‹ Les trois vocationsChapitre 13 sur 18 · L... 3 décembre · texte numérisé non relu

L... 3 décembre

C'est toujours vous, mon amie, c'est toujours la même Eléonore que j'ai aimée et qui me fait voir encore tout son cœur dans ses deux lettres , comme autrefois je le voyais dans ses conversations, quand je lui prédisais qu'elle deviendrait catho-

lique. Ma chère amie , que vous dirai-je? Si j'ai d'abord ressenti tant de bonheur de recevoir de vos lettres après un si long temps , quelle joie n'ace pas été pour moi , à plus forte raison , d'apprendre qu'enfin le grand jour des célestes mis h icordes avait lui sur vous ! Croyez que je n'ai pas tardé à en bénir notre divin Maître , comme je n'avais pas attendu que vous eussiez reçu de lui cette faveur pour l'implorer. Je me rappelle ce que nous disait un jour notre pieux aumônier des Ursulincs, d'après St Augustin , que l'amitié était une fusion de deux âmes dans les mêmes joies et les mêmes déplaisirs. Je vois clairement que joie et déplaisir sont inséparables , puisque toujours l'une est traversée par l'autre, et que, par un contraste plein de bonté, Dieu daigne toujours aussi adoucir par quelques consolations les peines que sa justice nous prodigue. Vous en ave/ fait l'expérience, ma pauvre Eléonore. Un coup bien douloureux vous a frappée en même temps que vous receviez les plus grandes preuves de l'amour de Jésus-Christ pour les âmes. Tous n'êtes pas la seule , chère amie , à qui ce Dieu fasse part des quelques gouttes de fiel restées au fond de son calice. Je vous en citerais que vous avez connues, dont la vie est semée d'événements déplorables, mais qu'après tout elles supportent avec courage , en les considérant dans leur principe et dans leur fin. Une d'elles surtout qui vous est

chère , que peut-être vous aimez au-dessus de quelques autres , parce que vous en êtes plus aimée ; celle qui vous écrit enfin et que vous auriez cru ne devoir être jamais malheureuse ; celle à qui ont souri toutes les bienveillances de ce monde, Alodie, oui, Alodie gémit et pleure tous les jours. Si notre bonne mère Sainte-Sophie vous a répondu , comme je le crois , elle vous a parlé de moi sans doute , et vous savez ce cpie je souffre : du moins pouvez-vous à peu près le concevoir. Il y a donc fort loin de ce que je suis à ce que vous me supposiez. Je ne suis pas mariée, Dieu merci , et ne le serai jamais. Il est vrai que, si j'eusse voulu y consentir, cette grande affaire se serait faite, et plusieurs fois , moins parce qu'on eût trouvé en moi tout ce que votre amitié me dit de flatteur, que parce qu'il arrive rarement que dans ma position on ne soit pas recherchée. Soyez -en sûre, ma chère amie, malgré mes bonnes intentions de faire le bonheur d'un mari, celui qui m'eût prise aurait moins tenu peut-être à ces dispositions cpi'au titre de gendre du comte de Villier. Je conviens que tout le monde ne s'arrête pas seulement à de telles considérations : mais que les exceptions deviennent rares ! Et n'est-ce pas une lionne raison pour se méfier?.. Puissé-je, au lieu de ce qu'on m'offrirait encore , échapper pour jamais aux regards, m'enfermer de nouveau dans notre ancienne et chère demeure de N... , et trouver chez nos

