V. Mathon de la Cour
Parmentier (Jean le), curé de Saint-Jean de Rouen depuis environ 1492 jusqu^en i52i, année de sa mort. Il suivit en i5i5 le Palinod, établi d^abord dans son église en i486, lorsqu^il alla, vingt-neuf ans après, s'établir au monastère des Carmes.
Parmentier (Jean), né à Dieppe en 1494, mort à Tîle de Sumatra ou Taprobane en 1529, célèbre navigateur et poète français, dont les œuvres, soit en prose soit en vers, ont été publiées de son vivant et après sa mort. Comme fX)ète et auteur de moralités, les historiens du théâtre français ont parlé de ce qu^il a composé en ce genre pour le Palinod de Dieppe en 1527, sous maistre Robert le Bouc, baillif de la dicte ville. Prince du Puy et maistre de la dicte feste pour la troisième année. Comme lauréat, il appartient non seulement au Puy de Dieppe, mais encore à celui de Rouen : il y remporta le Lis sous Nicolas Pougnon. Son refrain était :
Le bien d'amour et le moyen de grâce.
Même prix, Tannée suivante, sous Pierre Aubert. La forte nef toute plaine de grâce
en était la ligne palinodiale, et tous les termes de marine sont employés dans ce chant royal. 11 joignit à cette pièce un rondeau qui fut couronné de la même main ; il commençait par ce vers :
Mon seul pl^ir et ma chère partye.
II ne reparut ensuite sur la scène qu^en i526, avec un chant royal qui ne fut que présenté. Deux ans après, Jean Bonshoms, Prince de Tannée, lui donna un troisième Lis. Ses vers commençaient par celui-ci :
Quand le monceau des choses ténébreuses.
On trouve encore de lui, à la même époque, dans le manuscrit in-40 des pièces autographes en TAcadémie de Rouen, un chant royal sur
Le temple sainct de divine concorde,
dont voici Targument :
De l'hystoire Catylinaire Âinsy que Salluste la fist, J*ay extraia ce qu'il me suffit Pour à ce Concept satisfaire.
Quand Catylin, grand chief d'aulcuns pendards, Mist les Rommains en tremeur inhumaine
Il avait traduit Thistoire de Catilina par Salluste, et sa traduction fut imprimée en i523, in-40, gothique, à Paris (i).
Dieppe fut ensuite le théâtre de ses succès poétiques. II
(i) Jean Parmentier, quoique mort très jeune, tint une place distinguée parmi ses contemporains. Bouchet Tappelle < poète altiloquent, historien, orateur excellent, bon cosmographe et géographe. » Sa traduction de Salluste fut réimprimée en i539, in-i6. Huit ans plus tdt avait paru sa Moralité en Vhonneur de V Assomption de la vierge Marie ; le « Mystère de l'Assomption » se jouait encore de son temps dans la cathédrale de Rouen. {Bulletin de la Commission des Antiquités, VII, a6o.) Parmentier a un bon article dans Du Verpier (II, 487).
y g^^SV^ '^ Chapeau, le jour de PAssomption i52o; Robert Pigné, Prince du Puy pour la troisième année.
En spéculant comme le corps solaire, Tout illustre de clarté éminente, Entre ce jour par cours orbiculaire En la maison de la Vierge excellente; Tout souldain vey sur l'herbe redollente Auprès de moy saincte théologie Qpi incitait subtile astrologie A desdarer par son art prédeux Comment Marie est es deulx translatée.
Et qu'elle assiste en throsne spedeux Sur tous, fors Dieu, la plus hault exaltée.
En I S27, il gagna la Couronne, sous la principauté de Robert le Bouc, pour un chant royal dont rallégorie était une barque marchande qui vient
Prendre un prix de dignité Au par£ùct port de solas et de joye.
La^ Nativité de la Vierge était également un jour oti se tenait le même Puy, et un sujet qu*y célébraient les mêmes poètes. Il en fit la matière d^un chant royal dont la date est inconnue, mais dont les vers ont été conservés: L^argument en était exprimé dans un quatrain :
La nef où fut grâce espartie (i) L'an passé faicte et charpentée A esté ce jourd'huy firettée ; En vecy la quarte partie (2) :
Pour contracter ceste quarte partie Par devers nous le suprême admirai
(i) Cest la leçon de Caen. Le mt. de Rouen a : et partie, (a) Id et au vers tuÎTant il faut lire « charte partie, » c'est-à-dire, acte concernant TaiTrètement d'un navire.
Fut genre humain, faaeur en sa partie De tous humains marchants en général.
La Couronne fut son partage et sa récompense. Sans Pierre Crygnon,.'son compatriote et son compagnon de voyage, les œuvres de J. Parmentier fussent restées éparses et probablement eussent été perdues. Son ami les recueillit en i53i, in-40, et y ajouta quelques pièces de lui-même, car il était aussi son émule sur le Puy de Rouen et de Dieppe ( K. Crygnon). Il composa une plainte sur son trépas et celui de Raoul, son frère, et il transforma Jean, qui fut enterré dans Tîle de Sumatra, en palmier, et Raoul, dont le corps fut jeté à la mer, en dauphin, et finit par désirer que ce parage soit désormais appelé la mer Parmentière.
V. Goujet, t. VIII, p. 375; l'Histoire du Théâtre français, t. Il et III ; les Recherches sur Vhistoire des théâtres^ par Reauchamp, t. I ; les Epîtres de Jean Bouchet, la XLIII«, etc.
Pascal [Jacqueline]^ sœur du célèbre Biaise Pascal, née à Clermont en Auvergne en 1625, fit voir, ainsi que son illustre frère, un esprit prématuré, capable des plus grandes choses. A douze ans, elle faisait des vers français dignes de nos meilleurs poètes ; et n*étant âgée au plus que de quinze ans, elle remporta le prix de poésie à Rouen sur la Conception de la Sainte- Vierge. En i652, elle entra au monastère du Port-Royal des Champs, et y fit profession Tannée suivante. Elle mourut en i66t, dans sa trente-sixième année. Il me reste à ajouter à ce que dit ici le Dictionnaire historique des femmes ce-
lèbreSy t. II (r), que ses vers consistaient en des stances smtI* Arche d'Alliance (2), et que Tannée suivante elle fut elle-même le sujet d'un chant royal d'Antoine Corneille ( V. son article) :
D'un feu sacré, dont la subtile ardeur Vient au combat provoquer mon courage, Je sens la flamme exciter ma vigueur Pour entreprendre un généreux ouvrage, Qui puisse, 6 Vierge, exalter ta grandeur.
Toy donc qui fiis en mes veilles passées L'unique objet de toutes mes pensées, Fay que l'ardeur dont je me sens épris Dans le dessein que mon esprit enfante Rende aujourd'hui sur les plus beaux esprits La seule fille en ce Puy triomphante.
En ce lieu sainct où ta noble ferveur Des plus fameux Amphions de nostre âge Vient honorer la Mère du Sauveur, Où les lauriers se cueillent sans ombrage D'acception, de brigue ou de faveur ; De ces héros les muscs délassées, De leurs travaux souvent récompensées, Gaignent l'honneur du combat entrepris Par fes efforts de leur plume sçavante.
Sans que jamais on ait encore appris La seule fille en ce Puy triomphante.
(i) Ce livre est une compilation de la Croix deCompiègne (Paris, 1768; a vol. in-80). Grimm ne l'épargne guère {Çorr. litt.^ VI, lyS), ce qui ne prouve pas absolument que Touvrage soit mauvais.
(a) La pièce n'a sûrement pas été connue de Guiot, qui l'eût citée avec bonheur (elle n'a que vingt-quatre vers). Conservée dans un manuscrit des archives de l'Académie de Rouen, elle a paru pour la première fois dans Une Séance de V Académie des Palinods en 1640, par Ed. Frère ; 1867, in-8<*. Il y a joint les poésies pâlinodiques de Pierre, Antoine et Thomas Corneille.
Mais en nos jours la modeste pudeur D'une pucelle aussi jeune que sage Pardessus tous brille avecque splendeur, Q}ii Tan dernier pour son apprentissage Rend sa vertu d'une immortelle odeur.
Des plus polis les veines moins forcées Sont par sa muse aisément surpassées ; Les juges mêmes en demeurent surpris ; Et jusqu'à ceux que sa vertu supplante Tous à l'envy trouvent digne du prix La seule fille en ce Puy triomphante.
En vain l'histoire étale ce grand cœur De l'amazone à qui sans faire outrage Nous ne saurions obscurcir la valeur^ Dont Soliman rend un haut témoignage, Par son triomphe en un char de vainqueur.
Par ses exploits les troupes dispersées.
Et par son bras les villes renversées N'emportent rien sur ce que je décris ; Sur le corps seul sa force est agissante ; Mais sur l'esprit excelle en mes esprits (i) La seule fille en ce Puy triomphante.
Qjiand cette vierge (2) aux yeux d'un empereur Sur les sçavants emporta l'advantage, * Et que l'on vit escumant de fureur L'esprit cruel de ce tigre sauvage Aux plus hardis imprimer la terreur ; On veit alors des testes mieux sensées, Sans s'émouvoir, les raisons repoussées
(1) Ed. Frère a imprimé escrits.
(a) Il s'agit de sainte Catherine, vierge et martjrre d'Alexandrie, fêtée le a 5 novembre. Elle réfuta brillamment les plus savanta hommes qui, par ordre de Maximin, avaient entreprit d*ébranler sa foi en Jésus-Christ. Aussi les philosophes chrétiens l'ont-ilt choisie pour leur patronne.
Par Catherine avec un sainct mépris :
Digne crayon du combat que je chante, Où les vaincus élèvent i grands cris La seule fille en ce Puy triomphante.
ENVOY
De ces vaincus les muses terrassées, Et du péché nos naissances blessées Sont le secret dans mon œuvre compris ; De ton Concept la figure excellente, Reine des cieux, est, au sens que j*ay pris, La seule fille en ce Puy triomphante.
(V, le Supplément.)
Patrix [Simon] n'est porté dans le Recueil d'Adrien Boccage que pour un chant royal, p. 59, sur
L*autel du ciel entier dans sa ruine.
Il florissait au commencement du xvn^ siècle (i).
Paulmier (Jean-Jacques-Georges le), avocat au Parlementy ancien recteur de Caen, etc.; a fait Touverture du Puy de cette dernière ville, en 1778, par un discours imprimé dans le Recueil de l'année (2).
(i) S. Patrix devait être parent de Pierre Patrix (sinon le même personnage avec un autre prénom), gentilhomme né à Caen en i585, dont on a « beaucoup de vert pieux », disent les AnnaUs poétiques, (xvn, 10 3). Elles n*en ont cité qu'une trentaine de vers, avec le mot de Scarron :
Pfttxix, Quoique Nonnand, homme de prix.
(a) Paulmier, membre de TAcadémie de Caen, mourut en 1788 à TAge de cinquante-trois ans.
Paulmier (Thomas], seigneur delà Bucaille, premier président à la cour des Aydes de Rouen, Prince du Palinod de cette même ville en 1 700 « avec magnificence et applaudissements », est-il dit à la tête du Recueil des poésies qu^il avait couronnées.
Paviot (Af .-y.)» ancien conseiller et échevin de la ville de Rouen, se trouve le quatre-vingt-douzième parmi les premiers confrères et Princes du Palinod de Rouen ; mais on ignore s'il en a géré la principauté (i). On le croit inhumé à Saint- Vincent. ( V. Farin, II, 255.)
Payen ( Victor] y dernier prieur des Carmes de Rouen en 178 1, le dernier qui ait joui du droit de siéger au Palinod de cette ville en qualité de juge-né, comme ses prédécesseurs.
Payen {Jacques-Georges), né à Dourdan en 1754, professeur à Saint- Lô de Rouen en lySr. Il a joui du titre de juge-né au Palinod de cette ville jusqu'à son entière extinction ; dernier prieur-curé de Notre-Dame d'Eu, où il avait professé la théologie.
Pellevé [Pierre], élève du séminaire de Joyeuse (2), composa en 1764 une allégorie latine tirée de VEau du rocher sous la verge de Moyse, et fut couronnée par M. de Harcourt. Ce jeune lauréat est mort quatre ans après, à vingt-deux ans. (K. le Supplément.)
(1) Une épigramme latine signée Pavyot {Pauyotus) se lit dans Vidouc, fb 80.
(a) Cest probablement lui qui figure ainsi cette année en tête des élèves de troisième : Gervasius Pellevé du Bosc,
Perdrix (Laurent la], bourgeois de Rouen, Prince d% Palinod de cette ville en 1498, donna les prix à Nicolas Fauvel et à Guillaume Tasserie.
Pesot (Charles) j l'un de ceux qui se présentèrent au Palinod de Rouen en 1624 sous la principauté de François de Harlay. Il avait composé une ode latine sur une Fontaine extraordinaire en Hollande. L'archevêque de Rouen lui en donna une récompense particulière.
Petit (Jean)y greffier au grenier à sel de Rouen, lauréat du Palinod de cette ville en 1612, 16 14 et 1616, y présenta autant de chants royaux qui tous remportèrent le Lis. Le premier était sur le tombeau de saint Servais, le second sur le temple de Pan, le troisième sur le débordement du Nil. Ce dernier, qui est sous le nom de Benard, commence ainsi :
Divin Homère, honneur des siècles vieux,
Etait-ce un traict tiré à Tadventure,
Quand ombrageant ta parlante peinture
Pour banquetter tu conduisis les dieux
En ce séjour doux et délicieux ?
Non, non; ton âme, en extase passée,
Voyait le Verbe en sa fuite avancée,
S'y faire asyle à son intégrité ;
Qpi, Dieu des dieux, pour marquer son passage.
Voulut laisser à la postérité
L'heureux terroir sans pluye et sans orage.
Le premier de ces chants royaux a été recueilli par Ad. Boccage, p. 112, avec un autre auparavant, p. 65 :
Le clair miroir où Dieu montre sa gloire.
Petit (M.), dont Adrien Boccage a conservé des stances, p. 32, y célèbre un cœur tout mystique auquel il dit :
Beau cœur qui dans le del avez votre héritage, Accordant les discords de tant de cœur divers; S'il est vrai que le cœur la vie nous partage, Ourdisses à Tenvy une vie à mes vers.
Petit (L.-F. ou L.-/.) remporta la Ruche d^argent en 1678 au Palinod de Rouen, pour une ode latine sur le Veràsoye, KTabbé Goujet, t. XVIII, p. 23i.
Petit (François Le), de Caen, au collège Dubois en cette ville, remporta le premier prix d*épigramme ou d^allégorie latine au Puy de ladite ville en Tannée 1669. Il avait pris pour sujet le bonheur qu'eut Euryloque^ Tun des compagnons d'Ulysse, d'échapper aux enchantements de Circé.
Petitval {David du], de Rouen, fils de Raphël du Petitval, célèbre imprimeur en cette ville au xvi» siècle et imprimeur lui-même, ne se borna pas à exécuter sous ses presses des Recueils du Palinod de Rouen, il les décora souvent de ses propres poésies. Le sonnet paraît être le genre auquel il s*attacha et dans lequel il réussit souvent au Puy delà G>nception en 1625, et années suivantes. Il avait cependant débuté par y remporter la Palme en 1624 sous François de Harlay, Mais il s^ fit plus d^honneur par un sonnet italien qui flatta beaucoup le Prince.
Ce sonnet a été traduit en vers latins et français, par deux de ses compatriotes, Louis Midy et Jos.- André Guiot :
O Vierge, rornement de la virginité, En vain je veux chanter ton auguste naissance, Peindre ta haute gloire et ton humilité ; Ma faiblesse m'arrête et me force au silence.
Ce Dieu qui te créa si parfaite en beauté, T'orna de mille dons et bénit ton enfance.
En conservant ton cœur dans Texaae innocence En fit le temple saint de son humanité.
Souveraine des deux dont tu deviens la gloire. Vierge sainte, à jamais nous louons ta mémoire ; Par toi du genre humain le crime est réparé.
Enfants infortunés d'une coupable mère.
Sans toi nous périssions au sein de la misère ; Tu parais dans Sion et Thomme est délivré .
Petou (Michel'Georges), du séminaire de Joyeuse à Rouen, composa en 1764 (2) une allégorie latine sur Moyse sauvé des eaux, et remporta le Laurier au Paiinod de cette ville.
