‹ Les troubadours de ToulouseChapitre 22 sur 83 · Ed. ANGLADE, XIV · texte numérisé non relu

Ed. ANGLADE, XIV

se permettre ces folies? On ne saurait l’affirmer ; mais 1} semble qu’il en fût bien capable.

À ce poète original, remuant, actif et inconstant, il restait à tenter une dernière aventure : celle du mariage. Pendant son voyage en Orient, il épousa une Grecque de l’île de Chypre. Elle devait être belle, comme toutes les Grecques. Mais elle avait une qualité qui la distinguait des autres. On fit croire à Peire Vidal — à moins que ce ne fût elle-même qui le lui ait insinué — qu’elle était nièce de l’empereur de Constantinople, le célèbre Manuel Commène. [1 n’en fallut pas davantage pour raviver chez Peire Vidal la folie des grandeurs. Déjà il s’était fait chevalier lui-même. Le voici maintenant qui se nomme empereur! « Il mit toute sa fortune à équiper une flotte, car il pensait aller conquérir l’empire. Il se faisait appeler empereur et sa femme impératrice.… 11 menait de riches destriers et portait de riches armes, un trône et une tente impériale, »

Peire Vidal doit avoir fourni par ses poésies la matière de ce récit, car il parle souvent de son «“ amour impérial », et dans une tenson avec le Marquis Lancia, celui-ci se moque durement de cet empereur imaginaire?

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