ARTICLE III
Division des figures de mots,
1 L y a quatre diférentes sortes de figures qui regardent les mots.
i^. Celles que les Grammairiens apèlent figures de diction : elles regardent les cliangemeus qui arivent dans les lettres ou dans les syllabes des mots ; telle est , par exemple , la syncope , c'est le retranchement
i6 Des Tr OPES
d'une lellre ou d'uue syllabe au milieu d'un mot , scuta virûm pour vi" roruin .
2^. Celles qui regardent uniquement la construction ; par exemple , lorsqu' Horace parlant de Cléopâlre , L. 1. Oi.57. dit nioiistnim , quœ,., nous disons en français la plupajt des homes disent ^ et non pas dit. On fait alors la construction selon le sens. Cette figure s'apèle syllepse. J'ai traité ailleurs de ces sortes de figures ; ainsi je n'en parlerai point ici.
5'^. Il y a quelques figures de mots , dans lesquelles les mots conservent leur signification propre , telle est la répédiion , ÔCc. C'est aux Pdiéteurs à parler de ces sortes de figures , aussi bien que des figures de pensées. Dans les unes et dans les autres , la figure ne consiste point dans le changement de signification des mots ; ainsi elles ne sont point de mon sujet.
4^^. Enfin il y a des figures de mots qu'on apèle Tropes ; les mots prènent par ces figures des significations diférentes de leur signification propre. Ce sont là les figures dont j'entreprens de
parler dans cette partie de la Grammaire.