LES T&OPES
M Osez--vous bien , dit^ , regarder comme outre
M Des Oracles diyins le style consacré ?
» Avant qu'un riche au ciel espère trouver grâce ,
» Par le trou d'une aiguille il faut qu'un chameau passe.
» Maintefeis, l'Esprit Saint a parlé sur ce ton ' ;
I» Et dans Balzac , alors , le condamnera-t<-oii? »
et dans la préface de ses Œuvres, par Cassasdre , qu^il faut chercher cette excuse de Balzac. On la trouve dans une de ses Lettres à Bois-Robert, du 8 décembre 1634. II *. paraît que Bois-Robert lui avait parlé d'un critique dont ' Balzac aurait ambitionné le suffrage , parce que cVtait un homme qui contentait M. le cardinal ( de Richelieu ) et qui avait persuadé le roi de Suède. Balzac dît donc qu^il est prêt â lui donner toute satisfaction, a Si ce sont les » hyperboles qui lui déplaisent , j'en purifierai mes lettres a> quand on les réimprimera. Je me confesserai de toutes » celles que j'ai faites , et ferai un vœu solennel de n'en > faire plus. Ce n*est pas qu'il faille blâmer ceux qui se » servent de cette figure. Car , sans parler des auteurs Roy» mains , il faudrait blâmer le Fils de Dieu ; et vous savez ]» qu'il a dit qu'il est plus aisé k un chameau de passer par » le trou d'une aiguille , qu'à un riche d'entrer dans le }> royaume des cieux ; mais yé ne veux point me prévaloir » de l'autorité supérieure. En cela , je regarderai notre Sei- » gneur sans le suivre. Je croirai que tels exemples sont » au-dessus de l'imitation humaine, et m'en abstiendrai » comme de marcher sur les eaux et d'être quarante jours » sans manger, etc. »
' Saint Augustin , et d'après lui Vossius , ont remarqué des Hyperboles dans la Genèse , dans l'Exode , et dans les autres livres de l'Ancien et du l^ouveat^ Testament. (Au- GusT. , de Cifit.f 1. xvi, c. ai.)
CHANT TaOiSlÉMF. 4g
L'HyperlDole jànaû n'espère autant qu'elle ose ' ; C'est pour ittre plus vraie enfin qu'elle Jta impose * ; A ce jeu suborneur les hommes se sont/aits :
On met tout à Fencbère^ on prend tout au rabais; Personne ne «'«n plaint; et plusieurs hyperboles Qu'un usage commun fait paraître moins folles , Dans nos moindres propos r^Fiennent fort souvent. On se pique d'aUer plus vite que le vent; Un seul jour est un siècle à notre in^atioice ; Le marchand qui surfait vous parle jen conscience. L'avocat përorànt pour de sin^ples bourgeois Imite Gicëron , qui plaidait pour des rois ; Et , dans tous les ëtats , la jactance est la même : Qu'on f^sse un prospectus , un projet, an système! Plus petite est la chose, et plus grands sont les mots : A ce piège grossier l'on ne prend que des sots. Cet oubli du bon sens, cet abus de la langue. De nos ^ours, a dicte mainte foDe harangue:
On blâme ces excès; mais, foin d'y renoncer Par des ^xcès plus gi;ands on veut Us surpasser^. Où s'arrétera*.t*o»?v. . . Lâsî en toute rencontre. Chacun de l'Hyperbole abuse pour ou contre.
Senec. de Bencf. ' '««Ofi, itid.
5o LES TKOPES*
Si l'esprit de parti jagt un panyre ëcmam , Point de milieu l tout est détestable , ou drniu Dans le monde, as vrai seul, md esprit ne i^airiiles L'emporté, pouf w nés 9 aoolèveiue tempête; Le doucereux s'attadie ii tromper poliment ; Il se dit tout il vow laofn ce «owpiîment !
Ce banal font k tous^ iqui dans sa bevdie eonae. S'adresse à tout le monde , et n*est vrai pour petsonne. Même au bas d'one letlie îl &ut être meoicev ; Dire au premier Tenu quîmi est aon serfiteur , Et surcbarger encor ia rampante fbrmide Des yains suqperlatifi qne fiisage aconmule'.
' La formule ne paraissait pas encore assez expressive à ceux qui aTaiént imagine' de renforcer les adjectifs par des adverbes, en celle forme : J*e mii» pm^tnlâm^ru^ ou \e mn» infiniment votre Irès-humble, etc. Vaiwelas décade gue cela ne se peut dire qu^en ne sacba^nt ce que Toii dit. ( Obserwaions 49« ^ 49^*}
L'Académie française, dans Boni Angine, 'écrimitt en corps à BoisROBEBT , un de tes membres , et jo^e voulaot m lui faire une incivilité , ni le traiter dVgal, résolut de souscrire :.l^o« très^€têsi9wiés serpiteun.^ eomme un peu plus civil que^/^-^cfidoiiésy^t h#i pçu m^imqs^- tt iè ê 'ht ut MêS.