Peulvé [Rétnjr], professeur en 1756, ensuite prieur des Carmes de Rouen en 1776, et à ces titres ju^e-né du Paiinod de cette ville. Il y avait souvent prononcé les discours d^usage à Touverture des séances publiques de cette académie. Il est mort en 17..., avec la réputation de bon prédicateur.
(i) Ces initiales sont celles de Midy. Guiot s*est modestement abstenu de citer sa propre traduction, (a) Il était en seconde cette année-là.
Fey [Jean], du diocèse de Toulon, chanoine de Besançon en 1771, avait adressé en 1772 un discours au Palinod de Rouen, qui avait proposé pour sujet : c La « religion élève Tâme et agrandit Tesprit » ; mais le prix ayant été remis à l'année suivante, et Tauteur n^ayantpas atteint à la perfection^ il n^eut qu^un accessit, quoiqu'on convînt que ce discours fût bien vu, bien pensé, fort méthodique, plein de bonnes choses^ peut-être un peu trop diffus et trop didactique ( i ) .
Fétremol (Richard de)y sieur de Viaspre et du Plessis- Chalus, proche Corbeil, paroisse de Lysses, qui a fait de si bons services au roi Henri IV. Il portait d^argent au lion de gueules sous un chevron de même, ayant en chef trois coquilles d^or.
L^un des prisonniers qu^avaient faits les Turcs avant la bataille de Lépante en 1570. ( F. de la Barre, Antiquités de Corbeil, in-4*', p. 248.)
Il avait été Prince du Palinod de Rouen.
Philippe de Saint-Jacques (le P.), prieur des Carmes de Rouen en 1684 et en cette qualité juge-né du Palinod de cette ville.
Picard (Nicolas le], poète latin au commencement du XVI* siècle (2), remporta trois années de suite au Palinod
(i) L'un des meilleurs apologistes de la religion au siècle dernier, Tabbé Pey reçut les encouragements de l'assemblée générale du clergé en lyyS. Parmi ses principaux écrits, d'une actualité toujours nouvelle, VAutorité des deux Puissances (civile et ecclésiastique) est, de l'aveu de Camus, l'un des plus savants sur la matière.
(a) La première pièce latine du recueil de Vidoue (f^ 77) est signée Picard, avec cette remarque qu'elle obtint le Laurier (Picardms, laurea donatus).
de Rouen le premier prix d^allégorie latine : en i522 sous Nicolas de la Vieille, en i523 sous Guillaume Le Roux, en 1624 sous Nicolas de Coquainvilliers. Toutes ces pièces étaient sur la G>nception. Ces succès non interrompus lui méritèrent une place parmi les juges qui avaient décidé de ses victoires.
Picard (Martin), connu par des chants royaux de l'ancien manuscrit in-40 du Palinod de Rouen vers i53o: Tun sur la Prise de Rome, où, suivant le refrain
La Véronique a esté préservée,
Tautresur le
Vray almanach sans erreur et mensonge.
Adam jadis par croyre de léger t Au faulz blason du serpent rigoureux.
Lequel luy feist de la pomme menger, Fut cinq mil ans mallade et langoureux, Et ne trouva jour de purgadon Jusques à tant que au pays de Syon Ung médecin lui feist par excellence Ung almanach où erreur ne se plonge, Qui fust treuvé en grand préexcellence Vray almanach sans erreur et mensonge.
On a aussi de lui une épigramme ou allégorie latine de 1 545 ou plutôt du suivant.
Picard [Jean], natif du pays de Caux, et professeur à Paris, paraphrase en 1545 ces paroles de saint Jean au commencement de son évangile [i,5]: Lux in tenebris lucet, et tenebrœ eam non comprehenderunt, et en fit Tapplication à celle qui avait été donnée pour mère à cet
évangéliste. Cette allégorie a été conservée dans le Recueil manuscrit in-f> de Jacques [le] Lieur, prince en 1 544.
Picard (Nicolas le), un des poètes français dont Adrien Boccage a recueilli les vers au commencement du xvn« siècle. Ceux de N. Le Picard consistaient en un chant royal sur
La vive flamme entre les flots conçue. P. 79.
Picard (le), peut-être le même que le précédent, fut couronné au Palinod de Rouen à des époques assez éloignées : en 16 19, sous Pierre Puchot, pour une ballade sur Jonas; en 1634, sous Nicolas Davannes, pour deux chants royaux, Tun sur
L'unique fleur que Tinsecte n'offense ;
Vautre SUT r Arche d'alliance; xous deux néanmoins signés Canu, nom peut-être du lecteur.
Picot (/.) florissait vers 1540 (i). Avant cette année, on avait de lui dans Tancien manuscrit in-4<' et autographe du Palinod de Rouen un chant royal sur la Vierge :
En son concept sans tache et toute belle ;
puis un autre en 1544 dans le Recueil manuscrit in-fol. de Jacques le Lieur, Prince de Tannée, sur
La femme forte entre faibles treuvée.
(i) Sous le nom de Picot figure dans Vidoue(fo 55) un chant rojral dialogué entre Jésus-Christ et li^écessité, sur le miracle de la multiplicatioi^ des pains.
Picot (Jacques], chanoine de IMglise collégiale et paroissiale de N.-D. de la Ronde à Rouen, neveu de Pierre Picot, chanoine de ce Chapitre en i632, et son successeur en 1646, le 2 août, avait présenté en 1642 une allégorie latine sur le Palmier de Jérusalem, et l'avait « simplement donnée d à Ferdinand de Palme, comme faisant allusion à son nom. Dans la suite, et cinq ans après, il fit une ode latine qui fut couronnée par Maximîlien de Dampont.
Durant cet intervalle et avant dMtre chanoine, il se tourna du côté des muses françaises, et ce ne fut pas inutilement. Elles lui obtinrent le Miroir et la Tour d^argent en 1644, c^est-à-dire les prix de Tode française et des stances. La pièce lyrique était sur un Oiseau des Indes ; r Aurore était le sujet des stances. Il reçut ces récompenses des mains de Nicolas de la Place. Un ruisseau découvert par Caton dans la Libye, sur lequel il fit de nouvelles stances, lui fit avoir une seconde Tour qui lui fut délivrée par Pierre d'Amiens ; mais les plus beaux succès du lauréat furent Tannée de sa prise de possession, qui fut marquée par trois victoires, dont une en latin; les deux pièces françaises, des stances et un sonnet, étaient sur la Conception méme,rallégorieavaitpour sujet la Tulipe, et outre le premier prix qu^elle lui fit remporter sous Claude de Vauquelin, elle eut Pavantage d'être choisie par Laurent le Brun pour être citée en exemple au mot Conceptio dans son Novus apparatus Virg. poeticus, in-40. Sa réputation faite au Parnasse, il alla continuer en 1647 ses études à Paris; et sa licence dans la faculté de théologie lui présentant un avenir de prospérité, il se démit de son cauonicat en faveur de Jacques le Vasseur.
Picquot, deCaen, trois fois couronné au Puy de Caen
en 1778, pour un dizaLin sur la Sensitivey pour un sonnet sur le Combat cTOuessant, enfin pour une ode française sur la Chute de Séjan.
Pigné [Robert], de Dieppe, et Prince ou maître du Puy palinodique de cette ville en i520. Un des plus célèbres lauréats qui reçut le prix de sa main fut Jean Parmentier, à qui il donna le chapeau de laurier pour un chant royal.
Pigny [Marin le], docteur en la faculté de théologie et de médecine, chanoine de Rouen, vicaire général du même diocèse, archidiacre du Grand Caux, aumônier et prédicateur ordinairedu roi, Prince du Palinod de Rouen en 16 12, était né en cette ville le 3o mars 1 554, sur Saint* Eloi, et y mourut le 4 septembre i633, à quatre-vingttrois ans environ (5tc). Outre les prix qu^il donna aux lauréats, dont plusieurs étaient déjà connus dans la République des lettres, il fut le fondateur de celui du sonnet pour lequel il assigna TAnneau d'or. Il fut remporté pour la première fois par un prêtre de Rouen nommé Nicolas Guillebert. L'Éloge historique de M. Le Pigny a été adressé à l'Académie du Puy en 1780 par J.-A. Guiot, et lu dans la séance publique de cette année; il est imprimé dans le dernier Recueil. Cet Éloge aurait mieux fait connaître celui qui en est Tobjet, si Ton avait pu avoir communication d^un manuscrit in-foK de près dequatrecents pages, renfermant l'histoire de la famille et même toute celle de la Ligue, le tout écrit de la main de Marin le Pigny, qui y a inséré bien des faits qui le concernent personnellement, dans une cinquantaine de pages, dont peu de gens ont eu connaissance. Ce recueil était encore en
1781 chez le Pigny de Bimare, curé de Gonfréville-l'Orcher^ diocèse de Rouen.
( V. aussi les Affiches de Normandie, du 2 1 mai 1 774 ( i ); item l'article Jean de Rouen).
Pigny (Bernard lé), de Rouen, neveu du précédent, et son successeur dans la plupart de ses dignités ecclésiastiques, le fut aussi au Palinod de Rouen en i633. Il y donna les palmes et les lauriers de la fondation à des auteurs non moins célèbres que ceux qui les avaient cueillis en 1 61 2. Deux événements remarquables devaient occuper les poètes du temps : Pincendie de Constantinopleet Touragan du 25 juin à Rouen, oU il causa plus de deux millions de ravages en moins d^un quart d^beure (2). Qu'arriva-t-il ? On préféra le malheur étranger à celui qui avait été personnel, et, chose étonnante, François de Harlay lui-même voulutétredu nombre des poètes qui peignirent le désastre des Dardanelles ( V, son article).
(i) Cest une note de quatre lignes et demie que voici : m M. le Pigny, chevalier de Tordre royal et militaire de S. Louis, est mort le 12 de ce mois à sa terre de Quévreville. U était bon, humain et compatissant : aussi a-t-il vu approcher sa fin avec la tranquillité et la résignation que donne la vertu. »
(2) « Les tonnerres, foudres et tempêtes qui arrivèrent en cette année i633, la rendirent encore fort remarquable ». Mercure fran^ çoiSf p. 91 5, éd. i636.
Par une étrange coïncidence, dont la météorologie fera peut-être son profit, la ville de Rouen fut encore cruellement ravagée par un ouragan, juste un demi-siècle plus tard, date pour date, le a5 juin i683. Mais, cette fois-ci, le désastre suscita toute une petite pléiade d'écrivains qui Tont raconté en prose et en vers. On peut voir M. Bouquet dans son Introduction à la réimpression de Tode de Fr. Linant pour les Bibliophiles normands en 1879. Cette Société a donné une nouvelle édition^de toutes ces pièces.
Cet exemple d'un Prince devenu auteur et spectateur sous un autre Mécène, fut imité par Bernard le Pigny lui-même, en 1644, sous la principauté de Nicolas de la Place, archidiacre comme lui, son ami et confrère en Apollon. L'un et l'autre voulurent être du nombre des poètes, Nicolas de la Place en présentant au Puy des grâces latines et honoraires sur son élection ; Bernard le Pigny voulut concourir dans le genre lyrique et la Ruche d^argent lui fut adjugée pour une ode latine sur Mqyse sauvé des eaux, ( V. dans les œuvres du P. Commire une ode latine adressée à Bernard le Pigny).
Pigoust (René- Olivier), prieur de Saint- Lô de Rouen en 1736, n'a été que sept ans dans cette place, étant mort en 1743; il avait été visiteur et assistant de son ordre. On s*est longtemps souvenu de son extrême rigueur dans les examens et jugements du Palinod oti il assistait très ponctuellement. Il était né à Rhédon, diocèse de Vannes.
Pilleverdier [Gabriel] (i), jésuite et professeur d'éloquence au collège Dubois à Caen, et souvent couronné au Puy de cette ville et surtout à celui de Rouen. Ilempruntait quelquefois des noms supposés pour ne pas trop blesser par la supériorité de ses talents dans la poésie. C'est ce qu'il fit en i63o, où après avoir été couronné sous son propre nom en 1629 pour une épigramme sur le Siège de Malte de 1 564, il mit le même sujet en ode alcaîque signée Charles de la Fosse. Un prix d'épi-
(i) Pilleverdier est né à Vendôme en iSgg. Le P. Sommervogel cite encore de lui deux poésies latines adressées à Richelieu en 1634. La traduction des fables de La Fontaine dont va parler Guiot n'en donne qu'un choix.
gramme, qu'il remporta encore la même année sur 5amt- Maclou, lui fit prendre le nom d'Antoine de laTouville : en 1 632 et i633, il parut en personne pour recevoir la Ruche d'argent, prix d'une ode sur le Pyragnus, sous Adrien Behotte,et l'accessit qu'il avait aussi mérité pour un sonnet sur la Conception ; il se montra de même l'année suivante où Bernard le Pigny lui envoya le même prix d'ode pontificale pour des vers alcaïques sur le Fleuve Parana, C'est en cette année que François de Harlay adressa ses vers sur l'incendie de Constantinople, en y joignant une sorte de préface oti il joue sur le nom de Pilleverdier, qu'il peint sous l'emblème d'un oiseau connu dans l'ornithologie. Antoine Halley, leur émule et ami commun, était de moitié dans le compliment comme dans l'envoi de la pièce, qui portait à la fin : typis archiepiscopalibus.
Haud meîiuSy te dormitantây probari HarUto HalUtum quam quadret ingenium.
Le P. Pilleverdier s*est essayé dans la suite sur d'autres sujets, et l'on connaît son élégante Batrachomyomachie, si bien versifiée d'après celle d'Elisien Calentio. Cette pièce se trouve dans l'édition des fables de La Fontaine, traduites en vers latins par les PP. Tissard et Vinot, de l'Oratoire, Rouen (Anvers), 1738, in- 12, par les soins de l'abbé Saas, chanoine de Rouen.
Pingre [Alexandre-Guy], né à Paris, chanoine régulier de la congrégation de France (i), bibliothécaire de
(x) L'une des meilleures oçtices sur ce savant homme est celle que l'abbé Langlois en a donnée dans l'Histoire du prieuré du Mont-aux^Malades, pp. 3 1 6-3 2a
Pingre, chanoine du Mont-auz-Malades, avait d'abord été religieux à Graville; aussi la ville du Havre a-t-elle donné son nom à une rue
Sainte-Geneviève, membredes académies de Paris, Rouen, Gottingue, etc., astronome, géographe de la marine, juge-né au Palinod de Rouen en 1*745, étant professeur au prieuré de Saint-Lô.
Piperel [Jacques], jugeprésidialau bailliage de Rouen, était le cent seizième sur la matricule des confrères du Palinod de Rouen, éligible à la principauté. Le siège où il rendait la justice devait rappeler le premier fondateur du Puy et être un motif de plus pour faire choix d^un magistrat qui était à la tête de la même cour.
Place [Auger de la], prieur de Saint-Lô de Rouen en 1569, fut plus connu dans sa paroisse que dans le lycée du Palinod, dont les opérations sont la plupart ensevelies dans l'oubli durant Tespace de temps qu^il put contribuer à sa gloire avec les autres juges ses confrères.
Place [Nicolas], prieur deSaint-Lô de Rouen en 1 5o2, après Robert le Gras et avant Pierre Aubert, qu^il eut pour compétiteur. Il fut le second dans cette maison qui soutint son droit de séance au Palinod, étant encore ouvert et séant en Téglise Saint-Jean.
Place [Jean de], seigneur de Fumechon, notaire ei secrétaire du roi, se trouva le quarante-troisième sur le cata-
voiftine. L* Académie des Sciences, avant de le compter parmi tes membres, avait honorablement accueilli plusieurs de ses mémoires {Savants étrangers, III, 86; V, 549). Du reste, l'activité de Pingre 8*étendait aux sujets les plus divers : tout en correspondant avec les Bollandistes, il a fourni des notes aux Mémoires de Trévoux, Tout récemment l'Institut saluait avec foveur la découverte et la reconstitution de son Histoire céleste du XVII* siècle, (Cosmos, 9 avril 1898.)
logue des confrères et Princes du Palinod de Rouen. On retrouve encore ses mêmes noms et qualités dans l'inscription de la dédicace de Téglise paroissiale de Saint-Lô en i533. Il peut être inhumé à Saint-Maclou ou à Saint- Godard.
Place (noble homme, messire Daniel de la], sieur de Fumechon, conseiller du roi en ses conseils, et président en la chambre des Comptes à Rouen, Prince du Palinod de cette ville en 1620.
