DIX SOURCES PBIINCIPALES DES MÉTAPHORES
SOITAVT V0SS1C7S.
Vossios a porté plus loin le développement de cette doctrine importante. 11 commence par observer quUl n^y a rien dans la natiPl. qui ne puisse être comnaré , et , par conséquent» employé métaphoriquement , la Métaphore étant
< Scipionem à Gatone solitui|^ allatrari.
* Latrare jàm orator^s , non loqui. (Teat ee çu*jippius tqfpeloH canina facundia.
3 Ponlum pinus arat , sulcum )>remit alta carina. ^ ...... O qui floseulus es \ nveuculorum I
^ Pontero inAigontU^ AraxAS.
l34 SOURCES ET INFLtJEKCE
toujours une comparaison abrégée. Il prouve cette thé par de nombreux exemples : c'est ici que vient se placef une explication plausible et toute slmlple de beaucoup d'anciennes Fables.
Les Métaphores, suivant lui, peuvent couler de plusieurs sources, dont voici les dix -principales :
i^. Les choses divines.
a**. Les choses célestes.
3®. Les élémens.
4**. Les météores.
5*. Les métaux et les pierres.
6^. Les plantes.
7<^. Les choses communes aux animaux.
8^. Les bétes.
9^. Les hommes. ' -
lo®. Les arts.
Il est bon de se pénétrer de cette distribation de tous les mots de chaque langue en dix lieux communs, ou chapitres, qui ne font pas sans doute des classes rigoureuses, mais qui peuvent aider la mémoire et Tintelligence. Ces chapitres seraient eux-mêmes susceptibles de plusieurs suitdivisions ; ce serait l'objet d'un gros livre, et nous nefesons qu'une note.
Beprenons donc , l'une après l'autre , tes dix sources desquelles Vossius dit qu'on peut faire découler toutes \t% Métaphores.
£t éPabord , des choses difltf^»
Il n'y a jamais eu de nations athées ^ il n'y a donc aucune langue qui n'ait des mots pour désigner, soit la première cause et la suprême intelligence , soit les êtres surnaturels qu'on supposait intermédiaires entre le monde et son principe.
C'est un abus , sans doute >, de vouloir dériver des Métaphores d'une source qui est hors de toute comparaison , et
DES MÉTAPHORES. l35
li , par sa nature , parait être incommunicable. Mais cet lus est général , et le polythéisme antique ne l'a que trop vorisé.
A Rome , un poëte comique fesait dire sur le théâtre : Li^homme à Phomme est un dieu , s*il sût bien son deyoir > .
Le nom de Théoph|iaste lui fut donné à cause de son oquence divipe *.
CicÉRON même a dit, au nom de tous les philosophes : e Px^ATON , qui est notre diea '.
S11.1U8 divinise Homèbe ^, arec quelque restriction ^ mais anthologie grecque dit qu'il est dieu, ou qu^il doit être '.
Un ancien artiste est parti de là pour sculpter la consération ou l'apothéose d'HoMÈBE sur un superbe bas^relief , ui est un des beaux monumens de Tart le plus antique. on explication a occupé plusieurs savans, Rir&rr , Gis- ERT - CupER , ScHOTT , etc Cette belle composition fourlirait le sujet d'un poème admirable. Les explications e ce bas-relief par Schott et par Cdper ont été inséées dans le supplément au Trésor des antiquités grecques t romaines de J. Poléri, tom. 11, in-fol. M. Millin en onne une figure au trait et une très-courte analyse , qui affit pour apprécier ce travail, dont l'auteur fut Arche- LATJS de Priéne, fils d'ApoLLOMius. Voyez dans sa Galerie ay thologique , Tarticle 548 de l'explication des planches.
' .... Homo homini Deus est , si suum ofRcium sciât.
CCEGILIUS.
> Theophrasttts à divinitate loquendi nomea invenit.
ClGERO.
3 Deus ille noster Plato. , Ep. 16. 4- 4- ^^ ^^^*
4 Meruit Deus ille videri ^
Et fuit in tanto non parvum pectore numen.
SiLivs lui. , 1. XIII, ▼. 788.
' Si Deus est , inter Divos veneremur Homernm I Si nondiUn Deus est , esto hodiè ille Deus f
AnTiPATBR Anth.g;
l36 SOURCES ET INrLVEVCE
Plaute , parlant des riches , les nomiae , ea son style comique , des Jupitérs himaiiis '.
