L'H Y P A L L A CE
Corne si fauois bu les eaux qui amènent le someil du fleure Létlié. Il etoit plus naturel de &^epôcula lethea^ les eaux du fleuve Le'thé.
Virgile a dit (\aEnée raluma des feujc presque éteints.
Mxi. 1. V. Sopitos suscitât ignés.
Il n'y a point là d'hypaîlage , car jopitos , selon la construction ordinaire , se ra porte à ignés : mais quand pour dire qaEnée raluma sur l'autel d'Hercule le feu presque éteint, Virgile s'exprime en ces termes ;
^n. l.viii Hercûleis sopitas ignibas aras
"' M2. Excitât.
Alors il y a une hypallage , car selon la combinaison ordinaire , il auroit dit , excitât ignés sopitos in aris hercûleis y id est , Hérculi sacris .
Au livre XII. pour dire , si au contraij'e Mars fait tourner la victoire de notre côté y il s'exprime en ces termes :
JEn. 1, XII. Sin nostrum annnerit nobis victûria Martem. V. 187.
servius. ibid. q^^ ç^^^ ^^^ ^j^^ hypallage , selon Ser-
L'Hypallage. ^55 \ius. Hjpallage : pro sin noster Mars anniierit iiobis victôriam : nam Martem Victoria comitdtur»
On peut aussi regarder corne une sorte d'hypallage , cette façon de parler selon laquelle on marque par un adjectif, une circonstance qui est ordinairement exprimée par un adverbe : c'est ainsi qu'au lieu de dire ^[xiEnée envoja promptenient Achate , Virgile dit :
.... Râpidum adnavesprsemittit Achâten, ^n. 1. i. Ascânio. . . v. 644.
Rdpidwn est pour proniptement , en diligence.
Âge di^ersasy c'est-à-dire , chassez- ibid. v. 70. les cà et là.
JamqueascendebantcolleinquiplûrimusTirbi ^^- ^' ^' Imminei. v. 423.
Plàrimus , c'est-à-dire , en long , une coline qui domine , qui règne tout le long de la ville.
Médius , summus ^ înjimus , sont souvent employés en latin dans uu
sens que nous rendons par des ad verbes , et de même nullus pour 72071 ; v.^'o.
Ter. F.un.
A et.
256 L'Hypallage.
mémini y tamétsi nullus môneas , ponr non niôneas , corne Donat Fa remarqué.
Par tous ces exemples on peut observer :
1 . Qu'il ne faut point que l'iiypalla^e apporte de l'oLscurité ou de l'équivoque à la pensée. Il faut toujours qu'au travers du dérangement de construction , le fonds de la pensée puisse être aussi facilement démêlé , que si l'on se fut servi de l'arau-. genient ordinaire. On ne doit parler que pour être entendu par ceux qui conoissent le génie d'une langue.
2. Ainsi quand la construction est équivoque , ou que les paroles expriment un sens contraire à ce que l'auteur a voulu dire ; on doit convenir qu'il y a équivoque , que l'auteur a fait un contre-sens , et qu'en un mot il s'est mal exprimé. Les anciens étoient homes , et par conséquent sujets à faire des fautes come nous.
Il y a de la petitesse et une sorte de
j fanatisme à recourir aux figures pour \ excuser des expressions qu'ils conda- / neroient eux-mêmes , et que leurs
coDtemporainsont souvent condaiiees.
L'iiypallage ne prêle pas son nom aux conire-sens et aux e'quivoques ; autrement tout seroit confondu , et cette figure devien.droit un asyle pour l'erreur et pour l'obscurité.
L'iijpallage ne se fait que quand on ne suit point dans les mots l'arangement e'tabli dans une langue , mais il ne faut point juger de l'arangement et de la signification des mots d'une langue par l'usage établi en une autre langue pour exprimer la même pensée. Nous disons en françois , je me repeiis , je m'aflige de ma faute : Je est le sujet de la proposition , c'est le nominatif du verbe : en latin on prend un autre tour, les termes de la proposition ont un autre arangement , je ^ devient le terme de l'action , ainsi , selon la destination des cas, je, se met à l'acusatif; le soua.wnir de ma faute inaflige, m'afecte ^ de repentir, tel est le tour latin , pœ^ nitet me culpœ , c'est-à-dire , recordcitio , ratio , respéctus , vitium , negô- L. 3. f. i. tium, factum, ou malum culpœ pœni-^' ^^'^ ^ tet me^ Phèdre a dit, malis nequitiœ^.^.
