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Des hommes , dont on prête les organes ou les usages à des ^ choses inanimées,
L'Anthropologie est le faible de notre humanité. L'homme se compare avec tout y ramène tout à lui, et vent partout se retrouver.
Ainsi, la mer a quelquefois un visage tranquille; ainsi, dans Claudiei* ,
La terre réjouie a coaronné son roattre '•
Ainsi , Ton a fait de la Gloire la fille du travail * ; de la Philosophie , la mère des bonnes actions et des bons dis* cours ' ; et de la Volupté , celle de tous les maux <.
Pli RE se permet de douter si la nature a été pour l'homme une meilleure mère , ou une plus triste marâtre '.
Q. SKXTts Samhovicus compose, en quelque sorte, à l'estomac , une espèce de royauté sur le reste du corps :
Oui : des meinl>re8 divers Pestomac est le roi ;
Sa vigueur les soutient et leur donne la loi ,
Tandis ^*on les voit tons languir de sa faiblesse,
Dm Siam du cerveau U force et la souplesse ,
> • Bominum gavisa coronat
Terra suum. Glaudiàn, cons. Prob, * Laboranti debetur divinitùs proies laboris gloria. ( if. B. CicÉROir a traduit ceci du grec. ) Mtilosophia benè factorum mater , benèque diciorum. Idem* Toluptas malorum omnium mater. /clem, f Pwreos melior hominit , an trutior noverca fuerit.'
Plot., vxi, i.
DES MÉTAt^fiOROS. \y t
Tout vient de restomae , qui , &it pour gouTemer » Peut tout eutre tenir et peut tout miner '.
Les Poè'tes se sont joues sur toute sorte de sujets. Le père DE LA Samte a fait 4^ux amis des deux boules » blanche et noire, qui sont les objets du Jeu de Billard. Ce poé'me latin est rempli d'esprit et de grâce. 11 y en a plusieurs composes dans le même genre , et qui n'ont pas encore ëte traduits en vers français.
Nous sommes dispensé d'entrer dans un plus grand de^ tail sur ce neuvième paragraphe, qui }teut se rapporter aux prosopographies , dont nous ayons déjà parlé ci-^dessus. Nous sommes pressés de finir, et craignons de nous répéter.
§ X et dernier.
Des ouvrages de Vart , qt^on applique a des êtres animés , ou a des choses purement intellectuelles.
Cette source de Métaphores serait très-curieuse a suivre depuis l'origine des arts, dont elle marquerait les pas et les divers progrès, par les Tropes auxquels ils ont donné lieu , à mesure qu'ils se sont introduits et que leur langage technique s'est glissé successivement dans la langue usuelle. Mais nous ne pouvons nous charger d'une tâclie si étendue. Bornons-nous à quelques exemples.
Les attributs donnés aux Dieux de la Mythologie furent empruntés des produits qui étaient les pl^us remarquables dans l'enfance des arts* On divinisa donc
Ce qui sembla d*abord émaner du génie ,
La lyre d^ÂpoUon , la sphère d^Uranie , etc.
Pluche a prouvé que la Navette des premiers Tisserands est un emblème très-fréquent dans les hiéroglyphes^ des anciens Egyptiens. \
La scie est pour Aristophane le sujet d'un Trope eau-
' Qui stomachum regem totius corporis esse Gontendunt , verâ niti ratione videntur, etc.
Corp. poet. Tcter. 19, digestioni etstomacho medendo.
173 SOURCES ET INFLUEirCE
stique. Dans les Guêpes, il peint un juge qni vend son suffrage à un accusé , et il ajoute : « Ce juge ne s'en in- » quiète pas autrement ; mais il Ta tranquillement parta- » ger avec un de nos Archontes le prix d'un tel marché. 3) Ainsi tout s'arrange à Tavantage commun. C'est une » scie qui voyage de l'un à l'autre manœuvre , et qu'ils se a) renvoient fidèlement. » ( Comédie des Guêpes , act. m 9 scène i^*. )
Les premiers miroirs ont été un objet d'admiration. OwEir en peint l'effet dans une de ses épigrammes :
Le mouvement ne peut être pemt par Ap elle ;
Phidias ne peut le sculpter ; C*est-ce que le miroir, artiste plus fidèle ,
Sans efforts sait repre'senter '.
Un empereur Chinois qui avait perdu son ministre et qui le regrettait , a fait , à ce sujet , une allusion au miroir :
r^oug avons trois miroirs : celui qui sert aux belles
Lorsqu'elles veulent se parer ; Celui des bons auteurs , propre à nous éclairer Par leurs livres , qui sont nos conseillers fidèles } Et le troisième enfin , qui vaut encore mieux ;
Celui des amis vertueux , fios maîtres de conduite et nos vivans modèles.
Les moulins à eau et à vent ont occasioné aussi beaucoup de Métaphores. Un proverbe espagnol applique satiriquement cette idée d'un moulin à l'eau, contre un noble dégénéré qui vante ses ancêtres :
Oui , vos aïeux avaient des vertus signalées ; Souvenirs irapuissans contre votre déclin :
Est-ce avec des eaux écoulées Que Ton fait tourner un moulin * ?
On connaît l'Horloge de sable , Poème ingénieux et moral, par nE Caux (Ann.poét., tom. xxxviii, p. io8-ii3.).
? Fingere non Phidias , nec Apelles pingere motum , Novit : tu Phidiâ plus et Apelle facis I
* Con aqua passada , non muele molino. K^ren. eastîlL