' Après avoir couronné les poètes qu'avait attirés sa réputation, il reçut d'un ancien « lauréat » et « célestin » un poème latin qui eût pu servir d'invitation aux auteurs.
Place (Nicolas de la), sieur de Saint-Etienne, abbé de Notre-Dame d^Eu, conseiller aumônier ordinaire de la reine, mère du roi, et vicaire-général de l'archevêché de Rouen, confrère, juge. Prince et lauréat du Palinod de cette ville en 1644. Sa gestion dut être une des plus remarquables de son siècle et être comparée à celle de François de Harlay en 1624. Nicolas de la Place y récompensa autant et peut-être plus d^auteurs, et fit également preuve de talent pour être compté parmi eux, après les avoir couronnés : un d^eux, d^ailleurs, son confrère et intime ami, Bernard le Pigny, princedu même Puy, etqui vint concourir sous ses yeux ; tout semble contribuer à rendre cette principauté mémorable. Antoine Halle, Picot, et Doujat étaient du nombre des athlètes; et si Ton ne cite pas ici leurs ouvrages, c'est qu^ils le sont à leurs articles.
Planquois (le), de Rouen. Le Narcisse et la Rose de Jéricho furent les fleurs dont il présenta les dessins aux juges du Palinod de Rouen en 169 1. Ils les jugèrent di-
gnes de l'impression, mais n*en couronnèreat qu^ua : c'étaient des stances. L^allégorie latine de Narcisse ne fut qu^honoraire.
Plesse [Pierre], né à Collinée(i), diocèse d'Evreux, en 1659, mort en 1740, avait été prieur de Saint-L6 de Rouen en 171 2, jusqu^en 17 19. Il se fit le même honneur dans sa congrégation et son académie que le P. Joseph Plesse, jésuite et son parent, dans sa société (2).
Poisson^ de Caen, fut couronné en 1692 au Palinod de Rouen pour une ode française sur Mqyse sauvé des eaux.
Pommeraie (Jean de la) était le septième inscrit sur Pancien catalogue des confrères, juges et Princes du Palinod de Rouen; fut élu pour distribuer les prix en Tannée 1492, où on ne couronnait encore alors qu'un seul poète, et ce fut Pierre Taillet qui remporta le prix du chant royal. Le Prince est qualifié « bourgeois » et « marchand » à Rouen.
Pommeraye [Jean], moins ancien que le précédent sur la même liste électorale du Palinod de Rouen : il était le trente-deuxième éligible à la principauté du Puy.
Pommeraye (Jean^François), de Rouen, oU il est né en î6i7, et mort en 1687, le 28 octobre, à soixante-dix
(i) Serait-ce Collière, hameau de Grand villiers, arrond. d'Evreux, Eure,
(i) Pierre-Joseph Plesse (i 704-1 766), né à Saint-Brieuc, collabora aux Mémoires de Trévoux, et était recteur de Caen en 1762. Il a laissé quelques pièces de circonstance.
ans, a trop bien mérité du Palinod de Rouen par ce qu^il en dit en divers endroits de ses ouvrages pour n^étre pas mis au nombre des auteurs qui ont contribuée sa gloire. Sans lui, jamais on n^eût pu se procurer certains détailssur beaucoup de Princes ecclésiastiques, de ceux surtout attachés à la cathédrale de Rouen, dont il a fait Thistoire in-40. Il est le seul historien qui ait parlé du Puy de Sainte-Cécile qui se tenait en cette métropolitaine etdom ont été Princes plusieurs de ceux qui Pavaient été du Palinod delà Conception. ( V, le Cerf et VHist. [litt.']de la congrégation de S' Maur],
Pommeraye (le Petit de la], abbé avantageusement connu au Palinod de Rouen pour deux odes françaises qui y ont été couronnées en 1762 et 1763; la première était sur la Lumière^ la seconde sur le Papillon :
Peintre brillant de la nature, A qui le del doit ses couleurs, La terre en tout temps sa verdure, Au printemps Témail de ses fleurs ; De mille biens source féconde, Lumière, âme et gloire du monde, Par toi tout s*anime, tout vit ; Avec toi Ton voit disparaître Ce monde, qui semble renaître Sitôt que ton éclat reluit.
L'autre pièce lyrique commence ainsi '.
Elève des zéphirs, trésor de la nature Q^i semble s*applaudir de ta production, Papilhn, qui croirait que tu dois u parure
A la corruption ?
Qpi contemplant Téclat de tes brillantes ailes,
Et ton ardeur constante i rechercher les fleurs. Ne croirait qu'engendré des plus belles, Tu leur dois tes couleurs ?
(V. ci-dessus le Prince de ce nom.)
Poncher, ancien poète français du commencement du XVI* siècle, dont la pièce autographe a été conservée dans le manuscrit in-4^ du Palinod de Rouen vers 1 53o. On j lit un chant royal sous ce nom et sur ce texte : Hdtc est dies quamfecit Dominas. [Ps. cxvii, 24.J
Laisse i^ boys, Jherome, et tes déserts, Et viens chanter de ta langue diserte.
Par les doulz chants et cantiques diserts Q^e la terre est de mallice déserte.
Car les ùluIx jours causans malignité Sont convertis au jour de dignité ; C'est au sainct jour et souverain dimence Où nostre Dieu tous ses biens nous envoyé ; C'est le sainct jour où nostre bien commence. Le sainct dimence où Adam reprend joye.
Pongnon (Nicolas], sieur de la Barre, conseiller du roy nostre syre en sa court du parlement à Rouen en i5o3. La moitié des lauréats du Puy, P. Avril, N. Lescare, J. Parmentier, reçut de sa main les prix du rondeau, de la ballade et du chant royal en 1 5 1 7 au Palinod de Rouen, dont il fut Prince en cette année.
La pièce de Jean Parmentier commençait par :
Le plus parfaict des amoureux parfaicts Ayma jadis ungne excellente dame.
Etc.
V. ses œuvres, in-S®, i53i. V, aussi Baptiste Chandelier^ p. 5 1 du manuscrit fol.
Pontcarré (Geoffroy Camus de], chevalier, baron de MaflièreS) Moussot et Betfaemont, seigneur de Vilaine, Neufmoulins^Quinquempoix, Arpentigny,Longueville et premier président du parlement de Normandie, Prince du Palinod en 1732. L'année de sa principauté fit époque par la nouvelle invitation aux poètes de Tabbé Saas, et le remplacement des anciennes médailles d^argent par des jetons aussi d'argent, que fit frapper exprès ce magistrat pour récompenser les auteurs. Le premier et le plus méritant fut Charles de POrme, qui remporta le prix de Pode latine après celui de Thymne qui était le prix d^honneur. F. son éloge par M. DubouUay en 1767, lu à PAcad.des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen.
Pontcarré, V. le Supplément.
Porcher (René le), sieur de Deffends, était au xvi« siècle le centième sur le tableau des réceptions et élections des confrères et Princes du Palinod de Rouen.
Porte (Georges de la), conseiller du roi en son conseil privé, président au Parlement de Rouen, Prince en 1607 du Palinod de cetfe ville. Cest sous lui que Jean Grisel remporta les prix du sonnet, de Tode française et des stances en cette année, ainsi quMl Fa marqué dans ses propres œuvres ou plutôt dans Tédition qu'en a donnée Hercule Grisel, son fils ; in-4^' (i).
(i) M. Bouquet, dans sa très remarquable édition des Fasti Rotomagenses d'Hercule Grisel (Rouen, 1870; petit in-4»), publiée pour les Bibliophiles normands, a recueilli (pp. 6-8, a 19-224, 521-526) tous les renseignements désirables sur Jean Grisel et sur ses écrits.
Potier (Nicolas], l'un des anciens confrères du Palinod de Rouen, éligible à la maîtrise ou principauté deœPuy. Il était le cent quatrième dans la nomenclature des associés.
Pouchin de Grassemare^ de Caen, avocat au présidiai de cette ville, poète latin et français au Puy qui s^y tenait en rhonneur de la Vierge, ainsi qu*à Rouen. Ce lauréat se présenta aux deux Palinods, y essaya de tous les genres et y remporta presque tous les prix dans Fespace de cinq années, de 1681 à i685. Des chants royaux sur les Do' naïdes, sur P Alcyon; des ballades sur Clovis et sur Ulysse; des odes latines sur un Enfant échappé au naU" frage^ sur Goliath, sur P Académie de Sparte préservée dans un incendie, sur Louis XIII; des odes françaises sur la Destruction de Phérésie, sur Pallas, qui ne connut jamais Tamour, sur Caton; tel est le précis indicatif des pièces quMl mit au concours soit à Rouen, soit à Caen, quelquefois aux deux lycées, et qui toutes lui ont mérité des prix dans chaque genre. Elles sontéparses dans les Recueils de ces différentes années, et leur ensemble en formerait un très intéressant, soit par la variété des sujets qui y sont traités, soit par la manière dont ils sont rendus dans chaque langue.
Poullain (Mathieu), existant au plus tard au commencement du xvi« siècle, était un des plus anciens associés du Palinod de Rouen, lise trouvait le quatre-vingt-troisième confrère sur lequel pouvait tomber le choix pour gérer la principauté et couronner les lauréats.
Pradon, de Rouen (i). L'époque à laquelle ont été (i) Il faut attendre quelques mois pour lire sur Pradon la metl-
couronnées les pièces de poésie sous ce nom au Palinod de Rouen, empêche de croire qu'elles soient de Nicolas Pradon, qui ne mourut toutefois que plus de vingt ans après. Son Régulus et ses autres pièces dramatiques lui donnaient trop d'occupation pour aller se mesurer avec d'autres émules que ceux quMl avait en tête à la capitale. II avait un frère nommé Joseph, mort curé deBraquetuit, au diocèse de Rouen, en 1 71 1, et était en 1672 le Pradon qui ajoutait le jeune pour se distinguer de Nicolas. Il remporta en cette année le prix de Tode française; Laodice en était le sujet. Il mit cette ode en versalcaîques en 1677, ^^ fuï également couronné. Dans cet intervalle, et en 1674, il avait réussi dans le même genre : et cependant de deux odes latines quMl avait préseatées, une seule obtint le Miroir d'argent, elle était sur Horace Codés; le héros de la seconde était Jupiter dans tout l'appareil de sa puissance, conformément à la pensée d^un grand poète : [Horace, Carm, III, i, 7] Clarus gigantœo triumpho; ce tableau ne fut que votif et purement gratuit. La Victoire de Judith lui valut un autre prix de vers alcaïques en 1675, et celle d'Hippomène sur Atalantey un prix de vers alexandrins. Néanmoins, dès 1664, on avait couronné des stances sur le Péché originel sous le même noiii, mais sans prénom ni de qualité, ce qui pourrait faire croire que ces stances seraient de Nicolas, la distinction de « lejeune» n'étant employée qu'en 1672.
Prairie-Cairon (de la)j professeur de mathématiques à Caen, arpenteur juré au bailliage et vicomte de cette ville, avait remporté trois prix en 1697 au Palinod de
leure notice dont il ait été l'objet. Elle va paraître dans le prochain volume de l'Académie de Rouen et est due à M. Ch. de Beaurepaire*
Rouen pour un chant royal sur la Paix, pour une ballade sur Vile de Délos, et un sonnet sur un miracle arrivé au mont Saint-Michel. Deux ans après, il concourut dans les mêmes genres et aussi heureusement : ses sufets étaient un catholique intact au milieu des flammes, un Rocher batm des eaux, la Parélie; il donna même une seconde ballade, qui était sur V Immortalité de Vâme.
Prémagny [Etienne - François Boistard de)^ né à Rouen, avocat en la chambre des Comptes, ancien échevin de la ville, secrétaire perpétuel de l'Académie royale des Sciences, Bel les- Lettres et Arts (i), juge en celle du Palinod en 1727 Jusqu'en 1767, année de sa mort. On a de lui une traduction française de PEpître en grec de saint Clément, in-S». V. son Éloge par M. Duboullay, son successeur dans les deux académies.
Prémagny (Guillaume-François Boistard de)^ conseiller au Parlement de Normandie, fils du précédent, et juge au Palinod de Rouen en 1777.
Prestre [le], ecclésiastique de Saint-Sauveur à Caen, et de l'Académie royale des Sciences et Arts de cette ville (2) et de la Société académique de Cherbourg, eut d'assez brillants et d'assez longs succès au Puy de Caen, depuis 1765 jusqu'en 1776.
Plusieurs odes françaises sur la Rédemption et la
(i) Fut un des meilleurs soutiens de T Académie de Rouen, puisqu'il y présenta une soixantaine de mémoires.
(2) « Auteur d'une ode sur le prince de Brunswick, lue à YMul" demie de Caen (Rivarol) », l'abbé Pierre-François-Henri-Hercule Leprestre fi 745-1818) a laissé en manuscrit un grand nombre de poésies.
Chute cTAdam, sur P Athéisme et l* Amitié, sont ses principales poésies : diverses stances sur ie Printemps et la Sagesse ne le cèdent point aux vers lyriques ; trois dizains sur Paiias, la Rose et sur la Reine furent également dignes des récompenses attachées à ces sortes de compositions. La langue latine ne lui était ni moins familière ni moins favorable; et deux épigrammes ou aUégories sur le Cyclus et sur un Enfant échappé au . naufrage surlecorpsde son père^réussirentde même. A la fin de ses tentatives poétiques, pour tant de couronnes le lauréat adressa un remerciement à ses juges ^ Toccasionde son dizain sur la Rose : et c'est un des plus ingénieux quMls eussent reçu depuis longtemps ; il y a même lieu de s^étonner qu*ils niaient pas décerné un nouveau prix à Tau^ur :
Mieux que l'astre du jour qui te sourit, ô rose, Et qui pare ton sein des plus vives couleurs ; Mieux que l'aurore qui t'arrose Du liquide argent de ses pleurs ; Mieux que du doux zéphir la caressante haleine.
Des fleurs aimable souveraine.
Pour toi les dieux du goût signalent leurs faveurs, Lorsqu'à te conserver sur les bords du Permesse Leur main délicate s'empresse.
. Qpe manque-t-il à ton bonheur ?
La cour de Ftore humblement prosternée Cède le prix à ton charme vainqueur ; Le Dieu des vers Ta couronnée.
Vous avez applaudi,. Muses, à ses attraits.
Des fleurs de l'Hélicon sois la reine nouvelle. Rose, triomphe et deviens immortelle.
Comme les dieux qu'ont sçu ravir tes traits.
Aux palmes du Puy de Caen, Tauteur essaya quelque*
fois de mêler les lauriers du Palinod de Rouen. On en trouve la preuve dans ses recueils où sont deux odes françaises de la même muse : en 1 767, sous M. de Beahotnas» et en 1 769. Le Néant des grandeurs humaines était la matière de la première, et la seconde était sur la Solitude.
Prevai(le marquis de) fut du nombre de ceux qui embellirent le Recueil des vers couronnés en 1622 sous François de Harlay, comme fit avec lui le président Chevalier, mais avec un peu plus dMntérét : car il aspira au prix du sonnet, et ses efforts ne furent point inutiles. Il était sur la Conception,
Prével [Pierre], de Rouen, remporta le prix d^honneur, c'est-à-dire celui de Thymne en 1733, au Palinod de Rouen, sous Alexandre Bigot. Cette hymne était sur la Présentation de la Vierge au Temple.
Prévost [Pierre le], lieutenant général aux eaux et forêts du bailliage de Rouen, était le cent dix-neuvième éligible à la principauté du Palinod de cette ville au commencement du xvi« siècle. Il fut député aux États-Généraux de 1527.
Prévost [Thomas le) y né à Rouen, avait étudié à Poitiers, puis était allé à Saumur, où Ton peut croire qu'il est mort. Il se trouve parmi les lauréats du Palinod de Rouen vers le commencement et le milieu du xvi« siècle, sous Nicolas de la Vieille en i522, et Jacques le Lieur en 1 544. A la première époque, il remporta le prix du rondeau pour lequel lui fut adjugé le Signet :
S*esbahit-on, si au Concept prospère, Immaculée, et hors de l'impropère
Qpe Adam transmit en ces terrestres lieux, Veu que j'estois avant que les neuf cieulx Conceue en grâce au penser de mon Père, J'ay prévenu le transgrez de ma mère?
