PÉLISSON
Les Italiens nous reprocbent de n'avoir pas de vrais superlatifs« tandis que leur langue en eat {urodigue , ;sui«ant Balza-C , jusqu'à donner du vostrissimo et du suiceratissimo sert*itore dans ses complimens et dans ses civilités ordinaires. Xaliernce gotïrîqne, ajoute -t- il; n*a pas été si avant , «t «eux qui ont dit pientissUnus , prœglorioêUêi'
CHANT TROISIÈME. 5l
O (pie 4e l^fp«rbole il faut se défier!
Son £aux ^ à^ gra^deur flatte u^ jemie écolier.
Que âi»-)e ? à ^m^ éd^t plus 4'u« Quatre ^ ;troxQp/9 ;
Floiits ^ ., fi^ur JBi^twre , |^ «ouye^t trop de poiojpc ,
Change fiim 4^ vm^H^ m des p^iopart^ moyuy açis
Qui font gëmv h mef lel fotigi^ç»^ )^s v(ap,tç *.
Lucain joâm^ i ^rm ose )^ea djre jçg face :
« Prends gaide im hgii d^ ci^l <^ù «t^ .d^i^ ^v.oir {Jace !
» Si l'un ou Faati» {nok avajt ri^npJti j^9 c)}pi;i( ^
» Ses essieux Irop cbasgé» gj^irfii^ «ous le {lioids *. »
miif , victoriosissimut , n'ont pas os^ dire , tuissimus et i^e^trissvmu, (Socfoie i^étiem , Bise. iq.)
Ce ser^t une loogïie et curieuse Kistaire que celle des Tariation^ du protocole ëpistolaire j Qiais ce ne peut être Tobjet d*une simple note.
' CasteUorum et urbium tpeeie , non sme gemitu maris et labore ventorum {nauei) ffirebanttfr. l\ s'agit de la flotte d'Antoine. Flobus, Hist. iv. 3. On a déjà dit qu'il est bon de pre'munir le goût des jeunes gens , surtout contre les fautes des écrivain» célèbres.
* BnÉBEriPjPJbiars^e,!. i. Virgile avait ^onné l'exemple de ces louauges excessives; car il dit à Auguste qu'il ne tient qu'à lui de choisir entre 'rem|>iFe de la terre , on l'honneur d'être un dieu marin , à qui Tbétis sera flattée de marier sa fflle , ou une place dans le Ci^l , auprès du scorpion , qi|i se mettra plus à i'étroit, pour ve.oevoir ce nouveau signe , etc. {Geor^. , 1. i , v. 37.) i</e$ Romainsi^ qui faisaient l'apothéose de leurs mattres , étaienjt moi;as choqués de ces rers , qu^on ne Test de nos jours.
n y a des commentateurs qui Teulent excuser les VKrs de Laicain à Néron , en les donnant pour irqpques.
Sa LES TBOPES.
Quelle bassesse , o Dieu ! quelle enflure insensëe ! La Litote , au contraire , affaiblit sa pensée ' ; Elle prend un adroit et modeste détour , Et se cache à dessein pour mieux paraître an jour. On sait que la pudeur , timide et circonspecte , D'un aveu positif craint la phrase directe ; Elle ne dit pas oui ; mais en baissant les yenx , Elle bégaye un non qui s'entend beaucoup mieuxi w Va , je ne te hais point, » dit Chimène k Rodrigue ^ De termes ampoulés l'Hyperi)ole prodigue Ne rendrait pas si bien à cet heureux amant Ce que lui fait entendre un tel ménagement.
n Peut-être assez d'honneurs environnaient ma vie » Pour né pas souhaiter qu'elle me fut ravie ^. » O comme dans ces mots , fille du roi des rois , Ta discrète douleur s'explique à demi-voix !