bonnes Ursulines le lieu de mon repos ! Oui , Éléonore , c'est là ma jilus douce espérance. Vous ne l'auriez peut-être pas soupçonné, mais le ciel a une manière de parler au cœur qui a touché le mien et lui fait voir dans ce seul parti le plus digne d'envie. Cependant, à juger de ma vocation par ce qui en arrive, on la regarderait comme une illusion : tout semble s'opposer à mes vœux, et voilà bientôt trois ans que je lutte contre l'orage pour gagner le port. Mais c'est dans ces empêchements mêmes que je vois de quoim'affennir. Comment ne serait-ce qu'une vaine pensée quand elle me remplit l'âme , que toutes les autres s'y rapportent , quand je ne me plais qu'à la nourrir et qu'elle seule a du charme pour moi ! ^ ous ne sauriez comprendre, mon amie , quel vide laisse dans mon esprit et dans mon cœur tout autre projet que celui-là. Deux fois mou père, qui se désole de ma détermination, a voulu me marier : les deux partis qu'il choisissait m'auraient convenu à tous égards ; je voyais devant moi dans la route qui m'était ouverte tout ce qui peut flatter un caractère, je dirais même un cœur , comme le mien. Eli bien ! non... ce n'est pas là ce qu'il nie faut ; ce que jamais aimé autrefois n'est plus capable de me ; séduire. Mais vous le dirai-je ? la tendresse de mon père, ses idées sur ma vocation entretenues par I un ami qui l'égaré , les préjugés dont il est imbu

contre la vie religieuse , sou opposition formelle à l'accomplissement de mes projets , me rendent victime d'un chagrin que je ne puis surmonter. Tout m'est à charge, et mes peines dominent tellement mon existence, que si elles ne finissent pas bientôt , je crois que j'emporterai dans la tombe un désir que les obstacles semblent irriter davantage , etcpii, je l'espère, m'aura du moins aidée à me sanctifier. Je vous fais peine , bonne Eléonore , en vous disant là ce que je n'ai dit encore aussi formellement à personne. Pardonnez à ce besoin de tout dire qu'on éprouve dans les grandes douleurs : il en conte parfois d'être l'amie de quelqu'un qui souffre. Oh ! priez pour la triste Alodie ; priez que le Seigneur ouvre pour lui et pour elle les yeux d'un père qui se trompe. Il est si bon , son cœur excellent le rendrait si digne de connaître la vérité, il m'accorderait si promptement ce que je soubaite , s'il savait combien il me rend malheureuse par ses refus ! Ah ! bientôt il sera forcé de le reconnaître : en sera-t-il encore temps ?...

4 décembre.

J'ai été obligée hier de m'interrompre ici , et je vous avouerai , ma chère amie , que c'était pour pleurer , car je m'aperçois que mon papier me trahirait si je ne vous le disais pas. Tous le recevrez tel qu'il est; et si vous me relisez dans quelque

temps , vous penserez devant Dieu à mes chagrina s'ils durent encore , ou à mon bonheur s'il a daigné les finir.

Ne me prenez pas pour une égoïste, si je n'ai encore parlé que de moi. A uns m'avez pou; tant occupée par votre incertitude sur votre avenir. Il est vrai cpie c'est moins une préoccupation pour vous , qu'un repos de votre âme qui s'abandonne à ce cpie Dieu voudra , sans chercher à le préparer ou à le prévenir. Notre-Seigneur eu a agi avec vous de façon à autoriser cette sécurité si précieuse; et après des preuves de sa protection comme celles cpie vous avez reçues , vous ne pouvez que vous en rapporter avec confiance à son amour. Je le bénis de vous rendre la vie si douce , et j'oserais dire qu'il vous la gardera telle ; car on peut conclure de vos raisonnements que vous vous plaisez comme vous êtes. "Vous m'auriez convertie , ma tendre amie, si j'avais eu envie de me marier. Cependant vous y avez mis une restriction : vous ne vous promet tes rien , seulement vous laissez couler votre barque sur le fleuve de la vie , jusqu'à ce qu'il plaise à la Providence de l'arrêter, soit devant une île solitaire où enfin vous aborderez pour toujours , soit en vue d'une terre habitée où vous jetterez l'ancre pour conclure un traité d'alliance. Je rirais bien si, au lieu de deux ports si différents l'un de l'autre, vous alliez être forcée \ ar un coup de rent imprévu de relâcher comme moi dans une nouvelle The-

baïde. Dieu se plaît ainsi fort souvent à se jouer de nos prévoyances. Quand nous cinglons vers le rivage embelli par nos pensées de jeunes tètes, toutà-coup il prépare un orage , il nous égare en des mers inconnues, et de là il nous oblige à chercher un asile dans une rade que nous n'avions pas désirée. C'est pourtant là que nous trouvons le calme et le bonheur. Puissiez-vous le rencontrer, quelle que soit la plage où Dieu vous guide , ma chère Eléonore ; et pardonnez à cette allégorie un peu longue : je la dois sans doute à un cerveau encore tout plein des Annales de la Propagation de la Foi, dont je n'ai pas cessé d'aimer la lecture.

