K^yxQ vous donc uu-amas de vains admi
rateurs.
Henriade , Le peuple, qui jamais n'a conirîa prudence, S eniçroii lolement de sa vaine espérance.
Douer un frein à ses passions ; c'està-dire , n'en pas suivre tous les mouvemens , les modérer , les retenir corne on relient rai cheval avec le frein , qui est un morceau de fer qu'onmet dans la bouche du cheval.
Abrégé de Mézcrai , parlant de l'hérésie , dit
l'Histoire de , ., . . ^, - j> l
François \\.^^^^ eioit nécessaire a amener cette p. 992. zizanie j c'est-à-dire, cette semence de division ; zizanie est là dans un sens métaphorique : c'est un mot grec qui veut dire ivroie , mauvaise herbe qui croît parmi les blés , et qui leur est nuisible. Zizanie n'est point en usage au propre ; mais il se dit par métaphore ^our discorde y mésintelligence^ ^ division : semer la zizanie dans une
famille.
Maiéria ^ matière , se dit dans le sens propre , de la substance étendue considérée corne principe de tous
La Métaphore. i 63 les corps ; ensuite on a apelé matière , par imitation et, par métaphore , ce qui est le sujet , l'argument , le thème d'un discours , d'un poëme , ou de quelqu'autre ouvrage d'esprit.
iEsopns anctor, quam matëriam rcpperit, Phsed. I. s. Hfinc ego poli'vi vérsibus Seni'rii?,
T ai poli la matière , c'esl-lx-dire ^ j'ai doné l'agréiuent de la poésie aux i'ables qu'Esope a inventées avant moi.
Cette maison est bien riante , c'est-àdire , elle inspire la gaîté corne les persones qui rient. La fleur de la jeunesse ; le feu de V amour ; V aveugle^ ment de V esprit ; le fil d'un discours ; le fil des af aires.
C'est par métaphore que les diférentes classes , ou considérations , auxquelles se réduit tout ce qu'on peut dire d'un sujet , sont apelées lieux comuns -en Rhétorique . et en Logique , loci communes. Le genre , l'espèce , la cause , les éfets , &c. sont des lieux comuns , c'est-à-dire , que ce sont corne autant de céJuIes où tout le monde peut aler prendre ,
i64 La Métaphore.
pour aiqsi dire , la matière d'un discours , et des argumens sur toutes sortes de sujets. L'attention que l'on fait sur ces difërentes classes, reveille des pensées que l'onn'auroit peut-être pas sans ce secours.
Quoique ces lieux coniuns ne soient pas d'un grand usage dans la pratique , il n'est pourtant pas inutile de les conoître \ on en peut faire usage pour réduire un discours à certains chefs ; mais ce qu'on peut dire pour et contre sur ce point , n'est pas de mon sujet.
On apèle aussi en Théologie par métaphore, loci Theolôgici, les difërentes sources où les Théologiens puisent leurs argumens. Tels sont TEcrilure Sainte ,1a tradition contenue dans les écrits des Saints Pèies , les Conciles , &c.
En terme de chimie , rcgne se dit par métaphore , de chacune des trois classes sous lesquelles les Chimistes rangent les êtres naturels.
i^. Sous le règne animal , ils coraprènent les animaux.
2*^. Sous le règne végétal , les vé-
La IVI r t a p h o r e* i 65 gélaux ; c'est-à-dire , ce qui croît , ce qui produit , corne les arbres et les piaules.
5'\ Eufin , sous le règne minéraHh coniprèuent tout ce qui vient dans les mines.
On dit aussi par mëtapliore , que la Géographie et la Chronologie sont les d/sujc- jeux de l'Histoire. On personifie l'Histoire , et on dit que la Géographie et la Chronologie sont à l'égard de l'Histoire, ce que les yeux sont à l'égard d'une persone vivante ; par l'une elle voit , pour ainsi dire , les lieux , et par l'autre les tems : c'est-à dire , qu'un histo^ rien doit s'apliquer à faire conoîlre les lieux et les tems dans lesquels se sont passés les faits dont il décrit l'histoire .