Rappelons-nous encor la scène brusque et vive Où, n'osant pas tout haut prendre l'affirmative, Alcestc, avec Philinte , en revient toujours là Par son refrain : « Monsieur , je ne dis pas cela ^l n
■ La Litote , en latin Tenuitas , on , comme dît Cicérov , FrvgalUas. (Èpitt.famil. 7. 26.) On peut dire de ce Trope , en remployant lui-même , quV rC€st pas,a mépriser.
* G>RNEILLE , le Cid.
> Racime, Iphigénie en Aulide.
«MoLiiaBlie Misanthrope.
Cette négation, sous sa forme polie , Laisse percer pourtant l'humeur qu'elle pallie ; . L'art des Tropes , ainsi plus ou moins prononces , I^en dit trop , ou trop peu, que pour en dire assez.
C'est la Métonymie ^ , habile en l'art de peindre , Qui sait changer un nom , l'étendre, ou le restreindre. De la cause k l'effet on peut le transporter; De l'effet à la cause on le fait remonter.
* La Mëtonjnme est appelle par GicéitoH Denominatio , oa nominis TransmutaUo ; et par Qoihtilieh , nominis pro nomine positio. (L. 8. 6.)
C'est avec la Mitaphore , la Synecdoche et Tlronie , un des quatre Tropes principaux, auxquels tous les autres paraissent devoir être subordonnés. Par exemple , l'Antonomas« n^est qu'une espèce de Métonymie , et Ton aurait pu n'en pas faire ici une ^mention expresse. Les rhéteurs grecs ont beaucoup trop multiplié les noms et les subdivisions minutieuses de ces figures. Il faut se borner à ce qu'il y a de plus essentiel , et ne pas charger sa mémoire d'un bagage inutile.
Dans son Histoire naturelle de la parole, Godrt db Gé- BELur. réduit à peu de lignes ce qu'il croit devoir dire des Mots figurés.
« Sans multiplier le nombre des mots , dit-il , on les double » et on les triple en leur donnant successivement plusieurs » sens figurés , outre le sens physique qu'ils offrent primi- » tivement. Ces Mots figurés se forment d'un grand nombre » de manières , qu'on peut réduire à ces quatre :
» I®. L'extension , ou Catachrèse ^
» 3®. Le changement de nom , ou Métoitthie ;
» 3**. La compréhension , ou Stnecdoche ;
n 4°. La comparaison , ou Métaphore. »
Mais Court db Gébeliit n'envisage ce sujet que sous la
54 LES titdPË^.
Mars y suiteur de la ffiette i èii eltplkfii Iff nigff. A Tabri de Vëdus y il tt'cst point de courage. Tout përit par le fer , «^ p£»r lui Vfm fl^nrif ' ; Le glaire défait lliomiâe, et )6 soe I0 iiotirril. De la ^ile en proie à riniàme at^nce ^ Tonne contre Vernes la Toix aeeiisâlrice ^ Les armes font un bruit ^i fait taire lei loi»^^ La belle AmaryDis fait retentit lès bois ^.
Les ëtats diffërens , du Sceptre à k Houlette , Trouvent dans un seul mot leur image compMle. Thëmis a son mortier; Bellone, son ^papeau, Dëceré de la Mitre , on aspire au Cbtpeaii* Par ces petits dëtoUfs (juVèC art il sait ^feitdlt, Le langage est plus yif et se fait mieux con]|>ren&e. Il ne se tntftie plus à pas appetonlis ; Les mots qu'il sous-entend n'en sont pa5 moins Sentis. Le Bran cbarme nos yeux ^ ; Racine notre oreille ^ ; Voltaire nous instruit en commentant Corneille ^.
rapport de la Gramoiaire , et aen 60«8 celai de la Rhétorique.
* Feifmm , optiibnm , yetnmttmqwe TÎt* iBflteaineiltiu». Plot*
* SkiUft toia , ai tmft Tooe toqucrattir , lioc dkeret.
GiC£R. , in Yenrem.