Quelques années après ce premier succès, il se trouve dans le manuscrit autographe in-4° de TAcadémie, par un chant royal sur
L'arc recepvant réflexion solaire,
Adam reprins pour l'offense mortelle Fut interdit de paradys terrestre.
En 1544, c^est encore un chant royal présenté au Prince de Tannée et commençant par
Une cité de tout bien étant pleine.
Cet auteur était en commerce de lettres avec Jean Bouchet, et lui écrivait un jour qu'il avait été très bien reçu à Saumur :
Mais d'où paity ? de Rouen, où les Muses, £n chants royaulx et différentes muses, Près d'Hélicon avec leur Dieu Phébus Disent versets en carmes et rhebuz.
Etc.
Réponse de Jean Bouchet c à l'orateur que le Prévost on nomme » :
On m'avait dit que Messieurs de Saumur, Pour de leur jeu droisser un avant mur.
Avaient trouvé facteur en Normandie Sçavant expert et de science hardie,
Dont à Poïcticrs estoit (i) grand renom; C'est toy, Prévost
Prévost (Pierre le], sieur de la Fontaine, avocat au parlement de Rouen, était le cent vingt-troisième associé du Paliood de cette ville sur le tableau des confrères et Princes de cette société, vers le commencement du xvi* siècle.
Prévost (Geoffroy le). Deux anciens manuscrits ont conservé les preuves du talent poétique de cet ancien candidat du Palinod de Rouen : celui de Jacques le Lieur, in-folio, pour les années 1544 et iS^S, offre un chant royal avec un rondeau pour la première année, commençant l'un par :
Enfants d'Adam prochains de mort dampnable.
Tautre par :
Soubs double mal double bien est yssu .
L^année 1 546 n'offre qu^une ballade :
Dieu qu'est esprit omnipotent.
Dans le manuscrit de la'bibliothèquedu roi cotté 6989, in-fol., est un autre rondeau en la personne de Eve parlant à Marie. C'est le septième du recueil.
Prévost (Jean le), A l'exception de l'avantage d'être conservé dans le manuscrit de la bibliothèque du roi cidessus, J. le Prévost eut le même rang, et pour autant de pièces dans le recueil in-fol. de Jacques le Lieur auxdites
( i) M. Gasté propose de rétablir le vers en lisant « si grand renom. »
axinées, préseatation d^un chant royal et d'un rondeau en 1 544, dont les refrains étaient :
Concept en grâce et en miséricorde.
Soubs Dieu, sur loy, sur nature et soubs grâce.
La ligne palinodiale présentée et lue en 1 545 était le Feu gardant en Teau sa chaleur.
Prévost (Jean le], chanoine et bibliothécaire de la cathédrale de Roiien, sa patrie, composa des vers latins et français pour le Palinod de Rouen pendant près de dix ans. Ses poésies françaises qui y furent couronnées consistent en des sonnets au nombre de trois dont le plus singulier est celui couronné sous Toussaint le Fèvre :
D'où vient que tant d'esprits d'une humeur importune Afesdisent de Marie et de sa pureté ?
Q}ie tant de tourbillons couvrent la vérité.
Et que tant de mastins en veulent â la lune ?
Q}ioi 1 le premier instant de sa grande fortune Ne lui donnait-il pas l'estre et la liberté ? L'esclavage répugne au roy qu'elle a porté, Et le comble d'amour â la peine commune.
Les lois permettent bien qu'un citoyen romain Puisse dire en mourant : J'affranchis de ma main L'enfant qui sortira du ventre de ma serve
El Dieu ne pourra pas (pour en estre empesché)
Affranchir une mère au ventre du péché
Et dire en la créant, c'est moi qui la préserve l
Un autre sonnet sur le même sujet était accompagné, Taanée suivante, d'une ode française sur les Noces de Thétis, Tun et l'autre couronnés par Louis Bretel.
Ses poésies latines étaient différentes allégories* : sur Alcon^ en 1618, année oti il traita le même sujet dans son premier sonnet; sur la fille de Targon, lôaS; sur une fille dévouée aux mânes d^un des compagnons d'Ulysse, 1624; sur une autre fille sauvée des eaux à Paris, 1625. Ces diverses compositions prouvent qUHl était meilleur poète latin que français ( i ). Au titre de poète il joignait celui d^historien, et en effet il avait de grandes connaissances en ce genre. On a de lui une bonne histoire de la ville de Rouen en trois volumes in-12; Rouen, Jaques Amiot, 17 10. Cest une nouvelle édition de celle de Farin, mais elle n^a été donnée qu^après la mort de l'éditeur (2). Ce docte chanoine était aussi l'un des juges du Palinod.
Prévost (Pierre-Robert le), chanoine de Chartres où il est mort le 9 octobre 1 736. Il était né à Rouen, sur Saint- Maclou, le 8 avril 1675, fut un des premiers prédicateurs de son siècle. Il excellait surtout dans les oraisons
(i) On peut encore lire quatre hymnes de Jean Le Prévost dans cet Office journalier pour le roi très chrestien, que Fr, de Harlay lui fit composer pour la chapelle de Sahurs. (Le Vœu de la Reyne, Rouen, lôBg, in-40.)
(2) Guiot a plus raison qu'il ne pense, puisque Le Prévost était mort depuis soixante-deux ans. Ce tour de phrase montre que le monde lettré n'avait gardé que de vagues souvenirs sur le savant chanoine. Il n'en faut savoir que plus de gré à M. de Beaurepaire d'en avoir récemment publié une notice très substantielle (Revue cathol. de Normandie^ VII, 181-204).
Il est assez singulier que cette réimpression de Farin n'ait rien dit de ce qu'elle devait aux notes d'un travailleur disparu plus d'un deml-siède auparavant. Cette collaboration donne un intérêt particulier aux volumes de 17 10, que l'édition originale et les in-40 de lySi ont assez effacés.
funèbres (i), et les lecteurs se souviennent encore de Fapostrophe aux princes du sang, au service pour le duc de Berry à Saint- Denis :
« Connaissez oti se termine la gloire qui vous envi- » ronne; voyez si elle dure; voyez si elle se soutient. Ce c temple superbe n'est, pour ainsi dire, pavé que de ses c débris; on ne marche ici que sur des sceptres brisés, sur c des couronnes flétries» sur des dieux de la terre humi- « liés, obscurcis, dénués de tout, et sans autre relief « devant Dieu et devant les hommes que celui des bonnes « œuvres. »
Cet orateur, si goûté à la cour comme à la ville, avait préludé au Palinod de Rouen oti il fut trois fois couronné pour des allégories latines sur i45/^ânax, en 1692; sur Sisara^ en 1694, et sur une Tour de Nicomédie^ en 1695. C'est de lui que Voltaire a dit :
Tel que Prévost préconisé, fêté !
Le Dictionnaire des Prédicateurs ne fait qu'insinuer ses victoires poétiques sur le Puy de Rouen en disant que « la ville oti il avait reçu le jour applaudit à ses pre- « miers essais. »
Prévost (le), né à Rouen, entrait à peine dans Tétat ecclésiastique quand il entra dans la carrière du Palinod de cette ville. En deux ans il moissonna six palmes différentes dont quatre en 1 764 sous Anne-Pierre de Harcourt ; une était pour une ode française sur la Pucelle
(i) Cest la seule partie de ses œuvres que Tabbé Migne ait insérée au tome XL VI de ses Orateurs sacrés, « Avant Tftge de treize ans, Tabbé Prévost a donné des marques d'un esprit aussi solide que brillant. {Mercure galant, juillet 1707, p. 11.) »
d^ Orléans, les autres pour des vers latins alcaiques pour une hymne sur la Nativité de la Vierge, et pour une ode sur Titus; hexamètres pour une allégorie latine sur le cœur de Jeanne d*Arc. L^année précédeate deux couronnes avaient été son partage au prix de Tode latine sur Babylone, et une autre d'allégorie sur Oppius^ Dans Tode sur la Pucelle le poète dit, en s'adressant à l'Angleterre :
La fôrttme toujours changeante Peut t'opprimer d'un seul revers Et par une chute éclatante T'abattre aux yeux de l'univers.
Tu prétends du milieu de Tonde Réduire sous tes fers le monde Et seul dominer sur les mers; Mais, fier léopard, la tempête Courbera sans peine ta tête Qpi menace les âots amers.
En vain dans la France alarmée
Tes légions portent reflfroi ;
En vain tu la crois désarmée,
Et prête ih recevoir ta loi.
Le Français que la honte anime,
Te fera la triste victime
Des maux qui semblem Tébranler : .
C*est quand il est prêt à se rendre »
Qm'U sait renaître de sa cendre
Pour te combattre et t' accabler.
Puchot [Jean], sieur de Gerponville, premier connu dans une famille dévouée à la gloire du Palinod de Rouen. Celui-ci en était le cinquante-sixième confrère dès lexv« siècle; il fut dans la suite échevin de Rouen en 1 55o, et Tannée suivante il fut député aux Etats de la
Province. Sa sépulture est à Saint-Martin-du-Pont avec cette épitaphe : Gist ci-dessous noble home Jem Puchot, en son vivant sieur de Gerponville-en^Cau^, vicomie de Rouen^ qui décéda le 25 septembre i55j,
Puchot [Vincent],, fils ou frère du précédent, ot imitateur de son zèle pour le Palinod de Rouen, où il était le quatre-*vingt-cinquièine associé éligible à la principauté de cet institut. Son épitaphe qu'on lisait à Saint-Candele-Jeune en cette ville portait : Cy gist noble homme Vincent Puchot, écuyer^ sieur de Pubeufet de la Pommeraye, décédé le 1 5 juin i566; et damoyselle de la Haye, sa femme, qui décéda Van quarante ^septième de son âge, le 28 novembre i5Sg,
Puchot (Jean), dont le nom était porté le cent onzième sur le catalogue des Princes et confrères du Palinod de Rouen, fut conseiller écfaevin ^1 1578, et second consul en i58i.
Puchot (Jean), sieur de la Pommeraye, député aux Etats généraux en iSqS comme conseiller dé ville de Rouen, était le cent trente-cinquième reçu dans Passociation du Palinod de Rouen et destiné à en donner les prix. Ses cendres sont à Saint-Pierre-du-Chatel, où on
lisait sur son tombeau : Cy gist noble homme
Puchot, sieur de la Pommeraye, ancien conseiller échepin de la ville^ qui décéda le,.,., mars 1606.
Puchot (Pierre], sieur de Sydetot, etc., semble être destiné par son élection à la principauté du Palinod de Rouen, en 16 19, à acquitter les dettes et les vœux de ses parents qui Vy avaient précédé sur la matricule des récep-
tions. Parmi les lauréats qu'il couronna. Ton distingue Guillaume Auvray, connu dans Thistoire de la poésie française. Un ancien athlète du Puy, Louis G>usin, adressa à ce Prince des vers latins à i^occasion de sa principauté.
La sépulture de ce magistrat était dans le chœur de Saint-Denis : Cy-gist maistre Pierre Puchot^ sieur de Sideiot et du Bosmelet, conseiller au parlement de Rouen^ décédé au soixante-quin^ième an de son âge, le 2 juillet 1620, ayant exercé sa charge quarante^ sept ans,
Pyron [Guillaume], recteur en TUniversité de Caen, fit Touverture du Puy de cette ville, en 1672, par une épigramme ou allégorie latine sur le Duel, avec la traduction en vers français (i).
SUPPLEMENT
Pelbart de Themeswart, franciscain vers i55o. Dans ses sermons intitulés Pomerium Sermonum, in-40, iSig (2), il parle ainsi de la Conception : Tertium testimonium legis evangelicœ; quia ibi legitur quod Gabriel salutando, B, V. sic dixit : « Ave, gratia
(i) Pyron (i 637-1684), de Hambie {Manche)^ docteur en droit canonique et civil , professa le grec dans 1* Université de Caen, dont il fîit nommé recteur à Tâge de trente ans. Ce fut lui qui édita le Claudien ad usum Delphini^ en 1677. A part sa traduction latine du traité de VOrigine des Romans, par Huet, on ne cite de lui que des pièces de circonstance, le plus ordinairement en latin.
(2) Cet ouvrage eut du succès, car on en connaît une autre édition, gothique, Paris, s. d., 2 vol. in-8**. Pelbart a également écrit Aureum 5. Theologiœ Rosarium, Venise, i585; 4 vol. in-40 (ce doit être une réimpression).
« plena^ DntiS tecum, Benedicta tu, etc. ». Ex quitus clarescit propositum, per singula, verba, Nam i^ dixit € ave » id est, sine vœ : et sic negans vœ, omne negat peccatum originale; 2^ ait « gratia plena », scilicet
plénum est cujus nul la pars est vacua; 3^ phys ergo
pars Virginis, idest Conceptionis Marier non fuit a gratia vacua; quod fuisset si in peccato originali concepta foret.
En finissant i^éloge de la S<« Vierge, il prétend qu*elle a tout su, même les arts libéraux; et il croit le prouver pour tous, en particulier à Tarticle médecine, il cite ce vers :
Virtus inest gemmis, magis herhisj maxima verbis (1).
Pclbarti de Themesvart, Stellarium coronœ B.
V, i586, in-40, Venetiis. V. Wadding, p. 374. L^auteur devait être mort, ayant fait imprimer dès 1 5 19.
Perchehayes [le P.]
Quesnay [du], Tun des auteurs couronnés par Louis Bretel, Prince du Puy de Rouen, en 1622. Il le fut pour des stances sur la Conception, dont la cinquième strophe portait :
Philosophes, ces vers détruisent vos principes ; Gardez-vous de cingler en si profonde mer;
(i) La pensée eft assez remarquable. Le vers doit être de basse époque, à en juger par une grosse faute de métrique : en effet, la finale de virtus ne peut jamais être brève.
Ses dogmes sont autant d'insondables Euripes, Où se pourrait encore TAristote abymer (i).
Quesnay, de Caen, licehcié es lois, couronné au Palinod de cettie ville, en 1774, pour une ode française sur r Humilité ou le triomphe de la Piété.
Quesnel [Jean], seigneur de Rombosc, conseiller au parkErient de Rouen, sa p«itrie, en 1824, ^^^^^ 1^ trentehuitième sur le tableau des Princes et confrères du Palinod de cette ville. ( V, le poème de J.-B. Chandelier).
Quetissens, de Caen, remporta sur le Puy de cette ville, en 1669, le prix du sonnet. Goliath en était le sujet, ou plutôt David, vainqueur de ce géant.
Quièvremont [Pierre de]y conseiller en la cour des Aydes en 1 540, se trouve sur la liste électorale àeè confrères du Palinod de Rouen le quarante et unième destiné à présider la Société le jour de la distribution solennelle des prix qui y étaient fondés.
Quillet [Jean-Baptiste] de Fourneville, élève du séminaire de Joyeuse, né à Honfleur, eut le premier prix d^allégorie latine au Palinod de Rouen en 1755 (2). Cadix en était le sujet.
(i) On a cru, en effet, comme les plus récents dictionnaires le répètent, qu'Aristote sMtait précipité dans TEuripe, par désespoir de n'en pouvoir expliquer le flux et le reflux.
(2) Le lauréat devait être alors en rhétorique. U figure en seconde année de théologie parmi les minorés de Joyeuse pendant Tannée scolaire lySy-i^SS.
Quintanadoine [Jean de], natif de Burgos (Espagne^, sieur de Brétigny-sur-Brionne, de Saint-Denys, du Bofr* guerard, etc., présenta, en i545, une épigramme ou allégorie latine au Palinod de Rouen. Elle se trouve immédiatement après ceBe de Michel Servet dans le ms. tn-fol. de Jacques le Lieur, n» 6ï, K 149, dans la bibliothèque du Chapitre de Rouen. Il mourut en i5>o et repose à Saint- Etienne-des-Tonneliers; il pouvait être grand-oncle de Jean de Quintanadoine, prêtre et fonda* teur des Carmélites à Rouen. Ce pieux ecclésiastique n'a point fait de vers, qu'on sache; mais il a récité tous les jours de sa vie jusqu'à celai de sa mort l'office de la Conception.
