‹ Les tropes ou les figures de mots: poème en quatre chants. Avec des notes, un extrait de Denys dChapitre 6 sur 41 · CHANT DEUXIÈME. IJ · texte numérisé non relu

CHANT DEUXIÈME. IJ

Qui n'a pas retena les vers pleins de tendresse « Prière qu'au dieu Pan Deshoulières adresse , Peignant ses orphelins avec tant d'intërét , Dans ces chères brebis qu'elle quitte à regret ^?

Horace, qui voyait la première des villes Prête à se replonger dans les guerres civiles , Conjurait ce vaisseau par les vents déchiré , De voiles et de mâts presque désemparé , De n'aller pas , à peine échappé du naufrage , Déâer de nouveau les écueils et l'orage *.

Hélas ! notre navire a craint le même sort :

Satira-t-il jeter Fancre , et se tenir au port ?

Ainsi tout fait image , et la nature entière A ces comparaisons peut fournir de matière.

Par les premiers humains ces rapports découverts , Semblèrent à leurs yeux agrandir l'Univers ; Dans les temps reculés , tout fut métaphorique ^ ; Et j sous l'abri commun d'un voile allégorique j

1 Dans ces prés fleuris ,

Qa'arrose la Seine ,

Cherchez qui tous mène.

Mes chères brebis , etc.

(La même.)

a « O naris , réfèrent in mare te noyi

w Fiactas! etc. n

HoKAT* L. 1 , od. i4*

' Vossiirs a indiqué cette vérité , susceptible de beaucoup de développemens. Ces détails sont trop étendus pour une note au bas de la page; mais comme ils font raieux sortir

r& LES TROPBS.

La Nature , et l'Histoire , et la Fs^Ie , autrefois Mêlaient leurs attributs et confondaient leurs yoix. Que d'absurdes récits ne faut-41 pas admettre , Si dans l'antiquitë Fon prend tout à la lettre ! Mais si de son esprit Pon se pénètre mieux , De quels traits de lumière eBe éblouit nos yeux I On voit la fable alors dépouiller Timposture y Interpréter l'histoire , expliquer la nature , Et , des traditions débrouillant le cbaos y Reporter notre idée aux siècles des béros.

Les Tropes éclaircis sont la seule méthode D'entendre Orphée, Hermès, Zoroastre, Hésiode *. Vous lisez , avec eux , dans le ciel étoile Les noms de tous ces dieux dont Terreur l'a peuplé. Cette erreur même , alors plus £gne d'indulgence ^ Ouvre le zodiaque à votre intelligence ; Vous pouvez remonter, par ce brilknt chemin , Jusqu'au berceau du monde et de l'esprit humain. Tout s'explique. Eleusis , totit haut , vous interprète De ses Initiés la doctrine secrète * ;

toute Timportaoce de réinde des Tropes , on a cru devoir les renvoyer à la fin du poème.

' Nous ayons des hymnes attribués à Orphée , et qu*on croit être d^OnoMAcRiTS j des dialogues et des fragmens , sous le nom d'HERMÈs ; le Zend-Ayesta de Zoroastre , apporté en France par Arquetilj et là Théogonie d'HésioDE, traduite plusieurs fois , mais en prose.

* U y avait les grands et les petits mystères d'Eleusis^ dont

CHANT DEUXièjtfB. ig

Aux saoyages mortels Gërès fît autrefois

Deux célestes présens : la Charrue y et les Lois ;

Eleusis consacra , dans ses fêtes mystiques y

De la société ces deux bases antiques.

Rome 9 aux courses du Cirque , avec plus d'appareil y

Crut imiter aussi la marche du Soleil *.

Souvent des fictions l^oihocente imposture De quelque vérité fut l'exacte peinture.

Eh ! qui ne connaît pas le mystère attaché A ce fameux roman d'Amour et de Psyché ? Quelle image à la fois claire , juste et piquante ^ ! Que la même figure est encore éloquente ,

les savans ont donné plusieurs explications historiques , physiques , etc. On peut voir le traite De sacris EUusinis et eorum mysteriU, dans le tome iv du Trésor des Antiquite's romaines et grecques , de Polehi. M. de Saihte-Croix , de TAcadémie des belles-lettres, a publié, en 1784, des Mémoires pour servir à Thistoire de la religion secrète des anciens peuples , ou Recherches historiques et critiques sur les mystères du paganisme^ mais je ne sais s'il a connu le livre singulier de VaUemand Hedwàrt, Admiranda ethnicœ theologiœ mjrsteria, i&àS, in-4*«

' On trouve plusieurs Traités sur les Jeux du cirque , dans le tome ix du Trésor des antiquités romaines de Geayius : j^aurai occasion d'en reparler dans la note générale sur la Métaphore , à la fin de ce poème.

* La fable de Psyché ne remonte pas au-delà d'ApoL^E. 'Elle est bien connue en France par le livre de La Fou tàiiie la comédie de Moliàke et le ballet de Gàkdel.

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