,3 later arma silent leges. Gicer. , pro MUon.
4 Formosam resonare doces Âmaryllida syltas.
VuiGit. , «tl. T.
* Le Bruit , pour léfi tebleaux de Le Brun.
* Raciue , pour les vers de HAemE.
' Corbeille , pour les OËuyres de Corneille.
Près de la pâle Mort volent les noirs Soucis \ Si YOiis Youlez du soir tout im laUean précis, M Les ombres^ dans Boilcaa , svr la TÎEe ^pandues, « Du faite des nuttsaos descendent dans ks rues. » Le Mierre araît son vecs y umqtie y transceodam ,. Vers du siècle » où la terre est en proie an trident K
Si la MëtoHymie est un nouTean Pralée y L'Antonomase eneor ^ par les rhéteurs vantée ' , D'empi^nts du même genre offire llienreax secours Pour créer des sunumia ingéinenx et courts.
' FéiriLOir» Télémaqne.
• LetridotdalîflptmeettleHtptreittmoBAa.
Ce yen y qui «st en effet trés4>eaa , et que Le Mibrie appelait le vers du siècle , se trouve dans un« pièce de cet auteur , qui remporta le prix de poésie â TAcadémie française, en 1756.
'* L'Antonoinsse , en latin Pronominatio , est, suivant VoaaiDS y une Sjmeoâoclie, et, suivant le plus grand nombre dés grammairiens, une Métonymie. On a cru devoir se conformer ici au sentiment le plus commun.
Ltcophron, qui se pique d'être inintelligible, affecte d'employer surtout TAntonomase. C'est ainsi quHl appelle HÉLiiiB la Ménade à mq hommes. (In Cattandra.) Cela est bon pour im &isear de logogryphes comme lui.
L'Antonomase a servi le plus- soavcttt à des dénominations satiriques, et quelquefois cruelles. Cest ce qu'on appelle vulgairement des sobriquets. Quoiqu'il y en ait beaucoup dans toutes les histoires , on n'a pas voulu en citer d'exemples. La malignité n'a pas besoin qu'on lui fournisse des armes , et ce serait un rôle honteux que de lui donner des leçons.
56 LES TltOPES:
Le Salonloii du Nord en fut l'êxeibpTe insigne *.
Meaux brilla paf son aigle , et Cambrai par son cygne *.
L'éloquence est liée au nom de Cicénm ,
Comme la tyrannie à celui de Néron.
Un Tartufe , chez nous , fait toujours quelque dupe»
Chez les Romains , Liyie était Ulysse en jupe ^*
La Fontaine peint bien le destructeur des rats ,
£n nommant Rodilard « l'Alexandre des chats 4. w
D'un Cierge même il fait « l'Ëmpédocle de cire K
Tout s'anime aux accens des maîtres de la lyre.
La Synecdoche aussi ^, sans détours superflus y Prend le plus pour le moins , et le moins pour le phis. Que son coup d'œil est prompt ^ et passe avec adresse De la partie au tout , etdu genre à l'espèce I
* Le Salomon du lïord en est donc TÂlexandre t
Y0LTA.IBE, Epitre ftu Boi de Prune.
* Le cygae de Cambrai , Taigle brillant de Meaux , Parmi tous auiourd*hui nWt-ik plus de rivaux ?
Le mime , le Russe à Paris.
^ Livie Drusille» épouse d'Anguste, la première femme que les Romains divinisèrent. Ulyss^n stolatum appellabat - tam Caligula* Soetow. , c. aS.
* La. Fontaine , Fables.
* Idt-m^ ibid.
* La Synecdoche , appelée par les Latins IntetUctio , ou Ccmprékensiti , et , dans Isidore de Séville , Coneeptio,
Voyez aussi la note 8 de la page suivante.