Térence fait dire aussi à Tun de ses personnagetf : Si la duifee «st ainsi , je am Dieu , c*€8t»à-dtre Que nos boshti» «st gnmA et m peut m décrire >.
On excote TenthousiaBBie avec lequel Martiab parie et la capitale du monde :
Se tonte nation et de tdnte contrée
Rome est rheureuse DAlé.
Aacuttc antre iNiiatnwde , aucune Aiifré âté
Sfe Itti peut être comparée ;
Et rien , dans le monde habité , K*approckera jamais de la TiUe sacrée '.
Mais on est un peu étomië quand le m^ma poUte dît en parlant de Dbmitien :
Notre Seigneur et notre Dieu 4
On conçoit qu'il n*y a qu'un pas d'une pareille Métaphore à une apotbe'ose ; et ce dernier root ne peut être , je crois , bien commente qu'à l'aide de la connaissance des Tropes et de leur influence sur les idées des hommes.
Il faut aiiouer qu'il y a toujours- de l'hyperbole dans gss figures que Pon ose emprunter des choses divines, et qae Ton se permet d'abaisser aux choses humaines. Nous avons des idées plus pures ; mais les amis de l'hyperbole se permettent encore des espèces d'apothéoses. Un poète espagnol, à la mort de Charles^uiht , décrivait ainsi sa pompe funèbre :
< Humani Joves.
* Deus sum , si ità est ; hoc est , 6upr& modum fortunatus.
Terent. , in Hecyr. ,4-3.
' Tevrarum Dea gentiumque Roma.
Martial , 1. ii , 8.
* Edictnm Domini Deique nostri.
Idêm^ ibid.
DES MÉTAPHORES. l5y
Lo monde entier est son cercueil ; Le dais du catafalque est le ciel empiree ; Les torches sont les feux de la voûte éthérée {
jLies mers sont les larn^s du deuil ' .
On sent que ces exagérations folles ne sont pis prises à la lettre. U en était da même chez les Anciens. Tout ce quHls disaient de leurs dieux, nVtait presque toujours que des Allégories fondées sur dés choses sensibles. £a Teut-on un garant qui ne saurait être suspect? Écoutons Cicérok :
« Les premiers hommes ont pensé que tout ce qui ap- » porte au genre humain une grande utilité , ne se fait pas » sans Tinfervention d^une bonté toute divine à leur égard. Il Ainsi donc ce qui leur semblait émané de Dieu recevait » d^eux le nom de la Divinité même , comme lorsque nous » appelons les épis Cércs , et le vin Bacchus : d^où vient ce » fameux vers de Téreuce ,
Sans Gérés ci Bacchns , Yénus serait glacée.
» En outre, toute chose où éclate quelque force majeure, » quelque puissance inconnue, ne Tappelle-t-on pas tou- » jours de quelque nom divin , comme la Foi, l'Esprit, etc. M Voyea le Temple de la Vertu ; voyez celui qu'on vient » d'ériger* de nouveau à l'Honneur! Que dirai-je de ceux » du Secours ? du Salut ? de la Concorde ? de la Liberté ? de V la Victoire ? lS'e6t>il pas clair que tons les grands effets , » dont Ténergie est telle qu'on ne peut les comprendre san's » la direction d'un dieu, ont reçu le nom d'un dieu » même , etc. ? C'est l'importance des services et la gran- » dei>r des biens et dies avantages reçus parles liumainsqui » ont déiûé pour eux les causes de ces biens ou \e$ yuleurp » de ces services *. »
■ Pro taoïttlo ponas orbem ; pro tegmine cœlom j Sidéra pro facibus ; pro lacrymis maria !
> Quidquid magnam utilitatem affert generi humano^ id noA sine divinâ bonitate ergà homines fieri arbitrabaatur. Itaque tàm illnd quod erat à Deo ratum , nomine ipiiut I^à ifuUcapabunC i ^t cùm
l38 SOURCES ET INFLUENCE
Nous Toyons , aa surplus , dans plusieurs comédies oo fragmens remarquables du théâtre d'Athènes , cette ma* niérede penser sur les Divinités antiques, affichée en des Ters qui se récitaient en public. On connaît et Ton doit admirer le Plutus d'AaiSTOPHAiiE ; mais on doit relerer aussi ce que disait un certain Grétedans une pièce de Méiiahdke, beaucoup moins connue que le Plutus :
Epicbarme soutient tjae tout homme pieux
Doit adorer , et mettre au nombre de set dieux ,
he Soleil et les Vents , les Astres et la Terre ,
£t le Feu si terrible , et l'Eau plus salutaire.
