LES TR0PE
Lors que entre deux ehemias un héros combattu Laisse la Volupté pour suivre la Vertu ' !
Chez nous l'AUégorie ofiEre à^l'âme pieuse De nos livres sacrés la clef mystérieuse ; Et des. deux Testamens tel est le sens profond ^ Que le preiàier , en tout , figure le second * ! Ainsi j dans le désert, errante sous Moïse , La Synagogue était l'image de l'Église ; Et les Juifs , sur la terre aujourd'hui dispersés , . De ces types divins conservateurs forcés y
■ Cette fable , si célèbre dans l'antiquité , a été traitée de plusieurs manières. Métastase en a fait un opéra , sous le nom d'Alcide , Silius Italicus en a tiré un bel épisode de sa Guerre punique. L^auteur a traduit cet épisode, sous ce titre : Scipion entre la volupté et la vertu. Ployez le Recueil de ses fables , livre xi , fable 1 1.
Il a parlé aussi, en général, du goût des Grecs pour l'allégorie , dans une pièce de vers assez étendue , sur la Littérature et la Mythologie grecques, servant de prologue au dixième livre du même recueil , imprimé chez M. P. Dîdot Taînë, a volumes in-ia, i8i5.
' Cestle su jet d^un poème latin, du père Milieu , jésuite, en Tingt-huit livres, intitulé : Moïses t^iatort seu imago milUantis Ecclesiœ , mosaïcis peregrinantis sjrnagogœ ly^ pis adumhrata. Lyon, i636, 1639, ^ ^^1* in-^®* 9 ouvrage trop loôg , mais où il y a de belles choses , ignorées et perdues, comme il s^en trouve beaucoup dans tant d'antres poètes latins , modernes , qui n'ont plus de lecteurs. On pourrait du moins nous les faire connaître en partie , par des extraits, qui seraient agréables et intéressans. Ce serait une mine toute neuve et riche a exploiter.
Ont gardé le dëp6t de chaque prophétie , Où fut d'avance écrit le règne du Messie»
Mais d'un si grand sujet mon yers n'ose approcher : Bossuet , ou Pascal ont seuls droit d'y toucher '.
L'Allégorie aux arts est aussi familière £t seml)le du pinceau la langue auxiliaire.
Ainsi parlent aux yeux des muets et des sourds , Les gestes dont Sicard sait leur faire un discours. L'Egypte avait jadis créé l'art des emblèmes. LesGrecs,les vieux Toscans, les fiers Romains eux-mêmes Adoptèrent cet art , qui peut , à volonté y Sur l'argile pétrie , ou sur l'airain dompté , D'un corps visible à l'œil revêtir la pensée ; Sous leurs mains , la nature était toujours tracée : M ëdaiUe , vase ^ ou meuble , ou plus simple instrument , Tout était figuré , tout fesait monument.
Plus d'mi moderne artiste a marché sur leurs traces -, L'AIbane a fait revivre et Vénus et les Grâces ;
* \ojafi dans le Discours de ^ossuet sur l'Histoire uniyerselle, deuxième partie, § ]3, /e rapport qu'il y ^ entre les divers livres de t Ecriture ; et dans les Pensées de Pascal le chapitre la, des Juifs -y le chapitre la, des Figures \ et le chapitre i3, que la Loi était figuralife.
On n'a fait que glisser ici sur ce sujet , parce qu'on sait que c'est une matière à controyerses , du ressort de la théologie et non de la littérature ordinaire. L'abbe' Fleurt a relevé , avec son impartialité ordinaire , l'abus que l'on fe-. sait au dixième siècle » des allégories dans les saintes écritures. (Hist. Ecclés. Discours t, ^ ii, tom. xyii.) .
2t LES TROPES.
Et le Poussin, habile à tout représenter ,
Dans l'heureuse Arcadie a su nous transporter '.
Mais tout symbole pris d^une chose connue,
Doit avoir sa valeur d'avance convenue :
Car l'œil du spectateur est bientôt dëtaché
De tout hiéroglyphe obscur ou recherché *.
La clarté ! la claité ! c'est la règle première ;
Et ie style , et les arts , amis de la lumière ,
La font , comme un jour pur , pénétrer dans nos jeux.