La voile est im narrire y et les flots sosft la mer. Les canons j c'est Fairain ; l'airain vomit le fer '. Les Mortels *, qu'Alvarez a trop bien su connaître, « Méritent peu , dit-U, qu'on veuille être leur mahre ^. » Le Français 4 , dans Voltaire , est léger et moqueur ; » Mais toujours le mérite eut des droits sur son cœur ^.n De Rome, k voir Titus tout entière empressée y Que l'image surtout se trouve bien tracée Dans ces yeux ^ « qu'on voyait venir de toutes parts » Confondre sur lui seul leurs avides regards ' [
Souvent la Synecdoche et la Métonymie Se ressemblent si fort de physionomie , Qu'on prend l'une pour l'autre y et qu'entre les deux sœurs On a vu du Parnasse hésiter les censeurs.
Mais il n'est plus permis d'être dans l'ignorance. Du Marsais avec soin marque leur différence * y
' Et , par cent bouches horribles ,
L*airain , sur ces monts terribles , Yomit le fer et la mort.
BoiLEAU f Ode sur Namur.
* Non tous les êtres mortels , mais les hommes. ^ Voltaire , Alzire , acte i .
* Le Français , pour les Français,
* Voltaire , Ëpttres.
' Ces yeux, pour les spectateurs.
7 Racihe , Bérénice.
* Voyez le Traité des Tropes , seconde partie , article 4 1 à la fin de la Synecdoque} car Du Marsais, et , à son «xemple , Court de Gébeliit , auraient voulu qu'on écriTÎt
Si LES TEOPES*^
De la MéUmjnâft étend jj^os loin les draîts.
Et tient la l^ecdocke en des nonids piûs étnnti.
Ainsi > plus d'équivoque et plot d'inccrtitade!
Ce Critique» fameux par son. exactitude^
Vous fera distii^uer à des signes eertaîna
Ces Trepcs sî eeumums ànn les grand» éerîvamB.
Llronie * est peifide , et fitftte en apparenoa Ceux mêmes qu'elle insuhe arec plus d'assoranee. Eile choôsit fe$ mots s fous uakieUi caréssans; Mais le ton qu'elle y net leur donne un antre sens. Ainsi, lorsque Boileau feint de cbanger de style, « Pradon est un soleil , et Quinault un Yiiple *. » C^est par là qu^enmone envenme encor plus Les éloges sanglans qu'elle afresse à Pyrrhus '•
et que Ton prononçât Synecdoque, comme époque ^ équivoque ; mais rezemple de BottSAir , et l'ysa^^s > oonforme â Teaphonie de la langae , sont pour Synecdoche , comme Antioche.
' L'Ironie, que Beauzéb croit n*étre pas un Trope, maû une figure de pensée était déjà vulgairement comprise au nombre des Tropes du temps de Quin tilieh , qui lui donoe en latin le nom A^IUuûo, CicÉrov l'avait nommée DUsimur iéUioj ou même Dissimulaniia. Les jurisconsultes latins rappelaient Cavillatio j mais aucun de ces mots latins ne rend la force du mot grec , que la langue française a eu raison de conserver.
■ Boileau , Satires.
3 Seigneur , dans cet ayeu d^pouSIë dWtîfîce , J*aiioe à voir que du moins yous yous rendies justice , etc.
Raciii B , Andromaqne.
CHANT TltOlSréME. S9
NeptiBif tait qu'Emu fetàtt éAttè l« eàvéme Où les vente sont Soumis att chef qt hs gomi^tnè t « Qtt'ËoIe en son cacliot les tienne sons sa }oi ! » n est là , dmis sa coin-, et pent tranc&eir dn Rcrt '. »
Didon ToH k Hegret qu'an ingrat Talyandonne.