Pour moi , je sais des dieux bien plus puissans encor ;
En est-il de plus grands que l'Argent et que l'Or ?
Qu*on les ait dans sa bourse i alors, quoi qu'on projette.
On réussit , on a tout ce que l'on souhaite ;
Des etclaret, des champs , des palais tout meid>lâi ;
Des témoins au besoin , des amis très-zélés ;
Des juges qui toujours tous donnent gainée caute.
Le son de cet métaux du monde entier dispose ;
Ils sont plus que les dieux , puisque, par leurs présens ,
Tous les dieux , à leur gré , deyiennent coniplaisans ' .
froges Cererem appellamus, rinum autem Liberum, ex quo illud TerentU :
Sine Cerere et Ubero friget Yenu».
Tnra flutem res ipsa, in quâ ru inest major aliqua, sic appdlaUir, «t ea ipsa vis nominetur Deus , ut Fides , ut Mens . etc. Vide Yirtutis templum j vide Honoru renovatum : Quid Opis ? qmd Salutis ? quid Coocordie ? Libertatis ? Yictorise ? Quarum omnium rejfxua quîà tia erat tanta ut sine Deo régi non poaset , ipsa res Deorum «omen- obtinuit , etc. Utilitate igitur et magnitudine constituti sunt ii Dii y qui titilitates quasqne gignebant.
( CiCERO. de Nat. Deor. , n c. 25. )
> Epicharmufl esse dicit hos quidem Deos :
fiolem atque Yentos , Terram , Aquam , Ignem , Sydera. Ego esse Diyos utiles existimo Àrgentum et Aumm , qnisque quod poattderit.
lUos in tede nàm aimùl locaTeris , Optato qnidTia ! quidqnid optâriit foret .
DBS MÉTAPHORES. rSg
Les divinHës de l'Olympe ne furent pas les seules que: produisit la fiction. Elle peupla de ces images, tanrtât.> douces , tantôt terribles, la terre, la mer , les enfers. Dans' Ovide , Myrrha se dit à elle-même :
Ne Toîs-tu paa <lé}À les noires Dëités ^
Leurs torches , leurs serpens , et leurs fouets irrités < ?
Sairt-Aitge cite, à ce sujet, un beau morceau- de Gicé- Rov, dans son D^cours pour Roscius :
« N'imaginez pas que les impies et les sce'Mrats aient » devant les yeux les torches ardentes des Furies. Cest le » remords qui les déchire j c'est leur propre cooscience » qui les effraie : ce sont là les Furies qui les agitent et les n tourmentent au milieu de leur somneil ^. »
Enfin, une classe nombreuse de dieux alle'goriques , résulte de nitusion par laquelle la poésie a su Prêter un corps , une ime , un esprit , un visage
aux objets intellectuels , aux passions de l'âme , aux travers de Tesprit , etc. ^ qu'elle sait personnifier , et qu'elle fait sentir» parler et agir comme nous. Nons eil avons déjà parlé à l'occasion des Prières , si bien décrites par Homère. On a les hymnes grecs à la Justice , par Orphée ; a la Vertu , par Aristote j a la ville de Rome , par une Grecque de Lesbos , etc. On connatt , en ce genre» les portraits brillans et finis, que Virgile et Ovide ont tracés de la
Servos , domosque , rura , vasa argentea Testes , amicos , judices. Tantùm dato , Ipsos habebis et deos obnoxios I
MENàNDB. apud RUTGERSIVIS , TOT. IcCt. 1. IT, C 12.
I Nec metues atro criaitas angue Sorores Quas , facibiu sœvis oculos atque ora petentes, lïoxia corda vident ?
Metam. x.