Racine [Jacques* Joseph], maître die piension à Rouen, s'y était fait connaître dans les concours palinôdiques au milieu du xvui« siècle. Trois prix d'ode latine qu'il remporta en 1752, 175461 1755, lui acquirent de la réputation en ce genre. Ses héros en méritaient véritablement; ce sont : S. Jean-Baptiste, S. Augustin et S. Jérôme, et le peintre ne fut jamais au-dessous de son sujet. Des succès si inarqués le firent choisir pour être du nombre des juges académiciens du Puy de Rouen en 1 769. Sa pension était une des plus florissantes et il a formé d'excellents sujets. 11 avait succédé à Hermant dans le glorieux mais pénible emploi d'instituteur. (V. le Recueil de ces différentes années.)
Raoulin [Jean)^ de Tordre des Célestins, en latin Radulphus Celestinus, couronné au Palinod de Rouen
en 1 5 19, sous Nicolas de la Chesnaye^ pour une allégorie latine (i).
Ravemier [Nicolas], un des plus anciens poètes couronnés au Palinod de Rouen ouvert de leur temps à Saint-Jean. Il y remporta deux fois la Palme pour deux chants royaux : en 1 5oo sous Louis Daré, et en 1 5o5 sous Robert de Villy. Le premier de ces deux chants commence par la Ck)nception et finit par TAssomption; peut-être avait-il dessein de concourir au Palinod de Dieppe, si toutefois il était déjà établi (2). Dans Tenvoi du second chant royal, il dit à l'agonothète :
Prince élégant, cognoissant TEscripture, Combien qu^il soit de Adam progéniture Jamais ne chault en quelque obscurité ; Mais a vaincu du serpent la cautelle, Et a esté par singularité
Mère d'ung ûls qui la fist toute belle.
Rault (Nicolas), de Rouen. Ce nom, qui se trouve*pendant six ans dans les Recueils des Palinodssoitde Rouen soit de Caen, sans aucun prénom que celui de Nicolas, jette beaucoup d'obscurité sur l'attribution des pièces couronnées à leurs véritables auteurs. On a déjà éprouvé cet embarras à l'article Pradon ; quoiqu'on ait l'exemple de Jean Cousin qui ne cessa de faire des vers pour le même institut qu'à sa mort, cependant il ne concourait pas dans sa vieillesse; et Ton est porté à croire que Rault,
(i) S0U8 le titre Epigramme, Vidoue a inséré dans ses Palmodt ifi> 83 v<*) une poésie latine signée Radulphus Celestinus.
(a) Ce premier chant royal est seul entré dans les Palinods de Vidoue, f« 12 vo.
si l'auteur de tant de pièces est un seul et môme poète, ne sera pas resté dans la carrière jusqu^à la fin de la sienne propre. On se voit donc forcé de renvoyer le lecteur aux Recueils imprimés des deux Puys palinodiques depuis Pan 1641 jusqu'en i685 (i).
Rqjmel (du), couronné au Palinod de Rouen en 1640, sous Jacques le Conte, pour un chant royal sur
La Royne au feu, que le feu n'endommage.
Il le fut encore pour un autre chant royal en 1642, sous Ferdinand de Palme sur
Le feu produit d'une manière humide.
Cette pièce cependant est signée Denis, ch. d^Orléans. V. Denis.
Regnard, Martin (sous le nom de Petit), lauréat au Palinod de Rouen, dont on a deux chants royaux en 1620 sous Daniel de la Place, et en 1622 sous Louis Bretel ; celui-ci est sur Elie ; Tautre commence par ce vers :
Grand Aristote, astre des siècles vieux.
(i) Le doute deGuiotn^est que prudent. Mais vraisemblablement toutes les pièces appartiennent à un seul auteur. Il y eut en effet alors à Rouen un laborieux écrivain nommé Rault (on ignore sa condition et jusqu'à son prénom) qui collabora assiduement au Mer-' cure galant au moins jusqu'au commencement de 1687. Or, une trentaine d'années plus tôt il avait imprimé en deux gros volumes la Vie des Saints, de Ribadéneira (la plus ancienne édition connue, celle de Troyes, i665, ne doit pas être l'originale). Dans ces conditions, les vers palinodiques de 1641 ont pu être tracés par la même plume sur les bancs du collège. (Voir Académie de Rouen, 1896, p. i63 ; 1897^ p. 436.)
II a composé autant de stances : en 1617 sur la Sala^ mandre, sous Guil. Anfrye; en 1620, sur le Corail; puis une ode française sur l'île Théra, sous Pierre Pocfaot, en 1619.
Regnauld ou Regnault [Laurent], On lut au Palinod de Rouen, en 1 644, un chant royal de cet auteur avec un rondeau qu^il avait présenté à Jacques le Lieur.
Ung laboureur très expert et habile,
était le premier vers du premier ; et celui du second : .
Cessez vos dicts, amendez vostre vie.
Regnauld [Adrien], de Rouen, carme et professeur de la maison de son ordre en cette ville, et à ce titre juge-né du Palinod qui s^y tenait. 11 est mort sous-prieur; il avait le talent de la chaire et prêcha dans plusieurs cathédrales. Ses premiers essais dans la prédication furent plusieurs discours chrétiens pour l'ouverture des séances. Il est mort verà 1780.
Regnauld, du séminaire de Saint-Nicaise, à Rouen, obtint le Miroir d'argent, prix de Tode française, en 1748. Celle quUl présenta au Palinod était sur Lx>uis XIV vainqueur de Venvie.
Révérend (7.), chanoine de Téglîse de Rouen, y vivait encore en 1668. Vingt-sept ans auparavant, il avait concouru dans les stances au Palinod de cette ville et le Soleil fut sa récompense en 1641 sous L.-F. de Bassompierre.
Pour faire une guirlande à la Vierge sacrée, Muse, dans un parterre occupe ton loisir; Mais parmi tant de fleurs dont notre œil ^ récrée Lesquelles penses-tu que Ton doive choisir?
Si, malgré It froideur, ramaranthe est si belle Ne dois-je pas Toffirir à son intégrité ?
Ainsi que cette fleur, sa grâce est inunortelle. Elle ne flétrit point dans notre impureté.
L'hyacinthe amoureux que le soleil redore.
Ce beau lustre d'opale à qui rien n*èst pareil A-t^ quelque rapport à cette belle Aurore ?
Oui, son teint lui ressemble, il est fils du soleil.
Délices du printemps, belles fleurs purpurines, Je vous place au milieu de mon élection ; Puisque vostre pudeur au milieu des épines Nous figure Tétat de sa Conception.
Dans la confusion de ces couleurs de fiamme.
Beaux lis, venez mêler votre aimable candeur ; Comme vous la beauté reluit dedans son âme Et répand dans nos cœurs une céleste odeur.
Mais pour joindre ces fleurs encor faut-il résoudre Qjielle branche fera la couronne au guerrier ? Puisqu*au feu du péché sa grâce vainct la foudre Nous lui devons ofirir la branche du Laurier,
Ricard^ auteur d^un chant royal donné en 1544 à Jacques le Lieur, Prince du Palinod de cette ville. Le iSonge de Joseph en était la matière et il commençait par ce vers :
Joseph, en Tan seizième de son âge.
Richard [ Vandrille) est cité en Tannée 1 545 dans le Recueil in-fol. de Jacques le Lieur pour une allégorie latine ayant pour texte : Faciamus hominem ad imagi-nem et similitudinem nostram [Gen. I, 26].
Richelande [dé) n^est mentionné dans le Recueil du Palinod de Rouen en i632 que pour un sonnet sur un naufrage^ sous Adrien Ëebotte.
Richer [Henri], né à Longueil, diocèse de Rouen, proche Dieppe, en i685. Il suivit le barreau et fut reçu avocat au Parlement de Rouen. Ses fables sont celui de ses ouvrages qui lui a fait le plus d'bonneur (i). Il avait fait Tessai de son talent par plusieurs pièces fugitives, et en particulier par un sonnet sur Su:(anne, couronné au Palinod de Rouen en 1716; il y fut admis en qualité de juge dès Tannée suivante, et peu après il alla se fixer à Paris où il est mort le 12 mars 1748.
Téméraires vieillards, ministres malheureux Q.ue Tenfer irrité choisit pour son organe ; En vain vous répandez un poison dangereux Sur les jours innocents de la chaste Suzanne.
En vain favorisant votre haine et vos vœux Tout un peuple séduit à périr la condanme, Et tremblante à Taspect d'un supplice honteux, Elle entend son arrêt de la bouche profane.
Par l'esprit du Très-Haut Daniel suscité Confond ces imposteurs, montre la vérité, Et fait de leur fureur triompher l'innocence.
Ainsi, par le secours de ton Fils glorieux.
Tu sçus, Mère sans tache, écraser la puissance Du perfide serpent qui perdit nos aïeux.
(i) Ces Fables ont eu au moins trois éditions et ont été empruntées par différents recueils, notamment par le Fablier de 177 1 et par les Annales poétiques qui en ont composé à peu près le quart de leur tome XXXVIII.
Rives (des) y avocat au Parlement, fut un des meilleurs écrivains en vers au Palinod de Rouen, au milieu du xvii« siècle. L^ Anneau d^or fut la première récompense qu^il en reçut en 1643, pour un sonnet sur des Amants échappés au naufrage. Deux chants royaux lui firent encore plus d^bonneur, en 1647 et 16 52, ainsi que des stances sur le Péché originel ^ en i65o. On connaît en outre de lui deux odes françaises qu^il « donna > aux Princes des années 1645 et 1649.
Dès le moment fatal que Thomme fut séduit Par celle qui devait s'attacher à sa gloire, Ses jours furent changés en une obscure nuit Et sur lui le démon remporta la victoire.
Son esprit dans son corps rencontra sa prison; Et par un juste arrêt qui punit son offense, Les soins, les passions, troublèrent sa raison Et la Mort de sa perte éleva sa puissance.
Encor pour satisfaire à la Divinité,
S'il avait porté seul les rigueurs de sa haine?
Mais son crime fut tel que sa postérité.
Sujette aux mêmes lois, souffre une même peine.
Ces soupirs, ces sanglots, ces plaintes et ces pleurs Qpi partent en naissant du profond de nos âmes. Font voir que le péché nous joint à ses malheurs. Et que Tenfer ouvert nous prépare ses flammes.
Les rois dont la grandeur n'a besoin que d*autels, Ne sauraient éviter cet horrible passage ; Et ce qui les fait craindre entre tous les mortels Ne les aflranchit pas de ce rude esclavage.
Merveille d'Israël, chaste épouse de Dieu, Vous seul avez dompté le cruel homicide ;
Et ces funestes lois n'eurent jamais de lieu Pour un si beau sujet où la grâce préside.
Rivet (Pierre), né à Nantes en 1692, professeur au prieuré de Saint-Lô de Rouen en 1 71 9, et à cette époque juge-né au Palinod de cette ville; mon en 1752.
Robert {de), maître écrivain à Rouen, sa patrie, fit choix d^un sujet qui devait doublement réussir au Palinod de Rouen, en y présentant un chant royal sur le Scapu^ laire. C'était en 1646 sous de Vauqùelin.
Où court ce peuple alarmé d'épouvante, Qpel accident funeste ou curieux Attire icy son humeur violente ; Et dans l'erreur d'une douteuse attente Hors de saison lui fait ouvrir les yeux ?
Avec ces cris et l'ardeur qui l'inspire, Ce temps présent est sujet aux malheurs :
Ouy c'en est un : mais le cœur me suggère Qii'il va plutôt honorer de ses pleurs Le sainct habit que la flamme révère.
La vob-je pas paraître en éminence.
Faire d'un toit son trosne impérieux?
De là sa rage insolemment se vante
Q}i'à la faveur de la bise insolente
Elle va faire un dégât sérieux.
Dans des frayeurs qu'on ne peut pas décrire,
Angers s'apprête à se laisser détruire
Et voir changer ses beautés en horreurs.
Mais il ignore un destin moins sévère
Qpe lui prépare, après tant de ûveurs,
Le sainct habit que la flamme révère.
Les ponts de Cey qu*un même mal tourmente Usent un fleuve et n*advancent pas mieux ; A force d*eau Tembrasement s'augmente.
On court aux vœux, un chacun en présente ; Rien n'adoucit ce monstre injurieux.
Le ciel peut-être à ce malheur conspire.
Plus il estend ses mortelles splendeurs, Tout est détruit, si cela persévère ; Apportez donc pour vaincre ces ardeurs Le saina habit que la flamme révère.
Le ciel le veut : sa colère est contente ; n va flnir ce spectacle ennuyeux.
L'ardeur se perd, la flamme devient lente ; Et pour mourir, il suffit qu'elle sente Le sainct habit de la Reine des cieux.
Rare merveille ! on l'y jette, eUe expire.
Et pour monstrer qu'elle ne peut plus nuire.
Sur les charbons convertis en froideurs Parait entier le sacré Scapulaire, Qp'ici je nomme, expliquant ses grandeurs.
Le sainct habit que la flamme révère.
Mais toy, ma ville, ^tu trop innocente
Pour ressentir ces traits pernicieux ?
Si ton aigneau ne t'en [rend] pas exempte,
Il faut, Rouen, que la Vierge consente
Qpe son habit te soit officieux ;
Dans cette place où Jeanne fut martyre
Un autre feu vit sa vertu reluire
Qpi s'abbaissant pour calmer tes aigreurs
Fit remarquer cet aide salutaire
Et rendit sain au bout de ses rigueurs
Le sainct habit que la flamme révère.
ENVOY
Fleur du Carmel, Vierge que tout admire, Cet ordre sainct qui sous tes lois respire, Prêche ta gloire en portant tes couleurs.
Ta pureté bravant notre adversaire Fut-elle pas au fort de nos douleurs Le sainct habit que la flamme révère.
Uauteur, dont le talent calligraphe avait été employé par les Carmes dans la confection des Recueils manuscrits du Palinod, à force de copier des poésies couronnées, voulut essayer d^étre du nombre de ses lauréats, et pour mieux assurer sa couronne, il choisit une matière qui devait flatter les religieux qui le salariaient. Cependant, quoiqu^il pût avoir eu leurs voix dans les examens, il ne put obtenir les autres suffrages ; mais il fut arrêté que la pièce serait lue comme honoraire et insérée dans le Recueil imprimé en cette année, où elle se trouve en effet à la page 12.
Roche j de Paris, nom d^emprunt sous lequel a été couronnée, en 1737, une hymne sur l'Assomption, sous François Fitz-James, alors Prince au Palinod de Rouen. Le véritable auteur était Charles Baillard. V. son article et celui du prélat.
Rocher (Pierre et François). V. Guérin,
Rocque (Noble homme et sage Monsieur M^ Charles de la), conseiller du roi en court du parlement de Rouen, abbé de N.-D. de la Noé, protonotaire en l'Eglise cathédrale de Rouen, oîi il était en outre chanoine et trésorier. Fut confrère, juge. Prince et fondateur du Palinod de cette ville.
C'est en 161 3 qu'il fut élu pour donner les prix ordi-
naires, et tous furent mérités par les auteurs du temps parmi lesquels il faut distinguer Jean Titelouze, chanoine en la même cathédrale. Il avait déjà distribué pareilles couronnes, au Puy de Sainte-Cécile, aux meilleurs musiciens, en 1 585 ; et les poètes de i6 1 3 ne furent pas moins satisfaits de ses libéralités. Il fit même plus pour eux et pour leurs successeurs dans la carrière palinodique : il fonda les deux prix du chant royal qui jusqu^alors ne Tétaient pas et avaient toujours été à la volonté du Mécène. Celui qui mérita si bien ce nom consacré pour exprimer la bienfaisance et le goût, mourut en i6i6, après avoir fait aussi quelques autres fondations dans TÉglise métropolitaine, dont il était titulaire.
Roques (Adam des] florissait au commencement du xvi« siècle, et remporta la Palme au Palinod de Rouen en i5o3, sous Jacques le Sénéchal, pour un chant royal sur le Temple de Salomon.
Rohan (Haut et puissant seigneur messire Hercule de), duc de Montbazon, pair et grand veneur de France, lieutenant général pour le roi en Normandie, Prince du Palinod de Rouen en 1626. Le concours des poètes fut le même qu'aux années oti leur émulation fut soutenue par la protection des grands qui aiment les sciences. Ses titres et même son prénom ne pouvaient manquer d'être saisis par les poètes pour en faire des allusions ingénieuses. Aussi les stances de N. Beau maistre étaient-elles sur Hercule qui, dès le berceau, étouffa deux serpents et
Pauteur du second chant royal dit dans son envoi
V, Canu.