« A l'en croire , s'il part , c'est le CieJ qni rorJôntte; » Sans flotrte un tel siofoci tient les maîtres du ciel , » Et ce soin doit tfomMer lenr repos^ ëttemel *î »
JjorsqjBfAâam fyj^ sëduif par Eve y notre asènr ^ Dieu même lui lança cette louange àmèré :
« Le voilà donc k nous devemi presque égal , 1» Adam, depuis ^'il sait et le bien et le mal ^ ! »
Ce Trope si piquant semblerait du domaine De la vive Thalie , et nooi de Melpoiliènc! ; Mais Corneille et Racine avaient su rennoblsr; Et tous nos grands acteiurs ont l'art de l'embelEr. Le débit des beanx vers à leur sens doit répondre. Les Tropes ont leurs tons , qu^ ne faut pas confondre ; Et quiconque &à pubfe se hasarde à parler ^ Sur cette lei du gofrt doit aussi se régler.
I , Eartf , ckMnoA r JXA m jiMtet ifl aidA Attluâ f «t dbaso Teptorum eftrcvre rvgBvt.
VUGIL. , JCiwtd. I.
* Scificet is sajpcris hbor «tt , m «ara qoietoai Sollicitât F Yirgil. , jGocmI. 4.
* Ecce ^dam , quasi u/mg ex noèit yfacUiê est y jcfen» h^ ftum et malum ! Genc». 9 c. i .
6o LES TftOPES.
Socrate ' et Cicéron prodiguaient llronie i Ces contrastes moqueurs déridaient leur génie. Cet esprit familier qu'on a tant exalté ^ Ce Démon, par Socrate , en secret consulté , li'était que sa raison , qui fut sa règle unique ^ £t qu'il voilait exprès sous un terme ironique , Mais sans que le Sarcasme ^ j mêlât son aigreur , Et son sourire amer qui tient de la fureur.
' GicÉKOir, qui youlait faire Tapolc^e de son propre goût, en parlant de celui de Socrate, dit de ce dernier: dunaliud dicerel , aliudque serUiret , liberUer uti soUtus est ed dissimuliitione , quam Graci eip6>vffioc» vwiant. Acad. 4- 5*
Il faut lire , à ce sujet , la Dissertation sur l'Ironie de Socrate, parFRAGUiER, bon morceau de littérature, ^cademie des inscrip» , tom. it, pag. 36o et suivantes. H démontre que le Démon de Socrate n'était qu'une suite de son Ironie. Par les termes de Démon , de signe , de yoix, d'espèce d'inspiration , dont l'effet était de l'empêcher d'agir sans le porter jamais à l'action , il n'entendait que l'opinion , c'est-à-dire , une sage prévoyance et le bon sens, qui, dans les occasions dangereuses , tiennent lieu de divination , etc .
n serait â souhaiter que la Dissertation de Fbaguiei eût été toujours présente à l'esprit de ceux qui , dans ces derniers temps, ont jugé trop sévèrement la mémoire de Socrate , et l'ont , en quelque sorte , condamne de noo- Teau. Parmi ces rigoristes , on est fâché de trouver Louis Racine , à qiïi son firère atné en a fait un juste reproche dans une lettre qui est imprimée a la fin des Lettres de Jean Raciiie.
* Sarcasme est un mot grec, dont l'étymologie est un sujet de controverse parmi les savans. Vossius ne veut pas
CHANT TROISIEME. 6l
lia populace jmye , aveugle dans sa rage ,
Au supplice du Christ ajouta cet outrage '.
« Fils de Dieu , disaient-ils. ...» Mais de ces forcenés |
Non , ne répétons point les discours effrénés ,
Et ne nous chargeons point de rimer des blasphèmeè :
Mais, hélas! mais partout les hommes sont les mêmes.
De Virgile et d'Homère écoutez tes héros :
Souvent vous frémissez de leurs nobles propos ,
Quand , sous l'éclat brillant du vernis poétique ,
ils se montrent à nu dans leur rudesse antique.
