S III
Des Elémens»
Combien de Métaphores ne sont -elles pas empruntées de ces quatre principes, si anciennement admis et reconnus ? La nécessité d'abréger nous forcié à nous restreindre. Choisissons seulement les images qu'on a tirées, soit de l'eau, soit du feu.
L'eau en a formé d'expressives.
Virgile ' et , d'après lui , Ràciite , peignant la foule d'une cour, voient dans cette foule
Les flots tumultueux d*un peuple adorateur.
Hacine, Be'rénice.
* Manè salufantùm tbti» voMit sedîbus unidknn:
' VaiGii.. , Georg. n.
l5o SOURCES ET IlfFLUEtfCE
Par k liiéttie figM*« , Boileiu fuît ëeoaler ime aisçnbl^: Et l'aHCialiMe «n Ibnle , Avitc V» Invit «onlii» , pw les portes «*«coide.
Lutrin, chant iv.
PiuitTTE , dan» aon stylo comiq^ae , dit ; Une goutte de bon sens '.
he feu a plus servi encore aun oratents et aux poètes. On les Toit ainsi tour à tomr allumer une gaenre* ;* échauffer les esprits'' I enântenier le courage par la pri^ère et par les reproches^.
« Voyez ces Tases de cristal I c^est leur £raf;ilité qoi met > le feu au prix auquel ik sont vendus ' ! »
SÉnàQVE, Traité des Bienfaits, 1. th.
Yarron ayaiït entendu dire qu'un de ses voisins de camfa^fgM retirait de ses paons un produit annuel de soixante mille sesterces , il se sentit hriiiké » cakinë même da désir vicient de faire par luirméme un aussi énorme profit *• Em trttLts de (en , soudaia > IVm ▼•it stw son vissf <» Co^irir qnf rougear du plus heiwciu pr^ge .'•
lies anciens poètes diseoft du feii tout ce qu'on dit d'iin animal vivant; ils le font nattre, vivre, mourir , boire, manger, dévorer, dormir, s'assoupir, se nourrir, etc. > et beaucoup d'autres choses qu'on ne rendrait pas en français : car, comment pourrait-on traduire littéralement pe vers
< CoBBÎUi gatta.
» Ipfandnm accendere beUum-
YiRGii.. , JEn. XII.
I Animos incendit agrestes.
lilem y ibid. viii.
4 Nune prec« , nunc dictis virtutcm accendit askarif.
Idem , ibU. x.
^ Video istic erystallina , quorum aecendit firagilitat pretium. f Excandefecerunt cupiditate.
7 Gui plurlmus ignem
Sdbjeeit nJwr , t* eiklMts'p*' («a «aeariit.
V^aaiL. , JEutid. xn.
I>ES HÉTAPBORliS. iSl
de VÈaBn^ie but les globes de £eci élevée par FElii») et qui ▼ont lécher les étoiles ' ?
La Métaphore peut aller et sVppliquer eacore d^un éké» ment à l'autre. Dans les poète» grecs , une explosion de r£tna est un fleuve de feu *. Viioile peint ectte montagne qui bouillonne en flots enflamnés, quand elle a brisé set fournaises '.
Les anciens poètes employaient fréquemment le nom de Jupiter , pour l'air ; de Neptune , pour l^au ^ de Vnlcain , pour le feu ; et de Cybèle , pour la terre. Mais ils poussaient beaucoup plus loin les attributions des Dieux qui pouvaient figurer les premiers élémens. Quel usage Ovide en a fait dans la plus belle de ses Fables , celle de Proserpine ! « CTest » un emblème de la semence du blé , qui d'abord s'élève à » peine de terre. File est fille de Gérés et de Jupiter ; c est- » à-dire que le froment est une production de l'air et de » la terre. Elle est enlevée par Pluton , et descend chez » les morts j c 'est-â-dire que la semence est enfouie dans » les sillons et qu'elle y meurt , en quelque sorte » avant de j» se reproduire. Elle passe six mois aux enfers et six mois j» à la- clarté du jourj autre allusion au bled, qui reste » caché sous la terre dans les mois d'hiver, et qui gerse » et mûrit dans les mois du printemps et de l'été , etc. SiWTnAjiGE ,, note sur les Métaa». » ékvai ▼.