> Nolite putare , quemadmodùm in Fabulis ssepenumerà vidctis •os qui aliquid scélérate atque impie commiserint, agitari et perterreri Furiarum tsdis ardentibus. Sua qoemque fraus , .et suus tfrror naximè vexât , suamque sc«lns agitai, iaimentiâque afficit.
i44 somcBS ET irrp.itfErrcE
Maitilius est un poé'te que Ton ne connatt pas assez ; il a beaucoup de très-beaux rers. C'est lui qui a le mieux signale Tattribut le plus spécial qui décore Tespèce humaine : L^omme , seul sur la terre à Dieu reudant hommage , Seul de Dieu sur la terre est uae falLle image ' .
Avant de finir cet article sur les Me'taphores tirées de ce qui a rapport auai dieux et aux ge'nies , nous dirons un mot du dieu Pan et de sa lutte avec l'Amour.
Les Anciens avaient voulu réunir dans une seule fiction collective tout ce qu'ils avaient pu imaginer pour former le symbole de la nature universelle. Le dieu Pan , dont le nom en grec signifie tout , était cette divinité qui rassemblait toutes les autres. Sejivics , Albricvs et IsinoRE de Séville , en ont conservé le portrait. Ils disent qu'on donnait à Pan des cornes , à IVxemple des rayons du Soleil et du croissant de la Lune ; un front rouge comme Téther j une peau parsemée d'étoiles; des herbes et des arbres qui sortaient de ses cuisses. Sa flûte h sept tuyaux fesait allusion aux sept tons dont les Aqciens composaient Tbarmonie du ciel. Son bâton recourbé était l'image de l'Année qui revient sur ses pas et se replie sur elle-même. Enfin , jusqu'à ses pieds de chèvre , tout en lui concourait à figurer le monde et l'ensemble de la nature.
Un dernier trait ajoute encore à l'intentipn singulière de cette Allégorie. Les poètes disaient que Pan avait lutté contre l'Amour, et en avait été vaincu* : charmante image,
^dvigilare sibi )U8sit fortuoa preq^endo ; Seducta in varias certârunt pectx>ra curas , Et quodcumque sagax tentando reperit usus.
Maml. , Àstroaomicon.
' Ekemplumque Dei quisque est io imagine parvâ.
Idem , L iv.
9 Pan deus est rosticu», in natur«e AimJiitudiaem f(prw«t4|p, 4 . . . Poetis fingitur cum Amore luctatus , et ab «o yiclus , quià , ut legimus , Omnia %fincii amor. ,
Servios in £clog. 11. Yirgil. , y. 3i.
DES MÉTAPHORES. l45
qui- pourrait inspirer à la fois les poètes , les peintres et les statuaires.
Des choses célestes.
Cette deuxième source des images mc^taplioriques a e't^ d^autant plus fertile , que le ciel présentait aux yeux des premiers hommes un spectacle plus e'tonnant et des merveilles plus frappantes. Ro«set a saisi cette idée , et l'a viyement exprimée :
Le ciel devint un livre où la terre ëtonn^e Lut , en lettres de feu , Thisloire de Tannée. .
Poëme de TAgriculture , chant i.
Vossius se borne à citer le mot de Pàtercule qui , tou lant exalter rëloquence de CieÉRoir , n*a cru pouvoir mieux faire que de lui donner Fattribut de la bouche la plus celeste '.
On pourrait ajouter le beau vtrs de Voltaire , qui peint si l)ien THypocrisie :
Le ciel est dans ses yeux , Tenfer est dans son coeur.
Mais cet article est susceptible d'un plus grand développement. L'astronomie a donne' lieu à un nombre pix)digieux de fables et d'emblèmes , qui ne sont que des Métaphores ou des Allégories.
Les poètes ont attaché Prométhée au roc du Caucase ; mais Platoh , dans son Protogène , dit seulement que Prométhée avait passé sa vie à observer les astres au sommet de cette montagne.
