V. On se sert souvent du nom de LA MATIÈRE pour marquer la
"^ Eurus ad aur.-jram Nabatliscâque régna recossit. Ouid. ISIetam. 1. i. v. 6r.
'*'*' Cum Tiberi, Nîlo /^ralia niilla fuat. Prop. 1. 2. E'eg. 3 j. V. 20. Per Tibcrim Ror niânos , per Nilum TEgyptios ictelligito, Bcroald. in Propert,
La Synecdoque ï25 CHOSE QUI EN EST FAITE : le pin ou quelqu'aulie arbre se preiid dans les Poètes pour un vaisseau ; on dit comunénient de Varient , pour des pièces d'ar^jenl, de la monoie. Le fer se prend pour l'epée -, périr par le fer. Virgile s'est servi de ce mot pour le soc de la charue :
At prias ignotum ferio quam schidimus i. Georg,
aequor.
M. Boileau dans son ode sur la prise de Namur , a dit \ airain pour dire les canons :
Et par cent bouches horribles 'Li'airain sur ces moiits terribles Vomit le fer et la mort.
U airain en latin œs , se prend aussi fréquenment pour la monoie , les richesses : la première monoie des Romains étoit de cuivre : œs aliénum , le cuivre d'autrui, c'est-à-dire , le Lien d'autrui , qui est entre nos mains , nos dettes , ce que nous devons.
Enfin œra, se prend pour des vases de cuivre ^ pour des trompètes ,
126 La Synecdoque.
des armes , en un mot pour tout ce qui se fait de cuivre.
Dieu dit à Adam , tu es poussière ,
Gen. c. 3. et tu retourneras en j^oussière y puluîs
' '^' es et in pûl^erein Tavertéris, c'est-à-dire,
tu as été fait de poussière, tu as été
formé d'un peu de terre.
Virgile s'est servi du nom de l'éléphant j pour marquer simplement de l'ivoire; * c'est ainsi que nous disons tous les jours un castor , pour dire un chapeau fait de poil de castor, &:c.
Hasts pi- ^^ pieux Enée , dit Virgile ^ ^^ qne , lance, lauça sa hastc avcc tant de force con- Montfa^'con! ^^^* Mézeucc^ qu'elle perça le bouclier tom.4.p. 65. fait de trois plaques de cuivre, et qu'elle traversâmes piquures de toile , et l'ouvrage fait de trois taureaux ,
... "^ Ex auro, solidofjue elephânto. Georg. III. V. 26.
Dona debinc aiuo giâvia secttjq^iie elephânto. yEn. III. V. 464 "^"^ Tum pius Mwé^iS bastam jacit : illa
per orbem .^re cavam triplici , per lînea terga, Iri-
bûsque Trâusiit inléxtum tauris opiis.yS«. 1. x. Y. 783.
La Synecdoque. 127
c'est-à dire de trois cuirs. Celle façoa de parler ne seroil pas en tendue en noire langue.
Mais il ne faui pas croire qu'il soit permis de prendre indiférenmenl un nom pour un autre , soit par métonymie , soit par synecdoque : il faut , encore un coup , que les expressions figurées soient autorisées par l'usage ; ou du moins que le sens liltéral qu'on veut faire entendre , se présente naturèlement à l'esprit sans révolter la droite raison , et sans blesser les oreilles accoutumées à la pureté du langage. Si l'on disolt qu'une armée navale étoit composée de cent mâts , ou de cent avirons , au lieu de dire cent voiles pour cent vaisseaux^ on se rendroit ridicule : chaque partie ne se prend pas pour le tout , et chaque nom générique ne se prend pas pour une espèce particulière , ni tout nom d'espèce pour le genre ;' c'est l'usage seul qui doue à son gré ce privilège , à un mot plutôt qu'à un autre.
Ainsi , quand Horace a dit que les combats sont en horreur aux mères , bella mdtribus detestâta y je suis per-^ od 1 v 24 '
1^8 La Synecdoque.
suadé que ce Poêle n'a voulu parler pre'cisémeni que des mères. Je vois une mère alarmée pour son fiJs, qu'elle sait élre à la guerre, ou dans un combat, dont on vient de lui aprendre la nouvèîe : Horace excite ma sensibilité en me fesant penser aux alarmes où les mères sont alors pour leurs enfans ; il me semble même que cette tendresse des mères est ici le seul sentiment qui ne soit pas susceptible de foiblesse ou de quelqu'autre interprétation peu favorable : les alarmes d'une maîtresse pour son amant , n'oseroient pas toujours se montrer avec la même liberté, que la tendresse d'une mère pour son fils.
