‹ Les troubadours de ToulouseChapitre 27 sur 83 · EE · texte numérisé non relu

EE

héroïnes de Corneille ressemblent par plus d'un côté aux femmes chantées par les troubadours.

Ces soupirants respectueux n’arrivaient pas d’emblée à leurs fins. On les faisait attendre longtemps, très longtemps. Et Peire Vidal, malgré son caractère vif et nerveux, dut patienter comme les autres. Et comme les autres aussi 1l s’est comparé souvent aux Bretons, qui attendaient depuis des siècles le retour de leur vieux roi Arthur. Un des plus gracieux contemporains de Peire Vidal, Rigaut de Barbezieux, avait joliment exprimé cette pensée : « Celui-là se connaît peu en amour qui n'attend pas patiemment sa pitié; car amour veut qu’on souffre et qu’on attende; mais en peu de temps il répare tous les tourments qu’il a fait souffrir. » « Patience est le mot magique, le talisman devant lequel s’ouvre le cœur de la personne aimée!. » Tous ces traits et beaucoup d’autres, on les retrouve dans Peire Vidal : et par là il ressemble comme un frère aux autres troubadours de son époque.

Mais à tout instant sa nature originale le fait s’éloigner des sentiers battus et des thèmes convenus, On sent qu’il n’a pas chanté une femme idéale et mystique, développé un simple thème poétique. ‘Il a décrit des femmes réelles, dont la beauté l'a frappé, il a vu des veux clairs et rieurs, des cou-

Page 1