258 L'Hypallage.
pour nequitiâ ; res cihi pour cihus.
Voyez les observations que nous avons faites sur ce sujet dans la syntaxe.
Il n'y a donc point d'hypallage dans pœnitet me culpœ , ni dans les autres façons de parler semblables ; je ne crois pas non plus , quoi qu'en disent les Comenlateurs d'Horace , qu'il y ait une hypallage dans ces vers de Ode 17. du livre premier.
Velox arnœiinm séepè Lucre tilem Mutât Lycseo Faunus.
C'est-à-dire, que Faune prend souvent en échange le Lucrétile pour le Lycée , il vient souvent habiter le Lucrétile auprès de la maison de campagne d'Horace , et quile pour cela le Lycée sa demeure ordinaire.
Tel est le sens d'Horace , conte la suite de VOde le doue nécessairement Tom. i.p. « entendre. Ce sont les paroles du *'^^' P. Sanadon ^, qui trouve dans cette
* Voyez les remarques du P. Sanatlon à l'ocasion de Luccinamutet pâscua , vers 28, de rode Ibis liburnis. Poésies d'Horace., tom. \. page 17 5.
L'II Y P A L L A G E. 25c)
faron de parler une vraie hjpallage ou un renversement de construction.
Mais il nie paroît que c'est juger du laliu par le frauçois , que de trouver uue Iijpall âge dans ces paroles d'Horace, Lucrétilem mutât Lycœo Faunus. Ou conience par atacher à mutdre la même idée que nous ataclions à noire verbe changer; douer ce qu'on a pour ce qu'on n'a pas ; ensuite , sans avoir e'gard à la phrase latine , on traduit , Faune change le Lucrétile pour le Ljcée : et corne cette expression signifie en francois que Faune passe du Lucre'lile au Lycée , et non du Lycée au Lucrétile , ce qui est pourtant ce qu'on sait bien qu'Horace a voulu dire , on est obligé de recoui-ir à l'hypallage pour sauver le contre -sens que le francois seul présoute. Mais le renversement de construction ne doit jamais renverser le sens , come je viens de le remarquer ; c'est la phrase même , et non la suite du discours , qui doit faire entendre la pensée , si ce n'est dans toute son étendue , c'est au moins dans ce qu'elle présente
d'abord à l'esprit de ceux qui savent la langue.
Jugeons donc du latin par le latin même, et nous ne trouverons ici ni contre-sens ni hypallage , nous ne verrons qu'une phrase latine fort ordinaire en prose et en vers.
On dit en latin dondre mûnera alicui , douer des présens à quelqu'un , et Ton dit aussi dondre aliquem mûiiere , gratifier quelqu'un d'un présent : on dit également circàmdare wheni mœnibus , et circiimdare mœnia urbi; de même on se sert de mutdre , soit pour douer , soit pour prendre une chose au lieu d'une autre.
Mart. Lex. Miito , disent les Etymologistes , V. muto^ vient de niotu : mutdre quasi niotdre, L'anciène manière d'acquérir ce qu'on n'avoit pas , se faisoit par des échanges , de là muto signifie également acheter ou vendre^ prendre ou doner quelque chose au Heu d'une autre , emo aut vendo , dit Martinius , et il cite Columelle , qui a dit porcus lacteus œre rtiutdndus est, il faut acheter un cochon de lait.
Ainsi , mutât Lucrétilem, signifie
vient
L'Hypallage. 24i vient prendre , vient posséder , vient habiter le Lucrétile , il aclièle , pour ainsi dire , le Lucrétile par le Lycée.
