‹ Les Tropes de DumarsaisChapitre 32 sur 57 · i.v. 143. li^n Jç ferrum rigidum qui est le · texte numérisé non relu

i.v. 143. li^n Jç ferrum rigidum qui est le

concret.

VII. Les parties du corps qui sont regardées corne le siège des passions et des sentimens intériem^s se prèneut pour les sentimens mêmes : c'est ainsi qu'on dit il a du cœur, c'est-à-dire , du courage.

Observez que les anciens regardoient le cœur corne le siège de la sagesse, de l'esprit, de Taclresse : ainsi

La m i: t o x y ]m i e ,

lor

hahct cor ^ dans Piaule, ne veut pas "^Cataestet dire corne parmi nous , elle a du cou- ^aiiida habet rage , mais elle a de 1 esprit ; vir cor- Persa.act. 4. dûtus , veut dire en latin un home dei":' ^\'''- ^/r

. 1 T Si est mihi

sejis ^ qui a un bon discernement. cor. Si j'ai Cornutus, philosophe stoïcien, q^ifif^'J/'lJ^'J,^ fut le maître de Perse , et qui a été PiautSiosensuite le comentateur de ce Poète, */^^^g*' '•*''• fait cette remarque sur ces paroles de * ' la première satyre : siwi petuldnti splene cachinno. « Physici dicunt homines « splene ridére , felle irâsci , jécore » amâre, corde sapere et pulmone » jactâri » . Aujourd'hui on a d'autres lumières.

Perse dit que le ventre, c'est-à-dire , Perse. Pro,la faim, le besoin, a fait aprendre aux^°^' pies et aux corbeaux à parler,

La cervèle se prend aussi pour l'esprit , le jugement : O la belle tëie ! 0 otianta s'écrie le renard dans Phèdre, ^«e/ do- 'Pf '^'^ ' "'

n > - T ,; . ^ rebrum non

mage, elle n a point de cervele ! On habet. Ph. ;. dit d'un étourdi, que c'est une tète *• ^^^- 7sans cervèle : Ulysse dit à Euryale , selon la traduction de Madame Dacier, jeune home , vous avez tout l'air d'un Odyss. T, 2. écervelé : c'est-à-dire , corne elle l'ex- P* '^' ph que dans ses savantes remarques ,

102 La Métonymie.

a)ous avez tout Vair d'un home peu sage. Au contraire , quand on dit , c'est un liojne de tête , c'est une hone tête , on veut dire que celui dont on parle , est un habile home , un home de jugement. La tête lui a tourné ^ c'est-àdire , qu'il a perdu le bon sens , la présence d'esprit. Avoir de la tête^ se dit aussi figurément d'un opiniâtre :

Tête de fer y se dit d'un home apliqué sans relâche, et encore d'un entêté.

La langue y qui est 'le principal organe de la parole , se prend pour la parole : c'est une r/iéchante langue y c'est-à-dire , c'est un médisant; avoir la langue hien pendue y c'est avoir le talent de la parole, c'est parler facilement.

VIII. Le nom du maître de la maison se prend aussi pour la mai- ^n. 2. V. son qu'il ocupe : Virgile a dit , jam prÔJcimus ardet L' cdlegojiy c'est à-dire , le feu a déjà pris à la maison d'Ucalégou.

On donc aussi aux pièces de mo-

noie le nom du Souverain dont elles

p/rïue. Bac- portent l'empreinte. L)ucéntos Philip-

sc't.v!».^^*^^"^ 7'eiJa£ aûreos : qu elle rende deux

La Métonymie. io5

cens Philipes d'ov , nous dirions deux cens Louis d'or.

Voilà les principales espèces de métonymie. Quelques-uns y ajoutent la métonymie , par laquelle on nome ce qui précède pour ce qui suit, ou ce qui suit pour ce qui précède ; c'est ce qu'on apèle l'Antécédent pour LE Conséquent , ou le Conséquent POUR l'Antécédent ; on en trouvera des exemples dans la métalepse , qui n'est qu'une espèce de métonymie à laquelle on a doné un nom particulier : au lieu qu'à l'égard des autres espèces de métonymie , dont nous venons de parler , on se contente de dire métonymie de la cause pour l'éfet, métonymie du contenant pour le contenu , métonymie du signe, &c.

