‹ Les tropes ou les figures de mots: poème en quatre chants. Avec des notes, un extrait de Denys dChapitre 12 sur 41 · LES TR0PE · texte numérisé non relu

LES TR0PE

De ces fruits coiTMnptis sucent le noir peîson.

Et se perdent ainsi dans ta pr<ypre maison ?

Et toi qui , répandant ta ïÀït cnvcnimëe «

De chacun , sans égard , noircis la renonmise ^

Veux-tu du taKon snbir la juste M ,

Et permettre h ckacun de s'àimef cofttre loi ?

Mais , si la Vertu fnéme est l'objet de tes blâm«s.

Détestable Arétin ' ! si ceux que ta diftnei

Sont réduits à l'afihmt de s'en justifier)

Ce tort affreux , disnnoi , pourra»^tu Tex^pier?

Le papier indiscret qui reçoit nos pensées ,

Hélas I garde trop bien ces traces insensées.

On s'en repent trop tard ; On roudrait , à Wkt prix ,

Effacer tous ces traits si dignes de méprîB :

' Pierre Arétiit, d^Arezzo, fut, il est vtai, ttés-satant; mais sa mémoire est flétrie , et soft nom est dcfremi cehii de tous les auteurs de satires effrénées etd^obscénes turpitu<}es. Il importe d'inspirer de bonne heure â la jeunesse la juste exécration que mérite un tel abus de l'esprit et des talen$. Ce misérable avait cru se mettre k Fabri de tout en se fixant à Venise. Retranché dans ces lagunes , il lançait de là partout ses apostrophes fiux Princes , dont il se glorifiait d'être appelé le Fléau ; mais il fut bien plus encore le fiëaa des bonnes moeurs ; et la pudeur n'oserait prononcer même ' les titres de plusieurs de ses écrits. Des Puissances insal' tées, quelques-unes avaient cru l'acheter par des préseiu* , quelques autres lui fesaient donner des coup» de bâton; | enfln il fut étranglé : c'est ce que Batlb ignorait ; et c'est I ce que rëvélei dans une de ses Ëpîtres. à la manière d'Ho- ' JucE , ce Michel db L'HospiTal , grand homme d'ëtat et

Inutiles remords! la page criminelle

Des auteurs déhontés rend la faute étemelle.

Ne risquez donc jamais , esprits judicieux »

Que ce qu'on peut sans crainte offrir à tous les yeux y

Que ce qui doit toujours vous honorer aux vôtres !

Imposezp-yous la loi que vous fieriez k d'autres.

Si les égards d'autnii pour yoos ont des appas ,

YousHuême envers autrui ne les violez pas.

La Licence révolte , et la Malice Messe :

De flatter ces penchans n'ayez point la faiblesse !

Tout ce qui n'est pas pur ne saurait s'excuser :

Le Génie est divin. tremUez d'en abuser I

A mériter un nom , s'il faut que l'on s'attache ;

Amis , il faut surtout vouloir un nom sans tache !

bon poète latin. Il était contemporaiD , et bien placé de manière à savoir la vërité. 11 dit positivement que « rien » n*a pu dérober AiiTiir à la yengeance de rUniyers irrité, » et à la corde , seul prix qui fût digne de ses vers : »

Quin méritas Iseso poenas exsoWeret Orbi Terrarum , dignum vel haberet carminé fonem î

(Micftaëiis Hospitalii, Gnlliarum Cancellarii^ EpistO" larum y seu Sermonum , Libro f^y aeitn, de Libertate scribendl. )

n eftt mieux valu , sans doute, qn^Aa^Tm fût condamné et puni légalement ; mais FécriTain qui s'est mis lui-même hors de la loi de toutes les nations, n^a pas lieu de sVtonner que Ton franchisse avec lui les bornes qu'il n'a jamais respectées envers personne. C'est un ennemi public, fuit pour une fin tragique, et qui ne peut exciter ni intt'rât, ni pitié.

fT, LES TROPE,».

Delille , transplantant Virgile panni nous , Et Voltaire, en lui seul, les réunissant tous. Alors , sur la Neva , )a Vistule et la Sprée , D'un triomphe innocent notre langue honorée^ Fit partout sur la scène applaudir nos Acteiurs ; Tous les Peuples instruits deyim'ent nos lecteurs.

Tels sont les souvenirs qu'il faut que tu réveilles , Muse ! à nos enfans raconte ces merveilles !

La gloire du Pays est douce à partager., Quand cette gloire obtient l'aveu de l'Étranger. Mais , en nous rappelant que la Ville où nous sommes Dans son sein fortuné vit fleurir ces grands hommes, Dis aux jeunes Français qu'ils doivent s'éclairer , S'ils ne veulent pas voir leur nom dégénérer. Apprends-leur à quel prix , de ce noble héritage , Ds peuvent à leur tour prétendre le partage ! Promets-leur ces plaisirs , si purs et si constans, Fruits heureux de l'étude et de l'emploi du temps ! Montre-4eur dans les Arts le charme de la vie ! Ëchauflfe dans leur sein la généreuse envie D'imiter quelque jour ces sublimes esprits !

Qu'ils rougissent du moins d'en ignorer le prix ! Muse , je t'en conjure , achève ton ouvrage ! Au travers des écueils tu guidas mon courage. D'attributS' différens vingt Tropes revêtus Nous ont appris leurs noms , nous ont dit leurs vertus.

r.HANt QÛAtRIÈME. ^3

Montre-nous maintenant l'usage de ces armes ! A des détails si secs prête encore des charmes , Et fais tant par tes soins que mes jeunes amis Dans le Temple du Goût soient dignes d'être admis !

Vous qui voulez écrire , ou juger le mérite De toute œuvre qu'on veut donner pom' bien écrite, Du style figuré mëdite^ les secrets !

Chaque Trope a son ton , son allure et ses traits ; De leur discernement la science est utile ; Car ils sont k la fois les traits saillans du style , Et de la passion les signes éloquens ; Mais le goût les veut clairs , justes et peu fréquens. La Métaphore à tous semble servir de guide ; De la Comparaison c'est l'abrégé rapide * ; Elle plaît à l'esprit , en lui fesant saisir Les rapports lumineux qu'elle est prompte à choisir. Elle sait^e plier au but qu'on se propose ; Au peuple à qui l'on parle , au genre où l'on compose ;

' Transîatio sinùlitudinis est ad uerbum unum contracta bret^itas, CicEs. — In totum aulem Metaphora brevior est similitudo. Quirtil.

Dans l'histoire naturelle de la parole , Court be Gébex.iif réduit au même point ce qu'il dit de la Métaphore.

a La Comparaison , ou Métaphore. Cette figure consiste i» à transporter la signification propre d'un mot à une si- » gnification qui ne lui convient que par comparaison. » Exemples ; La Grammaire estlac/e/*des sciences j s'e/u« » prer de plaisirs $ mettre un frein à ses passions. »

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