Chapitre EXXE
Comme après le départ des deux Navires qui furent renvoyés en Bretagne, et que la bâtisse du Fort fut commencé, le Capitaine fit préparer deux Barques pour aller à mont la Grande Rivière pour descouvrir le passage des trois Saults ou courants
d’eau.
Le dit Capitaine ayant dépéché deux Navires pour s’en retourner et porter nouvelles, ainsi qu'il en avait eu le commandement du Roy, et de ce que la bâtisse du Fort avait été commencée pour la sureté des vietuailles et autres chosses, se détermina avee le Vicomte de Beaupré, et les autres Gentilshommes, Maitres et Pilotes choisis pour la délibération, de faire un voyage avee deux Barques fournies d'hommes et de victuailles pour aller jusqu'a Hochelaga, afin de voir et comprendre la façon des Saults d’eau qu’il ÿ à à passer pour aller au Saguenay, afin de se mettre plus en état au printems de passer outre, et durant la Saison de l'hiver apprêter toutes choses nécessaires et en ordre pour leurs affaires, Les susdites Barques ayant eté apprêtées,le Capitaine et Martin de Paimpont, avec autres Grentilshommes et le reste des Mariniers partirent du dit lieu de Charlesbourg Royal (*) le septième de Septembre, de la susdite année 1540. Et le Vicomte de Beaupré demeura en arrière pour la garde et gouvernment de toutes choses au dit Fort. Et comme ils remontoient la Rivière, le Capitaine alla voirle Seigneur de Hochelai (ft) dont la demeure est entre Canada et Hochelaga, et lequel dans le voyage précé-
lent avoit donné au dit Capitaine une petite fille, et l’avoit à plusieurs reprises informé des trahisons que Taiguragny ct Domagaya,(que le Capitaine dans son précédent voyage avoit emmenés en F rance,)avoient désir de tramer contre lui, Pour le regard de laquelle courtoisie le dit Capitaine ne voulut passer outre sans lui rendre visite ; et afin lui faire entendre que le Capitaine comptoit sur lui, il luidonna deux jeunes garçons
C*) Dans le Routier de Jean Alphonse, ce même endroit est nommé France-Roy. (D) Où pense que c’estun Village qui était situé proche des Rapides du Richelieu.
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et les lui laissa pour apprendre leur langue : ct il lui fit présent d'un Manteau de drap écarlate de Paris, lequel manteau étoit tout garni de boutons Jaunes et blanes d'Etain, et de petites Clochettes : ot outre lui donna deux Bassins de cuivre ou Laiton, avec certains Hachots et couteaux, De quoi le dit seigneur parût fort Joyeux, et remercia Je Capitaine ; après cela fait, le Capitaine et sa Compagnie partirent du dit lieu. Et nous navigâmos avec vont tellement favorable, que nous arivâmes le onzième jour du mois au pr'emicr Sault d'eau,(*) qui est à la distance de deux lieues de la ville de Tutonaguy. Kit après que nous fâmes arrivés en ce lieu, nous nous délibérâmes d'aller et Passer aussi loin qu'il est possible avee l'une des Barques, ct que l'autre demeurcroit en cet endroit jusqu'à notre retour: et nous mimes le double des hommes en la Barque pour nâger contre le courant où Ja force du dit Sault. Et après que nous nous fûmes éloignés de notre autre Barque, nous trouvâmes Mauvais fonds et de gros rochors, et un si grand courant d’eau qu’il ne nous fut pas possible de Passer plus outre avec notre Barque, Sur quoi, le Capitaine se délibéra d'aller par terre Pour voir la nature ct la facon du Sault, Et après être descendus à terre, Doustrouvâmes près du rivage un chemin ct sentier battu conduisant vers les dits Saults, par lequel nous primes notre chemin, Et chemin faisans, ot Peu après trouvâmes la demeure d’un Peuple qui nous fit bon accuci}, et nous reçurent avec beaucoup d'amitié, Et après que nous leur cussions fait connoître que nous allions vers les Saults, ot que nous désirions d'aller à Saguenay, quatre jeunes gens vinrent aVCe Nous pour nous montrer le chorin, et ils nous menèrent si loin que nous vinmes à un autre village ou demevrance de bonnes gens, lesquels demeurent vis-à-vis le deuxième Sault, (f) qui nous apportèrent de leurs vivres, tels que Chair ot Poisson, et nous en firent offre, Et après que le Capitaine leur cut demandé tant par signes que par paroles, combien de Saults nous avions à passer pour aller à Saguenay, ct quelle étoit la longueur du chemin d’où nous étions, ce Peuple nous montra ot donna à entendre, que nous étions au deuxième Sault, ct Qu'il n’y avoit qu'un autre Sault à passer (f); que la Rivière n’étoit pas navigable pour se rendre au Saguenay, ct que le dit Sault n’étoit qu'à une tièree partie du chemin plus outre que nous avions parcouru ; nous Montrans icelui avee certains petits batons qu’ils
(*) Ce premier Sault sémblerait étre Je Courant Ste. Marie. (1) Ce deuxième Sault paraît Correspondre aux Rapides de Lachine @) Cet autre Sanlt loit etre | lt St Louis
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'ésent d’un ut garni Ce ‘6 outre lui OtS et couia le Capiu dit lieu.
rivâmes le istance de 10S arrivés qu'il est it en cet mes en la Et après rouvâmes 1 qu'il ne Sur quoi, la facon du rivage ar lequel ouvâÂmes ‘ent avec tre que tJuenay; in, ot ils eutance vult, (?) et nous ant par jour alétions, u deu- Ja Rile dit e nous s qu’ils
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placèrent sur la terre à ccrtaines distances, et ensuite mirent certaines autres branches entre iceux, représentant les dits Saults, Et d’après les dites marques, s'ils disent vrai, il ne peut y avoir que six licues par terre pour passer les dits Saults.