Rohault (François-Claude), né à Paris en i656, pro-
fessa an, prieuré de Saint-Lô de Rouen en i683, et en qualité de r^eat fut juge-oé du Palinod de cette ville. Mort en 1697.
Rai et Roy ( Pierre le), 4e Bacqueville, en latin P^trus Regius, Vxin de ceux portés au Recueil in-folio de Jacques le Lieur pour les années 1 644 et 1545. En la première, il présenta un chant royal qui commençait par
Ung tellier fust de son mestier habile Plus que Pallas, la déesse aux doux îeulz,
et chaque §trophe finissait ainsi :
La toile exquise a vestu le grand maistre.
Un rondeau accompagnait cette première présentation :
Le cèdre, arbre aromatisant.
Puis une ballade « donnée » au Prince sur un chou qui ne fut point gelé.
En Tannée suivante, il présenta une autre ballade sur
L'herbe qui mal retraire.
Roi (le), sous-principal au collège de Gisors^ auteur d^une ode française sur la Naissance du duc de Bourgogne, couronnée par Jacques de Cérisy, Prince du Palinod de Rouen, en 1 75 1 .
Roi [Henri-Marie le), curé de Saint-Herbland de Rouen, prédicateur du roi, juge au Palinod de cette ville en 1768, était né à Elbeuf le 16 décembre 1720, et est mort à Rouen le [n] juin 1779. F. [à j l'article du Boc-
cage les vers qu'il a composés pour cette savapte. En voici de moins connus pour M. de Miromesnil, qui devait se trouver à la séance de 1769, avec M, Le Couteulx, Prince de cette année :
De Tastre bienfaisant dont la douce influence
Embellit Thorizon des talents et des mœurs,
Le public avec nous regrette ici l'absence.
Mais, éloigné des yeux, îl est présent aux cœurs :
Lycurgue brillerait dans notre aréopage ;
Solon de ses rayons y réfléchit Tédat ;
A Tesprit du savant il joint l'âme du sage ;
Sur le Parnasse il règne, et préside au sénat.
Aux trois sociétés du littéraire empire
Des sciences, des vers, des rustiques travaux.
Un seul homme transmet le vrai goût qu'il inspire ;
Nos lauriers dans ses mains ont des attraits nouveaux.
Muses, chantez un nom si cher à la Neustrie :
n en £ait et la gloire et la félicité ;
C2|iand il est proclamé père de la Patrie,
Le sentiment le dit d'après la vérité.
On a de ce laborieux ex- jésuite plusieurs discours imprimés : tels celui de la Cène, qu^il prêcha en .... à Versailles, imprimé à Orléans oti il prêchait le carême.
Oraison funèbre de Jacques II, prononcée dans Péglise des filles anglaises dites Gravelines, à Rouen ; în-40, 1764.
Autre de très haute et très excellente princesse Marie Leczinska, reine de France et de Navarre, prononcée dans Péglise Saint-Jean du Petit- Andely, le 1 3 août 1768 ; in-4®, Rouen, P. Seyer.
Eloge abrégé de Louis XV, in-12, Rouen, Machuel,
Traduction en vers français du Paradis perdu de
Miiton, dédié au Roi d'Angleterre; 2 vol. in-S», Rouen, Machuel, 1776 (i).
Son éloge historique a été fait par Pabbë Hamel à la séance du Palinod 1779. V. le Recueil de cette année.
Rome (Nicolas], sieur de Fresquiennes, d'une famille connue dans la robe et le clergé de Rouen, était le cinquante-troisième sur le tableau des confrères et Princes du Palinod de cette ville, et avait sa sépulture en l'église Saint-Herbland, vis-à-vis la cathédrale, avec cette épitaphe :
c Cy gist noble homme Nicolas Rome, sieur et patron « de Fresquiennes, d'Elette, Escorchebeuf, Berville-sur- « Seine, Laigle et Bourgonosel, conseiller, notaire et « secrétaire du roi^ maison et couronne de France, et « ancien échevin de cette ville de Rouen, qui décéda « Tan 1574 le 10 avril; et auprès de luy damoiselle Jane « Chappelet, sa femme en premières nopces, décédée c Tan 1 545 le 1 1 juin. »
Il portait d^azur à un chevron d'or, deux molettes d'éperon d'or en chef, et un renard courant en pointe.
Romfreboc [de] ou Frondebosc, poète lyrique, couronné au Palinod de Rouen en 1640 et i652 pour deux odes alcalques dont l'une sur Plmmobilité de Paxe du globe terrestre, sous François d'Harcourt; Tautre sous Henry d'Orléans, sur sa sage fermeté à contenir la Normandie au milieu des troubles et des séditions qui agitaient le royaume de France.
# Rondel [LouiS'Guillaume], né à Rouen en 1692, professeur au prieuré de Sain^-Lô de Rouen en 1723, et à ce
(i) Cette traduction a eu plusieurs éditions.
titre juge-né au Palinod de cette ville, mort en 1773. Il était oncle du chanoine de ce nom à la cathédrale.
Roques [Jacques], de Rouen, et dont la famille y occupait des charges honorables, était le cent treizième associé du Palinod de Rouen, sur la matricule des confrères éligibles à la principauté au xvi« siècle.
Roset [Claude du)^ conseiller du roi en son Parlement de Normandie, chanoine et haut-doyen de Lisieux, abbé de Saint-Sever, Prince du Palinod de Rouen en 1625, couronna des auteurs distingués, presque les mêmes qu'avait si bien fêtés François de Harlay, Tannée précédente. Le prix de la ballade était une rose d^argent. Il fut décerné à Jean le Blond pour une pièce qui y faisait allusion ainsi qu^au nom du Prince. Il en avait puisé le sujet dans Aimoin^ livre III, où il assure que du temps de Chilpéric il y eut des roses en janvier (i). Un mois plus tôt l'application eût été cent fois plus heureuse.
Qjiand ce bel astre qui mesure Les ans par son cours limité, S'éloigne de la cynosure, .
Aquilon mis en liberté Sortant de son antre voûté Pille et ravage toute plante Sans offenser en sa beauté La rose en hyver florissante.
(1) Voici ce texte, confirmé d'ailleurs par les grandes chroniques de S.-Denis : Hoc anno (584) rt>sa visa sunt mense januario; et arbores, quœ mense julio fructus protulerant, iterum mense septembris alios protulerunt, (Historiens de France, III, 91.) Mais ce double phénomène ne doit pas avoir été observé en Normandie.
Des prés l'agréable verdure, Le beau tdnt du lis argenté, Et toute la vive peinture Dont Chloris 9e ptt« en été, Cèdent à son souffle indompté.
Mais plus noble que Tamaraiithe, Contre le froid a résisté La rose en hyver florissante.
Qpoy I selon l'ordre de nature Sans une chaude humidité Nul arbre ne prend nourriture :
Donc, rosier, quelle déité Gxiserve ton int^;rité ?
C'est Dieu dont la dextre puissante Pour un miracle a suscité La rose en hyver florissante.
ENVOY
Prince, qui de la rose pure Avez vostre nom emprunté, Le froid aquilon nous figure De nos ayeux l'iniquité, Les fleurs de nostre humanité ; Mais la Vierge nous représente En son entière pureté La rose en hyver florissante.
Rossely avocat à Paris, orateur couronné en 1771, sous Louis de Crosne, au Palinod de Rouen, pour un discours sur l'utilité et les avantages d^une société académique consacrée en même temps à la religion et aux lettres, imprimé datis le recueil de PAcadémie et réimprimé à Paris, chez Durand, au VII* volume des Mélanges de littérature et de morale, etc., par le même auteur (i).
(i) Rossel n*ett que l'éditeur de cet ouvrage, bien qu*il 7 ait inséré
Rouelle [Jean], curé de Sàinte-Crbix-Saint-Ouen, mon en 1 744^ juge académicien du Palinod de Rouen en 1720.
Rouen {Jean de). V. le Supplément.
Rougeville [Fraifaçois dé), auditeur en lacfaambre des Comptes de Normandie, lauréat et juge au Palinod de Rouen ; il y naquit le aa décembre 170a, et mourut sur Saint-Vivien, le 2 3 décembre 1760, à cinquaïité^huh ans, après avoir été couronné en 1723 pour une allégorie latine sur Loth. Il traduisit comme juge Pinvitation latine aux poètes de son ami Tabbé Saas, en 1730. On croit que c^est le même qui avait ou qui prenait le nom de Fresne, sous lequel il mit au concours quelques odes françaises imprimées. V. f'resne. Son Eloge a été fait par M. Dubouilay, en 1761, pour T Académie royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen, de laquelle il était membre titulaire.
Rougeville [Franqois^Pierre de), fils du précédent, mousquetaire, mort à Paris, sur Saint-Roch, le i5 octobre 1770, à vingt-sept ans> avait remponé trois fois consécutives le premier prix de Pallégorie latine, aux années 1756, 1767 et 1758, sur le PorUMahon, sur les trois Curidces et sur le Prince de Soubise.
Rouillard (Sébastien), de Melun, avocat au parlement de Paris, était de la cour de François de Harlay, et sans aspirer aux prix qu^il donna en 1624 au Palinod de
quelques morceaux de son cru. Sa Bibliothèque du Nord, recueil mensuel, n*a paru qu*en 1778. Quérard ajoute que son principal ouvrage, V Histoire du Patriotisme français, en *ix vol. in-ia, a eu deux éditions (1770 et 177a).
Rouen, il composa des vers sur la Ruche d^argent qu^y fonda le prélat pour une ode pindarique.
Rousselin [Etnery]^ curé de Saint-Jean de Rouen. Lors de Pinstitution du Palinod dans son église paroissiale en i486, il fut le premier juge-né dans l'examen des pièces de poésies présentées au Puy de la G>nception.
Rousselin, instituteur à Rouen, se fit une réputation au Palinod de cette ville pour deux allégories et deux odes latines^ pour lesquelles il y fut couronné au milieu du xvm<^ siècle. Les deux premières pièces regardaient la famille royale dans la personne du Dauphin, dont il célébra la convalescence en 1752, et du duc d^ Aquitaine, dont il marqua la naissance Tannée suivante. Holopherne et Joseph étaient le sujet de ses vers lyriques en 1764 et 1755. On a encore imprimé de lui une pièce de vers latine in-40, adressée à Mgr de la Rochefoucauld lorsqu'il fit son entrée dans le ville de Rouen.
Rouville (Gilles-Louis Halle de) y chevalier, conseiller du roiy président à mortier au parlement de Rouen, Pun des membres de l'Académie de la même ville, et Prince du Palinod en 1747, était né à Rouen le 17 août 1708, et y est mort le 19 février 1777; inhumé à Saint-Herbland. Son Eloge a été lu dans les deux Académies : celui prononcé dans la séance publique de Tannée a été composé par Pabbé de Lurienne, secrétaire. V* les Recueils et le mot Halle. V. les Affiches de Norm,, 1777, du 7 mars, vers fr.
Roux {Jean lé), Prince du Palinod de Rouen en 1494, donna la Palme à Richard Bonne- Année. Ce Prince était qualifié bourgeois et conseiller de Rouen.
âo9
Roux (honorable homme ^/ean-Franf 015 le), bourgeois et marchand de Rouen, Prince au Palinod de cette ville en 1496. Pierre Avril et Guillaume Tasserie furent couronnés de sa main.
Roux (Guillaume le), seigneur du Bourgtheroulde et conseiller du roi au parlement de Rouen donna les prix au Palinod de cette ville en i5i2 (i). Il fut le premier qui assigna une certaine sommepour les prix : elle était de vingtcinq livres de rente foncière, pour la célébration du service divin et pour la récompense des poètes a qui auraient plus avantageusement publié les louanges de la Vierge. » Cette rente a été depuis acquittée par M. de Tilly, et du racquit constitué cinquante livres de rente.
Roux (noble et vénérable homme Guillaume le), seigneur du Bourgtheroulde, abbé commendataife d^Aumale et chanoine de Notre-Dame de Rouen, Prince du Palinod de cette ville en i523. C'est sous lui que Guillaume Crétin remporta le prix du rondeau.
Roux (Jean le), dont on a un chant royal dans Pancien mauuscrit in-40 du Palinod de Rouen, vers i53o. Cette pièce de vers autographe est sur
Uarbre Jessé portant le fruit de vie.
Roux (Mathieu le), auteur d^une ballade présentée au Palinod de Rouen en 1 549, commençant par
(i) La remarquable influence que ce seigneur et quelques-uns de ses proches parents ont eue sur notre architecture locale a été très heureusement analysée par M. G.-A. Prévost, dans son mémoire sur une Famille normande et la Renaissance en Haute'Normandie, qu*a imprimé la Société des Amis des Arts de TEure (Evreux, i896;in-8«).
aïo
Qjoand je considère Taigneau,
et ayant pour refrain
Grâce divine le conduist.
Ces vers sont avec ceux contenus au recueil manuscrit in-folio de Jacques le Lieur^ Prince Tannée précédente.
Roux (Nicolas le), seigneur du Bourgtheroulde, président au Parlement de Normandie, donna les prix du Palinod de Rouen en 1609. C>''est de lui que Jean Grisel reçut le Soleil et la Rose pour des stances et une ballade. Il portait d^azur au chevron d^argent, accompagné de 3 têtes de léopard d'or, 2 et i.
Roî4x (Robert le], sieur de Tilly et Mesnil-Jourdaini conseiller au parlement de Rouen, était à la tête du Palinod de cette ville en qualité de Prince en 1610. C'est à ce seigneur que sont dédiées les résolutions politiques du sieur Jean de Marnix; in-12, Rouen^ 1627^ Cailloyé, 467 p.
Roux (Claude le], seigneur de Saint- Aubin» conseiller du roi en ses conseils d'Etat et privé, président en son parlement de Normandie, Prince du Palinod de Rouen en i63i ; mort subitement le 2 décembre i632 en cette ville.
Roux (le] d^Acquigny et d'Esneval. V. ces articles.
Roux (Nicolas le], lauréat trois fois couronné au Palinod de Rouen pour des odes latines en i63o, 1640 et 1641 : Pune sous Jacques Deshommets, Tautre sous Jacques le Conte, la dernière sous L.-Fr. de Bassom-
lît
pierre. Les sujets de ces vers alcaïques étaient le MaS' sacre des Innocents, VEtoile du matin et le Courage dé Clélie.
Roux {le), ecclésiastique de Caen, couronné sur le Puy de cette ville en 1773 pour une épigramme ou allégorie latine sur Josué.
Rouxel (Jean), un des meilleurs poètes latins du XVI* siècle et un des lauréats les plus distingués du Pâli nod de Rouen et de Caen. Cependant sans ses œuvres imprimés à Caen en i636, in-S^ [2^ éd.), on connaîtrait peu ses succès dans cette carrière. Il y entra dans des temps de troubles qui eurent des suites fâcheuses pour les lettres \ ce qui n^empécha cependant pas qu^une de ses pièces fût écrite en caractères dbr dans le cloître des Carmes, où se tenait le Palinod de Rouen. Estque sculptum aureis litteris in cœnobio Carmelitarum^ est-il dit en marge de son allégorie de Samos, tirée de Valère Flaccus, livre II, Argonaut.
Cette pièce remporta le premier prix d'allégorie latine en 1573. V, dans ses œuvres les autres vers qu^il a composés pour le même Palinod devant et après cette époque, comme ceux pour lesquels il a été également couronné au Puy de Caen, où il était professeur royal. Il mourut en cette ville le 5 septembre i586, à cinquante-six ans; il était né à Bretteville (i). V. Nicéron, t. XXIV, p. 3i3. Huet, Origines de Caen, p. 343, Moreri, etc.
(i) Huet et Niceron le disent né à Caen. Mais Guiot, selon la remarque de Mme Oursel, parle d'après son épitaphe.
Royer [Nicolas /e), de Pierreval, conseiller, aumônier ordinaire du roi, chantre de Rouen et juge ecclésiastique en Tofficialité, Prince du Palinod de cette ville en 1629. Cest sous lui que le célèbre P. Pilleverdier commença à paraître dans ce lycée.
Ruault, docteur en médecine, présenta une ode française honoraire sur le Laurier au Puy de cette ville en
Rue {Charles de la). V, de la Rue après Delastre, à cause de la transposition. V. en outre les Dictionnaires de Moreriy de PAdvocat, des Prédicateurs, des Auteurs ecclésiastiques, les Trois^ siècles, et son Eloge dans le Mercure de janvier, 1725, page 1324 et suivantes. Il s^était retiré à Pontoise, dont la maison était presque son ouvrage; mais ses infirmités Pobligèrent de revenir à Paris, où il mourut.