Atlas portait, dit-on, le ciel sur ses vastes épaules : ce n'est que la même figure , dont un ancien philosophe nous transmet l'explication dans les termes suivans :
a Douzième et dernier exploit d'Hercule. 11 y avait dans » la Mauritanie un géant nommé Allas, demeurant sur j> une montagne très-élevée etqui touchait au ciel. On disait
' Cttlestissimuin os.
l46 SOURCES ET IirrL VENGE
I» qtt6 te géant soutenait le ciel sur ses épaules , pour Vt y pécher de sVcrouIer ; et Ton ajoutait que , s^l tombait » du ciel des astres ou des étoiles , il les ramassait et les re- » clouait à leur place arec un marteau. Hercule vint prés » de lui. Atlas, qui avait entendu parler de ses forces prodi- » gieuses , pria Hercule de le soulager du ferdeau du ciel qui 3» le fatiguait , afin qu*il pftt se reposer. Hercule y consentit , » approcha son épaule et soutint aisément le ciel : en quoi » il faut entendre que cet Atlas éXsiit un savant astrologue , ]» et que c'était pour cela qu'il avait la réputation de porter » le ciel et de remettre les astres qui pouvaient s'en déta- » cher. Hercule , imbu aussi de la même science , en con- » fera avec Atlas , et passa pour l'avoir aidé a soutenir » le poids du ciel '. »
Sebvids , commentant «m vers de l'Enéide * , dit de jkiémé qu'Allas avait divisé en saisons le ccrars de Tannée; qu'il avait décrit le premier la nature et le passage des astres ; que c'était pour cette raison qu'on avait dit qu'il soutenait le ciel , et qu'il avait instruit son neveu Mercure et Hercule» etc. '.
' DiMdecima et ultima Herculis for^tudo lefitor talis : fint ^i- 4aja gigas , Atlas nomine , ia Manritaniâ , in «ont» altiaaiino «calam ipeum contingenta , qui , oœlum ne eaderet , humeris fOstÎBelNit , et •idera , si qua cadebant , malleo fixa , cœlo reponebat. Quem cAm accessisset Hercules, ille, qui audierat de fortissimig illiua vinJboc, rogayit eum ut, quia fessus erat, cœlutn austinendo, aliquandô iuvaret, donec quiesceret ; quod Hercules Ubeoter aunuit , et humero supposito, coelum sustinuit. In quo intellîgitur quià ipse Atlas astro^ logus peritus fuit ; et ideo cœlum dicitur sustentasse , et sidéra ca- •xientia odslo reposuisse. Hercules etiam fuit astrornm artis maltùm edoctns , qui adentia comprekeadendsB pl^niùs gratkâ ad uitimat iterne fines accesait ; et cum eodem Atlante de acieati&OMiferau, illum in aliquibus {uvit , opeoique iœpendisse fertur ad eoelumsustentandam. (Albrici philosophi de Deor. Iwagin..IibeU. kxu,de Hercule/. )
* Docuit qott maximua Atlaa. Yuo. , Ma. i , j^i,
^ Hic (Atlas), quèd annum ia tempora divisent , et prioius stcUa-
Atrée prëdisait les éclipses ; c en fnt «mes pour foin dire «fue ce prince avait fait obscnrcir le soleil.
Voici , à cet ^gard , ce qui est dit expressëncient par Ht* an , afFranebi d^Auguste / dans son livre des FaMes.
« Atrée et Thyeaite, - frères gertnains, ^ant brouiÛés «t
» a*ajattt pti se noire , feignirent de se réconcilier. A cette
s occasion , lliyeste soaitta la couche nnptiale de son frére«
» A triée , ponr se venger , servit & Thyeste , dans un repas,
» le corps de son fils. Le Soleil recala d'horreur, pour
» tt^étre pds témoin de cet affreux spectacle ; mais voici ce
» qui est réel :'Cest qn'Atrée fut le premier, à Mycéne,
» qui prédit et exp^qua une éclipse de soleil : son frère ,
•» jaloux de sa gloire , ne voulut plus rester à Mycène *. »
Ettdymion passait les nuits à observer les astres, et il en
perdait le sommeil. C'en fut assez pour qu'on feignit que
Diane , ou la lune , était amoureuse de lui et venait le
trouver pendant la nuit. C'est l'opinion de Platon.
Ainsi , l'on voit quel rôle ont joué dans l'antiquité ceux qui ont fait , en quelque sorte , les premiers almanachs.
Les Anciens portaient partout cet amour de l'Allégorie j et, dans leurs édifices et dans leurs jeux publics, ils s'attachaient à mettre les images en action. On en. trouve un exemple dans ces jeux célèbres du Cirque, institués d'abord
rum cursus , Tel circuloi^um , vel siderum traositom naturasque des» cripserit , cœlum dictus est sustinere , quia nepotem suum Mercurium et Herculem docuUse dicitur : uodè et Hercules cœlum àh Atlante sjisoeptum sustinuisse narratur , propter coeli scientiam traditam. Sbryius ad illa ViRGiL.
