‹ Les trois vocationsChapitre 14 sur 18 · I . Le la part que \'c • • . mon · texte numérisé non relu

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sont parvenues vos deux lettres , ma bonne mère. Que vous êtes aimable de m'y parler avec tant d'intérêt ! J'ai attendu la seconde avec nue impatience que je ne puis vous rendre. Je ne pouvais répondre à la première qu'après les avoir lues toutes deux , et un incident imprévu me faisait souliaiter vivement que cette lecture ne fût pas longtemps retardée. Yous allez me demander de quoi il s'agit : vous ne vous en douteriez jamais.. . Croiriez- vous qu'après vous avoir entretenue de moi comme je le faisais tout dernièrement , et au moment peut-être où vous m'écriviez des clioses si solides et si vraies sur une vocation que je ne croyais pas trop la mienne, un parti s'est présenté, et ne m'a pas trouvée aussi indifférente que je croyais l'être ? Oui , ma bonne mère, c'est ainsi que vont les événements de ce monde : quand on s'y attend le moins, on se sent arrêtée dans une course légère et facile par un objet imprévu qui force de rallentir sa marche et souvent de changer son itinéraire. Changerai-je le mien ? Je ne sais... mais quelques apparences me le persuadent. Maman ne voit pas ce projet avec déplaisir; je puis même dire qu'elle y sourit , car c'est elle qui m'a fait les premières ouvertures , et ce qu'elle y a ajouté ne tend , je l'ai bien vu , qu'à fixer mes incertitudes. Elle est âgée et craint de mourir sans que je sois mariée : elle ne voit rien de plus pénible pour une fille que cet isolement absolu où la laisse la mort

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de ceux qui partageaient son existence ; et j'avoue que cette réflexion me touche réellement. Je ne l'avais jamais faite ; mais elle m'a d'autant plus frappée, qu'elle m'est inspirée par le cœur de celle qui m'aime le mieux et qui doit m'être la plus chère. Je nie forme une triste idée , en effet, d'une jeune personne qu'une perte cruelle a privée des appuis naturels que lui avait donnés la Providence dans de bons parents , et qui n'en a aucun autre qui les remplace. Elle ne peut s'attacher à personne . les convenances lui faisant une loi sévère de ménager ses moindres relations sociales avec une prudence minutieuse. L'amitié peut la dédommager de cette solitude ; mais cette amitié, si peu constante quelquefois, n'a-t-elle pas également ses travers? La mort, l'éloignement la détruisent ou l'affaiblissent ; car toutes les amies ne sont pas comme vous , ma bonne mère , et n'aiment point 1 1 tant de force , de persistance et de désintéressement. Si j'ajoute à de si puissantes raisons la malignité de ce monde corrompu dont les veux toujours méchants épient nos plus petits mouvements pour les interpréter à sa guise ; de ce monde qui empoisonne nos plus innocentes démarches cl se joue indignement de notre réputation , j< qu'on peut au moins se sentir chancelante. Un époux , au contraire , est un appui de toute la vie, un ami qui ne nous abandonne pas, un conseil qui nous guide, un protecteur de notre

réputation dont il fait la sienne et qui ne souffre tic rien sons sonégide. ^ oiià ce que «taira an me dit. Il est vrai qu'en suivant ces pensées , je n'envisage la ebose que par ses dehors agréables , et il en est il antres contre lesquelles votre amitié a pris soin de me prémunir. Maïs je ne parle ainsi qu'en raison dis espérances que m'offrirait ce nouvel avenir. Ces espérances, je le crois, n'ont lien de chimérique , puisque je les fonde sur la connaissance que nous avons pu acquénr, maman et moi , des qualités de celui qui me désire. "S ous dirai-je d'ailleurs , ma benne mère, combien j'adopte votre sentiment , quelle sagesse j "admire dans vos conseils sur linc si délicate matière ? Avant que vous me les eussiez tracés , je les avais lus dans mon crear. Oui , sans penser à moi-même, que tout cela n'a jamais beaucoup occupée, je n'ai jamais pu comprends e comment on pouvait être assez folle pour épouser v.n homme sans religion. Quel supplice de se trouver enchaînée à quelqu'un qui méprise nos plus chères pensées , qui ne siit pas regarder l'amour que Bons lui devons comme ime conséquence de échu que nous portons à Dieu , et qui affecte d'ignorer que tous nos devoirs envers un époux ne sont que l'accomplissement de ce que le cal nous ordonne ! 'voilà ce que j'ai toujours pensé de ces unions mal assorties, et vous concevez par là, ma bonne mère, si j'entre clans vos réarmons. Si je ne voyais encore

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