PALAIS RUSPOLI
&4 Janvier.
Palais Ruspoli. — Escalier. — Palais Chigi. — Galerie. — Bibliothèque. — Palais Rospigliosi. — Aurore, du Guide. — Buste de Scipion l'Africain. — Eglise de Saint-Ignace. — Tombeau de saint Louis de Gonzague. — Eglise du Gesù. — Tombeau de saint Ignace. — Thermes de Néron. — Palais Madame. — Eglise de Saint-Eustachc.
Descendus au Corso, nous visitâmes la belle église de Saint-Charles des Milanais, admirant sans réserve le tableau du maître-autel. Sur cette toile, la plus grande qu'ait animée son immortel pinceau, Lebrun a peint saint Charles présenté par la Sainte Vierge à Notre-Seigneur. En passant jetez un coup d'œil sur le palais Ruspoli. L'escalier, formé de 115 marches toutes d'un seul bloc de marbre blanc, rivalise avec celui du palais Braschi, et tous deux tiennent le premier rang parmi les ouvrages de ce genre : au rez-de-chaussée est le plus beau café de Rome. Sur Iji piazza Colonna donne le palais Chigi : nous y fûmes en quelques instants. Commencée d'après les dessins de Jacques de la Porte, continuée par Charles Maderne, cette superbe demeure fut achevée par Félix Délia Greca ; elle est encore occupée par la famille Chigi, quia donné à l'église le pape Alexandre VII.
Le premier étage présente des statues antiques dont on pourrait vanter le mérite si elles étaient plus décentes. Viennent ensuite de nombreuses peintures, parmi lesquelles on distingue la Sainte Cécile, du Guide; la Flagellation, du Guerchin ; Notre-Seigneur chassant les vendeurs du Temple, de Bassano; VAnge gardien, de Pierre de Cortone, et une demi-figure de saint Pierre, qu'on croit du Dominiquin. Dans les appartements du prince nous vîmes plusieurs dessins originaux de Jules
T. II. li
Romain, du Bernin, d'André Sacchi, conservés sous verre. A côté est la bibliothèque où se trouve le curieux manuscrit du prophète Daniel selon les Septante.
Quittant la place Colonne, après avoir salué de nouveau le grand Apôtre qui la domine, nous gagnâmes rapidement le Monte Cavallo. A gauche de la Consulte, au fond d'une grande cour, le palais Rospigliosi développe ses belles façades. Il rappelle trois cardinaux célèbres : le cardinal Scipion Borghèsê, qui le commença d'après les dessins de Flaminio Ponzio ; le cardinal Bentivoglio, qui en fit l'acquisition, et enfin le cardinal Mazarin, qui, l'ayant acheté sous Louis XIII, le fit terminer par Charles Madernc. Partagé aujourd hui entre la noble famille Rospigliosi et le prince Pallavicini, il rivalise avec les autres, et par sa magnificence, et par les chefs-d'œuvre qu'il renferme.
Dans le pavillon à gauche, brille sur la voûte du salon la fameuse Aurore, du Guide, le plus célèbre ouvrage de ce grand maître. La déesse est représentée semant des fleurs, suivie de Phosphore tenant une torche ; puis du Soleil sous la figure d'Apollon, assis sur un char traîné par quatre coursiers de front, et environné de sept Nymphes qui dansent autour du Père de la lumière. Le môme salon possède une statue antique de Diane et un cheval de bronze; mais le plus remarquable morceau d'antiquité, c'est le buste de Scipion l'Africain. Il se trouve dans une pièce voisine, avec deux grands lableaux, l'un du Dominiquin, représentant Adam et Eve dans le paradis terrestre, et l'autre de Louis Carrache, qui représente Samson faisant écrouler le temple des Philistins. Les gloires du musée sont un superbe vase de vert antique, un candélabre, ditférentes statues, et dixhuit fresques trouvés dans les thermes de Constantin.