La même chose se retrouve dans un auteur grec , HÉRAGLITS , de Incredibilibus , 4*
' Atreus et Thyestes gtrmani , cùm in dissensione siU noeere nda possenrt, in simnlatam gratiam redieruBt : ijuk oocasionef TkyestM cum fratris nxore concnbuk. Atreus Terè ei fiUam epulando apposoit ; qu» Sol , ne poUueretur, aufugit. Sed veritatis boc est : Atreum apud Mycenas primum solis eclipsim inyenisse ;cui iniridens fratcr , «X urbe discessit.
G. J. HTGiiri , Augusti Iib«rti , fabuburum cglviil
à Pise par OEnomaiis y contemporain de Romulus. Ces jeux se célébraient , le a5 mars de chaque année , en Thonneur da! Soleil et de son influence sur les quatre élémens. Les conducteurs des chars avaient des livrées spéciales de quatre couleurs différentes ^ la verte , figurait la Terre \ la bleue , était pour TEau ^ la rouge , pour le Feu j et la blanche , poui TAir. Le Cirque avait douze maisons , ou douze stations , pour figurer les douze Signes. Les sept stades à parcourir étaient le cours des sept Planètes. Les courses imitaient le mouvement des Astres , de FOrient en Occident. Les concurrens fesaieot sept tours, et le septième était celui qui décidait de la victoire , etc. , etc. Cest là ce que j^ai fait sentir en deux vers seulement du poëme des Tropes, ci-dessùs, pag. 19. Cest ce qu*OviDC avait en vue quand il a £»it ce bçau tableau du Palais du
Soleil :
, . , . . Vêtu d« pourpre et de lumière , Roi , sur son trône d*or , de la nature entière , Le Soleil en sa cour rassemLle sous ses lois Les Siècles et les Jours , et les Ans et les Mois , Et les Heures encor , ses légères suivantes , L^une de Pautre en cercle également distantes. Là , parait couronné d*une tresse de fleurs , Le Printemps au front jeune , aux riantes couleurs ; L*Été robuste et nu , ceint d*une gerbe mûre : L*A utomne , dont le pampre orne la cbevelure , Rouge encor des raisins que ses pieds ont pressés ; Et THirer , aux cbeveux de neiges bérissés.
SAiirr-ÂNGB , Métam. , chant xi.
An surplus , le Soleil a été adoré comme un dieu par beaucoup de peuples , et sous des noms et. des emblèmes variés et multipliés. Macrobs dit que tous les Dieux ms sont que le soleil j omnes deos ao solem refea&i. Ce texte est positif. Dans le Trésor de GaJBVivs » tome t , on peut voir FexpUcation de la Table Hëliaque» où Jérôme Aleandre , le jeune , démontre y entre autres choses , que le Soleil était tout à la fois Hercule 1 Mercury , Bacchus ,
DES MÉl!Al>tIO!kBS. 149
Apollon , de façon cependant ^ue Mercure dénotait lé printemps ; Apollon, Vété ; Ba^chus , rautomnej Hercule , l'hiver. Il établit aussi que les douze traraux d'Heroale ne marquent autre chose que le passage du soleil par les douze signes célestes. Le Traité d'AiiEAivDHE arait paru à Rome, en 1616, in-4°. Ainsi donc il avait précédé de long-temps les mêmes explications , renouvelées en dernier Ueu par GovRT DE Gébelin et feu M. Duput.
• DiPHiLii avait osé introduire une étoile sur le théâtre grec , dans le prologue d^une pièce que Plavte a imitée. C'est r^rcture qui parle daks le Prologue du Rudens^ Kous nous contenterons d'indiquer aux lecteurs la • première partie de ce Prologue , comme une Allégorie aussi morale que piquante. Bllâ mériterait d'exercer le talent de M. An- DRiBux , qui est tout à la fois un des plus aimables poè'tes et un des meilleurs professeurs. •
Nous pourrions allonger ces explications , et les étendre à tout ce qu'embrasse dans Plughe l'histoire du Ciel. Il nous suffît de mettre "Aos lecteurs sur la voie ; et de leur faire naître la curiosité de recourir aux sources , pour vérifick* par eux^-mémes ce que nous avons avancé.