Ainsi quelque déférence que j'aie pour le savant P. Sanadon, j'avoue que je ne saurois trouver une synecdoque de l'espèce dans hclla màtrihus detestâta. Le P. Sauadon croit que mâ-
Poésics ^^^^^^ comprend ici, môme les jeunes d H ;iace , filîes ; voici Sa traduction : Les corn-
*' ' ^' "• bats y qui sont pour les femmes un objet dliorreur. Et dans les remar-
^ ques il dit , que « '*' les mères re-
» doutent la guerre pour leurs époux
La Synecdoque. 129
» et pour leurs enfans : mais les jeu- » lies filles, ajoute-t-il , 11e doivent » pas moins la redouter pour les ob- » jets d'une tendresse légitime que » la gloire leur enlève , en les raii- » géant sous les drapeaux de Mars.
» Cette raison m'a fait prendre ma- » très dans la signification la plus » étendue , corne les Poètes l'ont sou- » vent employé, lime semble , ajoute- ); t-il , que ce sens fait ici un plus » bel éfet. »
Il ne s'agit pas de donner ici des instructions aux jeunes filles , ni de leur aprendre ce qu'elles doivent faire, lorsque la gloire leur enlève les objets de leur tendresse , en les rangeant sous les drapeaux de Mars ; c'est-à-dii'e , lorsque leurs amans sont à la guerre ; il s'agit de ce qu'Horace a pensé :
or , il me semble que le terme de mères n'est relatif qu'à enfans , il ne l'est pas même à époux, encore moins aîix objets d'une tendresse légitime. J'ajouterois volontiers , que les jeunes filles s'o posent à ce qu'on les confonde sous le nom de mères ; mais pour parler plus sérieusement , j'avoue que
T 5o La Synecdoque.
ior sque je lis dans la traduction du P,Saliadon , que les combats sont pour les femmes un objet d'horreur ^ je ne vois que des femmes épouvantées ; au lieu que les paroles d'Horace , me font voir une mère attendrie : ainsi je ne sens point que l'une de ces expressions puisse jamais être l'image de l'autre ; et bien loin que la traduction du P. Sanadon fasse sur moi un plus bel éfet , je regrète le sentiment tendre qu'elle me fait perdre. Mais revenons à la synecdoque.
Corne il est facile de confondre celle figure avec la me'tonymie , je crois qu'il ne sera pas inutile d'observer ce qui distingue la synecdoque de la ïiiétonynjie ; c'est i". Que la synecdoque fait entendre le plus par un mot qui dans le sens propre signifie le moins , ou au contraire elle fait entendre le moins par un mot qui dans le sens propre marque le plus,
2\ Dans Tune et dans l'autre figure il y a une relation entre l'objet dont on veut parler, et celui dont on emprunte le nom ; car s'il n'y avoit point de rapport entre ces objets , il n'y au-
La Synecdoquk. i^i roit aucune idée accessoire , et par conséquent point de li ope : mais la relation qu'il y a entre les objets , dans la métonymie , est de telle sorte , que Tobjet dont on emprunte le nom, subsiste indépendament de celui dont il réveille l'idée , et ne forme pomt un ensemble avec lui. Tel est le raport qui se trouve entre la cause et Véfet , entre l'auteur et son ouvrage , entre Cerès et le blé , entre le conteliant et le contenu, come entre la bouteille et le vin , au lieu que la liaison qui se trouve entre les objets , dans la synecdoque , suppose que ces objets forment un ensemble come le tout et la partie ; leur union n'est point un simple raport , elle est plus intérieure et plus indépendante : c'est ce qu'on peut remarquer dans les exemples de l'une et de l'autre de ces figures.
i52 L'Antonomase.
Avlcvc/z^t^/rt, -L^'^^TO NOMASE est uiie espèce pronomina- ^q synecdocfue , par laquelle on met
tio : nom -^ J- ^ i i
pour un au- ^^^ Hom comuii poup uii iioni protre, de Àvri pre , OU Licii uii 110111 propre pour
pour, contre, ^ t-w i •
et ovo,f.i^> , ^^i^ uomcomuD. Dai^s le premier cas, je nome. oii vcut faire enleiidre que la persone ou la chose dont on parle excèle sur toutes celles qui peuvent être, comprises sous le nom comun ; et dans le second cas , on fait entendre que celui dont on parle ressemble à ceux dont le nom propre est célèbre par quelque vice ou par quelque vertu.