A propos de lecture, j'ai fort goûté votre apphcation à celle des apologistes de la religion , dont les grandes pensées et les discussions savantes laissent beaucoup dans un esprit qui veut s'instruire et se fortifier. Outre qu'on profite infiniment des choses de détail que cette étude fait connaître , on en tire une conséquence générale qui n'est pas moins remarquable contre les ennemis de l'Eglise. ]N*'est-ce pas chose admirable , en effet , que toutes les fois que Dieu a permis à l'ange des ténèbres de susciter quelqu'un deshérésiarques, en même temps il s'est choisi des hommes particulièrement destinés à les combattre et aies vaincre? Toute l'histoire de la religion est là. Il ne pourrait se faire qu'une institution humaine se fût ainsi conservée par elle-même , en appliquant ses moyens de con-

scrvation avec autant de pi conve-

nance. Le doij soutient

l'Eglise après l'avoir fondée et construite. N'allez pas croire, au reste, que d si ' lesvien-

nent de moi; eHes sont de mon frère maintenant avec nous et dont la piété éclairée, aussi bien que son cceurbon et sensible , sait nom ; esjnit d'utiles i*éfl< xions et me consoler d tns mes ses. Il m'a appris également à trouver dans les Saintes-Ecritures une ource de sentiments afïectueux que réveille surtout en moi la si tou-

chante de i . . Quel bonheur quand j'y puis

lire : « Quiconque aura laissé pour J.-C. ses biens, ses parents , et tout ee qui l'attache à la terre , recevra en échange ici-bas cent l'ois autant, et ensuite la vie éternelle! » Que d'instructions, que de paraboles nie sont applicables dans ce livre 3ai me semble que, s'il ne me restait que lui d inonde , j'en aurais encore assez pour adoucir les rigueurs de mon exil.

Mon père projette un voyage à Paris. Il doit se détourner de sa route directe pour s'arrêter à LUois. Comme il désire que je l'accompagne, malgré la répugnance que je lui ai témoignée , je serais Lien contente , ma chère amie, si de blois il me permettait de me rendre chez vous ; j'esquiverais ainsi le but de ci ; é; rang i d'autre

que de me distraire : comme s'il était bien récréatif pour moi de me voir traînée bon gré mal ^ré

IO

il 8 LES TROIS VOCATIONS.

d'une ville en une autre, et cela dans le dessein de sue faire perdre ce qu'on appelle mon idée fixe! çroirait-on pas que j'ai là une inononianie? Quoi cj '■■■ -■- j'essaierai de faire changer mon t agraire dans le sens qui me sourit, et de chez vous quel bonheur si nous pouvions en emble Mainte-Sophie ! Nous parlerons de cela. En attendant ne laissons pas languir notre nouvelle correspondance; j'en ai besoin pour assoupit bien les douleurs : un mot d'une véritable amie est si précieux , si efficace ! Vous me raconterez votre vie et vos pensées , je vous dirai les miennes ; nous nous rappellerons les beaux jours de N... , nos enfantillages, et nos. plans si beaux, et déjà , hélas I effacés. Adieu , bonne amie , croyezmoi bien dévouée à mon Eléonore , autant pour le moins qu'Eléonore le sera toujours à

Alodie.

Madame Sainlè-Sopkie à Eléonore.

N... 4 décembre 1831.

Voyez-vous comme je suis fidèle à ma promesse?

r ma première lettre est partie , et voici que

j'en commence v.ne seconde , au risque de ne la

finir que dans huit jours. Cependant je suis bien

décidée , si l'on ne me , à ne pa sortir de

nia cellule avant d'avoir fini.

