‹ Les trois voyages de Jacques Quartier au Canada en 1534, 1535 et 1540 [microforme]Chapitre 71 sur 82 · FE · texte numérisé non relu

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& Saincte Croix, où on puisse mettre aucuns vaisseaux ; ce ne sont que “de petits ruisseaux ; les costes sont plates et dangéreuses, dont Quartier ne fait aucune mention que jusques à ce qu'il partit du lieu “de Sainete Croix appelé maintenant Quebecq, où il laissa ses vais- “ seaux, et y fit édifier son habitation, comme on peut Je voir ainsi qu’il

s'ensuit,

& Le 19e Septembre il partit de Saincte Croix où estoient ses vais

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seaux, et fit voile pour aller avec la marée à mont le dit fleuve qu’ils “ trouvèrent fort agréable, tant pour les bois, vignes ct habitations qu'il “vavoit de son temps, qu'autres choses : et furent poser lancre à “ vingt cinq lieues de l'entrée de la terre du Canada (16), qui est

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u bout de l'Isle d'Orléans du costé de l'orient, ainsi appelée

“ par le dit Quartier. Ce qu'on appelle aujourd'hui Ste, Croix l Ü l l} J

F s'appelait lors Achelacy, destroit de la rivière, fort courant et “ dangéreux, tant pour les rochers qu'autres choses, et où ne peut passer ss que de flot, distant de Quel 1ecq et de la rivière où Yverna le dit Quar-

“tier 15 licues,

& Or, en toute ceste rivière n’y a destroit depuis Quebecq jusques au € grand saut, qu’en ce lieu que maintenant on appelle Saincte Croix (17), & où on a transferé ce nom d’un lieu (1) à un autre qui est fort dangé-

an“

“ reux (19),comme j'ai descript : et appert fort clairement par son discours & que ce n’est point le lieu de son habitation, comme dit est, et que ce fut

“proche de Quebecq, et qu'aucun n'avoit encore recherché ceste parti-

‘ eularité, sinon ce que j'ay fait en mes voyages ; car dès la première “ fois qu'on me dit qu'il avoit habité en ce lieu, cela m'estonna fort, ne “ voyant apparence de rivière pour mettre vaisseaux, comme il descrit. « Ce fut ce qui m'en fit faire exacte recherche pour en lever le soubçon < et doubte à beaucoup.

CHAmPLAIN.— Voyages, de 1604 à 1613. Liv. I, Chap. IV, pp. 184 — 101. Edi tion in-4, imprimée àParis, chez Jean Berjon, 1613.

(5) Ou äu Cap Tourmente.

(1) Le Platon de Ste. Croix.

{19 Le Platon de Ste, Croix

[LE discours plein d'intérêt qui précède et que l’on a extrait de la rare édition des voyages &e M. de Champlain publiée en 1613, se trouve entièrement supprimée dans une édition subséquente, publiée en 1632, sous ce titre : Les voyages de la Nouvelle France Occidentale dicte Ca. nada, faits par le Sieur de Champlain, &e. et toutes les gescouvertures qu'il & faites en ce païs depuis l'an 1603 jusques en l'an 1629. Paris, Chez Claude Collet, 1632, In-4. — Cette dernière édition ne donne qu’un récit abrégé do l’arrivée de Jacques Quartier au Canada et de son établissement à la rivière Ste, Croix en 1535 ; on y trouve néanmoins un passage qui indique le lieu précis de son hivernement en

“ Les commissions expédiées, Sa Majesté donna la charge au dit “ Quartier, qui se met en mer avec deux vaisseaux (20) le 16 May 1535, ‘et navige si heureusement qu'il aborde dans le golfe Sainct Laurent, “€ entre dans la rivière avec ses vaisseaux du port de 800 tonneaux (21), ct “ fait si bien qu’il arrive Jusques à une isle qu’il nomma l'Isle d'Orléans, “à cent vingt lieues à mont le fleuve, De là va à quelques dix lieues du “ bout d’amont du dit fleuve à une petite rivière qui assèche presque de “basse mer, qu’il nomma Saincte Croix. pour y estre arrivé le jour de “PExaltation de Sainete Croix : lieu qui s'appelle maintenant Ja ri- “ vière St. Charles, sur laquelle à présent sont logez les Pères Récollets “et les Pères Jésuites (2), pour y faire un séminaire à instruire la

‘ jeuncsse,

“ Quarticr ayant recogneu, selon son rapport, la difliculté de pouvoir “ passer les Saults, ct comme estant impossible, s’en retourna où es-

(0) La flotte de Jacques Qnartier était de trois vaisseaux : la Grande Hermine de 120 tonneaux, la Petite Hermine de 60 tonneaux, et le gallion, appelé PEmérillon, de 40 tonneaux.