Q lels mots Néoptolème ose-t-il adresser
Au malheureux Priam que son trait va percer?
u Va donc dans les Enfers ; va conter k mon père
» A qutl point de sa gloire ici je dégénère ^. »
Tumus foule à ses pieds Eumède palpitant ,
L'^orge , et dit : « Troyen , t'y voilà ! sois content !
que ce soit un Trope ; mais on a cru devoir se conformer ici à 1 opinion commune des grammairiens^ et aux exemples que Vossius rapporte lui-même.
■ Salira lemetipsum ! sifilius Dei es , descende de cruce,,. alios scUuos fecit , seipsum non poiesl salt^um focere.
Matth. , 27.
On sent bien pourquoi l'on n'a pas insère dans le texte une traduction de ce passage ; mais tous les rhéteurs donnent cet exemple du Sarcasme , et on a dû l'indiquer, a ..... Heferes ergo h«c , et nuntiiu ihia ,
Pelida genitori. lUi mea tHstia facta', Degeneremque Neoptblemum narrare mémento!
Cet endroit , imité d'UoMXKE , est d'une énergie effrayante
69 tVff T»9P|£j$.
M Mesure de tOA £Oi|>s la nouvelle Patrie M Que tu vins coi^ué^ au sein de VHesftm !
» Un ffà'fiû prix attend ceu^L fui n^'osent ]^ra?rer^ » Et tels sont h9 seuls mues q^ïh pçuxent âever '. ■
C'est ainsi çu*un sanYi^e» emfgxté par^ Jlni^m » Iiisnlie les vaincus ic sa ym inhu m é e ^ Et, par là de leiir mprt douU^ raliQçiit^ , Joint la dérision à la £â^té.
Le Sanciftsme est renp^i de (M et de c4^.
L'EnpbëiQÎsme«)i^l^ons«flwisefiUM(^ pl#^4ef l^ie\ n est certain» ob^U qf'm psoni|^ disccpteipheflif De roreiUe et des yeu^ écaxii^ é^^Aern^çkt ; Soit quand leur mUté peitt Ueqser la ^éêemifi^ Et TEuphépisBie alors «e^i i^^ile U li^^eoee ;
et dont mes ùMm vers «ont lii«a loin de sendra Tidée. Aa surplus, HoM^B lni-9iéme a blâmé ces Sarcwiines , si 1kquens dans son Iliade. Cest ce qu*on verra daos la note sur les Trop«s d'HoMàBE , à la mile dU ce PoëiiM.
« £n atfpNM , «t fjmtm fa^o , 7ro)aBe , petbti
Hesperiam, matireiaetiu I Hac frcinia ^«w Ferro aii^ji tenUns., ferimt : «ic inoenia eondu^t }
YiR&iL., jEaeid. la.
* L'Euphémisme , que Vossius ne veut pas non plus regarder comme un Xrope , est une %ure lûen fw^oeesaire, et jqui devait obtenir ff^ce aux yeuo. de pe .«lirait, par b dëtinitioa méflOie qu^^l epi donne, f 1 dit que l'Ëupbémisme sert à désigner des cbos^ odieuses» oi^ ingrates, par des mots qui ne le sont pa4 *' Figura r<ts Qdi9m$ ingroiasquc désignons nùmàtù&usjtoniogratis.
XxiT.* Oral. , 1. jiT^ io. ^.
CEkvr rB4>i8f ÉMB. 6i
Soit qwmà de lew tristesse , on de leur Airetéi
L'exprefitton directe aurait trop d'âpretë ,
Et l'Eupliëmisne lihrs adoucit, ou déguise^
Du mot popce trop vif Fodiease â'WBoUse.
Ou croyait antpefins anx mots malencoBfereiix > ;
Le préjugé fuyait ces termes malheurenss '
Ainsi , cpiaad des Romain« les rigueurs nëeessaûres
Ont de Ggtilina frappé les ânissaîres,
Le Consul ^ Inomphant de ce parti vdncu ,
Ve dit pas 91% sont morts ; il dit qu'Us ont Yéou *.