M. Dacier, sur ce passage d'Horace , remarque qu'iJorace parle sou- \^ent de même , et je sais bien , ajoute-t-il , ^ue quelques histoîiens Vont imité,
Lorsqu'Ovide fait dire à Médée qu'elle voudroit avoir acheté Jason pour toutes les richesses de l'Univers, il se sert de mutdre,
Quemque ego cnm rébus ^uas totus pussidet Met. 1. va.
orbis V. 59,
jEsdnidem mutasse velim.
Où vous voyez que corne Horace , Ovide emploie mutdre dans le sens d^aquérir ce quon n'a pas , de prendre ^ d'acheter une chose en en donant une autre. Le P. Sanadon remarque Tom. r. qu'Horace s'est souvent servi de mu-?' '7^* tare en ce sens , mutâ^it lugubre sagum pûnico y ^ pour pûnicum sagum lûgubri ; mutet lucàna câlabris pas- Cuis y *^ pour câlahra pdscua lucdnis : ■
* L. V. Od. IX.
^"^ L. V. Od. I.
77iiitat uvam stjigilî ^ * pour strîgilim uvâ.
L'usage de mutdre dliquid dliquâ re dans le sens de prendj^e en échange , est trop fréquent pour être autre chose qu'une phrase latine , conie dondre dliqueni dliquâ re ^ gratifier quelqu'un de quelque chose ; etcifcûmdaremœJiia urhiy doner des murailles à une ville tout autour, c'est-à-dire, entourer une ville de murailles': l'hypallage ne se met pas ainsi à tous les jours.
ii-JL' Onomatopée est ime figure
1*. ^o-'n^^iy^ par laquelle un mot imite le son na-
seu vocabulii- 1 ,., . .^
/icfio.foima-tiu^el de ce quil signifie. Ou re'duit tion d un gQ^g cette figure les mots formés par imitation du son ; come le glongpu.
de la bouteille : le cliquetis , c'est-àdire , le bruit que font les boucliers , les épées, et les autres armes en se
* L. II. Sat. yii. V. iio.
Ovo.wst'Jo^ûi
mot.
ciloquaut. Le trictrac qu'on ajieloit autrefois tictac ; sorte de jeu assez coniun , ainsi nome du bruit que font les dames et les dés dont on se sert ; r
à ce jeu : Timntus œris , tintement : ^
c est le son clair et aigu des métaux. Biïbire j hilhit dmpliora, la petite bouteille qui fait glouglou , on le dit d'une petite bouteille dont le goulot esf étroit. Taratàntara , c'est le bruit de la trompette.
At tuba tenîbili sonitu tarathitara dixit.
C'est un ancien vers d'Enuius , au raport de Servius. Virgile en a cbangé le dernier hémisticlie , qu'il n'a pas trouvé assez digne de la poësie épique ; voyez Servius sur ce vers de Virgile :
At tuba terribilem sunitum procul apre ca- ;En. ï.
n(5ro V. 5o?.
Incrépuit.
Cachimius y c'est un rire immodéré.
Cachinno y unis ^ se dit d'un home qui rit sans retenue : ces deux mots sont formés du son ou du bruit que l'oa
entend quand quelcju'un rit avec éclat.
Il y a aussi plusieurs mots qui expriment le cri des animaux , corne Lucr. 1. 5. &e7e/' ^ qui se dit des brebis. V. 1072. Baubdri , aboyer, se dit des gros
chiens. Latrdre , aboyer , hurler , c'est le mot générique. 3/z^?//'e , parler entre les dents , murmurer , gronder , corne les chiens : mu canum est , undè mu-tire , dit Charisius.
Les noms de plusieurs animaux sont tirés de leurs cris , sur-tout dans les langues originales.
Upupa , Hupe , Hibou.
Cûculus , qu'on prononçoit coucouîouSj,
un Coucou , oiseau.
HinÏTido , une Hirondèle.
Ulula, Chouète.
Bubo y Hibou.
Grdcculus , un Choucas , espèce de
Corneille.
Gallina, une Poule.
