Sens Allégorique
Le sens allégorique se tire d'un discours , qui , à le prendre dans son sens propre , signifie toute autre chose : c'est une histoire qui est l'image d'une autre histoire , ou de quelqu'autre pensée. Nous avons déjà parlé de Fallégorie.
L'esprit humain a bien de la peine à demeurer indéterminé sur les causes dent il voit , ou dont il ressent les éfets : ainsi lorsqu'il ne conoît pas les causes , il en imagine , et le voilà satisfait. Les Païens imaginèrent d'abord des causes frivoles de la plupart des éfets naturels : l'amour fut l'éfet d'une divinité particulière : Prométhée vola le feu du ciel : Cérès inventa le blé : Bacchus le vin , &c.
Les recherches exactes sont trop pénibles , et ne sont pas à la portée de tout le monde. Quoi qu'il en soit, le "vulgaire superstitieux ^ dit le P.- Sana-
''J Poésies don ^ fut la dupe des nsionaîres qui
d'Hor. t. I, • / ^ o ^ ^
p. 5o4. inventèrent toutes ces fables.
Dans la suite , quand les Païens comencèrenl à se policer et à faire des réflexions sur ces histoires fabuleuses, il se trouva parmi eux des mystiques qui en enveîopèrentles absurdités sous le voile des allégories et des sens figurés , auxquels les premiers auteurs de ces fables n'avoient jamais pensé.
Il y a des pièces allégoriques enprose et en vers : les auteurs de ces ouvrages ont prétendu qu'on leur douât un sens allégorique ; mais dans les histoires , et dans les autres ouvrages dans lesc[uels il ne paroît pas que Fauteur ait songé à Tallégorie , il est inutile d'y en chercher. Il faut que les histoh'es dont on tire ensuite des allégories , aient été composées dans la vue de l'allégorie ; autrement les explications allégoriques qu'on leur doue , ne prouvent rien , et ne sont que des aplications arbitraires dont il est libre à chacun de s'amuser come il lui plaît , pourvu qu'on n'en tire pas des conséquences dangereuses.
ï>v Sens Sp'ïrituel. 3o5
Quelques auteurs ^ ont trouvé une * indicui / image des révolutions arivées à la ch!onoi6lilangue latine, clans la statue *^ que eus, inFabd Nabucliodonosor vit en songe'; ils *^'d;'^-|.'i°^^ trouvent dans ce songe une allégorie v. 2i, de ce qui dcvoit ariver à la langue latine.
Cette statue étoit extraordinaire-* iTient grande ; la langue latine n'étoitelle pas répandue presque par-tout?
La tête de cette statue étoit d'or , c'est le siècle d'or de la langue latine ; c'est le tems do Térence , de César, de Cicéron , de Virgile ; en un mot , c'est le siècle d'Auguste.
La poitrine et les bras de la statué étoient d'argent , c'est le siècle d'argent de la langue latine 5 c'est depuis la mort d'Auguste jusqu'à la mort de l'Empereur ïrajan , c'est-à-dire , jusqu'environ cent ans après Auguste.
Le yentre et les cuisses^ de la statue étoient d'airain ; c'est le siècle d'airain de la langue latine, qui comprend depuis la mort de Trajan , Jusqu'à la prise de Rome par les Goths, en 4io.
Les jambes de la statue étoient d«
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fer, et les pies partie de fer et partie de terre ; c'est le siècle de fer de la langue latine , pendant lequel les difërentes incursions des barbares plongèrent les homes dans une extrême ignorance ; à peine la langue latine se conserva-t-elle dans le langage de FEglise.
Enfin ime pierre abattit la statue ; c'est la langue latine qui cessa d'être une langue vivante.
C'est ainsi qu'on raporte tout aux idées dont on est préocupé.
Les sens allégoriques ont été autrefois fort à Ja mode , et ils le sont encore en Orient ; on en trouvoit par-tout jusques dans les nombres.
Métrodore de Lampsaque , au raport jj„et Ofi de Tatien , a voit tourné Homère tout ^genianori. a. entier en allégories. On aime mieui: P^"Tr! '^ aujourd'hui la réalité du sens Jitéral. Traité du Les cxplicatious mystiques de l'Ecri-
sens litéral et *^. . -^ ■* ' ^ r
du sens mys ture Sauitc , qui ne sont pomt hr tique , selon jées par les Apôtres , ni établies clai-r
la doctrine ^ i ' 'i .* ^ ''^
des Pères. A rcmeut par la révélation , sont sujete# Paris, chez ^ jçg allusious qui mènent au fana*
Jacques Vin- . *
cent. tisme.
DU Sens Surituel. 507