Diez dans J. ANGLADE, Les Troubadours. p
leurs fraîches et vermeilles, des nez bien faits et moqueurs, des sourcils noblement arqués, des bouches fraîches et roses, des poitrines bien faites et : des tailles élégantes : tout cela il l’a vu, 1l la con-. templé et il Pa chanté d’un style très réaliste.
Voici quelques portraits de femmes qu’on chercherait en vain chez d’autres troubadours.
« Noble dame, la blancheur de votre teint ressemble à la neige-des montagnes et paraît de couleur rosée; Dieu vous fit d’une telle beauté que la nature y perd tous ses droits. »
Remarquons en passant ce trait de paganisme : la part prise par Dieu à la formation de la beauté féminine.
Voici le portrait d’une autre femme — de la fin du xni° siècle, ne l’oublions pas! « Elle ressemble à une rose de Pâques pour la couleur et au lis pour sa blancheur. Quand Dieu voulut la former, il y mit toute son attention, car il ne pensait pas à autre chose. En elle ont voulu revenir Amour et Courtoisie. Un regard me frappa dont jamais elle ne m’a guéri, » On remarquera encore ici avec quelle famibarité Peire Vidal parle de Dieu à propos de choses très profanes’. Ceci est de tradition chez les troubadours. Ils n’ont pas conçu Dieu comme un Juge suprême, planant au-dessus des nuées, mena-