Ruppierre (Charles-Thomas- Augustin Glos de]^ né à Glos-sur-Rille vers 1696, curé de Saint-Michel à Rouen, était juge au Palinod de cette ville depuis 1725, apr^ y avoir remporté plusieurs prix de poésie latine depuis 1 7 1 3 . Les allégories qu^il fit sur Arion et sur la Peste à Mar^ seille lui firent honneur ; mais celle qu^il composa sur le Système de Copernic ajouta beaucoup à sa réputation dans ce genre, ainsi que ce qu'il fit sur le Siège de Saint- Malo tant en vers hexamètres qu^en vers alcaîques. Au reste, la poésie n^était pas son seul talent; il possédait celui de la chaire, il était également consommé dans la théologie, et longtemps il fut à la tête des conférences pour les jeunes ecclésiastiques. C'était un de ces hommes rares que la modestie rend encore p|us précieux à la
société. Il emporta les regrets de ses disciples comme de ses supérieurs, de ses paroissiens surtout et particulière* ment des pauvres. Il mourut à Glos-sur-Rille vers ijSS. Il avait pris ses degrés dans TUniversité de Caen : un de ses neveux était vicaire-général de Cambray en 1789.
SUPPLÉMENT
Rochemaillet (René-Michel de la], prieur de Saint- Lubin, curé de Champlant, mort vers i658^ année de Tédition de ses poésies latines et françaises. Paris, in-S».
Radlinski (J.-Paul), Polonais, éditeur de VEnchiridion R. Stanislai aLowies poloni, art, liber, mag,^ can. ReguL S. Sepulchri, de Immaculata Conceptione Beatissimœ V. M, propositum et in officina Ungliriana anno dni i538, Cracoviœ impressum; modo vero cura et studio M. J, Pauli Radlinski, poloni, S, th. doct,, ord. Can. Reg. cust., S. Sep. Christi Domini prœpositi genèralis infulati reimpressum^ an. dni 1747» Cracoviœ, typis Mich. DrasseriPsky, S. R. M. typogr, ; in-S^, p. 174.
Ce titre, quelque long qu'il soit, n'exprime pas tout le contenu de ce petit volume. La matière de la Conception Immaculée de la B. Vierge n'y est traitée que jusqu'à la page 108; après quoi l'on trouve des règles pour la vie religieuse, diverses bulles des papes, etc.
Rouen [Jean de), auteur d*un discours latin intitulé : Puteus Rotomagensis pro Imn^aculata Virginis Conceptione, cujus Putei hoc anno Princeps priorque est Marinus Pignius, EccL Rot., archid. et canonicus, a Joanne Roenno ; ln-49, Parisi (1612) (i). V. Pigny.
(i) On cite relativement à ce docte chanoine une pièce in-40 im-
Saas (Jean), Tun des juges du Palinod de Rouen les plus judicieux et les plus zélés en 1729, après avoir été un de ses lauréats les plus distingués (1), était chanoine de la cathédrale de cette ville, et membre de FAcadémie royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts, y établie (2). Saint-Pierre-de-Franqueville, près la capitale de la Normandie, était sa patrie ; il y naquit le 3 février 1 703. On a dit de lui dans les Affiches de sa province, après sa mort arrivée le 10 avril 1774, à soixante et onze ans : « Les c vertus qui caractérisent un digne ministre de la reli- € gion étaient réunies en sa personne aux talents et aux « lumières qui distinguaient Phomme de lettres et le « savant. Il avait surtout une connaissance prodigieuse € des livres anciens et modernes, nationaux ou étran-
primée à Paris en 1613, sous ce titre : Cathedra Roenna, à Jo. Roenno fundata et in Colle gio sodalitioque Sorbonœ locata, an. j6j2, — Un recueil de ses œuvres est intitulé : Roenni varia, Paris, 161 o; in-80. — La J. Roenni Oratio, de i58i, sur son départ et son retour à l'Académie est entrée en 1882, par les soins de M. d*Estaintot, dans la collection des Bibliophiles normands, avec son Anniversaire de,., messire A. de Bréauté, Paris, i6o5.
(i) Une main moderne a ajouté ici en marge « (1725) ». Le renseignement est confirmé par les pièces annexes qui terminent le ms.
(P- 444)- (2) La mémoire de ce savant honAme a été renouvelée en i863
par le chanoine Colas, dans son discours de réception à l'Académie de Rouen.
Il y a de sérieuses raisons de douter qu'il soit Tauteur du PouiUé de 1738, qu*on lui attribue communément. Le catéchisme qu*il rédigea à vingt-six ans est un chef-d'œuvre.
€ gers ( I ) ; une étude profonde Tavait mis en état d^en « porter un jugement sain. Si la justesse et la sagacité de c sa justice critique le faisait redouter des écrivains c superficiels, elles lui avaient concilié Testime et la conc fiance des auteurs jaloux de donner à leurs ouvrages le c mérite de Inexactitude (a). Son goût pour U poésie c latine a paru dans des pièces de vers estimées et dans c des inscriptions qui méritent de subsister autant que c les monuments publics auxquels elles ont été destinées. € Les talents bien connus de M. Saas lui avaient frayé le « chemin à des places distinguées dans la littérature, qui « lui ont été offertes dans la capitale du royaume ; mais c sa modestie et Tamour de sa patrie Tout toujours retenu « à Rouen, où le cardinal de Tavannes, judicieux esti- « mateur du mérite. Pavait fixé en lui conférant un cano- « nicat de TEglise métropolitaine. La douceur de ses c mœurs et la candeur de son âme lui avaient acquis « Tamitié ainsi que l'estime de tous ses confrères et ren- « datent son commerce avec les gens de lettres aussi « agréable quUntéressant. Il avait formé une biblio -
(i) Saas est le premier des auteurs dont les corrections sont citées avec reconnaissance par la France littéraire de i ySS.
(2) Il en vint ainsi à se mesurer avec les premiers bibliographes de son temps, par ex. dans ses Lettres d'un Académicien à M*** sur le catalogue de la Bibliothèque du Roi^ 1749^ in-12.
Il n*épargna pas davantage V Encyclopédie. Sa critique porta coup, puisque Grimm essaya de la persifler dans une grande page de sa Correspondance littéraire (IV, 10 1- 102). Mais plaisanterie n'est pas raison; et le philosophe en voulant berner le « bon prêtre janséniste de Rouen » montre qu'il écrivait avec moins de précision qu e Saas, quand il parle de « la philologie, que le bonhomme appelle assez bizarrement bibliographie. » II conclut par cet aveu ironique : « M. Diderot prétend que, si vous connaissiez V Encyclopédie comme lui, vous y auriez bien vu d'autre^ sottises. »
c thëque composée diaprés son goût et ses rares connaisc sances. Aux ouvrages de critique qu'il a donnés en « différents temps, on doit joindre les corrections nomc breuses qu'il a fournies pour la dernière édition de « Morerî. »
Tel est réloge abrégé qu'en a fait Pabbé Terrissc, Prince du Palinod, dans lesdites annonces, auxquelles il a souvent fourni des articles très intéressants. Deux autres panégyristes de Tabbé Saas, MM. de Couronne et des Houssayes, n^ont fait que développer les différents traits de ce tableau, et il n^y a qu^à rectifier dans Pouvrage du second Tattribution dé la préface des Recueils imprimés de PAcadémie de la Conception depuis i/Si, qui est constamment du P. Marche, carme, mort prieur de Melun. V. son article.
A ces monuments historiques élevés à la gloire de ce savant chanoine, il faut ajouter que, quoique le titre de secrétaire ne fût pas rétabli dans la Société du Puy, il n^a pas laissé d'en faire les fonctions jusqu'à ce que Pabbé Guiot ait été nommé à cette place qu^il a transmise peu de temps après à Tabbé des Houssayes. A la mort de Fontenelle, Pabbé Saas avait lu à P Académie royale de Rouen une élégie sur ce Nestor de Pempire littéraire ; pareil tribut a été payé au poète latin par Pabbé Guiot de Saint- Victor, qui a intitulé sa pièce Tumulus Joannis Saas, comme Santeuil avait intitulé Gabrielis Cossartii tumulus les vers que lui dicta la reconnaissance pour son ancien maître.
Sacquespée, peintre de Rouen, né à Caudebec, maniait la plume avec autant de succès que le pinceau, et ses tableaux poétiques ne sont point inférieurs aux monuments pittoresques qu'on a de lui. Les Augustins de cette
ville avaient deux tableaux de sa main : les Miracles de S. Mathurin et le Martyre de S. Adrien (i). Il avait aussi travaillé pour Saint-Vivien, et dans un Recueil de la Bibliothèque de Jumiéges il existait une description en vers de la bannière de cette fameuse paroisse ; i^une et l^autre étaient de Sacquespée. On croit que les tableaux de la Passion dans la chapelle de ce nom à Saint- Patrice, étaient encore de lui. Quoi qu^ilen soit, il fut assez longtemps à moissonner chaque année quelque palme au Palinod de Rouen, à commencer en 1671 jusqu^en 1682. Ses sujets étaient assez bien choisis, et l'exécution y répondait ordinairement. Les trois chants royaux qui lui réussirent en 1672, 1674 ^^ 1678 étaient sur le Paradis ter^ restrejSUT l'Oiseau dit Mellos et sur F Arbre de Pile de Fer ; une ballade qu'il joignit au chant royal de 1672 était sur la Upse de Jéricho. Des quatre stances dont les dernières furent données il faut distinguer celles qui sont avant et après celles de Fontenelle en 1671, les unes sur la fontaine de Jéricho qu'Elisée purifia avec du sel,
O sel mystérieux ! vray symbole d'amour ; Sans toi l'Hébreu ne peut offrir de sacrifices ; Tu fais son alliance en ce mortel séjour, £t Dieu reçoit en toi d'agréables prémices.
les autres sur la Manne incombustible :
Ce n'est qu'un petit grain, mais il est invincible; Et l'unique entre tous qui surmonte les feux. C'est la manne du ciel, ce pain incorruptible Dont Moyse nourrit au désert les Hébreux.
(i) Plusieurs des tableaux de Sacquespée (1629-1692) ornent le musée de Rouen^ notamment son Saint'Adrien,
Sacy (Claude-Louis- Michel de), né à Fécamp, le
1 746, membre de Tinstitut royal d^histoire de Gottingue, de l'Académie d'Arras et de celle des Arcades de Rome, censeur rojral à Paris, auteur de V Honneur français, S vol. in- 12, Paris ; d'une Histoire de Hongrie, de plusieurs articles dans r Encyclopédie, de quelques poésies françaises, et surtout de l'Eloge du cardinal d'Antboise, pour lequel il fut couronné au Palinod de Rouen avec Tabbé Talbert en 1775. Ces deux discours sont imprimés dans le Recueil de cette Académie pour cette année.
Sagon (François), de Rouen, ne décriait pas toujours Clément Marot, et Timita quelquefois, surtout en consacrant son talent pour la poésie à des sujets pieux. Son état de curé lui en faisait une loi ; et, au défaut de ses œuvres, on trouve de lui dans le manuscrit de la Bibliothèque du Roi, 6989, un chant royal et un rondeau sur la Conception.
Ce rondeau mect l'alliance et l'accord Faict pour la Viqrge avecques Dieu et rhomme : Dieu sa pensée ouverte au ciel la nomme ; Et à Thonmie est soucy clos en confort.
L'argument du chant royal qui est le cinquante-troisième de Pin-folio est également un quatrain :
Sens naturel et raison apparente, Saincte Escripture avecques sens moral, Ces quatre poincts monstrent en général Qpe grâce eut du Hault Dieu la parente.
La stance oti Saincte Escripture est mentionnée porte :
Saincte Escripture à cest effect rapporte Comparaison du soleil orient ;
L'une en beauté sy la lune ne emporte Source et clarté d'estoile en Orient D'ung beau miroir lustre convénient, La toute belle à l'amant supérieure Qpi Tame autant qu'amour est spacieux A joindre avec Saincte Eglise de Rome Qjii par concile en Basle a satisfait De démonstrer qu'entre infects par la pomme Sans vice infect l'effect parfaict est faict.
Outre ces vers français, Sagon publia en iSSg une pièce intitulée : « Le triomphe de grâce et de prérogatives « d'innocence sur la Conception et trespas de la Vierge « esleuë mère de Dieu. »
V. la Bibliothèque française de Duverdier [I, 675] et sunout celle de Goujet, t. XI, p. 86 (i).
Saint!^, poète français et latin, vers la fin du xvn« siècle, souvent couronné au Palinod de Rouen, de 1672 à 1682. La plupart de ses sujets étaient puisés dans Phistoire naturelle : le Basilic, la pierre Asbestos, le fleuve Guméra, le Cyclus ont été traités tantôt en sonnet ou en stances, tantôt en chant royal ou allégorie latine (c'est le Cyclus). L^histoire sainte ou civile lui a fourni quelques autres matières ; telles que la Verge cTAaron dont il a fait des stances ainsi que du Massacre des Innocents, Il avait débuté par un chant royal sur une fille du roi Zamaluco conservée dans le feu.
(i) Sagon a mérité une place dans les Annales poétiques (II, 363). 11 faut consulter sur cet auteur l'introduction placée par M. Bouquet en tête de son édition du Regret d'Honneur féminin, donnée en 1880 pour les Bibliophiles normands.
Salemanque, nom isolé, qui se rencontre à la cent trente-quatrième inscription sur le registre des associés du Palinod de Rouen au xvr* siècle, oîi ce confrère était suffisamment connu pour n*avoir pas besoin d^autres titrés.
Salière, de Çaen, avait concouru au Palinod de Rouen au commencement du xvn« siècle, et le chant royal quMl y présenta était sur
La droite course en la carrière oblique.
Cette pièce est conservée dans le Recueil d'Adr. Boccage, p. 63.
Salle, avocat à Amiens, est un prosélyte que fit pour le Palinod de Rouen Tabbé le Roi, quand il prêcha le carême en Picardie. L^ Académie avait proposé pour sujet d'éloquence en 1773 ces paroles : « Rien d'étranger à « rhomme de ce qui intéresse l'humanité (1). » M. Salle remporta le prix et son discours fut imprimé dans le Recueil de Tannée.
« Au moment que nous ouvrons les yeux à la
« lumière, nous sommes marqués du sceau sacré de c Phumanité. Elle aquiert sur nous des droits également « étendus et imprescriptibles. Les dettes que nous con- « tractons à son égard sont immenses, et ce n'est qu'au « moment de notre mort qu'elles cessent entièrement.
« Le besoin, le plaisir, voilà le double titre auquel « elle réclame constamment l'exercice de ses droits.
( I ) C*e8t le vers célèbre de Térence : Homo sum ; humani à me nihil alienum puto (Heaut. I, i, 25), souvent détourné de son sens naturel. Voici le curieux mot à mot qu*en donne une vieille édition classique (Lyon, iSSg; in-80) : « Je suis home. Je n'estime rien d'humain (appertenant à l'home) estre aliéné de moi (qui ne m'attouche aussi). »
€ Pour faire voir les besoins que les hommes ont de « Phumanité, il suffit de leur rappeler ce précepte dicté par « la nature, reçu par la société, recommandé par tous les « législateurs : Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais « pas qu^on te fît à toi-même. »
Dans la seconde partie, Pauteur dit :
« Mais sur les pas de qui le chercher ce plaisir? Sur ceux «de rhumanité. Oui, MM., elle nous le fera trouver « ce plaisir pur et solide, et nous attachera fortement à « lui : car ce sentiment délicieux est le seul qui soit d^ac- « cord avec la raison, et qui renferme en soi tous les effets < des autres passions. Il a la violence de l'amour, sans en « avoir Pinconstance; les transports de Pambition sans en « connaître les malheurs et les dégoûts; la prévoyance de « Pavarice sans en avoir Pinquiétude. Lui seul nous « montre^ pour arriver au vrai plaisir, la voie que les « autres affections ne sauraient nous découvrir, et tandis « qu^elles nous égarent dans mille sentiers différents, et « nous jettent dans le précipice, Phumanité nous fait « marchçr d^un pas assuré vers le bonheur. »
Samson [Etienne]^ promoteur général en Parchevêché de Rouen, chanoine et archidiacre en Péglise cathédrale, était au xvn« siècle le cent soixante- huitième des associés du Palinod de cette ville, pour en donner à son tour les prix comme ses confrères MM. de la Rocque, Bretteville, du Rosel, et autres.
