‹ Les troubadours de ToulouseChapitre 24 sur 83 · Un des héros de la Table Ronde · texte numérisé non relu

Un des héros de la Table Ronde

Quand je suis en armes sur mon cheval, je mets en pièces et j'anéantis tous ceux que je poursuis. J’ai pris à moi seul cent cavaliers et j’en ai dépouillé autant. J'ai fait pleurer cent femmes, j’en ai fait rire et amuser cent autres!. »

Fanfaron et vantard, fou ou demi-fou, agité et vaniteux, tel nous apparaît en gros ce troubadour toulousain du xr° siècle.

Et cependant ce fut une nature de poète, un homme à l’imagination vive et sensible, qui eut beaucoup d’esprit et peut-être beaucoup de cœur ; etil a dit sur l’amour de très jolies choses, qui n'ont d’égales que celles qu’il a dites sur la cour- oisie.

Et d’abord, qu'’a-t-il pensé de l’amour ? et comment cet esprit original a-t-il traité ce thème?

On va répétant volontiers que la poésie des troubadours est trop impersonnelle et artificielle. Quand on connaît un troubadour, on connaît la plupart des autres et la perte d’une partie de la poésie méridionale — les poésies historiques exceptées — n’est pas aussi regrettable qu’on serait tenté de le croire. Ces idées nous les avons exprimées nous-même; nous ne les croyons pas absolument justes.

Sans doute, la théorie de l’amour courtois est toute

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