Cette figure n'est point un irope , puisque le mot se prend dans le sens propre : mais j'ai cru qu'il n'étoit pas inutile de la remarquer ici.
Quun même mot peut, être doublement fguré.
Il est à observer que souvent un mot est doublement figuré ; c'est-àdire , qu'en un certain sens il apartient à un certain trope , et qu'en un autre sens il peut être rangé sous un autre trope. On peut avoir fait cette remarque dans quelques exemples que j'ai déjà raportés. Quand Virgile dit de Bitias , que pleno se prôluit auro , auro , se prend d'abord pour la coupe , c'est une synecdoque de la matière pour la chose qui en est faite ; ensuite la coupe se prend pour la liqueur qui étoit contenue dans cette coupe : c'est une métonymie du contenant pour le contenu.
Nota , marque , signe , se dit en général de tout ce qui sert à conoître ou remarquer quelque chose ; mais lorsque nota (note) , se prend pour dédecus , marque d'infamie , tache dans
2/^6 Même mot, &.c.
la répiilation , conie quand on dit d'un militaire , il s'est enfui en une telle ocasion j c'est une note , il y a iioe métaphore et mie synecdoque dans cette façon de parler.
Il y a métaphore , puisque cette note n'est pas une marque réèle , ou tin signe sensible , qui soit sur la persone dont on parle ; ce n'est que par comparaison qu'on se sert de ce mot ; on. donc à note un sens spirituel et métaphorique.
Il y a synecdoque , puisque note est restreint à la signification particulière tache j dédecus.
Lorsque pour dire qu'il faut faire pénitence et réprimer ses passions, on dit f^'Wfaut monijier la chair; c'est une expression figurée qui peut se raporter à la synecdoque et à la métaphore. Chair ne se prend point alors dans le sens propre , ni dans toute son étendue ; il se prend pour le corps humain , et sur-tout pour les passions, les sens : ainsi c'est une synecdoque; mais mortifier est un terme métaphorique , on veut dire qu'il faut éloigner de nous toutes les délicatesses sen-
Même mot, &c. 247 siblcs ; qu'il faut punir noire corps , le sevrer de ce qui le flale , afin d'afoiblir Tapé lit charnel , la convoitise , les passions, les soumettre à Tesprit , et pour ainsi dire , les faire mourir.
Le changement d'état par lequel un citoyen romain perdoit sa liberté , ou aloit en exil , ou changeoit de famille , s'apeloit càpitis minàtio , diminution de tête : c'est encore une expression métaphorique qui peut aussi être raportée à la synecdoque. Je crois qu'en ces ocasions on peut s'épargner la peine d'une exactitude trop recherchée , et qu'il suffit de remarquer que l'expression est figurée , et la ranger sous l'espèce de trope auquel elle a le plus de raport.
n^S Subordination
De la subordination des Tropes , ou du rang quils doivent tenir les uns à regard des autj^es , et de leurs caractelles particuliers .
y^ uiNTiLiEN dit* que les Grammairiens aussi bien que les Philosoplies disputent beaucoup entre eux pour savoir combien il y a de diférentes classes de tropes, , combien chaque classe renferme d'espèces particulières , et enfin quel est l'ordre qu'on doit garder entre ces classes et ces espèces.
Inst. Orat. Vossius souticiit qu'il n'y a que
î TV C V • • • I
Art a.etc.x'. ^P'^^*'^ tropes principaux , qui sont Ja art, 1, Métaphore, la Métonymie, la Sy-
necdoque et l'Ironie ; les autres , à ce qu'il prétend , se raportent à ceux-
"^ Circa qnem (tropurn) inexplicdbilis, et Gramnirtticis inter ipsos, et Pliilosophis pugna est ; quae sint gênera, quae spécies, (juis nùmerus , quis oui subjiciâtur. Quint. Inst. Orat. 1. VIII. c. 6.
Des Tropes. 1249 là corne les espèces aux genres : mais toutes ces discussions sont assez inutiles dans la pratique , et il ne faut point s'amuser à des recherches qui souvent n'ont aucun objet certain.