Les mots primitifs d'où les autres sont dérivés ou dont ils sont composés, sont apelés racines, par meta»
phore : il y a des Diction aires où les mots sont rangés par racines. On dit aussi par métaphore , parlant des vices ou des vertus , jeter de profondes ra-^ dues j pour dire s'afermir.
1 66 t A M É T A P II O R E .
Calus y dureté , durillon , en latin callum y se prend souvent dans un Cîc. Tusc. s. sens métaphorique ; Lahor quasi cal- ^^^^^^■^^'-Iwn quoddam ohdûcit dolori , dit Cicéron : de travail fait corne une espèce de calus à la douleur , c'est àdire , que le travail nous rend moins sensibles à la douleur. Et au troisième livre des Tusculanes , il s'exprime de Tusc. 1. 3. cette sorte : Magis me niôverant Co- XXII ^^^^riiiihi subito aspéctœ panetinœ , quant ipsos Corînthios y quorum driimis diutiïrna cogitdtio collum vetustdtis ohdûjcerat. Je fus plus touché de voir tout d'un coup les murailles ruinées de Corinlhe , que ne l'éloient les Corinthiens même , auxquels l'habitude de voir tous les jours depuis longtemps leurs murailles abatues , avoit aporté le calus de l'ancien été ; c'està-dire, que les Gbrinthiens , acoutuniés à voir leurs murailles ruinées , n'étoient plus touchés de ce malheur.
C'est ainsi que callére y qui dans le sens propre veut dire a^oir des durillons y être endurci y signifie ensuite, par extension et par métaphore , sav'oir bien y conoitre paifiiitemejit y en
La m é t a p II o r e. 167
sorte qu'il se soit fait corne un calus dans l'esprit par rapor^ à quelque conoissance. Quo pacto idfieri sôleat cal- Ter.Heaut.
act. m, se. a.
leo. L^ manière dont cela se fait, a v. 37. fait un calus dans mon esprit ; j'ai médité sur cela , je sais à merveille comeut cela se fait : je suis maître passé, dit Madame Dacier. Illius sen- Id. Adeip. sum calleo y j'ai étudié son humeur ; ^^\^^^ ^^' ^' je suis acoulumé à ses manières , je sais le prendre corne il faut.
Vue se dit au propre , de la faculté -de voir , et par extension , de la manière de regarder les objets ; ensuite on done par métaphore , le nom de vue aux pensées , aux projets , aux desseins : avoir de gr^indes vues , per^ die de vue une entreprise , n'y plus penser.
Goût, se dit au propi*e du sens par lequel nous recevons les impressions de ses paveurs. La langue est l'organe du goût : avoir le goût dépravé ; c'està-dire , trouver bon ce que comuaiément les autres trouvent mauvais , et trouver mauvais ce que les autres trouvent bon.
Ensuite on se sert du terme de
i68 La Métaphore.
goût y par métaphore , pour marquer le sentiment intérieur dont l'esprit est afeclé à Tocasion de quelque ouvrage de la nature ou de l'art. L'ouvrage plaît ou déplaît^ on l'aprouve ou on le désaprouve ; c'est le cerveau qui est l'organe de ce goùt-là :
Le goût de Paris s'est trouvé conforme au goût d'Athènes , dit Racine dans sa préface d'Iphigénie ; c'est-à-dire , come il le dit lui-même , que les spectateurs ont été émus à Paris des mêmes choses qui ont mis autrefois en larmes le plus savant peuple de la Grèce.
Il en est du goût pris dans le sens figuré , come du goût pris dans le sens propre.
Les viandes plaisent ou déplaisent au goût , sans qu'on soit obligé de dire pourquoi : un ouvrage d'esprit, une pensée , une expression plaît ou déplaît , sans que nous soyons obligés de pénétrer la raison du sentiment dont nous somes afectés.
Pour se bien conoître en mets et avoir un goût sur , il faut deux choses j I . un organe délicat ; 2 . de
l'expérience ,