Mais ce n'est plus le In» <m le mawv^ «uguve
Qui fait à des Français annr cette igare.
Chez un peuple poli la bienséance est tout :
L'honnêteté pniaUque .est la règ^ du gwiU;
Elle impose au langage ime réserve estréme^
Molière 9 heureosement ae comg«a luiHn^me,
Quand d'un trait de C3^lme > à bon droit eondamné ,
Il fît scftir ce mot , plaiaammeiit retourné :
« Allez, monsieur Purgon! Ton connaît vos usages,
» Et voua ne piaiiez pas souvent à des visages ^. »
I •..« «.»«.. M^Vj^ o TffV wtit
ParcitaTevibù!
HoR^T. , od. 14, 1. 3.
* Au mornort oè \9 ^rle , ib oot Téeu peut-être.
' MoLièitc , le Malade imaginaire , acte 3 , scène 4* PÉUS8OV a sauvé , avec le même bonheur, une incon*
64 ^^^ TBOPES.
Je pourrais ajouter des traits non moins piqoans; Mais je crains d'ëvfiiller des souvenirs cboquans , Et de manquer moi-^méme à ce fue je conseille ; La Muse me défend d'alarmer son oreille:
Youle^youa de ce Trope étudier l'emploi?
lisez Quintiljieii ! il a dicté la loi.
Àuxiécrivains , cliez lui , la pudeur commandée JDe toute obscénité fîiit l'image et l'idée ' ; Et , quand c'est un Latin qui porte cet arrêt » D'être moins scrupuleux un Français rougirait.
Écoutez , mes amist ma vieille expérience * Réclame tous sts droits k votre confiance ; Écoutez ! l'Euphémisme est fait pour couronner Les conseil^ que mon coeur 4se plaît à vous donner. Je sais que la jeunesse est légère et volage ; Mais un jour, j'en suis sûr, un jour, mûris par l'âge, Vous vous rappellerez ces paternels avis : Heureux ceux d'entr.e vous qui les auront suiins!
gruité du même genre, en parodiant ainsi \e roburetat triplex circàpectMêy d'HoftÀCE, à propos de la posteàfraac
/ëtrier :
Que ce fut un rude tiUIa Dont la poste eut son ori^ne !
Il arait trois plaques d'airain , Mais ailleurs que sur la poitrine^
' Ohscœnkas yero non à i^erbis tantwn abesse débet , a-î d significaiione.
QcHrTii.. y iiist* VI , 3. 6.
Heureux l'esprit bien fait qui saura , de bonne heure y Dans les routes du Pinde ëlire la meilleure ; Et qui , les yeux ûxës sur THonnéte et le Beau , Ne s'écartera point^^ ce double flambeau !
Bien de vil dans son cœur ne pourra trouver place ; Le moindre souffle impur ternirait pette glace. Du savoir et des mœurs gardant la dignité , Distinguez-*yoùs , amis , par votre uibanité ! Si cbez vous des talens le noble feu s'allume , Que jamais rien d'impur ne souille votre plume ! Le goût de l'Euphémisme est le vrai goût Français ; Seul , il peut garantir d'honorables succès.
Du Cynique effronté la langue est impudente -, La Muse aurait horreur d'être sa confidente.
A quel titre , après tout , veut-on être cité ? Croyez-vous que les traits de la causticité , ^Des contes hasardés la gaîté graveleuse , La chronique appelée , à bon droit , scandaleuse | Arrachent du public un pur assentiment?
On ne les applaudit qu'en les mésestimant.
Loin d'oser les produire en bonne compagnie , On les glisse dans l'ombre , ou même on les renie : Malheur au livre obscur, méchant ou libertin, Né dans le vil espoir d'un succès clandestin ! Si tu parviens au rang des pères de famille ,
Jeune auteur , voudras-tu ^ue ton ûls ^ que ta fille ,