San [de], de Bayeux, couronné au Puy de Caen en i685 pour une ballade dont le refrain était :
D'un corps mort la fleur immortelle.
SandreSy l'un des associés au Palinod de Rouen au xvie siècle; y avait été reçu le cent trente-deuxièmef, suivant l'ordre ancien de réception.
Savalle [Jean], de Dieppe, présenta au Palinod de Rouen trois pièces de poésies au milieu du xvi« siècle : deux en 1 544 consistant en un chant royal et un rondeau; une en \5/[b, qui était une ballade. Les refrains étaient :
Vierge conceue en liberté parfaîcte Au cœur de Dieu j'ai conception prise Le corps humain en sa facture
[V. le Recueil de Jacques le Lieur, in-folio, à Rouen.)
Saulnier (Jean le], seigneur du HuUin, qualifié honorable personne suivant le style du temps, fut élu prieur du Palinod de Rouen en 1493. Guillaume Tasserie fut couronné de sa main.
Saulnier [Pierre lé], décoré des mêmes qualifications que le précédent sur le registre des élections pour la principauté du Palinod de Rouen, la géra en 1495. Le plus remarquable des deux poètes qu^il couronna était encore Guillaume Tasserie.
Saulnier [Charles], poète latin couronné au Palinod de Rouen en 1628 sous Léon d'Albert. La pièce de poésie qu^il avait présentée était une allégorie latine, et il avait pris pour sujet un enfant sauvé des eaux dans un débordement arrivé Tannée précédente.
Sauvage (Nicolas le), avocat au bailliage de Rouen au xYi* siècle, était le cent vingt-quatrième des confrères du Palinod de cette ville, et Pun des examinateurs des poésies mises au concours pour les prix.
Sauvage (Etienne le) remporta un prix d^allégorie latine au Palinod de Rouen en 1621, sous Toussaint le Fevre. Sa pièce était sur les particularités d^une vallée extraordinaire.
Saùvalle (Joachim), de Rouen, concourut deux fois au Palinod de cette ville en vers latins; les uns étaient sur Loth, les autres sur Simonide. Ces deux allégories furent couronnées en 1780 et 1732. En cette dernière année était prince M. de Pontcarré.
Scudéri (Georges) composa deux odes françaises pour le Puy de Caen vers i63o. Elles j furent couronnées, et pour chaque laurier il fit un remerciement à ses juges. Uune de ces pièces était sur Pinondation de Vérone. On les a imprimés avec son Trompeur puni, tragi<omédie, in-80, i635, Paris (i).
Secourable (Pierre le), chanoine et archidiacre de Rouen, ne fut ni Prince ni juge au Palinod de cette ville; mais on a cru cependant devoir lui donner place parmi les uns et les autres. « 11 marqua sa dévotion, dit Pomc meraye, par la fondation qu^il a faite dans la cathédrale
(i) Scudéry était fils de G. de Scudéry, capitaine du Havre en i6o5. (J. Tardif, Monum. kist., n^ 3574.) Ses Observations sur le Cid furent réimprimées in- 12, dès 1637. Les Annales poétiques (XIX, i5i) ont recueilli quelques-uns de ses vers.
« pour rendre plus célèbre la fête de Plmmaculée Conception. » Il est à présumer qu'il eût été un des bienfaiteurs du Palinod, si la mort ne Peut pas enlevé en
Segniery prieur de Saint-Lô de Rouen en 1 742, resta peu en cette place et par conséquent dans celle de juge-né du Palinod. Il était à Paris en 1692, et mourut en 1 762 après avoir été visiteur dans sa congrégation.
Seigneur [Guillaume le], cinquante-cinquième des plus anciens confrères du Palinod de Rouen, étant encore à Saint-Jean de cette ville.
Seigneur (le), moins connu que le précédent et les suivants, était le cent unième sur le catalogue des réceptions et élections du Palinod de Rouen.
Seigneur (Vincent le)^ sieur de la Vieurue (2), procureur au parlement de Normandie au xvi* siècle, était inscrit le cent vingt-septième au nombre des juges, confrères et princes du Palinod de Rouen.
Seigneur (le), sieur de Bout-du-Bosc, de la même famille et associations que les précédents, se trouvait avec eux le cent quarantième de la Société, immédiatement avant Claude Groulard, Prince du Palinod en 1696.
Sémélaigne (Pierre), curé de Saint-Jean de Rouen depuis 1546, mort peu de temps après cette époque.
(i) Il avait été proviseur du collège d'Harcourt et doyen de la Sorbonne.
(2} La Vieux-Rue, arr. de Rouen, 5.«/fi/.
Quoique les lauréats du Palinod ne soient pas très connus au milieu du xyi^ siècle, il ne faut pas en conclure que les juges qui décidaient de leur victoire aient été sans exercice, le curé de Saint-Jean en particulier.
Sénéchal (Jacques le], père de Louis de ce nom, tué au fort de Sainte-Catherine en iSçi, fut Prince du Palinod de Rouen en 1 5o3, et ne couronna qu'un seul poète, Adam des Rocques.
Sens [Pierre le], nom depuis et si avantageusement connu dans la Robe à Rouen ( i j , était le soixante-seizième parmi les premiers associés du Palinod de Rouen au commencement du xvi<^ siècle au plus tard .
Sénynghen [Guillaume de], d'Arine (2). Lesseulesdates que l'on sache de quelques-unes de ses poésies palinodiques sont les années 1 544 et 1 545.
De bien en bien receus humaine forme
était le premier vers d'un rondeau quMl présenta au Puy de Rouen. Un chant royal qui raccompagnait sur la Vierge,
Seule au giron d'innocence conceue,
était annoncé par les six vers suivants :
J*ay prins pour nouvelle praticque Logique, physique et rhétorique,
(i) En effet, de 1688 à 1781, le Parlement compta quatre conseillers et un président de ce nom. Voir le bel ouvrage de MM. de Merval.
(2) Le ms. de Caen ferait volontiers lire dPOrmt ?
Les troys poincts de philosophie Pour lesquels prouver je affie La Vierge sans péché conceue, Quoiqu'elle fût de pécheurs issue.
En 1 545, sa ballade avait pour refrain :
Corps humain d'humain vice exempt.
Le manuscrit de la Bibliothèque du roi 6989 présente également une ballade et un rondeau du même auteur. Il dit dans Penvoi de sa ballade :
Prince, éveillez foy, se elle dort ; Car je veuil qu'en livre elle escrive Qpe j'ay passé par l'humain gort Au parmy des morts une vive.
Ce dernier vers était la ligne palinodiale.
L^envoi d^un autre de ses chants royaux était plus piquant par sa singularité :
Prince en amours plus fervent que Jason, Souhait vous tint longtemps en sa prison ; Mais loy d'amour y pourvut à sa guise Qpi vous laira dame ayant à foison La couleur riche en amour tant exquise.
Ce teint vermeil et recherché dans la dame allégorique dont il peint la beauté, est ;
Couleur céleste en Elle résidente,
Qpi ne périt pour chauld ne pour yver
Sertiny, nom absolument isolé, comme on Ta dit de beaucoup d'autres, et qui ne présente à l'esprit que la piété de celui qui le portait. Il se trouve le quatre-vingt-
treizième sur le matricule des confrères et juges du Palîncxl dès sa création à la fin du xv^ siècle.
Servet [Michel] (dît Villeneuve] composa en 1545 une allégorie latine pour le Palinod de Rouen. La Terre Sigillée en est Ygirgumeni. Dans la nouvelle édition de Duverdîer, article Arnould de Villeneuve, on a joint une note de la Mon noie qui observe que Postel s'est trompé au sujet d'Arnoul, en le faisant auteur d*un traité de Tribus Prophetis, lui qui était mort deux cents ans avant que parût cet ouvrage. Puis le critique ajoute que le Villenovanus que Postel entendait, n'est autre que Michel Servet qui, sous le nom de Villenovanus a composé divers livres, les uns innocents, les autres pernicieux, etc.
C'est sans doute sur cette remarque que les vers annoncés ont été attribués à Michel Servet dans les Aj^ches de Normandie, 176 , n° (i).
Sevestre [François-Emmanuel], curé de Radepontsur-Andelle, diocèse de Rouen, juge-vétéran et doyen du Palinod de cette ville, était né à Montore, diocèse
d'Evreux (2) le 1716. A cultivé toute sa vie les
muses latines et françaises. Ce penchant s^était fortifié par ses succès au Puy de Rouen dans l'intervalle de 1780 à 1 740 : des allégories latines, des odes alcaïques, des hymnes de différents mètres lui firent une grande réputation de talent. La poésie française succéda à la latine quand il cessa d'être lauréat pour être juge, et surtout quand il se
(i) Les recherches pour compléter ce renvoi et en profiter s'il y avait lieu, n*ont pas abouti.
(2) Aujourd'hui Radepont et Montaure sont tous deux du diocèse d'Evreux et du département de l'Eure.
vit fixé à Radepont. II saisissait tous les événements publics pour en faire le tableau, et Tadressa à ceux qui en étaient les héros. C'est ainsi qu'il fit celui de la cérémonie du sacre de Louis XVI, ouvrage dédié au Chapitre de Reims ; dans le même dessein il publia des pièces en rhonneur de M. le Dauphin et du monarque bien-aimé, dédiées à M"'^ la Dauphine, et une ode au roi (Louis XV) pour le jour de S. Louis. Les vers de société lui coûtaient encore moins ; parmi ceux quMl composa pour ses amisy on distingua ceux qu'il adressa à Pabbesse de Fontaine-Guérard, dont le monastère était voisin de sa paroisse, et à d'autres personnes de qualité, dont il recherchait ainsi la protection pour ne pas mourir curé de campagne. Ses espérances n'ont point été couronnées de succès de ce côté-là; mais elles ont été surpassées par l'amitié de ses confrères durant sa vie, et le juste tribut d'éloges qu'ils se sont fait un devoir de payer à sa mémoire après sa mort, arrivée le 22 juin 1788.
Sevestre [Jean], de Champ-Morel (i), de la faculté de médecine de Caen, remporta en 17 un prix d'épigramme ou allégorie latine sur Holoferne, au Puy de cette ville.
Signerre (•/. /e), de Rouen, oncle d'un chapelain de Saint-Romain en 1725, illustrait sa famille par ses talents plus d'un demi-siècle auparavant. Il concourut pour les prix du Palinod en i65o, sous Odo de Harcourt ; et les stances qu'il avait présentées étaient sur une Croix respectée des flammes. L'Anneau d'or fut sa récompense l'année suivante pour un sonnet sur Esther;
(i) Commune d*Esquay, arr. de Caen, Calvados,
il reçut le même symbole de Henri d^Orléans en i652y pour des stances quMl avait données à ce prince. Le sujet, de ces stances était une image en plomb de la Vierge, qui résista à Faction du feu dans une église incendiée. ( V. le Supplément.)
Simon (Pierre) se trouve pour trois pièces de poésies dans le Recueil manuscrit in-fol. de Jacques le Lieur en 1 544 et Tannée diaprés : un chant royal et un rondeau» dont Tun avait pour refrain :
Rameau fertile yssant de pourriture ;
l'autre commençait par :
Bien un et firuict n*est chose à tous patente,
avaient été présentés au Palinod de Rouen en la première de ces deux années. Il ne mit au concours en 1 545 qu'une ballade dont la ligne palinodiale était :
Feu qui sur Teau eut son essor.
Sireuide, huissier au parlement de Rouen, fit imprimer dans cette même ville^ en i556, in-S», son Trésor immortel, dédié à Louis Pétremol, conseiller et second président au même parlement (i). L^imprîmeur a ajouté à la fin plusieurs chants royaux, ballades et rondeaux faits et composés par aucuns poètes français et présentés au Puy des Carmes de Rouen en 1 552 et les deux années suivantes, avec les noms des auteurs et plusieurs pièces
(i) Les Annales poétiques ont jugé Sireuide digne d'une notice (iV, a8o) ; avant elles Du Verdier n'en avait dit que quatre lignes (II, 304). Ce poète a enfin été Tobjet d'une bonne étude par M. Le ' Verdier {Académie de Rouen, 1S88, p. 7 etsuiv.).
du même auteur (i). [L^abbé Goujet] Bibliothèque française, t. mu, p. 107.
Sohier (Char les- Jean^ Baptiste], professeur au prieuré de Saint-L6 de Rouen en 175 1, et en cette qualité juge-né au Palinod de cette ville. Etait né à Paris en 1 728, fut membre de la Société d'agriculture au Mans oti il avait été prieur de Beaulieu : depuis visiteur de son ordre, enfin assistant; mort à Auteuil en 17
Sonneur [le], prêtre à Rouen, dont on a un sonnet et une ballade qu'il « donna» au Palinod de cette ville en 1669 et 1670. La Perceneige était le sujet du sonnet, et une Ile flottante celui de la ballade, il remporta cependant en la première année un prix de stances sur VA iglon éprouvé à la lumière (2).
Soubrincourt ou Sublincourt , prieur de Saint* Lubin (3), lauréat des Palinodsde Rouen et de Caen en la même année 1669, mais pour deux pièces différentes. Le chant royal qu'il mit au concours au Puy de Rouen
(i) Connu aussi sous le nom de Puy des Pauvres, ce Palinod fut une sorte d'Académie delà charité, où une quinzaine d'auteurs firent en vers Téloge de cette vertu. L'institution prit fin au bout de trois ans. Il en reste un petit volume rarissime dont la réimpression est à l'étude. .
(a) Les anciens ont cru que les aigles, pour s'assurer qu'aucun oiseau étranger ne s'est furtivement glissé dans leur nid, exposent leurs petits aux rayons du soleil ; et qu'ils laissent tomber du haut des airs celui qui ne peut soutenir cette épreuve sans ciller. Un écho de cette légende a passé jusque dans S. Augustin (in Joann,, Tr. XXXVI).
(3) Peut-être Saint-Lubin-de-la-Haye,arr. de Dreux, Eure^-Loir,
était sur le Passage de la mer Rouge ; celui qu^il présenta à Caen, sur V Image de Pigmalion ; tous deux furent couronnés. Voici ses grâces aux juges du Puy de cette année :
Les dieux moins touchés, que jaloux
De voir briller des traits si doux
Dedans mon image d'ivoire,
Ont d'un commun contentement
Jugé qu'il allait de leur gloire
De lui donner du sentiment.
Afin de vaincre l'art qui, par son excellence Surpassant la nature, eût choqué leur puissance.
Mais votre savante équité
Lui donnant l'immortalité
L'a rendue égale aux dieux mêmes ;
Et je me trouve si surpris
De voir que vos faveurs extrêmes
M'ont encore honoré du prix, Qpe mon âme confuse à vos pieds abattue Pour vous remercier devient une statue.
Sueur [le], chanoine des Quinze-Marcs et maître de musique en la cathédrale de Rouen ( i), après avoir concouru au prix du Palinod de Sainte-Cécile dans cette métropolitaine (2), se présenta aussi au Puy de la Conception en 1669 et y remporta la Palme. Son chant royal était sur une fontaine d^eau douce qui jaillit à vingt cou-
(1) Jacques le Sueur occupa plus de vingt-cinq ans le poste de maître de chapelle de la Cathédrale ; en i683 (I octobre, p. 17), le Mercure l'appelait l'un des plus habiles maîtres de France. 11 en est souvent parlé dans VHistoire de la Maîtrise.
(2) Ce qu'on a aujourd'hui de plus complet sur cette confrérie est la notice qu'en a donné M. l'abbé Collette dans son Histoire de la Maîtrise f p. 76-81.
dées dans la mer, près la Jamaïque. Le sonnet qu^il avait composé sur Thoas ne fut qu'honoraire à Rouen. Il eut aussi la Rose pour une ballade sur le Rosier sans épines.
Sueur [le], prêtre de Caen, couronné au Palinod de Rouen en 1 708, pour un sonnet sur Richard, duc de Normandie.
Surgis [Jean], lauréat du Palinod de Rouen, sous Martin le Pigny, en 16 12. Il avait puisé dans Strabon la matière de Tallégorie, pour laquelle il fut couronné; c'était une Vigne éxtraord inaire «ur un sol aride et brûlant où rien ne croissait ( i ).