I . Pliilosopîie , Orateur, Poète, Roi , Ville, Monsieur y sont des noms commis 5 cependant ranlonomase en fait des noms particuliers qui équivalent à des noms propres.
Quand les anciens disent le Philosophe, ils entendent Arislote.
Quand les Latins disent Y Orateur , ils enleùdent Cicéron.
L'A N T O N O IVT A SE. l55
Quand ils disent le Poëte , ils enleiidont Vir^nle.
Les Grecs entendoient parler de Déniosdiène, quand ils disoienl/'Or<2teur , et d'Homère quand ils disoient le Poëte.
Quand nos Théologiens disent le Docteur angélique , ou Y Ange de VEcole y ils veulent parler de S. Thomas, Scot est apelé le Docteur subtil ^ S. Augustin le Docteur de la grâce.
Ainsi on doue par excèlence et par antonomase , le nom de la science ou de l'art à ceux qui s'y sont le plus distingués.
Dans chaque royaume , quand on dit simplement le Roi , on entend le Roi du pays où l'on est ; quand on dit la ville y on entend la capitale du royaume , de la province ou du pays dans lequel on demeure.
Quô te, Moeri , pedes? an c[uô via ducit Virg. Ec. î: in lU'bem ? v. i.
Urhem en cet endroit veut dire la ville de Mantoue ; ces bergers parlent par raport au territoire où ils demeurent. Mais quand les anciens parloient
i54 L'Antonomase.
par raport à l'Empire Piomaiu , alors par urhem ils enlendoient la ville de Rome.
Ti^i?T£/,fOî. Dans les comédies grèques , ou tiurbs .^viiie , ^^q^ (|u f^rec , la ville fastu) veut dire neo. Athènes : An * in astu venit? Lst-il
venu à la ville ? Cornélius IXépos parlant de Tliémistocle et d'Alcibiade , s'est servi plus d'une fois de ce mot en ce sens ^^.
Dans chaque famille , Monsieur , veut dire le maître de la maison.
Les adjectifs ou épirhètes sont des.
noms comuns , que Ton peut apliquer aux diférens objets auxquels ils conviènent, l'antonomase en fait des noiiJS particuliers : Vinvincible^ le conquérant, le grand y le juste y le sage, se disent par antonomase de certains princes ou d'autres persones particulières.
'^ Téren.Eun. act. v.sc. vi. selon Madame Dacier , et se. v. v. 17. selon les éditions vulgaires.
'^"'"Xerxes prdtinus accessit astu. Corn. Nep. Tiiemist. 4.
Àlcibi'ades postq^uam astu venit. Idem.
Alcib.G.
L'Antonomase. i55
Tile-Live apèle souvent Aiinibal Tit. liv. i. le Caiiha^ijiois ; \e Carlhaginois , dit- -*•"'* il , avoil un ^m and nombre d'homes : ahundàhal inultitûdine IwmiuumPœnus.
Didon dit à s'a sœur ^^ a^^ous mettrez sur le bûcher les amies que le perfide a laissées , et par ce perfide elle en-^ tend Enée.
Le Destnicteur de Cai^liage et de Numance , signifie par antonomase, Scipion Ennlien.
Il en est de même des noms patronymiques dont j'ai parlé ailleurs , ce sont des noms tirés du nom du père Ou d'un aïeul , et qu'on doue aux descendans; par exemple , quand Viri^ile apèle Enée ^nchisiades , ce ^".«.v. v, nom est donc a Enee par antonomase , il est tiré du nom de son père, qui s'apeloit Anchise. Dio-^ mède, héros célèbre dans l'antiquité fabuleuse est souvent apelé Tjdides ^ parce qu'il étoit fils de Tydée , Roi des Etoliens.
Nous avons un recueil ou abrégé
* Arma viri; thâlamo qiiae fixa leliqnit
Impius suprr imp6nas. ^n, 1. iv.
i56 L'Antonomase.
des lois des anciens François , qui a pour titre , Lex Sàlica : parmi ces lois il y a un article ^ qui exclut les femmes de la succession aux terres saliques , c'est-à-dire , aux fiefs : c'est une loi qu'on n'a observée inviolablement dans la suite qu'à fégard de* femmes qu'on a toujours excluses de la succession à la courone. Cet usage toujours observé , est ce qu'on apèle aujourd'hui loi salique par antonomase ; c'est-à-dire , que nous douons à la loi particulière d'exclure lesfem*" mes de la courone , vui nom que nos pères douèrent autrefois à un recueil général de lois.
