DES TROPES D'HORACE
Des Tropes singuliers distinguent, comme on sait, la poésie d'HoRACE , priocipaleraent dans «es Odes , presque toutes traduites ou du moins imitées des poètes lyriques grecs, que nous n'avons plus aujourd'hui. Aussi Chrétien- Adolphe Klotz a-t-il discuté avec force l'heureuse audace des figures, attribut si particulier âe l'ami de Mécène, que c'est par là surtout que Quintilien le désigne et le caractérise.
« Horace, dit ce 'grand critique, est très-heureusement » hardi et yari« dans ses mots et dans ses figures '. »
La Dissertation de K.lotz paraît avoir été inconnue à nos traducteurs d'HoRACC en vers français. Ils y auraient pourtant trouvé des remarques piquantes , et qui les auraient engagés à faire de phis grands efforts pour lutter avec leur auteur dans beaucoup de passages dont les beautés pwaissent, il est vrai, bîeu difficiles à saisir dans une langue compassée et timide comme la nôtre.
Il y a tel de ces passages qui a vexé long-temps tous les commentateurs, et que le savant Klotz n^explique pas •mieuK que les antres. Par exemple, il soutient quW ne saurait nier que le poète n'ait voulu attribuer au vent cette espèce de cavalcade à' travers les mers de Sicile , que notre poésie ne saurait rendre mot à mot * j Horace aurait donc
' HoBATiUS variia figuris et verbis felicissîmè auclax..
( Instit. Or. x , i .) * ......... Diras per urk«S Afer ut Italas ,
Geu flanima pcr tœdas , vel Eurus Per Sicula» »quiUu»U undaft.
Q. HoRAT. , carm. , 1. iv , Od. 3 , v. 38.
DES TROPES A>yif>E. 1^5
transftorté a.vam diose inaDÎmëe une action qui semble n'appartenir qo^à.rhoBnsie^ mais on peut prétendre , ai^ contraire , qu^iln^ apoimt la de fî^;we\ et que Xequitai^n de Ik strophe dHoiACE a^appiiqtie littéralement au cruel Africaiu^ Annibal , 9ujet.de Ja piirase , et rrai nominatif du verbe.
Quoi qu'il en soit , nou» ne saurions trop recommander la .lecture de cette Dissertation De feiici Horatii audacid^ Jena, 1761 , in-4°-