Vous m'avez, dit un mot eu terminant jour, ma cher Éléonore , un mot oui m'a cl beaucoup à penser : on a voulu vons marier, et vous m'annoncez cela avec une espèce d'il e

qui me persuaderait que vous vous y intéressez peu. vous voulez une je m'y intéresse, moi, et votre confiance me prouve que vous jugez bien de mon amitié'. .Te croirais manquer à L'un \

l'autre , si je ne vous donnais préalablement quelques avis dont uni certaine expérience du monde m'a prouvé L'utilité. Jusqu'ici Dieu vous a prévenue de ses bénédictions, gardée contre les dangers de la séduction et des sophismi < :. une vous le dites , la grâce n'a pas cic vous chercher si loin pour vous abandonner. Mais il est un secours que vous devez vous-même à cette grâce; dans quelque vocation que le ciel vous fasse , mon enfant , et surtout s'il vous appelle au mariage , vous aurez besoin d'une prudence toute divine , d'à! \ pour y entier, ensuite pour y vivre heureuse. Tant d'autres se snut trompées , que je ne pense pas sans un amer déplaisir que vous pussiez être victime delà même cireur.

«/est un avantage sans doute pour votre excellente mère île vous garder auprès d'elle, et, si Dieu VOUS eu impose le soin , ce sera une pieuse et noble tâche d'embellir ses vieuxjours parvotresollicttud

filiale. Je trouve d'ailleurs que vous faites sagement de ne pas vous presser de prendre un époux ; à votre âge , ce ne serait peut-être pas trop tôt , mais il n'est point certainement trop tard pour attendre encore. Ce qui doit , ou plutôt ce qui devra vous occuper dans cette grande affaire, quand le jour en sera venu, c'est d'y Lien réfléchir, et de ne rien faire sans l'avoir pesé d'avance par de mûres considérations. Ne doutez pas que votre position n'attire les regards ; vous serez recherchée , et si déjà vous ne l'avez été , il ne faut l'attribuer qu'au peu de temps qui s'est écoulé depuis votre voyage , et à la peine encore toute récente où vous a jetée une perte que nous déplorons tous. Je vais donc vous dire quelles règles vous deviendront nécessaires pour éviter, une erreur.

Je suis assez instruite de vos principes et de vos sentiments pour m'assurer que vous ne voudriez pas d\va mari dont la religion ne vous fût pas Lien connue ; mais ce n'est pas encore assez, et je vous exhorterai de tout mon pouvoir à n'en pas prendre , si vous n'en trouvez un qui pense en tout comme vous à cet égard. Beaucoup de jeunes gens se parent de magnifiques dehors ; s'ils veulent épouser une jeune personne de piété , ils ne manquent pas d'en afficher eux-mêmes les pratiques ; ils cherchent à s'insinuer dans son cœur par son esprit , ils évitent de Llesser par quoi que ce soit une délicatesse qui leur impose ; mais cette réserve

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apparente n'est presque jamais qu'hypocrisie , et ne dure que jusqu'au mariage. C'est alors qu'une prétendue piété disparaît , et qu'on est forcée de convenir trop souvent qu'on a épousé un indifférent ou un impie. Heureusement qu'il est des symptômes propres à faire prévoir ce malheur. De telles gens sont ordinairement guindés dans leur dévotion apparente ; sans foi réelle ni conviction , ils ne font rien que d'une m née, qui va

souvent jusqu'au ridicule. On voit bien qu'ils n'ont pas cette aisance que donne 1"; les

plus petites choses. Ils surveillent les actions de ceux qu'ils se décident à imiter ; ils dénaturent les termes les plus simples d'une religion dont ils n'ont pas l'usage ; ils sont d'une extrême réserve dans les conversations où elle se trouve . Que si vous pouviez les voir dans leur intimi de tout autres hommes,

i : [issant alors avec une liberté « : \m

laisser-aller qui ne se ressentent plus en rien de la i qu'ils s'étaient imposée ; pi

leur ignorance profonde de ce qu'ils ont toujours négligé, s'ils reviennent vers VOUS , leur en: ras les compromet encore. Ces observations , que ] l a faites qu Iquefoisdans ma jeunesse, m'ont été confirmées entre autres par une de nos au- - pensionnaires , que vous u'av< ■ pas i onnue. Un officier était venu passer quelque temps dans la ville qu'elle habite , avec l'intention de la demander