L'esprit est plus touché de ce qu'il comprend mieux.
' Allusion au célèbre paysage, peint par le Pocs^ia, et où il a placé bn tombeau , arec cette inscription si touchante : £t in jireadid ego !
Et moi , ie £at aawi dans Thenreas* Areadie !...•
' Il nV a presque pas un Tropè dont on ne puisse faîr« l'histoire , en le suivant chez tous les peuples et dans toutes les langues. L'histoire de PAllégorie serait surtout très -curieuse. On trouverait , à cet égard , de ricbes matériaux dans le Recueil de FAcadéiaie des inscriptions et belleslettres. On y voit le principe du penchant que les anciens ont en pour cette figure ; bm^ donne les raisons physiques du mém^ penchant chez les Orientaux ) on rappelle le succès avec lequel elle a été employée par Homère , par Platon , etc. Il y a des Dissertations de Tabbé Vatkt et de La Barbe sur la question de savoir si Tallégorie morale est de l'essence du poème épique. On pourrait y joindre TEssai de Warborthoh sur les hiéroglyphes des Egyptiens , traduit de Tanglais , Paris, 1764 } l'Essai deWiiiR.ïLMAir!r, que Ton a déjà cité ; enfin la Galerie mythologique de M. Milliit, de TAcadémie des belles-lettres , recueil précieux des moiiumens qui peuvent servir à Tétude de la mythologie , de
CHAIYT DEUXIÈME. 23
Chaque rëcit d'Ésope est une allégorie.
La Fable ' avec le yrai constamment s'j marie. Du corbeau le renard est le rusé flatteur ; Le loup , du faible agneau , se fait Taccusateur. Par le plus petit trou la belette , à jeun ^ passe ; Mais elle ne peut plus sortir^ étant trop grasse *. Avec l^omme, du cerf le cheval s'est vengé ; Mais du frein qu'il reçut rien ne Ta dégagé ^. Quoique bien ancien , le masque de ces bétes Ressemble k bien des gens et coiffe bien des têtes. Des renards en crédit , et des loups , gros messieurs 4 y Cherchez en tout pays , vous en verrez plusTeurs !
rbistoire de Part» de Tantiquité figurée, et du langage allégorique des anciens, a^ec i8o planches. Paris» iSii , a vol. in-8*.
■ La Fable, appelée apologue par Arîstote, et ntythe par d'autres écrivains grecs. En français , Fable est le nom générique. On dit aussi apologue , dans un sens plus res* treint.
MoKTEif AULT - o^Eglt a lu , en 174^, k T Académie des inscriptions et belles-lettres, un Discours sur r Apologue ^ mais il n^a pas approfondi son sujet , et THistoire de la Fable est encore à faire.
> HoRAT. Epist. 1 , 1. 1, vers. 99, 33.
' Le même , Ep. 11 , 1. 1 , vers. 34 , 4^ •
4 Ceux do loup, gros messieurs, l'ont fait apprend» à liire.
La FonTAziiB, F«bles , xn, 17.
Tf, B, Ce vers de La Fortaihe est charmant \ mais il y a une petite vétille de grammaire, qu^on n'a pas remarquée. L'exactitude voudrait, lui ont fait apprendre a lire.
C'est peu des animaux ; tout parle dans la fable. Elle nous a transmis le débat mémorable Que rdivier jadis eut avec le laurier ' ; Celui du jour de fête et du jour ouyrier ^ ; Et miUe autres récits dont Fenfance est cbarmëe. La raison , par Esope , en jouant est formée ; L'éloquence avec lui fait ses premiers essais ; JEt qm sait bien conter écrit avec succès ^.
Ce talent naturel fut , dans le moyen âge j De nos premiers rimeurs le joyeux apanage ^ ;
On ne fait pas apprendre quelqu'un, mais à quelqu'un. D'Ablahcoort y écrivain pourtant trés-correct , avait fait la même faute , en disant : // apprit des singes h danser , au lieu qu'il voulait dire » il apprit à des singes à danser,
i Apologon audi I pradicatar à priacis Ljdis , oliyam liligâfise cum lanro In monte Tmolo. O. Ex. Gai<i>ikacb*
* Ou plutôt du Jour de fête et de son lendemain; car c'est ainsi que cette fable est contée par Plutarque , dans la t^ie de Thémistocle»
' On ne saurait trop insister sur cette vérité que l'auteur a tâché de démontrer dans plusieurs notes du Recueil de ses fables et contes dédiés à Ésope. L'auteur n'a même consenti à cette impression de ses Fables , que dans le dessein d'être utile à la jeunesse studieuse , pour laquelle il a fait aussi le poé'me des Tropes.
