‹ Les troubadours et les BretonsChapitre 10 sur 57 · Ed. Thomas, Div., VI; cf. supra · texte numérisé non relu

Ed. Thomas, Div., VI; cf. supra

époque, il adresse un sirventés au comte + Bretagne (Rassa), qui ne lavait pas soutenu contre Richard, malgré ses promesses (cf. Poi., VIII, 28).

Enfin Bertran de Born consacre une straphe au même Rassa, dans un sirventés composé sans doute en 1186, au printemps (Geoffroy de Bretagne mourut là même année).

En 1187 Bertran de Born compose un sirventés contre Richard Cœur-de-Lion et Philippe-Auguste, qui avaient fait la paix. Il s’en prend au roi de France et lui rappelle que son royaume comprend cinq duchés, mais que trois sont aux mains des Anglais : celui de Normandie, celui d'Aquitaine . |

E Bretanha e la terra engolmesa. (Éd. Thomas, Pol., XVI).

En 1196, Richard Cœur-de-Lion fait une expédition en Bretagne. Bertran de Born, sans doute le fils (Éd. Thomas, p. 97), écrit un sirventés, où se trouvent ces reproches adressés aux Bretons.

Brelo son fors de garanda E son d’onor bas, Quar us coms de Saint-Tomas Entret en Bresilianda ; Ben paron de cor blos E tornat de sus en jos,.

Quar lor Artus demandon frevolmen ; Non dirai plus, quar negus no m'enten.

« Les’ Bretons sont perdus, leur honneur est abaïssé, car un comte de Saint- Thomas (c’est-à-dire un comte anglais, sans doute Ranulphe, comte de Chester) est entré en Brocéliande ; il semble que les Bretons soient lâches et qu'ils aient- perdu l’esprit, car ils demandent frivolement leur Arthur ; Fe n'en dirai pas davantage, car personne ne me pale

Quant au roi Richard, est-il dit dans le même sirven-

tés, il a agi en homme courageux en venant parmi les

Bretons.

E’1 reis fetz que coratjos Quar venc sai entre-ls Bretos !.

Les trois fils du roi Henri II, dont le nom paraît assez souvent dans l’œuvre de Bertran de Born, sont encore nommés dans un planh de Gaucelm Faïdit sur la mort de Richard Cœur-de-Lion. Qui chassera maintenant, s’écrie le poète, les Sarrasins de Syrie? En tout cas ceux qui iront en Terre-Sainte à la place de Richard devront se souvenir de sa vaillance et de celle de ses deux frères.

E qual foron vostre dui valen fraire, Lo joves Reis e:1 cortes coms Jaures.

(Mahn, Werke, II, 94).

Les noms des trois frères se trouvent encore réunis dans un sirventés de Peire de Vilar, écrit à l’occasion d’une guerre entre la France et l’Angleterre (probablement en 1241). « Si le Léopard aime les belles dépenses, les bonnes promesses et les libéralités, il paraîtra issu de la chère race à laquelle appartinrent les vaillants frères Hénri, Richard et Geoffroy. » (M. W., IIL 267.)

Dans l’Ensenhamen du jongleur (Abrils ne) les trois frères sont cités deux fois en même temps que leur père, Henri IL, parmi les princes qui protègent la poésie. La seconde fois, il est dit d’eux : « Le vrai Dieu qui fut crucifié pour nous a voulu que vint... en Angleterre le seigneur Henri, ainsi que ses fils : Henri, Richard et Geoffroy *. » (Ed. W. Bohs, v. 277 et v. 859-62.)

1. Ajoutons, pour être complet au sujet de Bertran de Born, que dans un sirventés il reproche au « roi jeune », Henri, sa mollesse. « Ce n’est pas en dormant que le roi Anglais conquerra le Cumberland et l'Irlande. » Cf. supra, ch. II, in fine.

Enfin Bertran de Born cite ensemble Bretons et Irlandais dans le sirventés : Mon chan fenisc.

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