II. La seconde espèce d'antonomase j est lorsqu'on prend un nom propre pour un nom comun , ou pour un adjectif.
' Sardanapale , dernier Roi des Assiriens , vivoit dans une extrême moîesse ; du inoins tel est le sentiment comun : de là on dit d'un
* De terra vero sâlîcâ, nulla portio haereclitâtis mulierivëniat, sed ad yii,ilem sexum Iota teiTte hasiéJi'as pervt'niàt. Lex Sâlica. art. Gj2. de x\locle. J. 6.
L'Antonomase. îZ-j
voluptueux , c'est un Sardanapale^ L'Empereur Nérou fut un Prince de mauvaises mœurs , et barbare jusqu'à faire mourir sa propre mère :
de là on a dit des Princes qui lui ont resseuil>lé , c'est un Néron.
Calon , au contraire , fut recomandable par l'austérité de ses mœurs :
dix c T ' ^ T^ T 1 Hier. 1, 2;
e Ja Î5. Jérôme a dit d un nypo- Ep. 13. Ruf.
crite , c'est tui Caton au dehors^ uii Monach.sub. IVéron au dedans , ïntus Nero , foris p. a'ay et^pê-
CatO, Jis.^ed. i7i8.
Mécénas , favori de l'Empereur Auguste , protégeoit les gens de lettres : on dit aujourd'hui d'un seigneur qui leur acorde sa protection , c'est un Mécénas ,
Mais sans un Mëcénas, à quoi sert un Au- Boileau , guste ? ^^*' ^- V. ^o.
c'est-à-dire , sans un protecteur.
Irus étoit un pauvre de l'île d'Itha- Horeer. que, qui étoit à ia suite des amans ^^'^^J. i8^ de Pénélope , il a doué lieu au proverbe des anciens ^plus pauvre quitus.
Au contraire , Crésus , Roi de Lydie , fut un Prince extrêmement riche ; de là on trouve dans les Poëtes
Î^S L'AnTO IS^OMASE.
Irus pour un pauvre , et Crésus pour un riche.
Ovîd.Trist lx\\9. el. est srbilô qui modo Crœsus erat. V /2 ^^' ''' . . . . Non distat Croesus ab Iro. J.
S- Propert. , ^ • • ' »
i.iiI.Eieg.4. Zoïle fat un critique passione et ^' ^^' jaloux : son nom se dit encore * d'un
liouie qui a les mêmes défauts ; Aristarque , au conlraire , fut un critique judicieux : l'un et l'autre ont critique Homère : Zoïle l'a censuré , avec ai'^'reur et avec passion ; mais Aristarque Ta critiqué avec un sage discernement, qui Ta fait regarder come le modèle des critiques : on a dit de ceux qui l'ont imité ^ qu'ils étoient des Aristarques.
F^^L^aux'Et de moi-même Aristarque incommode: Muses. ^, > T T •
C est-a-dire , censeur. Lisez vos ouvrages , dit Horace ** , à un ami judi-
^ Ingënium inagnidetiéctatlivorHomëii:
Qnisqiiises , ex illo . Ti'nXe, nomen habes.
Oi^id. Remed. amor. v. 3f)5.
^"^ V'ir bonus ac prudens versus repreliéndet inertes^
Culpâbit durosy incomplis adlinet atrum
L'Antonomase. log
deux : il vous en fera seniir les défauts , il sera pour vous un Aristarque, j ïhersite fut le plus mal fait , le/ plus lâche, le plus ridicule de tous/' / les Grecs : Homère a rendu les dé- ! fauts de ce Grec si célèbres et si co- | nus, que les anciens ont souvent dit\| wn Thersite j pour un home di forme , pour un home méprisable. C'est dans ^^ Bmyère,
1 • Ti/T J 1 T) ^ caract, dea
ce dernier sens que M. de la Oruyere Giands.
dit , «jetez -moi dans les troupes
» corne un simple soldat , je suis
» Thersite ; meltez-moi à la tète d'une
» armée dont j'aie à répondre à toute
)) l'Europe , je suis Achille. »
Edipe , célèbre dans les tems fabuleux pour avoir deviné l'énigme du Sphinx , a doné lieu à ce mot de Téreuce , Davus suni , non (Edipus. Ter. And.
Act. I. se. a.
Je suis Dave, Seigneur , et ne suis pas Edipe. C'est-à-dire , je ne sais point deviner
Transve'rso ealamo signum; ambitiosa rcci'det
Ornâmenta, paruni elaris lucem dare coget;
Arguet ambiguë dictum, mutânda notabit, FietAristârcbus. Horat. art. poet.v. 444.