à son père. Geiui-ei l'avait bien accueilli et na- -. disposé en sa faveur. Seulement la jg^ne personne avait demandé d'y songer , et voulait apprendre à le connaître. Notre homme , lié avec un autre militaire qui fréquentait la maison, et qui était , lui , véritablement pieux , avait appris de son confrère que Julie tenait pardessus tout à la religion dans le mari qu'elle accepterait, ïl ne trouva donc rien de mieux que de se former sur le modèle du bon capitaine, et prit le parti de refaire entièrement son éducation ; il y réussit au point d'oublier , hors même de la présence de Julie , certaines :'hi tf udes qu'il ne se fût point permises -devant elle, (.'est ainsi qu'il ne jurait pas le moins du monde, qu'il entourait: ses conversations de tonte la décence possible , et ne faisait point difficulté de dire son petit mot, à l'occasion , contre l'esprit irréligieux et l'absurdité des prétendus philosophes* Il allait même à la messe, et, le crolrlcz-vous ? ce fut ce qui le perdit. Sa contenance pendant tout l'office trahissait un homme dont l'église n'était pas le rendez-vous de charpie dimanche. Blaoé à coié du capitaine , qui l'avait pris sons sa protection , le pauvre homme ne trouvait rien de mieux , pour ne pas se tromper , que de le copier en tout. Si celui-ci se mettait à genoux, celui-là s'y mettait aussitôt ; se levail-on, le voilà debout ; si l'on s'asseyait, il avait soin de s'asseoir. Ea un mot , il n'était pas un

mouvement de son guide qu'il ne sui une

édifiante es ■' tte multil .'

tions diverses qui s'accomplir* nt en une heure , je ne sais trop s'il ne Lui arriva Ire sou

mouchoir nniquement parce que l'autre prenait [e sien. Julie , qui n'avait pas perdu son homme de vue , en conclut qu'elle ne s ait pas de ter-

miner cette éducation à peine eut

rai i : li suite a fait voir que ce holici me du néophyte était une affaire de convena a depuis épouse une femme qu'il "îai-

remenl , à peu pi la

Ainsi , ma chère fille , s ficile;' il est de mode parmi les joui sus de

se faire un jeu des rai leur educ i - '

s'arrête là où

pas ridi le roir de la foi. ! si l'homme qu'on voi i f II

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ment il en a profil.'. S'il ne déni! • prin-

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s'il :■'. i parle q :

plaii .■ , s'il n'a point de liai goûts dangereux qui se trab mes et annoncent peu •' réflexions ;

si vous pouvez vous convaincre qu'il vous aime beaucoup moins pour vos agréments ou votre ibrtune que pour les qualités de l'âme et les vertus du coeur , si enfui avec tout cela il ne parle jamais de la religion qu'avec respect , et la pratique avec une exactitude; voî à celui «i qui vous

pourrez confier votre sort , et en accompagnant vos recherches de la prière et d'une intention droite de n'eml ne l'état auquel vous destine la

Providence , il n'est pas possible que vous vous tromj ai que voilà bien des conditions,

et j'avoue qu'on n'en demande pas tant d'ordinaire ; mais c'est pour c< la même qu'il y a tant de et la société n'ont qu'à gémir.

Peut-être nie dira-t-on que si toutes les jeunes personnes exigeaient autant, le plus grand noriibrene se mari . Erreur, mon enfant ; disons d'a-

bord qu'il vaudrait mieux ne se pas marier que de le faire pour être malheureuse. Moi je ne crains pas :'. suivraient mes maxi-

mes opéreraient dans le monde une heureuse régénération. Les jeunes* gens sauraient qu'ils ne peuvent ' une alliauce s'ils ne s'en rendent

dignes par l'j our et la pratique du bien , et les familles , agissant dans le même but , élèveraient les jeunes gens de façon à pouvoir les marier convenablement. Qu'on appelle ce que je dis un système , une méthode impraticable, une utopie... je ne m'en fâcherai pas , mais je n'en persisterai

pas moins dans ma pensée , avec la permission de tous les critiques de ce monde ; et si j'accorde que, dans le grand nom] ire des jeunes gens, il en soit dont les qualités purement murales puissent quelquefois rendre une femme heureuse , ce ne sont là que de très-rares exceptions. Elles confirment la règle.