Tomes les fois qu'il y a de la diférence dans le raport naturel qui doue lieu à la signification empruntée , ou peut dire que l'expression qui est fondée sur ce raport apartient à un Irope particulier.
C'est le raport de ressemblance qui est le fondement de la catachrèse et de la métaphore -, on dit au propre une feuille d'arbre ^ et par catachrèse une feuille de papier ^ parce qu'une feuille de papier est à-peu-près aussi mince qu'une feuille d'arbre. La catachrèse est la première espèce de métaphore. On a recours à la catachrèse par nécessité , quand on ne trouve point de mot propre pour exprimer ce qu'on veut dire. Les autres espèces de métaphores se font par d'autres mouvemens de l'imagination qui ont toujours la ressemblance pour fondement.
L'ironie au contraire est fondée sur
:25o Sue ORDINATION
uu raporl croposidon , de contrariété, de diférence , et , ponr ainsi dire , sur le contraste qu'il y a, ou que nous imaginons entre un objet et. un autre ; Satyre ix. c'est ainsi que Eoileau a dit, Quinault
est un Virgile,
La métonymie et la synecdoque , aussi-bien que \<à^ figures qui ne sont qiie des espèces de l'une ou de l'autre , sont fondées sur quelque autre sorte de raport qui n'est ni un raport de ressemblance , ni un raport dû contraire. Tel est, par exemple, le raport de la cause à l'éfet ; ainsi dans la métonymie et dans la spiecdoque les objets ne sont considérés ni corne semblables , ni come contraires , on les regarde seulement come ayant entr'enx quelque relation , quelque liaison , quelque sorte d'union : mais il V a cette diférence , que , dans la métonymie , l'union n'empécbe pas qu'une cbose ne subsiste indépendament d'une autre; au lieu que, dans la svnecdoque , les objets dont l'un est dit pour l'autre , ont une liaisop plus dépendante , come nous l'avons déjà remarqué , l'un est compris sous
Des T r o p e s. 25 1
Je nom de l'autre , ils forment un ensemble, un tout; par exemple, quand je dis de quelqu'un , qu'il a lu Cicérojij Horace y Virgile y au lieu de dire , les ouvrages de Cicéron ^ &c. je prens la cause pour l'éfet , c'est le raport qu'il y a entre un auteur et son livre, qui est le fondement de cette façon de parler , voilà une relation , mais le livre subsiste sans son auteur , et ne forme pas un tout avec lui ; au lieu que , lorsque je dis cent voiles pour cent {^aisseaux y je prens la partie pour le tout , les voiles sont nécessaires à un vaisseau : il en est de même quand je dis qu'on a pajé tant par tête , la tête est une partie essentièle à l'home.
Enfin dans la synecdoque il y a plus d'union et de dépendance entre les objets dont le nom de l'un se met pour le nom de l'autre , qu'il n'y en a dans la métonymie.
L'allusion se sert de toutes les sortes de relations, peu lui importe que les termes convièncnt ou ne conviènent pas entre eux , pourvu que par la liaison qu'il y a entre les idées accessoires , ils réveillent celle qu'on
252 Subordination, &c.
a eu dessein de réveiller. Les circonstances qui acompagnent le sens littéral des mots dont on se sert dans l'allusion , nous font conoîlre que ce sens littéral n'est pas celui qu'on a eu dessein d'exciter dans notre esprit , et nous dévoilent facilement le sens figuré qu'on a voulu nous faire entendre.
L'euplîémisme est une espèce d'allusion , avec cette diférence qu'on cherche à éviter les mots qui pouroient exciter quelque idée triste , dure , ou contraire à la bienséance.
Enfin chaque espèce de trope a son caractère propre qui le distins^ue d'un autre , corne il a été facile de le remarquer par les observations qui ont été faites sur chaque trope en particulier. Les persones qui trouveront ces observations ou trop abstraites , ou peu utiles dans la pratique, pouront se contenter de bien sentir par les exemples la diférence qu'il y a d'un trope à un autre. Les exemples les mèneront insensiblement aux observations.
Variété, 6 e. 253