‹ Les trois voyages de Jacques Quartier au Canada en 1534, 1535 et 1540 [microforme]Chapitre 52 sur 82 · CT ET · texte numérisé non relu

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DE JACQUES QUARTIER, 73 ses Navires à flot ct le: placer, que w'étoit l'autre Pourquoi à son retour fit mener tous ses Navires au devant de ln d livière, et à basse mer fit planter son Artilleric pour mettre en sureté ceux des Navires qu'il entendait garder et retenir dans le Puis, lesquels étoient au nombre de trois : ce qw'il fit le Jour suivant ; et les autres Navires demeu= rèrent dans la rade au milieu du fleuve, (auquel lieu les victuailles ct autres choses qu'ils avoient apporté furent débarquées :) depuis le vingt septième jour d'Août jusqu'au deuxième de Septembre, auquel temps ils firent voile pour retourner à Saint Malo. Dans lesquels Navires il ren oya Marc Jalobert son beau-frère, et Etienne Noël son neveu, tous deux excellents Pilotes, et bien expérimentés ; avec des lettres au Roy, pour lui donner connoissance de ce qui avoit été fait ct trouvé: et comment Monsieur de Roberval n’étoit pas encore arrivé, et comme il craignoit que par la cause des vents contraires et tempêtes il avoit été contraint de retourner en France.

Chapitre EX, Suit la description de la Rivière et Hâvre de Charlesbourg Royal.

La dite Rivière cest petite, et n’a pas plus de cinquante pas de largeur, et les Navires tirant de trois brasses d’eau peuvent y entrer de pleine mer: età basse mer il ne "y trouve qu’un chenal d’un pied ou environ, Des deux côtés de la Rivière il ya de fort bonnes et belles terres, pleines d'aussi beaux et puissants arbres que

l’on puisse voir au monde, et de diverses sortes, qui ont plus de di

X brasses plus haut que les autres; ot il y a une espèce l’arbr: jui s'étend à plus de trois brasses, qui est appellé par les gens du Païs % Axneda,” lequel a plus excellente vertu de tous les arbres du monde, dunt je ferai mention ci-après. De plus, il y a grande quantité de Chônes les plus beaux que j'ai vu de ma vie, lesquels étoient tellement chargés de glands qu'il sembloit qu’ils s’alloient rompre ; en outre, il y a de plus beaux Erables, Cèdres, Boulcaux ct autres sortes d'arbres que l’on n’en voit en France : et proche de cette forêt sur le côté Sud, la terre est toute couverte de vignes, que nous trouvâmes chargées de grappes aussi noires que ronces, mais non pas aussi agréables que celles de France, par la raison quelles ne sont pas cultivées, et parcequ'elles croissent naturellement sauvages. De plus, il y a quantité d’Aubépines blanches, qui ont les feuilles aussi larges que celles des Chênes, et dont le fruit ressemble à celui du Néflier, En somme, ce Pais est aussi propre au labourage ct à la culture qu’on

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74 TROISIÈME voyaur:

puisse trouver ou désirer, Nous semames ici des graines de notre Pais, tel que graines de Choux, Naveaux, Laitues ot autres, lesquelles fructifièrent et sortirent de terre en huit jours, L'entrée de cette Rivière est devers le Sud, et elle vn tournant vers le Nord en sorpentant ; et à l'entrée d'icelle vers l'Est, il ÿ à un Promont. ire haut ot roide où nous Pratiquames un chemin en manière de double montée, ct au sommet nous y fimes un Fort pour la garde du Fort qui étoit au bas, ainsi que des Navires et de tout Ce qui pouvoit passer tant par le grand Fleuve que Par cette petite Rivière, En outre, l'on voit une grande étendue de terre propre à la culture, unie et belle à voir, ayant la pente quelque peu au Sud, aussi facile à mettre en culture que l'on peut le désirer, et toute remplie de beaux Chênes, ct autres Arbres d’une grande beauté, non plus épais qu’en nos Forêts de France.(*) Toi, nous employâmes vingt de nos hommes à travailler, lesquels dans uno Journée labourèrent environ Un arpent et demi de la terre sus-dite, et en semèrent Partie avec des Naveaux, lesquels au bout de huit jours, comme j'ai dit ci-devant, sortirent de terre, Et sur cette haute Montagne ou Promontoire nous trouvasmes une belle fontaine très-proche du dit Fort : joignant lequel nous trouvames bonne quantité de pierres, que nous estimions être Diamans. De l’autre côté de la dite Montagne et au pied d’icelle, qui est vers ln grande Rivière, se trouve une belle mine du meilleur fer qui soit au monde, laquelle s'étend Jusques proche de notre Fort, et le sable sur lequel nous marchions est terre de Mine parfaite, prête à mettre au fourneau. Et sur le bord de l'eau NOUS trouvâmes certaines feuilles d’un Or fin, aussi épaisses que l’ongle, Et à l'Ouest de Ja dite Rivière il y a, comme il à été dit, plusieurs beaux Arbres : ot vers l'eau un Pré plein d'aussi belle et bonne herbe que jamais je ne vit en aucun Pré de France : et entre le dit Pré et la Forêt y à grande quantité de Vignes : et au delà de ces Vignes la terre donne abondance de Chanvre lequel croit naturellement, et qui est aussi bon qu’il est possible de voir, et de même force, Et au bout du dit Pré à environ Cent pas, il y a une terre qui s'élève en pente, laquelle est une espèce d’ardoise noire et épaisse où l'on voit des veines ntnines

(*) La description donnée Par Quartier de cette Rivière et Havre, correspond Parfaitement à la Position de Ja Rivière du Cap Rouge, située à trois lieues et demie de Québec; et les détails qu’il, nous donne Sur tous les environs de cette Rivière nous retracent exactement : le Cap Rouge d'aujourd'hui ; une partie de la Forêt qui voisine ce Cap du côté d+ Sud du Fleuve St. Laurent, ainsi que le terrain situé de l’autre côté et à l’Ouest de la Rivière du Cap Rouge, lequel forme une espèce de plateau et s’élève ensuite en forme d’amphitéâtre.

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DE JACQUES QUARTIER, 7ü

de l'espèce des minéraux, et qui luisent comme Or et Argent : et parmi toutes ces pierres il s'y trouve de gros grains de la dite Mine, Et en quelques endroits nous avons trouvé des pierres comme Diamans, les plus beaux, polis et aussi merveilleusement taillés qu'il soit possible à homme de voir; et lorsque le Soleil jette ses rayons sur iceux, ils luisent comme si c'étoient des étincelles de feu,

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