Ch. XLIV
Bénis soient tous les écrits Où je lui ai acquis la renommée, et ma pensée Quinevaqu’àelle,etoù aucuneautre femme n’adeplace‘.»
Cette imitation de Pétrarque nous en dit long sur le succès de Peire Vidal en Italie. Nous en aurions d’ailleurs un autre témoignage dans ce fait que les manuscrits italiens ont conservé un grand nombre de ses chansons. .
Dans lun d’eux, conservé à la Bibliothèque Vaticane*, Peire Vidal est représenté à cheval, portant une couronne d’empereur sur la tête.
Dans un coin dela miniature est peint le buste de sa femme, l’emperairitz. Et derrière Peire Vidal une chimère étend sa griffe sur tout le tableau.
Cette chimère est un symbole par lequel l’enlumineur italien du xirr° siècle a peut-être voulu rendre l’impression définitive que laisse Peire Vidal. Oui, une chimère le poussait, invisible et réelle; mais c'était une noble chimère : celle qui élève les âmes, qui les éloigne des pensées vulgaires et basses, celle qui embellit la vie de ceux qu’elle pousse de sa main douce, mais irrésistible :
celle de la poésie.