îo4 Là Meta le p se.

Trlnsmtd'.^^ Mclalepse est une espèce tîe tiu : fj.il ù , métonymie , par laquelle on explique trans. aci/a- ^^ ^^^ ^^^^^ pour faii^ entendre ce qui

précède ; ou ce qui précède pour faire entendre ce qui suit : elle ouvre , pour ainsi dire , la porte , dit Quintilien , afin que vous passiez d'une idée Inst. orat. à une autre , ejc cilio in ciliud 'viam 1. TiH.c.6, py(^stat ; c'est l'antécédent pour le conséquent , ou le conséquent pour l'antécédent , et c'est toujours le jeu des idées accessoires dont l'une réveille l'autre.

Le partage des biens se faisoit souvent et se fait encore aujourd'hui , en tirant au sort : Josué se servit de cette manière de partager *.

* Clinique suirrexissent viri , ut pérgerent ad desciibc'iulam terram , prascepit eis Jôsue dicens : Circnite lenam et descnbite eam ac revertimini ad me; ut hîc coram Domino, in Silomittam vobis sortem, /osw^^chapxviii.

L A M K T A L E P s E . I Oj

Le sort précède le partage ; de là vient que sors en latin se prend souvent pour le partage même , pour la portion qui est échue en partage ; c'est le nom de l'antécédent qui est doné au conséquent.

Soj's signifie encore jugement, arrêt; c'étoit le sort qui décidoit chez les Romains , du rang dans lequel chaque cause de voit être pi aidée '^ : ainsi quand on a dit sors pour jugement , on a pris l'antécédent pour le conséquent.

Sortes en latin se prend encore pour un oracle , soit parce qu'il y avoit des oracles qui se rendoient par le sort , soit parce que les réponses des oracles étoieiit conie autant de jugemens qui régloient la destinée , le

*Ex more romAiio non aiidiebântur causa?, nisi per sortem ordin?1ae.Témpore eiiimquo causa» audieb ntur, convéïiiebant onines , unde et concilium: et ex sorle diérum ôrdinem accipiébant , quo post dies triginta suas causas excquérentur , unde est urnani inovet. Servius in iilud Virgilii ,

NccvcrohgB sine sorte data3,sinejûdice sedes. jEn. \.^r, V. 43 1.

io6 La Metalepse,

partage , l'étal de ceux qui les consultoient.

On croit avant que de parler : Je

* Crédidi , crois ^, dit le Prophète , et c'est pour

Su" r.' cela que je parle. Il n'y a point là

Ps, HO. V. i de melalepse : mais il y a une méta-

lepse quand ou se sert de parler ou

de dire pour signifier croire ; direz-

vous après cela que je ne suis pas de

vos amis ? c'est-à-dire , croirez-vous ?

aurez-vous sujet de dire ?

Cedo veut dire dans le sens propre , je cède , je me rens : cependant " par une niétalepse de l'antécédent pour le conséquent , cedo signifie souvent dans les meilleurs auteurs dites ou douez : cette signification vient de ce que quand quelqu'un veut nous parler, et que nous parlons toujours nous - mêmes , nous ne lui douons pas le icius de s'expliquer : écoutezmoi , nous dit-il ; hé bien î je vous cède, je vous écoute, parlez ; cedo y die.

Quand on veut nous douer quelque chose , nous refusons souvent par civilué ; on nous presse d'accepter, et enfui nous répondons je vous cède ,

La m é ta le PS e. 107

|e vous obéis, je me rens , donez^ cedo y da ; cedo qui est le plus poli (le ces deux mots , est demeuré tout seul dans le langage ordinaire , sans cire suivi de die ou de da qu'on suprinie par ellipse : cedo signifie alors ou l'un ou l'autre de ces deux mots, selon le sens ; c'est ce qui précède pour ce qui suit; et voilà pourquoi on dit également cedo , soit qu'on parle à une seule persone , ou à plusieurs : car tout l'usage de ce mot , dit un ancien Grammairien, c'est de Comei.Fmn*

, -, . j .y . . to. apud auc-

demancler pour soi , cedo sibi poscit téres Uugnse et est immobile. latirœ , p.

