Chapitre AV
Description des trois Saults on courants d’eau qui sont audessus de Hochelaga.
Après que nous fûmes avertis par le dit Peuple des choses ci-dessus dites, tant parceque la journée cstoit bien avancée, ct que nous n’avions ni bu ni mangé de cette journée, nous délibérâmes de retourner à nos Barques ; et y estant arrivés, nous trouyames grande quantité de peuples au nombre de quatre cens ou environ, lesquels sembloient estre très réjouis et joyeux de notre arrivée : ct pour ce, le Capitaine donna à chacun d'eux certains petits présens, tels que peignes, épingles d’étain ct de laiton, ct autres petits ornemens, et aux Chefs à chacun sa petite hache et hamocon : desquels firent plusieurs cris et cérémonies de joie. Mais néanmoins, il fant se garder de toutes ces belles cérémonies ct joieeusetés, car ils auroient fait de leur mieux pour nous tuer, ainsi que nous l'avons appris par la suite. Cela fait, retournames avce nos Barques, et passames près de la demeurance du Seigneur de ÆHochelai, chez lequel le Capitaine avoit laissé les deux jeunes garcons en remontant la Rivière, pensant le trouver. Mais il ne put y trouver personne, sauf l'un de ses fils, lequel dit au Capitaine qu’il étoit allé à Maisouna, ainsi que nous le dirent aussi nos garçons, disans qu’il étoit parti depuis deux jours. Mais de vrai, il étoit allé à Canada pour délibérer avec Agona ce qu’ils pouvoient entreprendre contre nous, Et lorsque nous fumes arrivés à notre Fort, nous fut dit par nos gens, que les Sauvages du Païs ne venoient plus autour de notre Fort comme ils avoient coutume de faire, pour nous apporter du poisson, ct qu’ils nous redoutoient ct craignoient à merveilles. Notre Capitaine ayant done été averti par quelques-uns des nôtres qui avoient été à Stadaconé pour les voir, qu’il y avoit un monde considérable du Peuple du Païs qui y étoicnt assemblés, fit apprêter toutes les choses ct mettre notre Fort en bon ordre...
(La suite de cette Relation se trouve perdue.)
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