‹ Les troubadours de ToulouseChapitre 71 sur 83 · MONT A · texte numérisé non relu

MONT A

temps ait été remplie par la haine plus ou moins vigoureuse de l’Inquisition et de ses auxiliaires de tout ordre, clercs ou laïques, moines ou soldats envahisseurs.

Montanhagol, dont nous avons exposé la curieuse doctrine de l’amour, est un des premiers troubadours toulousains qui aient exprimé leur sentiment sur l’Inquisition. Il lui a consacré un sirventés, où la douceur de l’expression n’enlève rien à la force de la satire. Il se plaint au début des clercs et des Frères-Prêcheurs, qui défendent « ce qui ne leur plaît pas, à savoir que par souci de l’honneur on donne ou on fasse des libéralités! ». C’est là une plainte bien naturelle chez un troubadour. Le changement de mœurs qui se produit dans le Midi atteint les conditions mêmes de leur existence. Plus de dons, plus de libéralités, sauf pour les fondations pieuses dans les églises et les couvents. Les Frères-Prêcheurs, dont le zèle est infaiigable, les Frères-Mineurs, leurs rivaux, plus doux et plus humains, mais aussi actifs, tous prêchent à outrance la nouvelle morale.

Mais voici plus spécialement pour l’Inquisition. «Maintenant les clercs se sont faits inquisiteurs et jugent selon leur caprice. Ce n’est pas que l’Inquisiion me déplaise; j'aime au contraire qu’on pour-

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