‹ Les troubadours de ToulouseChapitre 69 sur 83 · Cf. J. ANGLADE, Le troubadour Guiraut Riquier, p · texte numérisé non relu

Cf. J. ANGLADE, Le troubadour Guiraut Riquier, p

2. Rouvenac, dép. de l'Aude, arr. de Limoux. Ses poésies, au nombre de quatre, ont été publiées par G. Bosporrr,

ce troubadour peu connu, Bernart Sicart de Marvejols, dont il ne nous reste qu’une pièce, mais une pièce d’une grande vigueur et par moments. d’une belle éloquence.

Bernart de Rouvenac reproche au roi d’Aragon de ne pas intervenir plus activement dans les affaires du Midi. Il blâme Jacme le Conquérant et le roi d'Angleterre, Henri III, de ne pas faire alliance entre eux. Le Comte de Toulouse n’est pas épargné pour sa faiblesse. Mais le roi d'Aragon avait dirigé son activité politique vers d’autres buts : la conquête du royaume de Valence et de Majorque. Quant au roi d'Angleterre, il lui était difficile, surtout après l’échec du soulèvement de 1242, d'intervenir pour le Comte de Toulouse.

De Sicart de Marvejols nous ne connaissons qu'un énergique sirventés. En voici quelques passages : |

« Avec un grand chagrin, je fais un sirventés cuisant. Dieu! qui peut dire ni savoir mon tourment! car, quand je: réfléchis, je suis dans une grande tristesse. Je ne puis écrire ma tristesse ni ma colère... Tous les jours je m'irrite et je vis dans la colère ; la nuit je soupire en veillant ou en

Bernard von Rouvenac... Erlangen, 1907. (Extr. des Roman. Forschungen, XXIL, fasc. 3 (thèse de Rostock).

MPG

dormant; de quelque côté que je me tourne, j’entends la gent courtoise qui crie humblement aux Français : « Sire! » Les Français accordent Ia pitié, pourvu qu'ils voient le butin. Ah ! Toulouse et Provence, terre d’Argence, Béziers et Carcassés, comme Je vous ai vues et comme je vous vois !

Ai Toloza e Proenza,

E la terra d’Argensa, Bezers e Carcassey

Quo vos vi e quo‘us vey‘!

Ce cri de regret, d’autres troubadours le poussèrent, et parmi eux plusieurs sont originaires de Toulouse. Nous allons donc voir comment Montanhagol, Guillem Anelier et Guilhem Figueira jugèrent le nouvel état de choses.

La guerre avait ruiné la plupart des grands seigneurs du Midi, et nous avons indiqué quel . <antrecoup cette ruine avait produit sur la poésie elle-même.

Mais il y eut un autre événement dont le contrecoup fut peut-être encore plus grave et plus profond : ce fut l’établissement de lInquisition. Le

traité de Meaux (1229) reconnut ce tribunal extra-

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