(*1) Le port de ces trois vaisseaux ensemble n’était que de 220 tonneaux.

(2) Les Récollets arrivèr nt dans la Nouvclic-France en 1615, Les Jésuites ne vinrent qu’en 1625, et en 1627 ces Pères commencèrent un établissement sur la rive

: l e subie ae F3, Si oi fé AS ’ , APPENDICE, 115 “ toient ses vaisseaux, où le temps et la saison le pressèrent de telle fa- “ con, qu’il fut contraint d’yverner en la rivière Saincte Croix, en un ‘6 endroit où maintenant les Pères Jésuites ont leur demeure sur le bord la rare d'une autre petite rivière qui se décharge dans celle de Sainete Croix, lve cn- # appelée la Rivière de Jacques Quartier (#3), comme ses relations en | 1632, “ font foy.”?

te Caertures 4 CHAmPLAIN.—Voyages, de 1603 à 1629. Liv. 1, Chap. I. pp. 10- et 11°. Edition in-f, à < imprimée à Paris chez Claude Collet, 1632, Paris, donne de son de néannt en JEAN DE LAET.

& Avant de poursuivre la description du fleuve du Canada et ses riu dit ‘ vages, selon la description Ges plus modernes écrivains, il ne sera 1535, ‘ point hors de propos de renouveller la mémoire des plus vieux, et de arent, ‘ représenter ce que Jacques Quartier y a remarqué, Iceluy done 21), ct * ‘ comme il fut monté avec ses navires jusqu’à l’Isle de Bacchus, pour le léans, jourd’huy l'Isle d'Orléans, estant un peu plus avancé vers l'Ouest, il es du “ rencontra un port fort commode, où il mouila lancre, et lui donna ue de | “ le nom de Sainte Croix, (Champlain s’efforcc par plusieurs raisons de ur de | ‘ prouver que ce lieu est maintenant appelé Québec (21), d’autres sont la ri- ‘ d'une autre opinion,) où pout lors les Sauvages avoient une habitation ollets “ et un village nommé Stadaca ou Stadaconé : et ayant à cause de lapre la droite de la petite rivière Lairet, à endroit où elle tombe dans la rivière St. Charles. ivoir Le passage suivant extrait de l'Histoire du Canada par le P. Sagard, Récollet, prouve ; | que le lieu choisi parles Jésuites était dès lors connu sous le nom de Fort de Jacques QE Quartier. * Et en l’an 1627, les Récollets prétèrent aux Jésuites une charpente pour 6 estre employée au bastiment qu’ils avaicnt commencé au delà de la petite rivière i 4 6 (St. Charles ), à sept ou huit cens as de nous en un lieu que l’on appelle commu- | 6 nément le Fort de Jacques Quartier.’ — SAcarD, Hist. du Canada, p.867. he de LA (3) Ainsi, l’on voit qu’à l’époque où M. de Champlain publiait cette édition de ses voyages (en 1632), la petite rivière Lairet était appelée la Rivière de Jacques Quartier, et que dès 1627 (voyez la note précédente }) le site qui est à l’embouchure de cette même rivière était connu sous le nom de Fort de Jacques Quartier. Le (4) M. de Champlain s’est plutôt attaché à prouver que ce ne fut pas au sud du LEP fleuve St. Laurent, et à quinze lieues audessus de Québec, que Jacques Quartier hiverna

“proche de l'automne donné ordre pour y bastir une aison pour y “ hyverner, pendant que les ouvricrs avançoicnt la besognc, il entre- “prit le 19 Septembre 1535 de visiter avoe quelques uns de ses gens “ Ja rivière plus avant.”

JEAN D£ LAET,—Jlistoire du À Nouveau Monde, Livre ÎT, p.46, édition de 1641,

‘À quinze licues de Québec vers l’ouest, sur l'autre côté de la ri- “vière, y à un autre coin, Icquel on appelle encore pour le Jourd'huy ‘ Sainte Croix qui est le lieu (comme l'on croit) où Quartier hyverna, ‘encore que ce soit un lieu tout sablonneux (5), et exposé à la rigucur

‘ du nord- rouesf, et où los prairies voisines sont couvertes d’eau à h: aute «€

marée, ct qu'on Peut peut même difficilement aborder, à cause des “ bancs de rochers et de la rapidité du fleuve.” )

IDE .— Livre IL, p.is

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