Ch. XLIII
— "48 — formée de très bonne heure : elle est assez simple en somme et se ramène à quelques points essentiels, qui se laissent facilement isoler. Les troubadours s’éloignent peu de cette théorie, qui n’a que légèrement évolué dans le cours du xn° et -du xim® siècles. Cependant la fantaisie individuelle de certains d’entre eux y a apporté sinon quelque changement important dans le fond, du moins quelque modification dans la forme. Souvent même la personnalité du poète transparaît dans son œuvre; et il n’est pas rare enfin que, là où l’on attendait limitation ou l’artifice, on découvre la vie ou l'apparence de la vie et de la sincérité, ce qui, en poésie, revient à peu près au même. |
C’est précisément le cas pour Peire Vidal. On trouve chez lui la théorie de l’amour telle qu’elle était formée de son temps et nous allons en relever les principaux traits; mais on y trouve aussi quelque chose de personnel, de vivant et d’imprévu.
Montrons d’abord comment Peire Vidal se conforme très sagement à la théorie de l’amour cour- ‘ tois. Le troubadour se considère vis-à-vis de sa dame comme un vassal ou comme un chevalier vis-à-vis de son suzerain.
En principe la dame est orgueilleuse, la puissance et Ja domination n’allant pas d’ordinaire, du . moins en ces temps anciens! sans quelque orgueil.
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