^ Le comte de Catlus a fait un très-bon Mémoire sur les fabliaux , lu en 1 746 à l'Académie des inscriptions et belles- lettres, et inséré dans son Recueil» tom. xx,'pag« 33a, 357.
Il définit le fabliau un poëme qui renferm e le récit ék-
CBANT DEUXIÈME. a5
Bocace en Italie emporta leur esprit * , Trésor que La Fontaine à son tour lui reprit •. Parmi ces vieux conteurs , les uns , sans retenue , Se livraient trop , sans doute , à leur verve ingénue ;
gant d'une action inventée , petite , plus ou moins intriguée , quoique d^une certaine étendue , mais agréable ou plaisante, dont le but est d'instruire et d^amuser, pag. 357. H analyse surtout un manuscrit de la bibliotliéque Saint- Germain-des-Prés , n®. i83o , vaste recueil de ces fabliaux, écrit dans le treizième siècle , et contenant plus de cent cinquante mille vers.
Les auteurs de toutes nos Histoires de France^ excepte, je crois , Tabbé Millot , ne paraissent pas avoir connu ces premiers monumens de notre poésie et de notre langue, qui furent , pendant plusieurs siècles , Tamusoment et prèsque la seule littérature de nos pères.
Le cardinal de Berhis rappelle en deux mots, les troubadours du Midi , et les trouvères du Nord, dans le chant de l'Hiver, de son poëme des Saisons , en peignant une veillée de village : ^
La romance et le fabliaa
Nous content leurs douces sornettes ;
Ici, les fastes de CUo
Se com|»osent de chansonnettes*
< Catlvs observe qu'on trouve dans le Décaméran «!• BocACE , plus de dix nouvelles ,' qu'on voit , ou absolument semblables , ou composées des seuls fabliaux de ce manuscrit de Saint - Germain - des - Prés , indépendamoient ' de mille autres détails , etc.
» Quand La Fontaine a copié Bocage , il n'a donc fait que reprendre à Tltalie ce qu'elle avait reçu de la France.
Catlos établit, au reste, que La Fontaine connaissait nos vieux fabliaux , ainsi que IUbeulis et Molière, qui en ont également profité.
L'énigme ' , plus obscure et toujours plus futile , Donne , à qui la déchiffre , un plaisir inutile. Faut-il être Apollon pour voir au fond d'un puits Les espaces des cieux à quelques doigts réduits * ? Aux énigmes du Sphinx Œdipe dut sa gloire .
Les rois du bon vieux temps , si l'on en croit l'histoire , S'envoyaient , par défi , des énigmes entre eux ; Et ces combats , du moins , n'étaient pas désastreux. D'un mois à l'autre encor , ces querelles obscures De vers entortillés farcissent nos Mercures ; Mais le goût , ennemi de tous déguisemens , Craint la contagion de ces amusemens.
Quand le faux bel-espiit montait sur ses échasses , Un miroir fut pour lui « le conseiller des Grâces ^. * Quelques auteurs ont pris ce genre maniéré ; Ils ont fait d'un exploit «< un compliment timbré ^ ; » D'un mauvais bâtiment <« un solécisme en pierre ^. » L'aiguille d'un cadran est « un greffier solaire ^ ; »
' L'i'n'gme est appelée par Quihtiliew AlUgoria obscw rior, une allégorie plus obscure , et par conséquent bien opposée à la clarté, qui est la première qualité d'un boa style.
=> Die quibas in terris , et eris niihi magniis ÂpoUo, Très patcat cœli spatium non nmplius nlnas* YiaGii.* Ëclog*
^MotiËRF., Précieuses ridicules.
* toorheii..
* Balzac-
« Là MoTTE-HovDABDy Fables.
