I-ES TROPES
Sais^tu quel est ton but, et quel plan tu dois suivre * ?
Tu mourras , souviens-t'en! l'heure fuit : songe à vivre ^ !
De Gérés dans tes champs tu recueilles les dons ;
Mais ces champs négligés s'épuisent en chardoBS.
Cultive ton esprit ! sa moisson sera riche.
La ronce y naît bientôt , si le champ reste en fricbe ^.
Le mal seul s'accrédite avec facilité :
Nous gardons pour le bien notre incrédulité ^.
Comment se fait-il donc que toujours , dans la vie ,
Au sort de son voisin tout homme porte envie ,
Que contre la foitune on aille disputant ,
Et que de son choix propre aucun ne soit content ^ ?
Rien de trop , dit en vain la sagesse réglée.
Rien n'est jamais asseE , dit la foule aveuglée*
Louis Racitve a traduit ainsi ee vers de Perse :
Faux honneurs I vains travaux I Tr^is enfans qo« roti» étet ^ Que de vide, â mortels , dans tout ce que vous faites I
(La Religion, chant vi. )
■ Est aliqnid qnè teodis, et in qaod dirigis arenm ?
pEriNOS , Mt. 3.
3 Vive memoT letbi I fugit hora.
Idem.
* Neglectis urenda filix innascilar agris.
HqxaT' , sat. 5,1. 1.
4 Sed nos in viliiim ctodvla turbaanmus.
OviD.
' Qui fit , MflBcenas , Qt oemo , quant sibi sortent Seu ratio dederit, seu lois objecerit , illâ Contentut vivat , laudet diversa séquences?
HoiUT., sat. 1, L K.
Augmenter sa fortune est le premier devoir y Puisqu'on nest , après tout , qu'autant qu'on peut aToir \ De mille humains , à peine en est-il un qui pense Que la vertu dans soi trouve sa récompense.
On veut être payé pour être homme de bien ; Et c'est corvée alors que l'on n'y gagne rien*. L'oisif ne saurait être avec lui*>méme mie heure ^ Mais il a beau se fuir, son vautour lui demeure. Il joue y il boit , il dort, il cherche à s'^ter ; Son repos inquiet ne sert qu*a l'agiter ^.
La loi que sous portons sur les fauites des autres y Qu'elle nous paraîtrait injuste pour les nôtres ! Nul mortel sans défaut ne s'est vu sous les cieuic y Et le meilleur de tous n'est que moins vicieux ^,
I At bona pars hominum , decepta cupUme faiso , Vil saUs est, inquit , quia taati , quantum habeas , sia.
HoRAT. , I. I , sat. X .
* I7on facile inreniet multfcBè millâtm untim Yirtutem pretii qui put et ewe sui. Ipse décor recti facti y ei pramia demas , lïoa m9TCt y et gratii poenitet «ne pium.
Ovi». Pomt. 11.3. 14.
s Âdde , quod idem
Non horam tecum esse potes y non otia rectè Ponere , teqae ipsnm vitas fugitivus et erro ; Jam TÎno quaerens , )am somtto fallere curam : Frufltrà : HoRAT. , sat. 7, l. 2.
4 Qn&m temerè in nosmet legem sancimus iniqaam ] Nàm vitiis sine nemo nascitur : optimus ille est
Qui nùnimis urgetur
Idem y sat. 2^1. t.