PALAZZO M ADAM A
bronze doré, ornée de pierres précieuses, de bas-reliefs de bronze doré et de marbre représentant diverses actions du saint. De chaque côté de l'autel sont deux groupes de marbre, que les uns trouvent admirables et les autres trop maniérés. L'un représente la Foi embras sée par différentes nations barbares ; l'autre, la Religion terrassant l'hérésie. Deux de nos compatriotes, Jean Teudon et Legros, sont les auteurs de ces ouvrages. A Baccicio appartiennent les peintures de la voûte de la chapelle : on les regarde comme une de ses meilleures compositions.
A côté du maître-autel repose l'un des derniers fils d'Ignace, le cardinal Bellarmin. On sait qu'il fallut un ordre formel du Saint-Père pour lui faire accepter la pourpre , et que le peuple de Rome neTappelait pas autrement que le saint Cardinal. Son tombeau, remarquable par ses ornements de marbre, est dû au ciseau du Bernin. A l'église du Gesu est attenante la maison professe de la Compagnie, résidence du général et des principaux supérieurs.
Il fallut nous rappeler la nature exclusivement artistique de nos investigations, pour ne pas succomber à la tentation de visiter l'Université romaine, près de laquelle nous passâmes avant d'arriver au palazzo Madama. La place Saint-Eustache est environnée de trois monuments dignes de l'attention de l'archéologue, de l'artiste et du chrétien : je veux parler des Thermes de Néron, du palais Madame et de l'église Saint-Eustache. Près des magnifiques Thermes d'Agrippa, oii il faisait ses voluptueux soupers à la lueur des flambeaux et au bruit des symphonies, Néron construisit un édifice du même genre, avec un luxe et un raffinement de sybaritisme qui faisait dire à Martial : « On ne connaît tte& *s^
mauvais que Néron et rien de meilleur que ses Thermes 4. »
Pour suivre les progrès du siècle, Alexandre Sévère enchérit sur Néron. Non content d'agrandir les Thermes de son prédécesseur, il les éclaira pendant la nuit d'une multitude de flambeaux, afin que le peuple ne fût point obligé d'interrompre le cours de ses inqualifiables plaisirs. Dès lors, les Thermes prirent le nom du bienfaisant empereur 2. Des colonnes, des marbres précieux attestent encore la richesse et la grandeur de cet établissement, dont le nom se conserve dans celui de la petite église voisine de Saint-Sauveur in Thermis.
Sur ces ruines tristement monumentales s'élève aujourd'hui le palais Madama, qui doit son origine et son nom à Catherine de Médicis, devenue reine de France. Acheté par Benoit XIV, il sert aujourd'hui de résidence au gouverneur de Rome : l'architecture, louée par les uns, critiquée par les autres, ne manque ni de grandeur ni d'élégance : elle est de Paul Marucelli.
A quelques pas du palais de l'Université, se trouve l'antique église de Saint-Eustache. Restaurée une première fois en 1196 par le pape Célestin III, elle l'a été de nouveau dans le dernier siècle sous la direction de l'architecte Antoine Canevari. Pourtant, il faut le dire, ce n'est ni l'architecture, ni les peintures d'un mérite plus ou moins contesté, ni la grandeur des proportions, qui peuvent expliquer la sollicitude maternelle avec la-