nommait en latin vindicta, c'est-à-dire adjudicatrice, lui disait : Je déclare cet homme libre comme les Romains sont libres : Dico eum liberum esse more Quiritum. Puis, se tournant du côté du licteur, il lui disait : Prends cette baguette et fais ton devoir, suivant ce que je t'ai dit : 5ecundum tuum censum, sicuti dixi : ecce tibi vindicta. Le licteur, ayant reçu la vindicte de la main du préteur, en don. naît un coup sur la tête de l'esclave ; puis il lui frappait de la main la joue et le dos, après quoi un secrétaire inscrivait le nom de l'affranchi dans le registre des citoyens.

Ces formes étaient établies pour faire entendre aux yeux que cet homme, sujet naguère aux châtiments ignominieux de l'esclavage, en était affranchi pour toujours. La puissance

Organisation du gouvernement ecclésiastique. — Congrégations romaines; leur but, leur origine, leur constitution. — La Propagande. — Le Saint-Office. — V Index. — La Congrégation du concile. — De l'examen des évêques. — De la résidence des évêques. — Des évêques et réguliers. — De la discipline des réguliers. — De l'immunité ecclésiastique. — Congrégation consistoriale. — Congrégation des rites. — Des indulgences et des saintes reliques. — Des affaires ecclésiastiques extraordinaires. — Baptême d'une famille juive; son histoire.

Hier, à l'occasion de notre visite à Saint-Pierre, j'avais nommé la Pénitencerie; et aujourd'hui, à l'occasion de la Pénitencerie, je vais m'occuper des Congrégations romaines. Or, ce que Voltaire disait, on peut le dire de l'organisation du gouvernement spirituel de Rome :

Beaucoup en ont parlé, mais bien peu l'ont connu.

Centre du monde catholique, Rome vit, dès les premiers siècles, arriver de l'Orient et de l'Occident toutes les grandes affaires qui intéressent la défense et la propagation de l'Évangile. Elle habite encore les Catacombes,

publique le frappait pour annoncer qu'il ne serait plus frappé. On comprend du reste que ces actes n'étaient que de pure forme, l'esclave était à peine touché L'esprit de cette formalité, qui n'est pas douteux, n'a rien que de très-motivé et de très-raisonnable : il est encore rappelé de nos jours par le grand pénitencier (et même par tous les pénitenciers) de Rome, qui touche de la vindicte chrétienne le pénitent absous, pour lui déclarer qu'il a cessé d'être esclave (venumdatus sub peccato, Rom., vu, 14), et que son nom vient d'être inscrit par le souverain spirituel au nombre des hommes libres ; car le juste seul est libre, comme le Portique l'a dit avant l'Évangile. »

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