CBANT DEUXIÈME. 29
Une haie , à leurs yeux , se transfonne soudain
Et se personnifie en « Suisse d'un jardin *. »
Dans leur style galant , ils disent à leurs belles :
« Vos yeux sont les foyers pu nous brûlons nos ailes ^. »
Leur élégance abonde en madrigaux diserts y
Sur un nez , qui « n'est pas troussé pour les déserts^. »
S'ils peignent de Titan l'enfance éblouissante ,
Us font « a'acber du feu de sa bouche naissante 4. »
Des astres dans le ciel les globes circulans
Deviennent , dans leurs vers , « des miracles roulans^. »
La nuit leur fait paraître , aux bornes de la plaine ,
« Et les rivières d'encre , et les arbres d'ébène ^. >»
1 La. Motte-Houdard.
* Yos jeux sont des foyers ardens Où j'ai failli brAler mes ailes « Et d*où partent des étinceUes Sar le salpêtre de mes sens.
DOEAT.
s Son petit nés qne j'idolâtre
N'est pas troussé pour les déserts*
Le même , épitre A mademoiselle Panier»
* Cest CbAUDiER qui peint ainsi l'enfance dn soleil.
Primo dementior aevo
Fingitnr , et len«ram vagita despuit igné m.
Glavdxeh , de rapt. Proserp. , !. 9.
* GoBEAu , qui fait un logogryphe de chaque stance de ses cantiques. Il appelle la lune
L'inconstant soleil de la nuit.
> Le P* Lemotse, je'suite.
3o LES TROP E 5.
Que si le rossignol , à Tenyi du pinson , Dans cette obscurité répète sa chanson , Ils font de ces oiseaux « des syrènes yolantes ^ » Et des ladis animés , et des orgues virantes \ i* Sur le mot le pbis simple ils savent raffiner : Tout ce qu'ils veulent dire , le faut deviner» Malheur à qui s'égare en suivant <;es phosphores. Et pour des feux réels prend de vains météores * î L'éclat des faux-jïriHans , qui vent nous éblouir. Est dans l'obscurité prompt à s'évanouir.
' Poème de la Madelène , par le P. Pierre de Sàiht- Louis.
Au surplus , ce Carme pouvait s^autoriser de l'exemple de la Pharsale, où les corbeaux qui ont fait curée du aan^ des Romains y sont appelés- par Brébeuf ,
Des tombeaux animés, do» tépalcreê yolans.
Ailleurs Brébeuf appelle encore cet amas de traits que deux armées lançaient Tune contre Tautre , Un nnage homicide et des meurtres volans.
Kacine le fîts remarque , sur cette hardiesse, qu'elle déplaît, quoiqu'elle soit ingénieuse, et qu'il en est de même de celle du Cavalier-MARiir , lorscfu'îl appelle le rossignol
Son volant , voix en plum» et plame harmooieoae , Ou quand il nomme la rose ,
L'œil dn printemps , la flenv dcsflannles plu» chéries , Frfinelle d« l'amour «t poorpro des prairies.
« Nous condamnons ces images que l'esprit seul Ta cher- M cher bien loin , et que la nature ne présente pas. » ( Mémoire sur le style poétique ou le langage figuré. Acailémie des inscriptions et belles-lettres, tom. xv, pag. 229. )
* Le mdme professeur de Bâle , déjà cité ( note i de la
CHANT DEUXIÈME. 3l
Fuyez, comme un écueil, le style ënigmatique l Le Proverbe ' est l'éclK) de la sagesse antique ; Tout peuple a ses dictons , oracles du bon sens ; Mais il faut distinguer ceux, des honnêtes gen».
pag. 3), a fait aussi en latin une excellente dissertation /)e nieteoris orationis.
Il dëflnit , diaprés LovGiif et autres , les météores du dis^ cours des expressions emphatiques et guindées , qui paraissent sublimes au premier coup d*œil par l'enflure qu'elles présentent , et qni sont , en effet , ykl<^ et vicieuses. Il se moque des gens qui ne peuvent parler sur rien simplement et sans figures. Il en cite des exemples, et entre autres celui d^un pédant, amateur du phébas, qni disait à son domestique : loi tfui es mon wjérieurf tippuie'4x>i sur leê colonnes qui soutiennent Védijice de ton cnrys , et me délivre des dépouilles de ce bœuf mort. Il ifoulait que son valet lui tirât ses bottes.