„ 1 A X 1 / î335. V. ce- Un raporte de même a la meta- d6.

lepse ces façons de parler, il oublie les bienfaits y c'est-à-dire , il n'est pas reconoissant. Souv^enez-vous de notre convention , c'est à-dire , observez notre convention : Seigneur , ne tous ressouvenez point de nos fautes , c'està - dire , ne nous en punissez point , acordez-nous - en le pardon: Je ne Quem omvous conois pas , c'est-à-dire, je ne °^^"^"î;^ fais aucun cas de vous, je vous me- ludiTicaat. prise , vous êtes à mon égard come n'étant point.

aies et

io8 La m étale p se.

Tlaute. Am- // a été , il a vécu , veut dire sonphi act.iT.^ ^ i7 est mort; c'est i'antecëdem

i pour le conséquent.

Rac. Mi- c»en egt fait. Madame, et l'ai réco,

thiid.act. V. ''

se. dern. i \ t

c est-a-dire , je me meurs.

Un mort est regrelé par ses amis ; ils voudroient qu'il fût encore en vie ; ils souhaitent celui qu'ils ont perdu , ils le désirent : ce sentiment supose la mort , ou du moins l'absence de la persone qu'on regrète.

Ainsi la mort , la perte ou Vahsencesont l'antécédent : et le désir ^ le re- ^ret sont le conséquent. Or , en latin desiderdri , être souhaité , se prend pour être mort , être perdu , être absent, c'est le conséquent pour l'an- Q. Curt. 1. técédent , c'est une métalepse. Ex tii,c,ii,ïm.pQ^j^Q Alexandn triginta omnino et duo , ou selon d'autres , trecenti onvnino , ex peditihus desiderdti sunt ; du côté d'Alexandre il n'y eut en tout que trois cens fantassins de tués , Alexandre ne perdit que trois cens Cgesar. liomes d'infanleric. Nulla ndvis desiderabdtur : aucun vaisseau n'étoit désiré j c'est-à-dire , aucun vaisseau ne

La Métalepse. 109

périt , il n'y eiil aucun vaisseau de perdu.

« Je vous avois promis que je ne » serois que cinq ou six jours à la » campagne , dit Horace à Mécénas , » et cependant j'y ai déjà passé tout )) le mois d'Août.

Quinquediestibipollicitusmerurefutûruni, Hor. lib. Sextilem toliim , mendax, desîderor. ^P* 7*

OÙ vous voyez que desideror veut dire par métalepse , je suis absent de Rome , je me tiens à la campagne.

Par la même figure , desidercbi signifie encore manquer ( deficere ) être tel que les autres aient besoin de nous. (( Les Tbébains , par des in- » trigues particulières , n'ayant point >j mis Epaminondas à la tête de leur » armée , reconurent bien-tot le be- » soin qu'ils avoient de son habileté ;> dans l'art militaire : )) * dcside- * Cor. Nep, rdri cœpta est Epaminôndœ diligéiitia, ff ^"^' ^' ^* Cornélius Népos dit encore que Ménéclide , jaloux de la gloire d'Epamiuondas , exhortoit continuèlement les Tbébains à la paix , afin qu'ils ne senlissetit point le besoin (qu'ils avoient

iio La Metàlepse.

de ce général. Hortâri soléhat Tliehd-^ nos y ut pacem hello anteferrent , ne illius imperatôris ôpera desiderarétur.

La métalepse se fait donc lorsqu'on passe corne par degrés d'une signification à une autre : par exemple , quand Virgile a dit , après quel- Postaiiquot ques épis ^ c'est-à-dire , après quelques

mea régna vi-^^^j^^^gg . \^^ '-y\^ SUDOSCUt Ic tCUlS de cens mirabor . \ •>■ , ,

aristas.r^r^.la uioissou , Ic tcuis de la moisson Eci. i.v.70. s^ipose l'été , et l'été supose la révolution de l'année. Les Poètes prènent les hivers, les étés, les mois-" sons , les autones , et tout ce qui n'arive qu'une fois en une année , pour l'année même. Nous disons dans le discours ordinaire , c'est un vin de quatre feuilles , pour dire c'est un via de quatre ans ; et dans les coutumes Cout. d- on trouve hois de quatre feuilles y c'est-

Loudan. tit. x t 1 • 1 V. '

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