‹ Les Tropes de DumarsaisChapitre 4 sur 57 · X PREF ACE · texte numérisé non relu

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Grammaire et à la Littérature, le contredit sur plus d'un point , et presque toujours avec des raisons (jui semblent sans réplique. Pour moi, long-temps charge par état et par devoir d'enseigner la science qui en fait l'objet , j'ai du sans doute faire plus encore que le lire avec attention ; j'ai du le méditer profondément, me le rendre le plus familier possible , et y comparer avec soin tout ce que d'autres auteurs de marque , soit anciens , soit modernes , ont écrit sur le même sujet. Or^ qu'est-il arrivé ? D'abord , j'ai remarqué une lacurie assez essentielle. L*auteur, dans un de ses avertissemens, avait promis, pour mieux faire connaître les Tropes , et rendre plus sensibles les caractères particuliers qui les distinguent, de donner une idée au moins des

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autres figures de mots, et même des figures de pensées ; et ce qu'il dit de ces diverses figures est, certes, loin de remplir sa promesse. Ensuite , il m'a paru que l'ouvrage en iui-méme offrait, sinon des erreurs proprement dites , du moins un assez grand nombre d'inadvertances ou de méprises ; qu'il en offrait mêtne de trés-frappantes dans une foule d'exemples cités à l appui des principes ; que plusieurs Tropes n'y étaient ni bien caractérisés ni bien définis ; qu'il s'y trouvait plus d'un faux trope , et qu'il y en manquait quelques-uns de très- véritables, d'après l'extension donnée à ce mot ; que la classification , chose capitale , y était non -seulement négligée , imparfaite , mais même àpeu-prés nulle ; qu'à ce défaut s'en joignait un non moins grave , le

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manque sensible d'ordre et de proportion , surtout dans la seconde partie; que certains articles auraient demandé beaucoup moins d'étendue, d'autres beaucoup plus, et que, tandis que la matière , là paraissait presque épuisée, elle était, ici, à peine effleurée. Enfin, le dTirai- je? Il m'a paru que ce qu'on avait regardé comme un chef-d'œuvre , n'était encore, à bien des égards , du moins pour nous aujourd'hui , que l'es-

i-'to \JL ^^""^^ ^'"^ grand maître ; ou que / / ce n'était un chef-d'œuvre que re- ^^ lativement à ce qu'on avait vu au-

paravant dans le même genre; que ce n'en était un que dans divers articles pris isolément; que dans ces analyses, dans ces détails si admi* râbles par l'éclat et la force que s'y prêtent mutuellement la raison et l'érudition ; que dans ces observa-

DU COMMENTATEUR. xîij

lions, dans ces vues , en général , si justes , si profondes , et toujours si claires, si lumineuses , d'un philosophe à qui la science des mots et celle des idées paraissent à-peu-prés aussi familières que s'il les avait faites lui-

même.

Je n'ai donc pu queme persuader, comme beaucoup d'autres, et, par exemple, comme tous les professeurs de ma connaissance qui ont eu, comme moi , à s'occuper particulièrement des Tropes, que l'ouvrage de Dumarsais, tel qu'il est, ne pouvait plus suffire seul , d'après les progrés étonnans de la Grammaire philosophique depuis un demisiécle , et qu'il en laissait nécessairement désirer un autre , où , en évitant tout ce qu'il a de défectueux , on fit entrer avec soin et tout ce qu'il a et tout ce qui lui manque de bon.

J'ai même pensé, dés-lors, que oc qu'exigeraient peut être l'intérêt de la science et celui des bonnes études 5 ce serait que le nouvel ouvrage, conçu sur un plan plus vaste , enir brassât le système entier des figures du discours, Tropes ou non Tropes^ et les offrît dans un ordre tel , qu'on pût aisément en saisir les rapports et les différences (i). L'entreprise était grande , difficile ; j'ai cependant osé

(i) Il me semble , surtout d'après la distribution actuelle des études dans les collèges , qu'il faut un traité des figures du Discours i absolument distingue et séparé de tout autre traité quelconque , et même d'un traité générrd de l'art d'écrire qui comprendrait la Rhétorique et la Poétique. En eflet , les figures du Z^zjcowrj n'appartiennent-elles pas h tous les genres d'écrire? n'appartiennent- elles pas à la poésie comme à l'éloquence 5 et au si) le le plus commun ^

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