Wer^jifels loue la nation française d^a Voir rejeté tout ce faux clinquant , où il n y a ni esprit ni jugement. Il craignait , il est vrai , que notre naturel , fort enclin au changement , ne nous fit bientôt perdre ce bon goût. ( L^auteur écrivait en 170a. )
On peut lire ce que Boileau disait de cet ouvrage dans ses lettres à Brossette, du 9 octobre 1708 et du i5 mai 1709. (Œuvres de Boileau, tom. m, pag. 333 et 339. ) Mais il paraU que Boileau n'avait pas vu Touvrage même , et n'en parlait que sur le titre.
' Le Proverbe était appelé en grec tantôt Tra^i^ûe, tantôt 7vo)pi. C'est , avec la Fable , le seul Trope dont le nom latin ait prévalu dans notre langue sur les noms grecs. On dit aussi adage, qui vient également du latin : \Jadage paratt plus savant, et le proi^erbe plus vulgaire. Quant an mot degnâmè, le français le rend ^v sentence.
Le picard Pefit-Jean se croit un bon apôtre , Parce qu'il fait claquer son fouet tout comme un autre ', La satire , à son gré , nommant tout par son nom y Appelle un chat un ckat ; et Rolet un fsipon K Ne méprisez pas trop ces vulgaires adages Parvenus jusqu'à nous à travers tous les âges ï Cette vieille monnaie a ce^servë son cours.
Quand nos premiers aïeux en ornaient leurs discours ^ Leur langage naïf ^ exempt de toute emphase y De Tépargne des mots enrichissait la phrase ; Et leur expérience , utile au genre humain y Allait droit à son but par le plus court chemin : Le Proverbe , en tous lieux , peint l'esprit populaire ^« Mais , souvent plus soigneux dlnstruire que de plaire,. )1 devient trivial ; et , par ce mauvais ton , Sancho dégrade un peu son rôle de Caton.
' Racine , les Plaideur».
^ BoiLEAu , Satires.
' Cest ce que l'auleur a essayé de prourer : i **. dans ses* Lettres sur les Prouerbes français , qui ont été publiées par feu M. Domergue ( Journal de la langue française , \n~^.) ;. 3^. dans Textrait des Proverbes de toutes les nations , relatifs a Vagriculture. ( Notes sur le premier lieu du Théâtre d^agrieulture-j d'OuviER de SEaaEs , édit. in-4°0 L'auteur ( 9père développer davantage cette philosophie populaire , dans un recueil de pensées choisies et de proverbes mis eu vers , recueil «qui formera des Etrermes classiques , et qui sera publié sous ce titre.
CHANT DKUXiSme. 33
Éleyons-nous plus haut ! Nos muses , plus polies , Offîrent de la raison les règles embellies :
Leurs vers qu'on sait par cœur ef qu'on aime à dter , A de bons sentimens sont faits pour exciter.
Les lois de la césure et le charme des rimes , Des poètes français propageant les maximes ^ Les ont fait devenir « Proverbes en naissant *» » Jadis des vers Scandes le mètre plus pressant Fesait encore mieux voler de boucbe en bouche Ces oracles rendus sur tout ce qui nous touche. Ce ne sont pas toujours des Tropes , je le sais ; Ce sont au genre humain des conseils adresses ^ Qui , laissant dans leur route une trace profonde , Sur leurs pieds mesures , ont fait le tour du monde. Pourrai-je , sans gâter leur style original , Évoquer Perse , Horace , Ovide , Juvénal * ?
Leur talent ne peut être un bien qu'on s'approprie ; Mais leur sens me pénètre , et comme eux je m'écrie : O frivoles soucis ! ô frêle humanité !
Dans quel vide se perd ta folle vanité ^ I
* BoiLEAU.
* On aurait pu faire une moisson aussi précieuse dans les poètes grecs ^ mais comme ils ne font pas partie de renseignement public actuel, on a cru devoir s^en abstenir ici. L*on pourra être moins rësenrë dans les Étrermes clas^ siques .
^ O «ura« hominara I ô quantum eat in rebns inane I