Surtout ayez grand soin de garder votre cœur libre , et de ne pas le laisser enflammer tout de suite pour un objet qui peut-être ne doit jamais ;u tenir. Méfiez-vous des premières impressions (pie vous seriez capal I voir; si on ne les modère, elles font souvent degrands maux, car elles sont toujours les plus vives. S'arrêter aux ; rcs idées qu'on se forme d'un jeune homme aux manières agréables , au bon ton , au langage honnête et décent , c'est trop souvent manquer de sagesse, c'est ouvrir une route dans son cœur à la passion qui ne raisonne point , aveugle bientôt et brouille tout. S'il n'est pas mal d'aimer en vue d'une union que la religion autorise et sanctifie, il faut (pie cet amour soit réglé par une scrupuleuse modestie et une exacte retenue. La pureté intérieure de l'âme n'en doit pas souffrir; elle veut mêmequ'on ne pense qu'avec une religieuse dis< rétion à un objet que la prudence conseillera être d'abandonner quand on l'aura mieux connu.

(les précautions , remarquez-le bien, -".'t indispensables, et la religion seule peut les donner.

226 LES TECIS VOC lIIDNS.

CY: î i lie qui les inspire etles facilite , car elle \ ous a tl,':.:;;m' des consi iSlers naturels dont h ■: avis ont t&ujours, pr ': : : vé du malheur, de se repentir. Vous avez le bonbeur d'avoir «lie mère aussi n.c!<nun.ind;u '-■ pas' sa pic lé que par son jugement ; vous avez une amiequi vous chéiit et à -laquelle vous iltmnea; toute votre confiance ; enfin vous avt z un guider, et c^e&t i i:i le point essentiel , qjj-î fera plus q^ie i amitié , plus même que la tendis sse maternelle , parce Qu'il ne peut être influencé par aucun intérêt personnel. Gonsultezdes, cl que celni-là.sm.tout connaisse à fond vos motifs , qa'd ;• \ y de vos plus secrètes, pensées , et vous moulue létJLinenJ où vous allez. C'est chose déplorable de voir avec quelle étourdeiùe on se lance dass un état si périlleux sans in connaître les devoirs et les dangers,, quoique les uns et les autres soient immenses ! On parle de se marier comme d'nm action commune qui u.'apçelle même pas les plus si triples ménagemenfrs. On s'cnqniert de la famille, des biens, de L'âge de la {personne, de son caractère, de ses talents; mais les vertus ne sont rien, sans doute, car ou n'en parle pas. Et c'est le plus souvent du coté de la femme , c'est-à.dire de la partie la plus intéressée et qui doit so«i£i':ir b plus, qu'où trouve ainsi plui d'inconséquence et d'à ; vujl ment. Aussi la uli^oa meco»i tic est bien cruellement V; n ;ée tôt ou tard de l'on' li qu'on a 'ai à: ses d. ous et de sa parole.

Si la question était moins jem'yarrêl

moins. ■■' ■ c , ne né; ; de iv.J-

ûiici' ce : , i! \ \ a <!.' toi e i ■■•..' tir. Je

sa vos com] riaient von

a I int que in i à ce sujet, et' men6

cites l'ont appris aux dépens du i toute

Icwr vie. Dieu ventile rj.ti< : <• ne soil pas : <.. I .nie vie plu ;

i vous a'en êtes pas là encore; ta Providence ne vous a rien «lit qui vous fasse prévoir un «' ;cmeut. Vivez henreuse et tranqmilte anprès de votre bonne ■:"'■.(•. Profitez ue voti agréable solil ude d< ; ii:. ts. Là tout i rte à,

Diei*. et vous le fait aimer. Cette vie en vaut bienune au lire, seîon moi , et je crois que vous êtes ck BBOn avis.

Contre mon attente, o:î ne m'a pas dérangée et raaa i partira ce : on eonne une

nu . * L j'y vais. Je VOUS >i mes

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