‹ Les trois voyages de Jacques Quartier au Canada en 1534, 1535 et 1540 [microforme]Chapitre 40 sur 82 · Chapitre XXE · texte numérisé non relu

Chapitre XXE

Comme le dit Peuple de jour en jour nous apportoient du poisson, et de ce qu’ils avoient à nos Navires : Et comme par l’advertissement de Taiguragny et Doma= gaya le dit peuple se retira de y venir, et comme il y eut aucun discord entre nous et eux.

Et depuis de jour en l'autre, venoit le dit peuple à nos Navires, et apportoient force anguilles et autres poissons pour avoir de notre marchandise, de quoi leur estoit baillé couteaux, allaisnes, patenostres et autres menues choses dont se contentoient fort : mais nous apperçumes que les deux méchans qu’avions apportés icur disoient et donnoient à

52 SECOND VOYAGE entendre, que ce que nous leur baillons ne valoient rien, ct qu'ils auroient aussitôst des hachots comme des couteaux pour ce qu’ils nous baïlloient, nonobstant que le Capitaine leur eust fait beaucoup de présens, et si ne cessoient à toutes heures de demander au dit Capitaine ; lequel fut averti par un Seigneur de la ville de Hagouchouda qu'il se donnast garde de Donnacona ct des dits deux méchans, et qu'ils estoient Agojuda, qui est à dire, traistres, et aussi en fut averti par aucuns du dit Canada, ct aussi que nous apperçumes de leur malice, parce qu'ils vouloient retirer les trois enfans que le dit Donnacona avoit donnés au dit Capitaine. Et de fait, fisrent fuir la plus grande des filles du Navire ; après laquelle ainsi fuie, fist le Capitaine prendre garde ès autres ; ct par l'avertissement des dits Taiguragny et Domagaya s'abstinrent et deportèrent de venir aveeque nous quatre ou cinq jours, sinon aucuns qui venoient en grande peur ct crainte,

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