î40 L'A X TO N O M A s Ë.
les discours eDÎgmatiques. Dans notre Andriène françoise on a traduit ,
And. Act. î. Je suis Dave, Monsieur, et ne suis point
devin :
ce qui fait perdre l'agrément et la justesse de l'oposition entre Dave et Edipe : je suis Dave , donc je ne suis pas Edipe y la conclusion est juste ; au lieu que , je suis Dave , donc 7e ue sui.^ pas devin ; la conséquence n'est pas bien tirée ^ car il pouroit être Daye et devin.
M. Saumaise a été un fameux critique dans le dix - septième siècle :
c'est ce qui a doné lieu à ce vers de Borleau ,
Boileau , Aux Saumaises futurs pre'parer des tortures. Epit. à son ^
esprit , c'est c'est-à-dire , aux critiques , aux co- ^^^' nientateurs à venir.
Xantippe , femme du philosophe Socrate , étoit d'une humeur fâcheuse et incomode : on a doné son nom à plusieurs femmes de ce caractère.
Pénélope et Lucrèce se sont distinguées parleur vertu, telle. est du moins leur comune réputation : oia a
L'Antonomase. ï^i
doué leur nom aux fcuimes qui leur ont ressemblé : au conUaire, les femmes débauchées ont été apelées des Phrynés ou des Laïs ; ce sont les noms de deux fameuses courtisanes de l'ançiène Grèce.
Aa tems les plus féconds en Pliryne's , en Boileau ,
T - Sat. X.
JLa s
Plus d'une Pe'nélope honora son pays.
Typliis fut le pilote des Argonautes , Automédou fut l'écuyer d'Acliille , c'étoit lui qui menoit son cliar : de là on a doné les noms de Typliis et d'Automédon à un home qui , par des préceptes , mène et conduit à quelque science ou à quelque art. C'est ainsi qu'Ovide a dit qu'il étoit le Typhis et l' Automédou de l'art d'aimer.
Typhis et Automedondicaramoris ego. Ovid de
Sous le règne de Philippe de Va- 1. 1. v. 8, lois le Dauphiné fut réuni à la courone *. Humhen , Dauphin de Vicn^
* Termes de la confirmation du dernier acte de transport du Dauphiiië, en faveur de Charles, fils de Jean , Duc de Normandie,
ï/^2 L'Antonomase.
nois , qui se fit ensuite Religieux de l'Ordre de S. Dominique , se dessaisit et déi^estit du Dalphiné et de ses autres terres j et en saisit réellement , corporclenient et de fait Charles petit-fiJs du Roi , présent et acceptant pour li et ses hoirs et successeurs , et plus bas , transporte audit Charles , ses hoirs et successeurs j et ceux- qui auront cause de li
Cet acte est du 16 Juillet 1349. Voyez les preuves de Tliistoire du Dauphiné de M. de Valbonnay , et ses Mémoires pour servir à riiistoire du Dauphiné. A Paris, chez de Bats ,1711.
(i On s'est persuadé que la condition en j) faveur du premier né de nos Rois, étoit )) tacitement renfermée dans ces paroles , « quoiqu'elle n'y soit pas litéralement ex- » primée, » corne on le croit comuncment. Hisù. du Dauphiné , page 6o5, édit. de 1722.
Dans le tems de cette donation faite à Charles , Jean , père de Charles , étoit le fils aîné du Roi Philippe de Valois, et fut son successeur, c'est Jean IL Après la mort du roi Jean II, Charles son fils, qui étoit déjà Dauphin, lui succéda au Royaume, c'est Charles V, dit le Sage. Ainsi ce ne fut pas le fils aîné du Roi qui fut le premier Dauphin, ce fut Charles, fils de l'aîné.
L'Antonomase. i45
perpétuèlemcnt et hêrilahlement en saisine et en propriété pleine ledit Dalphiné,
Charles devint Roi de France , Hist.de la cinquième du nom , et dans la suite Monarchie
• 1* , , . , I r»i A ' 1 Franc. parG
« il a été arrête que le fils aine de j^iarcei , w France , porleroit seul le titre de t. iil. p. Ss » Dauphin. »
On fait allusion au Dauphin lorsque dans les familles des particuliers on apèle Dauphin le fils aîné de la maison , ou celui qui est le plus aimé : on dit que c'est le Dauphin par antonomase , par allusion , par métaphore , ou par ironie. Ou dit aussi un Benjamin , fliisant allusion au fils bien-aimé de Jacob.
La COMUNICATION