‹ Les troubadours de ToulouseChapitre 75 sur 83 · Composé entre · texte numérisé non relu

Composé entre

croisade. Ce chant a un caractère personnel intéressant : le poète s’y accuse de ses folies et il voudrait en faire pénitence en suivant les croisés outre mer. « J’ai trop desservi Dieu, à mon escient. Aussi voudrais-je passer la mer, si je pouvais le faire honorablement... Mais comme je n’ai pas de richesse suffisante, je reste ici avec tristesse, en pensant à ce que j'ai mérité et à la récompense que recevront, plus que tous autres, ceux qui iront servir Dieu là-bas où 1l vécut humblement. » (Levy, I). « Je me rends à ce Dieu qui vint vraiment en la Vierge et voulut souffrir pour notre salut honte, douleur, mort, pitié, tourments et peine. »

Si Guilhem Figueira est un partisan fidèle de Frédéric II, il est, encore davantage, un ennemi des clercs, ce qui s'explique en partie par son origine toulousaine et par le milieu où il vivait. Voici quelques passages d’un sirventés écrit contre eux :

« Ces faux prêcheurs ont mis le monde en erreur, car ce sont eux qui font les péchés mortels. Il est vrai que nos pasteurs sont devenus loups ravisseurs ; ils volent de tous côtés, tout en montrant un visage pacifique; ils réconfortent avec douceur leurs ouailles nuit et jour; puis, quand ils les ont en leur pouvoir, ces faux pasteurs les font mourir; et cela me désespère. »

« Et si vous blâmez ces faits, ils seront vos accu-

sateurs et vous serez excommuniés. Si vous ne leur donnez pas de richesses, vous n’aurez d’eux ni amour ni amitié. O Vierge, Sainte Marie, s'il vous plaît, daine, laissez-moi voir le jour où Je pourrai ni les craindre peu ni les redouter

moins.

« Va-t-en, sirventés, tiens ta route, et dis-moiï aux

clercs trompeurs, que celui-là est mort qui se met en leur pouvoir; à Toulouse on en sait bien la vé-

rité. »

Aquist fals prezicador

An mes lo segle en error, Qu'il fan los mortals peccatz… Vers es que nostre pastor

Son tornat lop raubador,

Qu'il raubon deves totz latz,

E mostron semblan de patz,

E confortan ab doussor

Lor ovelhas nuoich e dia; Pois, quan las an en baillia,

Et ilh las fan morir e dechazer Ist fals pastor, don ieu me desesper…

E «si vos en faitz clamor, Seran vos encuzador,

E seretz n’escumenjatz; Ni, s’aver no lor donatz, Ab els non auretz amor Ni amistat, ni paria.

Vergena, Santa Maria,

Sius platz, Dona, laissatz me:l jorn vezer, Qu'ieu:ls puesca pauc doptar e mens temer.

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€ Son PXDINMUNNE ; # 11e.

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